Ubud (île de Bali)

NB : Prix en rupiahs à diviser par 10 000 pour simplifier (en fait c’est plutôt entre 11 500 et 12 000 rupiahs).

Arrivée aux environs d’une heure du matin à Denpasar dimanche premier juillet. Jean-Noëlle reprend vie dans l’aéroport après trois semaines de séparations. J. arrive de Tokyo et N. de Manille. Nous passerons la nuit à discuter dans l’aéroport, jusqu’à ce que nous découvrions vers quatre heures trente le Mc Donald’s ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Alléluia ! Vers six heures trente nous décidons de rejoindre Ubud où nous avons déjà réservé quatre nuits.

Nous sommes en Asie, ne l’oublions pas, et les arnaques commencent ! A la sortie de l’aéroport nous croisons un homme qui nous propose de nous déposer à la station de bémos (mini-van d’une dizaine de places servant pour les transports publics). Il nous propose 50 000 rupiahs à deux, la station étant assez éloignée, cela nous paraît honnête. Jusqu’à ce que nous réalisions que nous sommes dans un bémo. Nous aurions donc dû payer 10 000 rupiahs à deux ! Quoi qu’il en soit le chauffeur s’arrête à mi-chemin sous un prétexte fallacieux. Nous partons sans payer. Nous récupérons un taxi qui nous mène à la station de bémos en question. Les ennuis continuent : le trajet pour Ubud nous est proposé à 30 000 rupiahs par personne au lieu des 8 000 habituels. Nous déclinons. Différentes personnes reviennent nous voir avec des propositions à la baisse et nous finissons par partir pour 20 000 rupiahs à deux. Notre chauffeur, un peu vexé par le prix, s’arrête fréquemment pour faire ses petites emplettes. Nous comprendrons par la suite qu’il est tout à fait habituel qu’un chauffeur quitte son véhicule pour des motifs personnels. Soit.

Mini-bus, Ubud

Nous arrivons donc enfin à notre hôtel vers dix heures trente (le trajet aura duré quatre heures au lieu d’une heure trente…). La chambre n’étant pas prête, on nous propose un thé et des gâteaux. Nous profitons donc de l’agréable jardin, avec ses oiseaux en cage, ses fontaines à carpes, ses statues et son autel hindous. La chambre est propre et l’eau est tiède (première et dernière fois en Indonésie, a priori), la vue sur les toits alentours superbe. Le DSK Putu Putera Homsetay est une bonne adresse, à peine excentrée et le petit-déjeuner y est délicieux (fruits frais, thé, puis au choix riz frit, riz au lait, crêpes, etc.). Seul inconvénient, la fête hindoue qui débutera le lundi soir juste à côté. On pourra profiter de la musique trois soirs de suite et assez tard. En sortant de l’hôtel, nous remarquons de nombreuses petites corbeilles plates en feuilles de bambou remplies de fleurs et quelques aliments. Nous y prêterons vraiment attention lorsque nous les verrons un peu partout sur les trottoirs ou au pied de statues hindoues. Il s’agit d’offrandes religieuses.

C’est parti pour le déjeuner au restaurant qui serait le meilleur de la ville selon le Lonely Planet. Les prix ont nettement augmenté depuis leur passage (il y a trois ans). Le cochon de lait est bon mais pas exceptionnel, idem pour le boudin noir. Découverte de la bière nationale indonésienne, la Bintang, qui coûte deux fois plus cher que la bière nationale philippine !  Une fois le ventre plein, nous faisons un tour sur le marché central, on ne peut plus touristique mais parfait pour acheter des souvenirs (pas vraiment bon marché, c’est touristique on vous dit !). Direction ensuite le sanctuaire forestier des singes sacrés (traduction approximative !) où l’on se promène dans des ruines recouvertes de végétation, entre des dizaines de singes chapardeurs. Ceux-ci n’hésitent pas à arracher puis éventrer et vider les sacs plastiques des touristes tout en s’intéressant de près aux sacs à main. Ça créé de l’animation. Pas incontournable, cette promenade est agréable malgré la foule de touristes. Pour dîner, nous ne cherchons pas bien loin car une petite échoppe se tient presque en face de l’hôtel. Nasi goreng, mie goreng, soupes, thé et autres boissons sucrées. Les prix sont imbattables et la nourriture simple mais délicieuse. « Goreng » signifie frit, souvent avec des légumes, quelques épices, voire même de la viande ou du poisson. « Nasi » c’est le riz, « mie » les nouilles. Voilà les deux plats les plus communs d’Indonésie. Le dîner ne nous coûte guère plus de deux euros à deux et nous rentrons bien rassasiés.

