Le bilan du Pays du Milieu (Zhongguo)

Nous allons tout au long de l’article vous donner les prix en kuais (ou yuans, RMB, CNY, comme vous préférez) dans la mesure où les taux de change avec l’euro varient beaucoup (l’euro chute !). Lors des quatre mois de séjour de Jean-Noëlle en Chine, on peut estimer qu’un euro valait huit kuais. NB : On est quand même passé de huit euros trente à sept euros quatre-vingts en quatre mois. Ça n’est pas non plus la chute libre, il y a de brefs rebonds, parfois.

Cité Interdite, Beijing

On va commencer par le bilan financier.

En gros à Shanghai vous pourrez trouver une chambre en colocation à partir de trois-cent-cinquante euros. Mais ça peut vite vous coûter nettement plus cher. Je vous conseille quand même de vous renseigner de votre côté car je n’ai aucune certitude concernant les trois-cent-cinquante euros. Niveau transports un trajet de deux ou trois arrêts de métro vous coûtera trois kuais et on passe à quatre pour plus. La course minimum en taxi est de quatorze kuais de jour et de dix-huit kuais la nuit (à partir de vingt-deux ou vingt-trois heures) et on s’en sort très rarement au-dessus de quarante kuais. Concernant la nourriture comptez vingt à quarante kuais pour un fast-food, moins de vingt-cinq kuais pour un repas dans les petits restaurants et au maximum cent-cinquante pour un bon restaurant. Pour les sorties c’est trente à cinquante kuais le verre en boîte et maximum cent kuais l’open-bar quand il y en a. On paie un paquet de cigarettes chinoises fumables six kuais cinquante et un paquet de Marlboro Light seize kuais. (Ce qui n’a pas empêché N. d’arrêter de fumer il y a six semaines, avant son départ de Chine !)

Pour Beijing, sur le campus une chambre coûte entre mille-neuf-cent-soixante et deux-mille-cinquante kuais selon le nombre de jours dans le mois. La caution est de deux-mille kuais. On peut trouver une chambre dans une colocation pour le même prix mais vous n’avez que très peu de chances de revoir votre caution et c’est plus compliqué niveau enregistrement à la police, taxe, etc., car certains propriétaires vous feront tout payer. Pour le transport le métro coûte deux kuais, peu importe où vous allez. Compter vingt-sept kuais pour aller à l’aéroport avec la navette, cinquante avec le taxi. Course minimum de onze kuais le jour et treize kuais la nuit mais avec trois kuais à ajouter à la fin de la course, en tant que taxe. Le prix de la nourriture varie beaucoup selon que vous mangez occidental ou non, mais les prix sont plus ou moins les mêmes qu’à Shanghai. Vous pouvez acheter une énorme portion de riz frit pour quinze kuais (qui vous fera bien deux repas). Sur le campus pour dix-huit kuais vous pouvez avoir une portion pour deux trois personnes de Com Pao Chicken avec du riz. Pour les sorties, beaucoup d’open-bars à trente/soixante kuais (filles/garçons). Selon les bars les verres varient de dix à cinquante kuais et sont le plus souvent aux alentours de trente mais vous pouvez trouver des adresses à dix vingt kuais. Pour les cigarettes les prix sont les mêmes. Pékin c’est un tout petit peu moins cher que Shanghai pour les transports et les sorties mais les différences ne sont pas énormes.

