Le retour de J. à Shanghai

Après s’être couchée un peu tard le jeudi 31 mai, J. parvient à se réveiller pour prendre son train et même le prendre en avance, accueillie par un N. étonné (et bim !). Et oui, retour à Shanghai pour J., étape avant le Japon. Premier jour, on est tous les deux un peu fatigués alors on y va doucement. Un petit tour au Fake Market pour aller nous équiper pour la suite et nous filons nous promener dans la concession, quartier toujours agréable. C’est d’autant plus agréable qu’on s’arrête au Citizen Café pour déguster leur délicieux cheese-cake, l’un des meilleurs que Jean-Noëlle aient jamais mangé.

Pudong Shanghai

Le lendemain on part visiter le Shanghai Art Museum. Ça va, ça n’est pas trop loin, il suffit de traverser People’s Park. Sur le chemin, Jean-Noëlle pourra assister à quelque chose d’assez étonnant. En effet, en traversant le parc, nous remarquons des centaines de feuilles de papier A4 accrochées le long des allées autour d’une foule assez compacte de chinois d’une cinquantaine d’années environ. En nous approchant de ces fiches, des nombres nous sautent aux yeux : 1986, 1983, 1985, etc. C’est là qu’une conversation de N. avec l’une de ses colocataires lui revient en mémoire. Les parents des chinois de célibataires de plus de vingt-cinq ans viennent “vendre” leurs enfants sur le “marché du mariage”. Il semblerait qu’en Chine, pour les anciennes générations, il ne soit pas très bien vu de ne pas être marié après vingt-cinq ans. Mais les jeunes générations ne s’en soucient guère donc ce sont les parents qui vont “vendre” leurs enfants à coup d’arguments de choix : caractéristiques de la profession de l’enfant, de son appartement, de sa voiture, etc. Aucune photo, on vend une situation, pas un physique ! La question que Jean-Noëlle se posent : est-ce que ça marche ?!

Bref, revenons au Shanghai Art Museum et à ses trois (ou quatre ?) niveaux d’expositions de peintures contemporaines. Lorsque Jean-Noëlle s’y sont rendus (venir avant 16h, entrée gratuite), l’artiste mis en avant était Leo Erchun. J. n’a pas aimé, elle trouvait que ses peintures faisaient trop bande dessinée. N. ne partageait pas son avis et a apprécié ces peintures de plusieurs mètres carrés, souvent en gris et blanc avec quelques rares touches de rouge, mettant en scène des chinois aux visages très expressifs, soit souriants, soit sévères. La visite du musée prend un peu moins d’une heure.

Barbarossa Shanghai

N. emmène ensuite J. au Barbarossa, bar arabisant au cœur de People’s Park. Tables basses avec canapés, tables hautes en terrasse, des murs dans les tons orangés, beaucoup de bougies et de magnifiques lanternes en verre de toutes les couleurs, le  cadre est vraiment magnifique. En plus en happy-hour toute la carte est à moitié prix donc il ne faut pas s’en priver. Nous marchons ensuite sur Nanjing Dong Lu afin de rejoindre le Bund. Nous voulions nous offrir une croisière entre le Bund et Pudong, mais face au prix nous choisissons une promenade sur le Bund.

C’est dimanche, on s’offre un petit déjeuner/déjeuner dans un petit salon de thé en bordure de People’s Park, découvert par N. la veille. La décoration fait très maison de poupées et au moment de votre commande on vous confie un ours en peluche qui vous sera repris (ohhhhhh nnooooooooooon) dès que la commande sera complète. Club sandwich, tartines façon pizza, milk-shake et smoothies, gaufres, la carte est alléchante et la nourriture est de qualité, on s’est bien régalé.

