Pushkar

Après un long trajet en bus nous arrivons enfin à Ajmer où nous rencontrons un rickshaw beaucoup moins sympa que les précédents qui nous propose des tarifs exorbitants. Il nous suit pour parler à tous les autres chauffeurs que nous croisons afin qu’ils s’alignent sur ses prix… Manque de chance pour lui nous réussissons in extremis à avoir un bus pour Pushkar. C’est reparti pour vingt minutes de bus. En effet, Pushkar est collé à Ajmer. Petit village saint de la religion hindoue, il faisait au départ partie d’Ajmer mais en a  été séparé car Ajmer est une ville musulmane.

Nous arrivons enfin à Pushkar à 22h mais nous ne sommes pas encore à notre hôtel. En effet, le bus nous a déposés à l’entrée du village et notre hôtel est à l’opposé. Nous nous lançons donc dans une marche d’un kilomètre cinq avec nos sacs à dos pesant entre quinze et vingt kilos chacun. Autour de nous les indiens essaient de nous faire venir dans leur hôtel. Nous commençons à ne plus répondre aux gens jusqu‘à ce que l’un d’eux en scooter nous dise « Hôtel Everest ? Vous êtes Joana ? ». Notre sauveur nous indique le chemin pour l’Hôtel Everest, qui porte bien son nom. Il devait nous attendre depuis un moment. Une fois nos sacs déposés à l’hôtel mais nous repartons tout de suite pour aller dîner, morts de faim. Notre sauveur nous envoie dans un restaurant qui semble rouvrir pour nous, la grande classe !

Le lendemain matin Jean-Noëlle se décident à aller se promener autour des ghâts, après un petit déjeuner en rooftop au soleil, pour changer…Les ghâts sont vraiment magnifiques le matin avec de nombreux hindous qui viennent se recueillir et se baigner dans les eaux sacrées. Ils sont aussi très beaux le soir mais beaucoup plus calmes, avec la possibilité de profiter de la superbe lumière du coucher du soleil.

Toutefois, cette ambiance un peu mystique est gâchée par tous les gens qui essaient de nous donner ou de nous mettre de force une fleur dans la main pour que nous allions la mettre dans l’eau du lac. Cette arnaque est connue : après cela on peut vous demander une très forte somme d’argent. Du coup cela rend méfiant et peu enclin à la discussion. Heureusement chaque fois qu’on est déçu par l’attitude d’un indien, on en trouve toujours un pour nous redonner le sourire. Pour les ghâts ce sera un gentil jeune homme curieux, venu discuter avec nous pour nous en apprendre un peu plus sur Pushkar et l’hindouisme. Les ghâts seront aussi l’occasion d’en découvrir plus sur les vaches et sur leur capacité à descendre ou à monter les escaliers. Ainsi que d’autres pouvoirs de “sur-vache”, comme en témoigne le dialogue suivant. « N., je crois que je suis suivi par une vache ! » Réponse de N. : « Et alors ? » « Mais mec, on est sur un muret de cinquante centimètres de large !!! »

A part ça la ville en elle-même à peu d’intérêt. L’un des temples est interdit au public, le temple de Brahma n’a d’intérêt que parce qu’il serait le seul au monde consacré à cette divinité, mais le savoir suffit, on peut se passer de la visite. Sinon l’atmosphère de la ville est assez particulière. Ville très sainte pour les indiens, on n’y trouve ni viande, ni œufs, ni alcool. Par contre le cannabis est très présent, sans doute dû à tous les hippies et baba cools du monde entier qui semblent venir ici en pèlerinage. Du coup, une fois sorti des ghâts, la ville est essentiellement occupée par des magasins pour touristes. Les indiens y sont un peu plus oppressants, c’est par exemple la seule ville où on a essayé de nous faire payer pour le fait déposer nos chaussures devant un temple.

Le deuxième jour, deuxième ballade à cheval du voyage. Les chevaux sont un peu plus nerveux que la première fois, ce qui est plus sportif (on se rapellera la chute spectaculaire d’Estelle, sans gravité heureusement) mais comme le paysage est moins intéressant, ça compense. On gardera quand même le souvenir du passage au fond d’un canal avec de chaque côté des singes qui nous regardaient avancer. On n’était pas forcément rassurés, mais les chevaux semblaient habitués à leur présence, car même la jument de J., effrayée par une vache, ne les a pas remarqués. Les chevaux appartenaient à un Québecois très sympa, venu s’installer à Pushkar vingt-sept ans auparavant. Chez lui c’est cool, il te tutoie direct, et que ce soit pour réserver, avant la ballade ou après pour payer, il y a toujours un bon moment de discussion autour d’un petit thé dans le jardin. Très agréable.

On repart donc de Pushkar avec le sourire, même si ce n’est pas la ville qu’on a préféré en Inde. On a trouvé qu’on était loin de l’atmosphère très calme et pieuse dont on nous avait parlée. Néanmoins, on peut trouver celle-ci au bord des ghâts, au coucher du soleil, lorsque ceux-ci ont été vidés de la foule.

NB : Cet article n’est pas accompagné de photos. A Pushkar, les photos des ghâts et des temples sont interdites, du coup on en a oublié de sortir nos appareils, ce qui finalement assez agréable. Il y aura des photos dans le prochain article, promis !

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