Écoliers à Chengdu, Sichuan

Passons aux transports. En Chine, quand on utilise le métro (ouvert de six heures à vingt-deux heures, environ) on prend le risque de se retrouver compressé dans un wagon ou de se faire bousculer car on se trouve sur le chemin d’une place assise. L’avantage c’est que dans les couloirs on se laisse porter par la foule ! Niveau signalisation c’est très bien fait. Quant aux Chinois, la plupart du temps ils sont disciplinés mais il arrive que ce soit la ruée dans le wagon avant même que les voyageurs soient descendus. Les places assises sont chères et nous n’excluons pas d’avoir pris de bien mauvaises habitudes pour notre retour en France. (Votre grand-mère, votre tante enceinte, votre frère en béquilles ? Peu importe, on fonce !) Le métro est le moyen le moins cher de se déplacer après le bus. Mais le soir on prend le taxi, c’est presque un réflexe : on n’a qu’à lever le bras quand leur lumière est verte, c’est pratique c’est de la même couleur que les feus ! A Shanghai tous les taxis sont des Santanas de Volkswagen (voiture vieille d’une quinzaine d’années qui a été ressortie pour les Chinois, sympa), à Beijing c’est un peu plus moderne et varié. Les conducteurs sont en sécurité derrière leur vitre de plexiglas. Ceux-ci ne parlent presque jamais anglais et ne savent pas toujours lire le pinyin (transcription du chinois en alphabet latin). Il vaut donc mieux parler mandarin. S’ils ne parviennent pas à lire l’adresse que vous leur montrez (autre solution), appelez le Magic Number (96 22 88) ! Ce numéro a été mis en fonction pour l’Exposition Universelle de 2010 à Shanghai. Vous parlez en anglais au téléphone et la personne au bout du fil traduit en mandarin pour votre interlocuteur. Mais quand on vit à Shanghai, on s’en passe ! Existe aussi avec les SMS (106695882929) pour recevoir l’adresse du Dada en pinyin ET en caractères, par exemple. Il existe aussi des taxis motos. Ceux-là, il faut les reconnaître. Plus pratiques, plus rapides et moins chers que les taxis automobiles, ils sont aussi beaucoup plus rare (presque inexistants en centre-ville à Shanghai). Lorsqu’il pleut vous pouvez prendre un tuk-tuk ou un taxi sans licence (en général un particulier qui a décidé que comme il n’avait rien à faire, il pourrait peut-être arrondir sa fin de mois). Comme tous les taxis sont pris quand il pleut de nuit, les tuk-tuks et faux taxis ont des prix quatre fois supérieurs, imposés avant de monter (la jungle, on vous dit !). Il n’y a pour ainsi dire jamais d’embouteillages à Shanghai tandis qu’ils sont fréquents à Beijing lorsque les gens sortent après dîner. Dernière chose, en Chine, quatre-vingt-quinze pour cent des scooters sont électriques. Pourquoi ne pas faire de même en Europe ?

Brochette d'insectes, Beijing

Passons à l’Internet et à la censure, sujet préféré des médias occidentaux lorsqu’il s’agit de la Chine. Alors si vous n’êtes pas engagés politiquement contre le gouvernement autant vous dire que la censure vous vous en fichez. Tous les chinois savent ce qu’est Facebook. Bien sûr ils ont leurs propres réseaux sociaux (Weibo, Renren et QQ, entre autres) mais Facebook et Twitter ne sont pas des mots vides de sens pour eux. Facebook, You Tube et Twitter sont bien bloqués, mais vous pouvez utiliser un proxy ou un VPN comme Astrill. Le proxy est gratuit et les étrangers qui l’obtiennent l’ont par un Chinois. Le VPN est payant mais est plus efficace que le proxy qui plante parfois. Toutefois J. utilisait un proxy et ne s’est pas trop plainte. Sachez par contre que l’Internet en Chine est très lent, surtout dans la fac de J. qui n’avait pas le wifi.

Jean-Noëlle ont décidé d’envoyer des affaires en France depuis la Chine à la fin de leur échange. Après une belle étude de marché, ils ont opté pour un envoi par bateau par l’intermédiaire de la China Post. C’est censé arriver en six à huit semaines et être très fiable. On a essayé mais il y a un mois donc on vous dira si ça arrive effectivement ou non ! N. a payé quatre-cent-quatre-vingt-dix kuais à Shanghai pour vingt-trois kilogrammes et cinq-cent grammes (normalement la limite est à vingt kilogrammes pour environ quatre-cent-dix kuais). J. est allée à Beijing dans un petit bureau de poste. Ils n’avaient pas de cartons assez grands donc elle a dû prendre un grand et un petit pour cinq-cent-quarante kuais. Ils n’ont par contre pas vérifié le poids. Dans ce bureau de poste ils font très attention à vos affaires, franchement si ça casse c’est vraiment pas de chance car ils ont mis le paquet sur les protections.

