Un Shanghaien à Beijing

Le week-end commence mal. En effet, N. s’étant couché un peu tard mercredi 9 mai, c’est J. qui le réveille en l’appelant pour vérifier que son train est bien parti. Le train, sûrement, mais N. est toujours dans son lit… Sous les hurlements hystériques de J. (ça va, je rigole !), N. saute dans ses vêtements et file à la gare. Sur place, deux heures après le départ de son train, il parvient à échanger son billet… SANS FRAIS. Elle est pas belle la vie en Chine ? C’est parti pour un peu moins de cinq heures de trajet dans un train à grande vitesse qui roule en moyenne à 295km/h (compteur analogique du wagon à l’appui). Les paysages sont assez semblables aux nôtres, on n’est pas vraiment dépaysé.

Arrivée à Beijing un peu plus tard que prévu, donc, retrouvailles avec J. et premier yaourt tibétain. Dans un petit pot gris en terre cuite, c’est frais et onctueux, bref, délicieux ! Check-in à la Red Lantern, authentique auberge de jeunesse dans l’un des hutongs proches du lac Houhai. Après-midi glandouille et préparation du séjour en Indonésie au mois de juillet. J. y avait déjà logé en arrivant à Beijing trois mois plus tôt. L’accueil est toujours aussi agréable, les chambres propres et confortables.

Red Lantern Beijing

Dîner Red Capital Club, présenté comme un restaurant délicieux, que les membres du parti affectionnaient, le bar serait construit dans un ancien bunker. J. commande du yack au Bamboo, N. de l’agneau, nous partageons également une portion de “lanterne de crevette”. L’agneau de N. est délicieux, le yack de J. plus décevant mais la présentation est soignée, même si les quantités laissent à désirer. Ce qui n’est pas le cas du service car chaque plat est apporté avec vingt minutes d’intervalle et nous devons les redemander. Les prix sont assez élevés surtout pour la crevette qui arrive seule en beignet dans son assiette. Certes, la sauce est délicieuse, mais quand même. Le service nous déçoit tellement que malgré le cadre nous décidons d’aller prendre un verre ailleurs.

Après le dîner nous prenons donc un verre en terrasse au bord du lac Houhai et, comme les portions n’étaient pas très généreuses au Red Capital Club, on accompagne nos boissons d’un plateau de fruits et de frites (seulement pour N., ces dernières !). Ca y est, on a adopté la mode chinoise ! Puis retour à l’auberge pour la nuit.

Hutong Beijing

Le lendemain nous allons visiter le Palais d’été et tous ses bâtiments aux noms poétiques : “Palais de la bienveillance et de la longévité”, “Galerie Wenchang”, “Palais des vagues de jade”, “Galerie ouverte”, “Palais des nuages ordonnés”, “Pavillon des fragrances bouddhiques”, “Pavillon de la mer de la parfaite sagesse”, “Bateau de marbre”. La Galerie Wenchang présente différentes œuvres d’art chinois très intéressant. Nous avons beaucoup aimé le Palais des nuages ordonnés et le Pavillon des fragrances bouddhiques, malgré les nombreuses marches à grimper. A cause de la pluie nous écourterons notre visite. C’est dommage car par beau temps le Palais d’été doit être un endroit magnifique où il fait bon flâner. D’autant plus dommage qu’il pleut rarement à Beijing. Pas de chance !

Palais d'été Beijing

En fin d’après-midi, nous nous rendons au théâtre de la guilde du Huguang (ça sonne bien !) pour assister à l’opéra pékinois que J. a offert à N. pour son anniversaire deux semaines plus tôt à Hong-Kong. On pénètre dans la salle et on s’assoie à la première table devant la scène ,surélevée. Il doit y avoir une vingtaine de tables en tout. On nous offre le thé et quelques accompagnements solides. L’opéra commence par une allocution d’une jeune femme en costume qui nous résume de ce qui va suivre en mandarin et anglais. Puis vient la musique, principalement composée d’instruments à percussions et à cordes. Entre nous, c’est assez particulier et pour nous, occidentaux que nous sommes, ça ressemble plutôt à du bruit. Puis viennent les acteurs et/ou chanteurs, dans des costumes absolument somptueux, le visage intégralement recouvert de maquillage, c’est sublime. Ils alternent entre la narration et le chant, là encore c’est particulier mais bien plus mélodieux que la musique. S’ensuivent quelques combats précisément chorégraphiés. On est emporté par la magie visuelle, moins par la partie sonore. Belle expérience, en tout cas !

On rejoint ensuite les amis de J. au Doors, un bar de Sanlitun où la majorité des verres alcoolisés sont à 10 kuais. On part ensuite au Element’s, nouvelle boîte un peu chic où les verres sont chers mais l’entrée gratuite. Jean-Noëlle en profitent pour s’incruster dans le carré VIP et trinquer un fond de champagne avec des chinoises magnifiques. On passe ensuite par le Latte (gratuit et très chinois) et le Vics (payant, occidental, très Hip-Hop, R&B). (On laissera le soin aux germanophones de goûter la poésie des noms de ces deux dernières boîtes !) D’une façon générale, Pékin peut vous coûter très peu cher en sorties, si vous savez où aller. Pour les étudiants des open-bars gratuits sont proposés dans deux boites le lundi, des open-bars à moins de 40 kuais pour les filles et 60 pour les garçons sont proposés le mercredi dans plusieurs boites. Pour les week-ends, certains bars proposent des verres à prix discount. Dans tous les cas, les chinois sont toujours prêts à inviter les occidentaux à leur table, mais gare au “ganbei” qui peuvent vous coûter cher.