Mariée Shanghai

Le ventre plein, il est temps de traverser la ville pour se rendre dans le quartier de Hongkou (au Nord-Est du Bund, de Suzhou Creek et finalement du centre-ville. Nous souhaitons y visiter la Synagogue Ohel Moshe. Si celle-ci n’a pas grand intérêt en elle-même (minuscule et rien à signaler), le mémorial qui se trouve à son sommet est, quant à lui, très prenant. Il traite de l’Holocauste à travers textes, photos, citations, le tout élaboré en partenariat avec le mémorial d’Auschwitz-Birkenau. Très bien documenté, c’est exhaustif et on ne lira donc pas tout. De toute façon, au bout d’un moment on commence à avoir du mal à lire tant d’atrocités… On n’a malheureusement pas vraiment pris le temps de visiter le musée des réfugiés juifs à Shanghai, fait assez méconnu finalement, mais le Lonely nous aura bien résumé l’histoire de ceux-ci. On a la conscience tranquille  Yahvé merci ! Ensuite on décide de se promener dans cette partie de la ville pour rejoindre un parc (qui venait de fermer quand nous y arrivâmes !). Super balade, là on n’est peut-être pas dans la vieille ville mais c’est très traditionnel, on ne croise pas un occidental et on a bien l’impression d’être dans une ville de la Chine reculée. On croise des poules, des poissons vivants dans des bassines d’eau, des échoppes, des “vrais” Chinois, etc. Un bon bol d’air !

Hongkou Shanghai

Lundi, pendant que N. révise, J. va visiter le Shanghai Museum, sur People’s Square. En forme de chaudron, ce musée est immense et traite de différentes parties de l’art et de l’artisanat chinois : céramiques, peintures, porcelaine, habits des ethnies, etc. Ce musée est très intéressant mais un peu trop dense, on a tendance à aller vite quand il y a beaucoup de pièces. Un peu moins aurait peut-être permis de se concentrer plus sur le contenu. Pour récompenser le travailleur, J. rapporte un part de cheese-cake de chez My Cheesecake, bon mais un peu trop gras et dense, décidément c’est la journée. 

Shanghai Propaganda Art Museum

Mardi, pendant que N. est sagement à l’école, J. part visiter en faisant une longue balade à pied. Premier arrêt  au Shanghai Propaganda Art Center. Ce petit musée est caché dans le sous-sol d’un building. Le garde à l’entrée de la résidence vous indiquera le musée car aucun panneau n’est présent. Sans doute parce que le musée offre une incroyable collection d’affiches de propagande, avec un regard assez critique. Les panneaux explicatifs sont en français et anglais, la plupart des affiches sont traduites à côté, visite très intéressante. Poursuite de la balade ensuite pour rejoindre le Shikumen Open House Museum. Les Shikumen sont les maisons traditionnelles de Shanghai (comme les hutongs à Pékin). A la différence des hutongs, ils ont plusieurs étages et sont plus grands. Le Shikumen Open House Museum est la reconstitution d’un Shikumen avec des explications, très bien fait. 

Shikumen Open House

Poursuite de la balade par la vieille ville. La périphérie de la vieille ville est agréable, on a plus l’impression d’être à Shanghai mais plutôt dans un village surtout dans le marché aux fleurs et aux oiseaux, qui compte peu de fleurs mais dans lequel on peut trouver une ménagerie diverse allant des oiseaux aux chats en passant par les grillons. Par contre la partie la plus connue de la vieille ville est vraiment trop touristique. On vous saute dessus pour vous faire acheter des choses, tout fait trop neuf, on a même essayé de proposer à J. une cérémonie du thé. Cette arnaque très répandue à Shanghai consiste à attirer le touriste dans une maison de thé afin de lui faire payer une note très salée, sans lui laisser trop le choix… Généralement, un couple de jeunes s’approche de vous en vous demandant de les prendre en photo devant un monument, paysage, autre. Puis ils engagent la conversation avec vous afin de vous mettre en confiance avant de vous inviter à une cérémonie du thé. On les voit rarement venir et ce n’est qu’au bout de deux trois minutes, ou quand ils vous proposent la cérémonie, que vous comprenez. Bien-sûr, n’acceptez jamais, même s’ils ont l’air gentils et de bonne foi, ils sont là pour ça !