Ile de Hong-Kong

Passons à l’un des avantages de la Chine : les horaires. Ici il y a des supérettes ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre sept jours sur sept. Dans la rue près des boites de nuit, vous trouvez des marchands de brochettes et autres. Il y a également des restaurants ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme Mc Donald’s mais aussi des restaurants chinois. Bien sûr les Chinois mangent tôt et les horaires de la cantine sur le campus ne sont pas vraiment adaptés aux occidentaux (fermeture à dix-neuf heures) mais la majorité des restaurants ferment vers vingt-deux heures. Autre chose, le Mc Donald’s ici livre à domicile et ce à n’importe quelle heure, n’importe quel jour. Dans un autre registre N. a même réussi à s’acheter un nouveau portable et une carte SIM à vingt-deux heures. Et s’il vous prend une envie de shopping, selon les quartiers, vous pourrez trouver votre bonheur jusqu’à vingt-et-une heures. Et bien sûr pas de problème le dimanche.

Une bizarrerie de la Chine réside dans la mode. Disons déjà que leur goût et leur tenue vestimentaire sont « originaux » mais pas dans le bon sens du terme. C’est souvent du grand n’importe quoi niveau couleurs, assortiments ou tout simplement choix du vêtement. Idem pour leur coque de téléphone qui sont très « bling-bling ». Beaucoup avec des paillettes, du doré, des choses en relief. Les Chinois ne sont pas très sobres dans leur style. En Chine, les femmes sont toujours sur leur « trente-et-un ». Même si elles vont faire une randonnée autour de lacs dans une vallée du Sichuan, elles porteront des talons, du maquillage, comme si elles sortaient, c’est plus chic. Ca n’est pas systématique et ça paraît étrange mais on s’y fait, promis. Sans transition (la flemme !). Le leader des parapluies doit être un homme heureux dans la mesure où les Chinoises utilisent un parapluie presque toute l’année. Quand il pleut pour se protéger de la pluie (c’est pas vrai !). Et quand il fait beau, elles s’en servent comme d’une ombrelle (les plus chic ont bien sûr une véritable ombrelle) pour se protéger du soleil. [Heureusement, trois jours sur quatre il n’y a ni pluie ni soleil à Shanghai, à Pékin, de février à juin la pluie est plutôt rare !] En effet, en Chine il est vivement déconseillé de bronzer pour deux raisons. Les Chinoises cherchant à ressembler aux occidentales, leur peau doit être la plus blanche (la moins jaune) possible donc si elles bronzent, leur peau fonce et (re)devient (plus) jaune. La deuxième raison est que le citadin riche n’a pas la peau bronzée car il ne travaille pas au champ. En France, on fonctionnait de la même manière avant le Front Populaire, mais depuis on sait que le riche a le temps et l’argent nécessaires pour partir en vacances au soleil, et donc bronzer.

