Bajawa (île de Flores)

Le bus pour Bajawa étant complet, le manager nous avait réservé une voiture en nous annonçant qu’elle pouvait arriver avec une, deux, trois heures de retard, voire ne pas arriver du tout. Autant vous dire que Jean-Noëlle étaient ravis de se réveiller à six heures trente. Finalement notre chauffeur arrive avec quarante-cinq minutes de retard mais nous baladera dans toute la ville avec de nombreux passages devant notre hôtel. Nous partons plus d’une heure après le pick-up et nous sommes neuf dans une voiture prévue pour sept, ça pourrait être pire. Le voyage se passe sans heurt, excepté la musique du chauffeur (essentiellement Shania Twain et du rock) qui saute à chaque nid de poule, pendant que les verrous se bloquent et se débloquent tous seuls.

Lukas devant sa maison, Mari

Nous arrivons à Bajawa vers treize heures et fonçons au Korina qui propose ses chambres doubles à 150 000 rupiahs (quatorze euros) au lieu des 60 000 annoncés par le Lonely. On traverse la rue pour réserver deux nuits à l’Edelweis pour 175 000 rupiahs chacune (90 000 dans le Lonely), l’hôtel étant plus propre et offrant le wifi. Nous essayons dans notre hôtel de réserver le transport pour quitter la ville (premier réflexe quand on arrive quelque part) et un tour dans les villages ethniques le lendemain mais nous ne parvenons pas à nous faire comprendre de notre interlocutrice. Nous tentons notre chance en face où l’on parle anglais mais où l’on ne semble pas très au courant. Nous quittons alors notre rue en direction de l’office du tourisme qui fait face à la prison, d’après le plan. Nouvel échec, l’office du tourisme a déménagé dans la cabane en bois (fermée durant tout notre séjour) en face de notre hôtel. Nous tentons de trouver un guide dans un troisième hôtel, sans succès. Sur le chemin du retour, le distributeur automatique de billets indiqué sur le plan du Lonely Planet est introuvable.

En dernier recours, nous tentons notre chance dans les restaurants de notre rue. Premier essai chez « Lucas ». Au fond à gauche de la salle est assis un quarantenaire indonésien en veste de costume marron. Il semble pouvoir nous aider à trouver un guide. Après avoir pris son temps pour nous présenter ses conditions, il nous expose ses prix. Ce sont ceux annoncés par le Lonely Planet (250 000 rupiahs chacun, soit vingt-deux euros, transport, guide, droits d’entrée et déjeuner inclus), un tiers moins cher que la proposition qu’un motard nous avait faite plus tôt devant le pseudo office du tourisme. Nous acceptons, d’autant plus que nous apprenons que c’est lui, Lukas, sympathique propriétaire du restaurant qui sera notre guide. Il annonce aussi pouvoir nous aider à réserver un transport pour Riung. Jean-Noëlle rentrent à leur hôtel soulagés. Après un tour sur Internet, nous dînons au Dito’s, en face de l’hôtel. Comme nous sommes studieux, nous attendons nos plats en révisant nos premières leçons de mandarin à l’aide du livre de N. Le jus de syrsak de J. est fabuleux et très onctueux, le nasi goreng special délicieux grâce aux calamars grillés. Les brochettes de porc ne nous convainquent pas car nous sommes gênés par le goût de rose trop prononcé. La nourriture est de qualité et nous nous couchons le sourire au ventre !

