Shanghai University of Finance and Economics (SUFE)

Chers amis, voici mon dernier article sur Shanghai avant le dernier article chinois, le bilan du pays, que J. et moi-même allons rédiger prochainement. Je vais ici vous parler de la vie d’étudiant en échange à la SUFE, Shufe ou encore Shanghai University of Finance and Economics (pour les moins paresseux d’entre nous), l’une des meilleures universités du pays en termes de finance.

Campus SUFE

L’université est située au Nord de Shanghai, dans Shanghai, à un peu moins d’une heure de People’s Square où j’habitais. Pour m’y rendre, je marchais une petite dizaine de minutes pour rejoindre la ligne 10 du métro à East Nanjing Road puis c’était parti pour une demi-heure de métro avant de marcher à nouveau un quart d’heure environ. Bien sûr, ça fait loin, mais j’ai toujours préféré vivre dans l’hypercentre (cours de l’Intendance à Bordeaux, par exemple) quitte à perdre presque deux heures de transport pour aller et revenir de l’université. En même temps, c’est pas comme si on avait cinq jours de cours par semaine. A sept heures du matin, quand je prenais le métro, celui-ci était désert mais à huit heures (ça ne m’est arrivé qu’exceptionnellement), laissez-moi vous dire que c’était autre chose ! Là on comprend que le terme “foule” n’a vraiment pas la même signification à Paris qu’en Chine !

Le campus est tout à fait gigantesque (je pense que je n’en ai même pas vu la moitié), avec beaucoup d’immeubles de logements, des parcs et de vastes étendues d’herbe, un petit étang, des terrains de sport, etc. Bref, de quoi se promener et faire du sport. Pour vous donner une idée de la taille du campus, de nombreux étudiants s’y déplacent en vélo et les parkings à deux roues sont remplis. On y trouve aussi une supérette, un magasin à photocopies, un petit restaurant et au bas mot cinq cantines où l’on déjeune aisément pour moins d’un euro ! (Je n’ai jamais dépassé la somme d’un euro cinquante pour un déjeuner en tout cas.) On peut même acheter des cigarettes à la cantine ! Il y a également un second campus, assez loin (il faut prendre le taxi), mais je n’y suis allé qu’une fois pour obtenir un document me permettant ensuite de demander une entrée supplémentaire sur mon visa (afin de rentrer de Hong-Kong à Shanghai).

Je consacre un petit paragraphe aux Zhenzhou Nai Cha que je buvais une à trois fois par jour, une véritable addiction. Il s’agit de thé au lait (chaud ou froid mais c’est meilleur chaud) avec des billes de tapioca noires et un peu gluantes. Jean-Noëlle vous en avaient déjà parlé lors de leur séjour à Taiwan. On l’appelle thé aux perles en français et pearl tea ou bubble tea en anglais. Ca paraît étrange mais essayez si vous en avez la possibilié, c’est délicieux.

Un aspect qui rend la vie très facile à la Shufe est le fait que vous pouvez trouver toutes les commodités nécessaires à moins de cent mètres de l’université. On trouve donc à proximité immédiate de l’entrée une multitude de restaurants, bouibouis, vendeurs de dumplings ou nouilles sur mobilettes, une China Post, deux magasins de photocopies, une pharmacie, une librairie, une banque (il y a au moins deux distributeurs automatiques de billets sur le campus), trois supérettes, etc. Sachez qu’il ne vous sert à rien d’acheter les livres demandés, vous pouvez les faire photocopier pour 40 à 50 kuais (soit 5 à 6€ environ, on est loin des 40-60€ payés à BEM). Et je vous parle de pavés de cinq-cents pages.

Entrée SUFE

Pour finir il me semble intéressant de vous parler des professeurs et des étudiants puisque ce sont finalement eux qui m’ont donné un aperçu de la manière dont on travaille et pense en Chine. A mon avis ce seront finalement eux qui me seront les plus utiles à l’avenir si je travaille avec des Chinois. Les matières que j’avais choisi de suivre étaient les suivantes : commerce international, finance d’entreprise, gestion des systèmes d’information, management, marketing (deux cours différents) et microéconomie. Tous mes professeurs ou presque avaient un doctorat d’une grande université américaine, trois étaient effectivement américains, un anglais et deux chinois. Finalement, qu’on soit en France, aux Etats-Unis ou en Chine, on apprend la même chose et je me demande s’il n’est pas un peu dommage que le pays le plus puissant du monde suive un enseignement universitaire calqué sur celui des Etats-Unis.

Concernant les étudiants, cet échange fut très instructif. J’ai été assez étonné de voir qu’ils ne nous sont pas supérieurs comme je l’aurai imaginé. Quand on me parlait des Chinois, je m’imaginais des brutes de travail très intelligentes et à prendre en exemple. A BEM j’ai suivi un cours avec des Indiens qui correspondaient très bien à cette description et j’étais persuadé qu’il en serait de même pour les Chinois. Pas du tout ! Précisons tout de même avant d’entrer dans les détails que les étudiants que nous côtoyions étaient en début de cursus (alors que mon échange était mon dernier semestre d’études) donc nous avions presque cinq ans d’écart et j’avais un an et demi d’expérience en entreprise (contre aucune pour eux).

Les Chinois qui étudiaient avec nous travaillaient moins rapidement et moins efficacement que nous, ils s’y mettaient aussi à la dernière minute, n’avaient aucun sens de la présentation, lisaient leur texte à l’oral (pas leurs notes, leur texte sur lequel était même écrit “Hello everybody, my name is…” au cas où ils oublieraient par où commencer !), et avaient des raisonnements ou des propositions naïves, qui manquaient d’envergure. En discutant avec des expat’ qui étaient à Shanghai en stage ou en VIE, j’ai constaté qu’ils reprochaient les mêmes choses à leurs collègues chinois : principalement le manque d’esprit critique et de mise en perspective. C’est assez décevant, finalement, mais cela semble être lié à l’éducation avant l’université (on les fait bachoter mais pas réfléchir) et à la façon dont ils sont gouvernés (peu de place est laissée à l’esprit d’initiative). Mais cela ne les empêche pas d’être tout à fait sympathiques, lorsqu’ils parviennent à vaincre leur timidité. L’un de nos professeurs avaient un regard lucide sur le sujet et n’hésitait pas à les secouer “Ne changez pas de travail tous les trois mois, ça n’est pas sérieux !”, “N’hésitez pas à remettre en question ce que l’on vous dit !”, etc. Pour finir, j’espère et je crois que tout cela va évoluer assez rapidement, grâce, entre autre, à ce type d’enseignement à l’américaine qui n’est peut-être pas une mauvaise chose, finalement.

N.

Sigle SUFE

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