Restaurant de rue, Shanghai

Ici les couples adorent s’habiller pareil et il n’est pas rare de les voir porter le même tee-shirt. Un ami s’imaginait la scène dans la chambre le matin pour le choix du tee-shirt, cocasse. De même vous croisez facilement des groupes de jeunes filles portant exactement la même robe. Vous verrez également beaucoup de jeunes filles se tenir par la main, d’hommes avec des sacs à main ou avec des accessoires roses, Hello Kitty, etc. Rien à voir avec l’homosexualité, pour les filles il s’agit d’un geste d’amitié, pour les garçons, les attributs de la virilité ne sont pas les mêmes que chez nous. De plus, le Chinois est loin d’être un macho. Au pire, comme c’est le cas à Shanghai, il est même inférieur à sa femme qui fait le travail à sa place, lui hurle dessus ou le frappe (les Shanghaiens sont la risée des autres Chinois pour cette raison). C’est peut-être d’ailleurs pour cela (à moins que ce ne soit par galanterie) que tout Chinois porte le sac à main de sa compagne au bras. Ne vous étonnez pas si vous voyez un Chinois porter le sac à main de sa compagne alors qu’il n’a pas de compagne, ça arrive aussi ! On peut également voir des chiens habillés, et certains portant des baskets. Ici ils sont fans de leurs chiens, et il y a beaucoup d’accessoires pour les bêtes. C’est peut-être le moyen de compenser le fait de n’avoir le droit qu’à un seul enfant.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Chine applique toujours la politique de l’enfant unique. Ça lui a déjà posé des problèmes par le passé (population trop masculine mais ça s’est estompé) et ça continue à lui en poser. Comment un enfant unique peut-il assurer la retraite de deux parents, voire en plus quatre grands-parents ? D’après le professeur de Chinois de N., un enfant supplémentaire coûterait (il n’est pas sûr du nombre mais ça lui avait paru très peu) deux-mille euros. Autant vous dire que les riches n’ont pas vraiment la nécessité de se plier à cette politique. Néanmoins, peut-être le regard des autres est-il difficile à supporter. Quoi qu’il en soit, quand on voit ces parents avec leur unique fille, ou cette grand-mère avec son unique petit-fils, ils ont l’air heureux. On pourrait presque croire que c’est une publicité pour la politique de l’enfant unique tant ils ont l’air de savourer pleinement la chance qu’ils ont d’avoir cet unique enfant. C’est assez étrange.

Danse à Chengdu, Sichuan

Beaucoup de petites habitudes curieuses en Chine. Vous croiserez assez souvent des couples (plus rarement des jeunes filles seules), sur leur « trente-et-un », avec des photographes autour. Compte tenu du physique du couple ou des demoiselles vous réalisez vite que ça ne peut pas être des mannequins. Il s’agit de couples qui vont se marier et qui viennent faire des photos. Pour les jeunes filles seules, l’apparence comptant beaucoup pour certaines, il peut s’agir de photos dans un but personnel. Une autre bizarrerie déjà présenté dans un autre article, les parents qui viennent « vendre » leurs enfants célibataires dans l’espoir d’enfin pouvoir les marier. Les chinois sont également très rieurs et parfois vous ne savez pas pourquoi ils éclatent de rire (nous n’avons pas du tout le même humour). Dans leurs bons jours ils adorent rigoler avec les occidentaux. Ils peuvent être très attachants même s’ils ont de gros défauts, surtout à Pékin qui est beaucoup plus chinoise que Shanghai. Le top un du défaut insupportable revient à leur manie de cracher par terre avec d’abord un énorme raclement de gorge qui vient de loin. Vous pouvez même voir des femmes très classes le faire. Même après quatre mois on ne s’y habitue pas. Leur manie de roter ainsi que le fait que leurs enfants ne portent pas de couches mais des pantalons fendus aux fesses pour pouvoir faire leurs besoins partout dans la rue sont également déplaisantes pour des occidentaux.

Mariée, Shanghai

Un autre problème est leur incapacité à laisser passer les gens : ils vous collent dans la queue et saisiront la première occasion de passer devant, pas de pardon ici, on veut passer, on vous bouscule. Egalement n’espérez pas qu’on vous laisse sortir du métro tranquillement, il faut jouer des coudes car ceux qui montent n’attendent pas que les gens soient descendus pour le faire. Du coup, deux minutes avant chaque station, les gens se précipitent pour pouvoir être le plus proche possible de la porte. De même ici la voiture semble prioritaire sur le piéton car même si le feu est vert pour vous s’ils ont décidés de passer, ils passent. Quand vous n’en pouvez vraiment plus, prenez un aller-retour pour Hong-Kong ou le Japon.

Au fait, grâce à vous nous avons dépassé les deux-mille visites. Merci de votre fidélité.

Jean-Noëlle, enfin !

Pudong, Shanghai

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s