798 Art District Beijing

Samedi on se réveille tranquillement après une longue nuit et on se met en route pour l’Art District, quartier où des usines et entrepôts on récemment été transformés en galeries d’art contemporain, cafés et autres boutiques de T-shirts ou bijoux. A Beijing, les distances sont très longues et il nous faut pas loin d’une demi-heure pour rejoindre l’Art District après avoir changé plusieurs fois de ligne de métro et avoir pris un bus. Quand on arrive enfin, bon nombre de galeries sont déjà fermées et après en avoir visité une ou deux (sculptures oniriques, belles photographies), on se décide pour un verre en terrasse au Ccafé. On observe les futurs mariés qui se font prendre en photo par des photographes apparemment professionnels. Le décor a son charme, c’est original.

Puis on reprend le bus et le métro pour un passage à l’UIBE où J. étudie et loge depuis trois mois. Ce sera l’occasion pour N. de voir ou vit J., à savoir un bâtiment réservé aux étudiants internationaux qui partage à deux des appartements avec salle de bain et cuisine privative. Les chambres sont grandes et meublées mais les colocataires dorment dans la même pièce dans un lit une personne. On repart ensuite pour aller dîner en centre-ville.

Marché de Donghuamen Dajie, Beijing

Un dîner de gala au marché de Donghuamen Dajie. Au menu : scorpions, sauterelles, larves/scarabées, nouilles, calamars et beignets de bananes. Les insectes n’ont pas grand intérêt à part un gros scorpion noir qui serait presque bon. Le prix est par contre élevé et nous coûte bien plus cher que nos habituels dîners dans la rue.

Il est temps pour Jean-Noëlle de rejoindre les amis de J. On les retrouve dans le quartier de Sanlitun, installés sur le trottoir d’une rue excentrée, à table en compagnie de vins français blancs et rouges, de différentes sortes de fromages et de baguettes de pain. Le nom du lieu est “La boucherie française : Chez Gérard”. L’ambiance est bonne, les vannes fusent en anglais, français, allemand, espagnol et parfois même chinois ! On profite du vin et des fromages, très bons, puis on va acheter quelques bières dans la rue que l’on boit ensemble sur un rooftop en terminant les discussions entamées Chez Gérard. Très sympathique.

Baozi dans les hutongs, Beijing

Dimanche, la dernière journée de N., sera surtout consacré aux promenades qui débutent par un déjeuner bien chinois sur les bords du lac Houhai. On pourra notamment observer lors de notre balade, deux oiseaux dressés qui ramassent les pièces jetées par terre par les passants pour les glisser dans deux tirelires, chacun la sienne. Pas mal ! Puis on continue à marcher et à se perdre dans les hutongs, on achète un T-shirt, ici, un souvenir là, des brochettes dans cette échoppe avant de prendre un verre dans ce hutong. C’est très agréable, presque intégralement piéton et très fréquenté, ce qui n’enlève rien au charme du lieu.

Chuting, artiste chinois

Nous profitons de cette balade dans les hutongs pour visiter la (l’immense !) Demeure du Prince Gong. Succession de bâtisses chinoises avec parfois des expositions, qui nous permettront notamment de découvrir l’artiste Chuting. “Attendez, vous connaissez pas Chuting ?! Non mais c’est le nouvel artiste chinois, quoi ! Vous êtes tellement 2011 !” Cette demeure est vraiment magnifique. Elle est vaste, ce qui permet de slalomer entre les groupes de touristes chinois qui viennent ici en masse. En se débrouillant bien on peut passer une visite au calme, à part dans les jardins, véritables joyaux de la Demeure. Nous nous rendons également à la Colline de charbon. En arrivant à ‘l’entrée du parc nous sommes accueillis par les chants d’une chorale. Nous en croiserons d’autres dans le parc, ainsi que des musiciens en herbe. Cela rend la balade encore plus agréable. Nous grimpons ensuite en haut de la colline et là le panorama sur la ville et la Cité Interdite est magnifique. Nous dominons complètement cette dernière et pouvons en constater l’étendue.

Vue sur la cité interdite depuis la colline de charbon

Dernier “événement” du séjour de N. à Beijing et pas des moindres : le dernier dîner au Liuzhai Shifu où Jean-Noëlle dégustent un canard laqué pour une dizaine d’euros en tout (l’un des moins cher de la ville). Assis à une table en bois massif dans un hutong joliment décoré, on voit arriver l’animal et J. explique à N. comment on déguste ce plat typiquement pékinois. On prend une fine crêpe que l’on recouvre d’une sauce brune qui a un goût amer et sucré à la fois, puis on y pose un ou deux morceaux de concombre et d’un autre légume avant d’ajouter le canard avec sa peau, déjà précoupé. C’est tout simplement délicieux ! Frais et doux à la fois, les différents goûts se marient très bien les uns aux autres et on sort repu et ravi. Retour à la Red Lantern pour une dernière nuit ensemble.

N. se lève aux aurores lundi 14 mai pour prendre le train à grande vitesse pour Shanghai. Trois semaines plus tard, ce sera le match retour (une pékinoise à Shanghai) !

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