Rinca et Komodo

Le 17 juillet, Jean-Noëlle profitent une dernière fois des délicieux pancakes à la banane de leur hôtel à Moni avant de s’asseoir sur le bord de la route pour attendre le bus qui les mènera à Ruteng. De nombreux Indonésiens viennent nous parler, ce qui nous permet de tromper l’ennui. Lorsque notre bus arrive un vieil homme édenté surgit de nulle part pour nous dire que c’est notre bus (on avait déjà mis les sacs dans le coffre) et que nous devons lui payer le trajet (que nous avions réservé nous-mêmes la veille). Cet homme n’ayant rien à voir avec le bus, nous l’ignorons royalement. Les Indonésiens sont les spécialistes pour inventer des tarifs, droits d’entrées, taxes ou vous demander pour eux-mêmes de l’argent que vous devez à un autre.

Entre Rinca et Komodo

Le voyage dure une dizaine d’heures et nous arrivons à Ruteng vers 19h30. Pendant deux heures nous avons roulé de nuit à travers les montagnes. Les petites maisons éclairées à la bougie donnaient une atmosphère particulière au trajet. Débarqués devant l’hôtel Rima, N. paie le chauffeur au prix juste, c’est-à-dire bien moins cher que celui annoncé la veille lors de la réservation. Nous entrons dans l’hôtel en compagnie de Marie et Dat, deux Français dont nous avons fait la connaissance dans le bus. Il ne reste qu’une chambre économique libre, celle que nous avions la dernière fois. Elle a quatre places, nous décidons donc de la partager. A noter que la jeune fille de l’hôtel est bien moins insolente que la première fois. Elle est même sympathique et serviable. Après avoir réservé le bus du lendemain matin pour Labuanbajo, nous partons festoyer chez Merlin, l’enchanteur de nos papilles.

Le lendemain, le bus annoncé à neuf heures arrive en avance. Nous avons à peine le temps de finir notre petit-déjeuner (pancake à la banane pour changer !). Arrivés à treize heures à Labuanbajo, Jean-Noëlle déjeunent au Porto-Moro : les calamars et jus de mangue de mamie sont toujours aussi bons. On passe l’après-midi au café Mediterraneo, au-dessus de notre hôtel, pour profiter de l’Internet qui est malheureusement très lent. Nous dînerons ensuite au Pesano où les calamars et frites sont à tomber ! Nous passons la nuit au Mutiara Hotel.

Ile de Komodo

Le jeudi 19, nous nous réveillons pour partir en croisière. Nous prenons d’abord le petit-déjeuner à l’hôtel où le cuisinier s’autorise quelques libertés avec la recette insulaire : la banane est servie à côté du pancake ! Il est huit heures trente quand nous arrivons à l’agence Getrudis Tours and Travel, sous l’hôtel Gardena, où nous faisons connaissance avec nos trois compagnons de croisière et notre guide (sic). Ingrid, la cinquantaine, vient des Pays-Bas. Anna et Knut, bientôt trentenaires, sont norvégiens. Tous trois sont instituteurs, ce qui nous a offert d’ « intéressantes » conversations pendant la croisière. Nous partons pour trois heures de bateau afin de rejoindre l’île de Rinca. Sur place, nous optons pour le trek médium d’une heure. Après avoir payé de nombreuses choses (entrée, taxe, appareil photo, ranger), nous partons pour le trek, accompagnés de notre ranger-stagiaire qui est aussi vieux que notre guide de seize ans mais plus expérimenté. Il parle anglais, lui ! Nous nous promenons dans la forêt, où nous croisons seulement des singes. En même temps, à midi, sous un soleil de plomb, les animaux sauvages ne sont pas légion.

Toutefois, au détour d’un cours d’eau presque asséché, nous tombons nez-à-naseaux avec un dragon du Komodo de deux mètres cinquante de long. On ne va pas exagérer plus longtemps : celui-ci est à une bonne dizaine de mètres en fait. Nous en profitons donc pour prendre des photos, jusqu’à ce que notre guide nous dise « Back off ! Back off ! ». En effet, le varan se dirige vers nous. Nous remontons donc sur les berges pour le regarder passer, jusqu’à ce que notre guide nous dise, d’une voix tremblante cette fois, « Back off ! Back off ! Don’t run ! ». Le dragon est lui aussi monté sur la berge, décidé à nous suivre. Il fait des haltes pour humer l’air avant de continuer sur nos traces, ce qui augmente la panique de notre guide. Nous sommes donc peu rassurés et soulagés quand le dragon décide de nous laisser tranquilles après que nous avons changé de chemin. La promenade se termine sans incident et nous prenons quelques photos supplémentaires des sept dragons affalés sous les cuisines du campement.

Dragon de Komodo

Nous y achetons un rafraîchissement pour nous remettre de nos émotions. C’est l’occasion de discuter avec un vrai ranger :

– De quand date la dernière attaque ? (Nous nous attendons à une réponse du genre : Il y a bien dix ans, un touriste imprudent, mais personne ne se souvient vraiment des détails, etc. Mais sa réponse est la suivante.)

– Il y a deux semaines… Un ranger (donc un professionnel !)… Il n’avait pas vu le dragon (attaque éclair en traître  donc)… Mais il a survécu (ah, parce qu’on peut en mourir !)… Il va bien, il peut même marcher et travailler.