Monkey Sacred Forest Sanctuary, Ubud

Le lendemain lundi nous passons la matinée à nous promener au Nord-Ouest du village, dans Penestayan et Sayan. Nous traversons un hôtel pour descendre vers un cours d’eau par un petit chemin escarpé. A mi-chemin la vue est splendide : cocotiers, torrent, rizières en terrasses, champs. Nous terminons la descente dans le but de remonter la rivière Ayung au milieu de ce paysage de rêve. Mais une barrière se présente à nous. Il est possible de la franchir moyennement 50 000 rupiahs chacun pour la fermière. Demi-tour ! En Indonésie, n’importe qui peut improviser un droit d’entrée ou de passage pour n’importe quoi. Nous poursuivons notre balade et faisons une halte pour déjeuner au Nasi Ayam Kedewatan. La salle principale n’est pas très jolie et nous optons pour une table basse dans les jardins. Assis en tailleur (comme la veille) au milieu d’habitations ouvertes au style hindou, nous dégustons l’unique plat de la carte et des jus de fruit. Succulent.

Rizières, Ubud

La suite de la journée sera consacrée aux arts balinais. Peintures et sculptures au Neka Art Museum dont les bâtiments très indonésiens sont répartis au milieu d’un parc verdoyant. Les œuvres sont regroupées par thème : art balinais de la première moitié du XXe siècle, art balinais contemporain, art indonésien, art étranger inspiré par Bali. Chaque peinture est accompagnée d’une explication très complète en indonésien et en anglais. Le musée est très bien organisé et on s’y promène avec plaisir en découvrant un art principalement axé sur les cérémonies, les danses, les paysages, les divinités, le tout dans des tons assez sombres mais néanmoins colorés. C’est joli. Nous nous rendons ensuite à la Adi’s Gallery 03 où l’on peut observer les œuvres du propriétaire, principalement. C’est contemporain, dans l’ensemble pas terrible et très cher ! Vingt euros pour un balai en plastique accroché au mur, on s’en passera. Certains tableaux coûtent plusieurs centaines d’euros. Y a-t-il vraiment des acheteurs ? On est dur, le jardin et ses sculptures étaient originaux et certaines œuvres intéressantes.

Rendez-vous ensuite au Pura Saraswati, ou jardin du lotus, pour assister à un spectacle de danses balinaises. Les costumes sont magnifiques, chargés et très colorés, les danseuses aussi (magnifiques, pas chargées et colorées !). La musique, proche de celle que nous avions entendue à Udaipur en Inde, est composée de nombreuses percussions et de quelques instruments à cordes. Ça n’est pas extraordinaire mais c’est tout de même plus mélodieux que la musique de l’opéra pékinois. Les danses sont une succession de mouvements gracieux et extrêmement précis, les yeux et les doigts dansent également. Ce doit être très difficile à exécuter et on est captivé par la beauté visuelle qui s’offre à nous. A la fin, certaines personnes du public sont invitées à danser sur scène. Des étoiles plein les yeux, nous dînons dans notre petite échoppe puis rentrons nous coucher.

Danseurs balinais, Ubud

Le lendemain, mardi, nous nous rendons à l’agence Perama par l’intermédiaire de laquelle nous avions effectué notre seule réservation du pays (excepté l’hôtel). En effet, la croisière de trois jours (de Lombok à Flores avec escales à Komodo et autres petites îles) a été annulée cinq jours à l’avance pour des raisons de sécurité à cause du mauvais temps. On salue le sérieux de l’agence mais on doit quand même réserver un trajet Bali-Flores. C’est laborieux mais nous réservons finalement une partie du voyage narré dans le prochain article. Nous déjeunons ensuite au Roda Restaurant, après l’avoir cherché longtemps. La cuisine de cet établissement familial est très copieuse et délicieuse. On aura même le plaisir d’entendre le discours anti-OGM des parents bobos de la table d’à côté. Ah oui, on ne vous l’a pas encore dit mais Ubud est une fourmilière à bobos. Attirés par la nature, l’art et l’hindouisme, certains vont même jusqu’à s’habiller plus indonésien que les indonésiens. Heureusement l’Occident est toujours là et nos chers bobos peuvent faire une halte chez Starbucks, Häagen Dazs, Paul Smith ou Ralph Lauren. Etre dépaysé, ok, mais pas trop !