Marché aux oiseaux et aux fleurs

Encore une journée seule pour J. pendant que le pauvre N. passe des partiels. Début de la balade par l’ancien bâtiment de la HSBC que l’on repère facilement aux deux lions à l’entrée. On rentre par des portes tournantes en bois marron. L’intérieur ressemble à un grand bâtiment colonial, avec une magnifique fresque au plafond représentant les douze signes du zodiaque (pied de nez fait aux chinois qui utilisent beaucoup leurs signes astrologiques pour décorer leur bâtiment ?). J. se dirige ensuite vers la station de ferry qui relie le Bund à Pudong en quinze minutes. S’en suit une (trop) longue marche pour rejoindre le Shanghai Science & Technology Museum, que J. aurait pu s’éviter en calculant mieux cette distance. Cette marche semble d’autant plus longue que les rues n’ont rien de bien intéressant dans cette partie de Shanghai.

Shanghai Science & Technology Museum

Le Shanghai Science & Technology Museum par contre c’est une pépite, un des meilleurs musées que J. ait jamais visités. Très interactif, tout est en anglais et en chinois. Certaines salles reproduisent des grottes, des cascades et des ponts en bois. D’autres plus futuristes permettent de rencontrer des robots artistes ou joueurs de Rubik’s cube. On descend également au cœur de la terre pour en apprendre plus sur celle-ci. Enfin une grande salle est consacrée à des expériences sur l’électricité et l’énergie et on peut toucher à tout ! Une visite à ne pas manquer en somme, pour petits et grands. 

Fin des visites pour la journée ensuite avec le Moganshan 50, le quartier des arts. J. s’y rend à pied et passe devant des murs tagués et des galeries d’art qui annoncent la proximité du M50. Moins grand que le quartier des arts de Pékin, il n’en est pas moins intéressant. Galeries de peintures, sculptures et photographies, il y a des choses vraiment très intéressantes et d’autres moins comme les expositions de ShangART, pourtant l’institution de ce quartier mais que J. a trouvé décevante. Sa préférée est Island6 , sans doute car elle a eu l’occasion de voir la réserve de la galerie et de discuter avec l’un des responsables. Beaucoup de jeux avec les LEDs dans des tableaux plus traditionnels, ou des vidéos insérées dans des miroirs, ce qui donne des résultats intéressants.

Tag M50 Shanghai

Jeudi on se réveille tranquillement pour aller visiter Red Town, quartier d’art contemporain consacré à la sculpture. Quand on arrive à l’intérieur de ce gigantesque pâté d’immeubles, on découvre une vaste pelouse vallonnée avec de grandes statues ici et là : Einstein, une Mercedes en brique rouges plus grande que l’original, un penseur façon Rodin mais obèse et aux yeux bridés, un taureau mécanique, etc. C’est prometteur. Malheureusement, à part cela, on a visité seulement le Shanghai Sculpture Space et une galerie. C’est assez pauvre, finalement. Il n’y a que deux musées (le deuxième préparait l’exposition suivante) et les galeries se compte sur les doigts de la main. Néanmoins, les sculptures que nous avons pu observer au Shanghai Sculpture Space étaient très intéressantes, allant de la reprise des sculptures classiques italiennes au bassin féminin fait à base de riz ! Bref, les Chinois ont de la ressource et la Chine ne devrait pas tarder à exploser sur le marché mondial de l’art contemporain (si ça n’est pas déjà fait, on n’y connaît rien !).

Red Town Shanghai

Le soir, premier Teppanyaki pour J. au Teppanyaki Tairyo avec les amis de N. Nourriture et alcool à volonté, on passe un bon repas, surtout que la nourriture est de qualité (nos papilles salivent encore à l’évocation du bœuf aux oignons cuit à la plaque, légèrement saignant, délicatement assaisonné et si fondant !!!!!!!). Suite de la soirée au KTV (karaoké) Haoledi, encore une première pour J., qui s’en est donnée à cœur joie, pour le plaisir (…) des oreilles de ses voisins.

Le vendredi sera surtout consacré aux derniers préparatifs de J. avant son départ au Japon le lendemain, ainsi qu’à la sélection par N. de 23,5 kilogrammes de vêtements, souvenirs et livres à envoyer en France par bateau via China Post.

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