Village de Gurusina

Mercredi onze juillet, nous retrouvons notre guide Lukas à huit heures devant son restaurant. Pour la première fois depuis notre arrivée en Indonésie nous partons à l’heure. J. grimpe derrière Lukas et N. derrière un autre Indonésien car il n’était pas sûr de pouvoir conduire une semi-automatique. Lukas lui expliquera plus tard et N. terminera lui-même sa formation en observant son chauffeur en action. La prochaine fois, on ne sera pas obligé de louer un scooter. Première halte dans le village de Mari, typique mais sans charme à cause des toits de taule qui ont remplacé ceux en herbe séchée. Lukas est le chef de ce village et nous invite dans sa propre maison. C’est l’occasion pour lui de nous présenter l’intérieur d’une maison traditionnelle ainsi que la signification des gravures, taches de sang et autres accessoires. La visite se termine et nous allons partir quand son fils Michael nous apporte le thé préparé par sa mère. C’est l’occasion de discuter un peu avec Lukas, de ses différents métiers (guide, propriétaire d’un restaurant, manager d’un hôtel, exploitant d’arbres, professeur d’anglais, chef de village, etc.), de ses six enfants et de leurs frais de scolarité. Ceux-ci sont plus élevés qu’une inscription à l’université en France et sont payés en dollars.

Village de Luba

Sur le chemin de Luba nous observons à loisir l’imposant volcan Gurung Inerie. Sur l’un de ses pans, on observe de gigantesques traces rouges laissées par des coulées de lave. Pourtant, la dernière éruption remonte à plus de cent ans. Quelques dizaines de mètres avant le village suivant N. descend de sa monture car son pneu arrière a crevé. Le conducteur nous abandonne pour régler ce problème. Nous arrivons dans le village de Luba, plus typique que le précédent et sans électricité. Sur plusieurs niveaux on admire les habitations en bois avec des toits d’herbes séchées ainsi que les totems masculins et féminins (un couple par clan) et les tombes des ancêtres qui veillent encore sur les habitants du village. N. jouera quelques minutes au foot avec deux enfants du village, ravis. Direction Bena, à pied. Ce village est bien plus imposant et animé que Luba qui était très paisible et silencieux. Ici les femmes tissent des ikaths (vêtements traditionnels indonésiens) et les hommes coupent du bambou et assemblent des pièces de bois pour la construction d’une maison. Au sommet du village, on a une belle vue sur les montagnes et la mer au loin. C’est là que nous allons déjeuner. Qui a la nourriture ? Le conducteur qui a crevé bien sûr ! Lorsqu’il arrive enfin nous dégustons nos nasi goreng contenus dans des feuilles de carton (comme tous les plats à emporter, quand ce ne sont pas des feuilles de bambou). Sans cuillère, Jean-Noëlle mange avec les doigts pour la première fois du voyage (sans compter Mc Donald’s, Burger King et Carl’s Junior, bien entendu !). En redescendant, nous achetons des noix de macadamia que nous grignotons avec plaisir.

Mâchoires de porcs sacrifiés

Nous partons pour le dernier village, Gurusina : assez semblable au premier, l’électricité en plus, mais avec panneaux solaires, s’il-vous-plaît. On nous offre le café et c’est une occasion supplémentaire pour discuter avec Lukas en admirant la vue qui s’offre à nous. Il est cette fois question de philosophies de vie et de vision du tourisme. Nous apprenons en passant que certains des habitants du village ont fait fortune grâce aux ventes de gousses de vanille. Le retour à Bajawa se fait dans les nuages, au sens propre : nous traversons d’épais nuages gris dans lesquels les véhicules que nous croisons surgissent comme des ombres. Nous rentrons un peu mouillés mais heureux après cette journée atypique. Merci Lukas. Nous allons nous promener en ville à la tombée de la nuit et passons sur le marché très animé dont certains étals sont éclairés à la bougie. Nous dînons ensuite au restaurant « Lucas » duquel nous garderons un moins bon souvenir : recettes simplifiées au maximum qui donnent une nourriture sans saveur. N. essaie l’arak, alcool de palme national qui rappelle la Tequila. Lukas apparaît à la fin du repas afin de louer un véhicule pour Riung pour nous et les trois personnes que nous venons de rencontrer. Les détails sont réglés rapidement et le départ est prévu à six heures. Lukas est vraiment la clef de Bajawa et ses environs !

Retour à Bajawa dans la brume

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