L’après-midi, comme la veille, est artistique, mais moins réussie. Le Museum Puri Lukisan, bien qu’intéressant et au cadre superbe, n’est pas à la hauteur du Neka Art Museum visité la veille. L’art balinais y est moins varié et les œuvres ne sont accompagnées d’aucune explication. Heureusement, un rafraîchissement est offert avec l’entrée, chère. Nous visitons ensuite la Seniwati Gallery – Art of Women, consacrée, comme son nom l’indique aux artistes féminins. La galerie est minuscule (cinquante mètres carré), certaines peintures sont jolies et J. reconnaît même une artiste exposée au précédent musée. Impossible d’acheter une œuvre à moins de trois chiffres. C’est rarement justifié. Ce soir, nous changeons d’adresse pour le dîner et optons pour une échoppe qui propose des produits de la mer, encore plus proche de l’hôtel (des feignasses, on vous dit !). Le dîner est précédé d’une partie d’échecs et s’avère en être un ! Le poisson de N. est bon mais servi en toute petite quantité. Quant aux crevettes de J., on n’est pas loin de la crevette grise. Demain, on retournera aux origines.

Statue scooter, Ubud

Pour notre dernier jour à Ubud, nous louons un scooter auprès de nos charmants hôtes pour 40 000 rupiahs la journée. Prix imbattable à l’époque et toujours invaincu ! Le scooter nous permet surtout de relier un lieu de visite à un autre afin de gagner du temps. La matinée est consacrée à une promenade sur la crête de Campuan qui grimpe entre deux rivières. Depuis le chemin à son sommet, on profite de superbes paysages verdoyants. Pour récompenser leurs efforts, Jean-Noëlle vont déjeuner dans leur premier padang, le Masakan, en centre-ville. Un padang est un restaurant où tous les plats sont exposés en vitrine. On achète une assiette de riz que l’on garnit de morceaux de poisson, de viande, d’œuf, de légumes, de sauce.  Le tout est cuit le matin et servi à température ambiante. C’est le restaurant typique de l’Indonésie. La cuisine y est souvent bonne même si pas exceptionnelle et un repas coûte environ 30 000 rupiahs pour deux, boissons non comprises.

Rizière, Ubud

Nous reprenons la route en direction de la grotte de l’éléphant, payante et dédiée à Ganesh. A part une statue de celui-ci et une atmosphère oppressante (plafond bas, obscurité, fortes odeurs d’encens, manque d’aération), rien à signaler. Nous traversons alors la jungle pour rejoindre Yeh Pulu. La promenade est agréable, il n’y a plus un seul touriste et on croise ici et là une statue ou un autel au milieu de la végétation. Après être sortis de la jungle et avoir traversé un village à l’aide des indications données par ses habitants, Jean-Noëlle arrivent enfin à Yeh Pulu, où l’entrée est également payante. Le seul intérêt de Yeh Pulu est le chemin bordé de rizières et d’un ruisseau qui mène au bas-relief décevant que nous vendait le guide. On regrette que le Lonely Planet n’ait pas de système de note (type un, deux ou trois routards) pour les visites à faire. Nous revenons au scooter pour nous rendre à Pura Samuan Tiga, grand temple hindou, joli mais pas incontournable pour autant. Retour vers le centre et promenade au milieu des rizières et des cocotiers, au Nord d’Ubud. Nous y rencontrons un vieil artiste balinais ravi de nous présenter ses œuvres et sa revue de presse. Jean-Noëlle terminent leur séjour à Ubud par un goûter pantagruélique au Three Monkeys : milk-shakes, glace et crumble pour une vingtaine d’euros, quand même ! On revient à des dépenses plus raisonnables avec un dernier dîner dans notre échoppe préférée pour un euro soixante… à deux !

Temple, Ubud

On retiendra d’Ubud son odeur permanente d’encens et de papier brûlé, son architecture hindoue à dominante ocre, la sympathie de sa population habillée de jolis tissus traditionnels, ainsi que les nombreux cerfs-volants qui flottent dans le ciel. A noter que l’on est sollicité par certains balinais tous les dix mètres à coups de « taxi, taxi ! ». Les touristes sont principalement des familles et de jeunes couples. On n’a croisé que deux groupes de jeunes, bref, ça n’est pas une destination pour faire la grosse teuf !

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