Récits de backpackers

Notre dernier article concernait le bilan de notre périple asiatique de dix mois en 2012 mais il ne s’agissait pas, malgré les apparences, du dernier article à ce sujet. Le dernier, le voici, et il traitera de récits de voyages de backpackers qui avaient une manière singulière de partir à la découverte du continent asiatique. Comme les voyages sont aussi l’occasion de faire des rencontres, nous avons souhaité partager ces récits de backpackers avec vous. Nous espérons qu’ils vous donneront l’envie de voyager différemment, à votre manière.

A Taiwan, dans la ville de Hualien, sur la côte Est, nous avons rencontré dans une auberge de jeunesse deux Français qui faisaient le tour de l’île de Formose à vélo. Il paraît qu’elle se prête particulièrement bien à ce mode de transport, bien que les gorges de Taroko, près desquelles nous les avons rencontrés, nous aient semblé bien trop pentues pour tenter l’expérience autrement qu’à pied ou avec un véhicule à moteur. La taille de Taiwan et ses magnifiques paysages doivent sans aucun doute constituer une promenade cycliste des plus passionnantes.

A Hanoi, la capitale du Vietnam, nous avons eu l’occasion de discuter avec deux Montpelliérains dans notre auberge de jeunesse, à l’heure de l’happy hour. Il s’agissait d’un couple d’une trentaine d’années qui avaient entrepris la visite de l’ancienne Indochine à moto. Cela nous avait semblé étonnant à l’époque mais nous avons remarqué depuis que cela se faisait beaucoup. Si comme eux vous prévoyez de voyager longtemps, vous pouvez acheter une moto que vous tenterez de revendre au prix d’achat une fois que vous aurez terminé votre tour. Un peu sur le même principe que l’achat du mini van Volkswagen pour faire le tour de l’Australie. Ce couple montpelliérain avait notamment partagé avec nous une expérience qu’ils avaient eue dans un village traditionnel du Nord du Laos. Un enfant du village avait pleuré en les voyant, effrayé qu’il était face à ces étrangers à la peau blanche. Nous avons vécu la même expérience quelques mois plus tard à cause de la barbe fournie de Nicolas qui faisait pleurer les enfants les plus jeunes, tandis que leurs mères riaient souvent aux éclats. Le couple nous avait également confié l’étonnement des jeunes enfants face aux brosses à dents qu’ils utilisèrent après le repas.

A Agra, en Inde, nous avons passé une journée dans une réserve ornithologique en compagnie d’Eric, un charmant Français quarantenaire et artiste. Il nous avait raconté l’histoire d’un ami belge qui avait pour habitude de prendre en photo des enfants indiens avec un appareil argentique puis de développer ses films rapidement afin de donner les photos aux enfants avant de changer de ville. Il avait également de nombreux ballons de baudruche qu’il offrait à ces mêmes enfants pour leur plus grand plaisir. Comme quoi l’argent n’est pas l’unique moyen de rendre le sourire à des enfants dans le besoin. Ce même belge avait vécu une expérience touchante un jour au McDonald’s. Il faut savoir que l’entrée des McDonald’s indiens n’est pas autorisée à tout le monde et que le restaurant se réserve le droit de refuser l’accès à certaines personnes. Notre Belge en question était en train de se promener quand une « slumdog », une enfant des rues, lui demanda de l’argent. Il refusa mais lui proposa un repas à la place. Alors qu’elle lui indiquait une échoppe miteuse, il opta plutôt pour McDonald’s. Des étoiles dans les yeux, la fillette lui pris la main pour le suivre. Il entra le premier dans le restaurant et sentit quelque chose lui tirer le bras. Il se retourna et vit la fillette jetée sur le sol par le videur du McDonald’s. Il fit un scandale, demanda à voir le manager et finit par obtenir que sa nouvelle amie s’installe avec lui à table. Il lui offrit alors plusieurs hamburgers et remarqua qu’elle en laissait toujours la moitié de côté. Elle lui fit comprendre qu’elle voulait faire goûter cette nourriture inaccessible à sa fratrie. Quelques années plus tard, aux environs du même  McDonald’s, une jeune fille lui sauta dans les bras en criant « McDonald’s ! McDonald’s ! McDonald’s ! » Ils allèrent évidemment fêter leurs retrouvailles dans le même restaurant. L’histoire dit même qu’ils seraient tombés sur le même manager qui leur aurait fait remarquer que la situation avait changé.

Lorsque Nicolas a voyagé une semaine avec Henri sur l’île de Palawan aux Philippines, il a rencontré plusieurs backpackers au long cours qui avaient fait des pauses rémunératrices par l’Australie. En effet, l’Australie offre la possibilité aux voyageurs en train de faire le tour du monde de remplir leur portefeuille en faisant du fruit picking et du fruit planting dans les fermes. Ils sont alors nourris et logés à bas coûts avec des dizaines d’autres personnes dans leur situation et mettent leur rémunération de côté afin de poursuivre leur voyage.

Nicolas a passé sa deuxième semaine aux Philippines avec Stéphane, un trentenaire français faisant un tour du monde d’un an. Stéphane raconta à Nicolas qu’il avait rencontré un backpacker qui avait entrepris plusieurs années auparavant un tour du monde de cinq ans avec un budget de neuf mille euros. Ce voyageur se déplaçait principalement par terre et par mer mais il avait, entre autres anecdotes, réussi à contacter le directeur d’AirAsia et à se faire offrir un billet d’avion après lui avoir expliqué son projet. Vous pouvez voyager avec peu d’argent, du bagou et de la chance.

Aux Philippines toujours, dans les rizières en terrasses, Nicolas a rencontré un Mexicain expatrié au Japon et qui passe le plus clair de son temps à parcourir le globe à la découverte des lieux mystiques dont elle est parsemée. Fervent défenseur des esprits et OVNIs, il écrit notamment des guides de voyages dans lesquels il partage ses étonnantes expériences dans ces lieux chargés de mysticisme.

En escale à Riung, sur l’île de Flores en Indonésie, nous avons partagé une belle dorade avec deux Français, deux Russes et un Néerlandais avant de nous rendre à un mariage musulman. Souvenez-vous. Lors du dîner, les deux jeunes Français nous racontèrent le périple de deux Suissesses qui avaient entrepris un tour du monde à vélo. Evidemment, tout le parcours n’était pas fait à vélo (ceux-ci n’étant pas amphibies, par exemple) mais l’idée vaut quand même le coup d’être partagée, surtout quand on se rappelle des montagnes de Flores et de la chaleur omniprésente.

Bientôt nos premiers articles sur Kuala Lumpur et Singapour.

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