Snorkeling

Autant vous dire qu’on n’était pas rassurés à l’idée de nous promener à nouveau en pleine nature le lendemain ! Lorsque nous remontons sur le bateau, un copieux festin préparé par notre capitaine-cuisinier anglophone nous attend. Poulet, légumes, tofu, c’est délicieux. L’après-midi sera consacré à du snorkeling aux abords de Pink Beach, sur l’île de Komodo. La plage est ainsi nommée car on y trouve ne nombreux grains de sable roses qui sont en fait des résidus de coraux rouges. On plonge dans l’eau transparente depuis le bateau et on se retrouve au milieu de coraux rouges et de nombreux poissons, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. J. voit même un petit serpent de mer, noir et blanc, sans doute l’un des plus dangereux du monde, ce que nous n’apprendrons qu’après, bien sûr. Nous passerons plus d’une heure dans l’eau sans nous ennuyer. Nous décidons de nous arrêter sur la plage où J. remarque que le niveau de l’eau a baissé. C’est effectivement le cas et nous devons nous précipiter dans l’eau afin de rejoindre le bateau avant que les coraux ne soient complètement découverts et que nous soyons bloqués sur la plage. En route vers le bateau, nous apercevons une dizaine d’énormes snappers. Il serait bon d’en dévorer un ou deux !

Une fois à bord, nous reprenons la mer jusqu’à notre prochaine halte, où nous passerons la nuit. Il s’agit d’une baie abritée des vents au large de Flying Fox Island. Au coucher du soleil, nous pouvons en effet y observer de gigantesques chauves-souris traverser la baie. C’est moins impressionnant qu’à Riung, néanmoins. Au fur et à mesure que l’obscurité s’installe, d’autres bateaux rejoignent le nôtre dans la baie, les lumières et les ombres au loin nous rappellent notre nuit passée sur la baie d’Halong.

Dragon de Komodo

Réveil au petit matin. Le capitaine-cuisinier nous prépare un délicieux petit-déjeuner avec des toasts, de la confiture et de la pastèque ; ça change du pancake à la banane ! Nous partons ensuite pour l’île de Komodo où nous avons seulement à payer le ranger (10 000 rupiahs chacun, soit moins d’un euro). Cette fois nous avons un ranger expérimenté et il est sept heures du matin donc nous avons plus de chances de voir des animaux. A peine cinq minutes après le départ, il nous montre une vipère vert fluo cachée dans un arbre. Puis viennent des oiseaux mégapodes, un cochon sauvage et un cerf. Nous croisons également un dragon dans la nature, complètement avachi près d’un point d’eau. Il a vraiment l’air inoffensif et tourne même la tête en direction des photographes. Celui de la veille avec sa grande langue fourchue et sa démarche balancée était nettement plus impressionnant. De retour au campement nous observons trois cerfs supplémentaires, ainsi qu’un dragon, lui aussi avachi sous les cuisines.

Les dragons de Komodo, c’est rien que des feignasses qui prennent des bains de soleil en attendant de tomber sur une proie morte, empoissonnée par l’un d’entre eux. En effet, lorsque le dragon attaque une proie, il la mord et lui injecte un poison mortel qui viendra à bout d’un buffle en deux semaines, par exemple. Les dragons partagent ensuite la proie morte. Un adulte peut dépasser trois mètres de long et atteindre quatre-vingts ans. Les mâles mangent les petits complètement livrés à eux-mêmes une fois sortis de l’œuf, les femelles se contentant de garder le nid quelques mois. Ceux-ci grimpent donc dans les arbres pour se protéger et se nourrir de serpents et d’oiseaux lors de leurs premières années. On a eu beaucoup de chance car il est très rare d’apercevoir un dragon dans la forêt, et encore plus en mouvement. Le ranger du deuxième jour ne nous a d’ailleurs crus qu’une fois que nous lui avons montré une photo.

Ile de Komodo

Nous partons ensuite pour une dernière île où nous allons faire du snorkeling. En chemin nous apercevons des dauphins, des ailerons noirs d’abord, comme la veille, sauf que cette fois, quatre dauphins noir et gris sautent hors de l’eau avant de disparaître. L’île abrite une plage de sable blanc, avec des rochers et de l’eau transparente. Nous déjeunons d’un délicieux snapper (encore meilleur qu’à Riung) avant de nous élancer dans l’eau, équipés de nos palmes, masques et tubas. L’eau est plus trouble que la veille, les poissons moins nombreux. Soudain, N. arrête J. pour lui montrer un poisson à cinq mètres de distance, dans les eaux troubles. Il s’agit d’un requin à pointe noire de presque un mètre de long ! Nous verrons également une autoroute de poissons, qui avance à la queue leu leu, deux par deux. Il y en avait bien deux cents. Nous revenons après deux heures de snorkeling et bataille de sable sur la plage. Nos co-voyageurs, qui ne semblent pas passionnés par le snorkeling, nous attendaient depuis un moment et commençaient presque à s’inquiéter.

Nous retrouvons la terre ferme à quinze heures. Nous avons passé deux jours merveilleux pour seulement 650 000 rupiahs (une soixantaine d’euros), tout inclus exceptés les frais d’entrée au parc. La nourriture était même meilleure qu’au restaurant. Nous allons ensuite au Lounge profiter de leurs délicieuses boissons et de leur Internet performant, cette fois. La journée se clôt par un dîner au Gardena Hotel en compagnie de nos joyeux drilles nord-européens (Ingrid, Anna et Knut). Les crevettes et le thon à la plancha avec des frites étaient délicieux, sans doute l’un des meilleurs repas de Jean-Noëlle en Indonésie !

Ile de Komodo

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