Incredible Ind!a : le bilan

La première chose que l’on remarque en Inde, c’est l’omniprésence de la poussière. Bien que les routes et les rues soient très poussiéreuses (car pas réellement bitumées), c’est surtout lorsque que l’on respire ou que l’on remarque qu’on a le dessous des ongles noir sans raison apparente que l’on se rend compte de l’omniprésence de la poussière. On s’y habitue tout en comprenant pourquoi on voit de nombreux Indiens portant des foulards leur protégeant la bouche (pas de masque chirurgical comme à Taïwan ou au Vietnam).

Singe, Elephanta Island, Mumbai

Voyager en Inde c’est également partager sa vie avec une faune très présente. On commencera par le classique : les vaches. On en a même croisé à Bombay et Udaipur. Près des ghâts les rues de Varanasi sont couvertes de bouses et se faire suivre par une vache en Inde n’a rien d’étonnant. Il y a également beaucoup de chèvres, de rapaces, de sangliers, d’écureils, de pigeons et de chiens, souvent inoffensifs, sauf à Pushkar où un chien a empêché J. de passer, sans doute effrayé par son allure de tortue ninja débouchant d’une ruelle sombre à une heure tardive. Mais ceux qu’on a le plus vus et entendus, ce sont les singes. Ils sont partout : dans les villes, dans les temples, sur les terrasses de restaurants, etc. Ils passent leur temps à se battre, à sauter de toits en toits et de branches en branches. Pas du tout effrayés par l’homme, il arrive qu’ils jettent des projectiles et volent des affaires. Bref l’Inde est un zoo grandeur nature et nous retiendrons la phrase de notre chauffeur de taxi à Bombay : “Ceci est le zoo mais il y a plus d’animaux dehors que dedans”.

Vache, Inde

Un autre point très particulier à l’Inde est la vigilance constante dont on doit faire preuve. Il existe de nombreuses arnaques qui vont des plus inoffensives (produits faux ou défectueux, mauvaises informations concernant les hôtels) aux plus dangeureuses (empoisonnement de la nourriture, drogues cachées dans une boisson ou un gâteau pour détrousser le touriste). Du coup cela peut parfois gâcher le voyage car il est difficile d’avoir un véritable échange quand on reste toujours sur ses gardes. L’échange est d’autant plus difficile que les Indiens ont du mal à ne pas vous parler d’argent. Il arrive souvent que des gens viennent vous parler d’une façon qui semble désintéressée, vous donnent des informations, vous font visiter et ensuite vous demandent de venir dans leur magasin ou de leur donner de l’argent. Voyager avec un guide tel que le Routard est d’ailleurs utile pour être au courant de certaines arnaques car sur place personne ne vous en parlera. Toutefois, parfois, il est bon de laisser tomber la méfiance pour ne pas vexer son interlocuteur.

Mc Donald, Admission Inde

Les Indiens ne semblent pas avoir le même sens du service que nous. Au restaurant les plats mettent souvent beaucoup de temps à arriver et on se demandait pourquoi jusqu’au jour où on s’est rendu compte que l’unique cuisinier était au téléphone au lieu de cuisiner. Les serveurs n’en avait bien entendu pas profiter pour se rendre utile. Tout cela pour dire que le client n’est pas roi et que les Indiens auront parfois tendance à s’occuper de vous après avoir terminé ce qu’ils ont à faire. Néanmoins, d’autres Indiens (ceux qui ne travaillent pas dans les métiers de service, paradoxalement) sont très serviables et n’hésiteront pas à interrompre leur route pour expliquer en hindi à un chauffeur où vous souhaitez aller. On nous a aussi prêté un téléphone portable avec le sourire afin que nous puissions demander à notre hôtel de venir nous chercher à la gare à Jaipur. En bref, comme pour les arnaques, il y a toujours un Indien pour rattraper l’autre, même si on remarque que ce sont souvent les plus aisés qui vous viendront en aide.

Taj Mahal, Inde

Les Indiens ont un rapport particulier avec les Occidentaux. Il y a une réelle curiosité mais pas d’admiration particulière, contrairement à des pays comme le Vietnam. Ils ont gardés une identité très forte et ont un regard fier, ce qui rend ce pays si dépaysant. Toutefois, vous êtes souvent accueillis avec un grand sourire, les enfants sont ravis de vous dire “Hello” et les adultes de vous serrer la main. J. se souvient avec émotion de cette femme venue vers elle avec un grand sourire pour lui serrer la main avant de continuer son chemin. Certains comportements sont parfois plus hostiles et leur regard peut parfois déranger, notamment celui des hommes sur les femmes. Contrairement à des pays comme Taïwan et Vietnam, les femmes sont peu habillées à l’occidentale et il ne faut pas être trop découverte. Les regards entre sexes sont plus sexués et il n’est pas rare qu’un indien vous fasse des compliments ou des avances.

Nous avons eu la chance d’assister à de nombreux mariages dans les rues d’Agra et de Khajuraho. Nous ne savions pas de quoi il s’agissait avant de questionner des Indiens. Nous avions juste remarqué à plusieurs reprises de grands cortèges avec un homme à cheval, de nombreux Indiens dansant sur des musiques différentes mais jouées en même temps par un orchestre et une sono, ainsi que d’autres Indiens tenant des lampes, le tout souvent précédé et suivi d’un groupe électrogène. Tout cela semble assez brouillon, et, croyez-nous, c’est parce que ça l’était ! En tous les cas, ces cortèges étaient très festifs, principalement composés d’hommes et nous nous sommes fait expliquer par la suite que l’Indien à cheval était le futur marié qui allait chercher sa dulcinée. Très typique et très plaisant à observer !

Chèvre, Inde

Petite parenthèse avant d’en venir au budget de ce voyage : le visage de Gandhi est présent sur tous les billets indiens (comme celui de Mao en Chine, d’ailleurs), ce qui nous semble refléter la prédominance de son rôle dans l’histoire indienne récente. Concernant le budget, donc, nous avons dépensé environ huit-cents euros en trois semaines de voyage en comptant le visa, le logement ainsi que les transports sur place.

Pour J. ce pays restera son préféré. Pas à cause d’un endroit ou d’un lieu en particulier mais à cause de l’atmosphère. Il y a quelque chose de mystique en Inde et de très différent de ce que l’on connaît. Le pays a un vrai caractère et une identité très forte. C’est une véritable expérience, à condition d’être capable d’accepter la différence, la saleté apparente, le caractère parfois oppressant des villes, le regard des gens… En un mot, l’Inde vaut la peine d’être vécu hors des palaces, des bus de luxe et des classes reservées aux touristes.

Pour N. aussi l’Inde est le plus captivant et le plus dépaysant des trois pays visités pour l’instant (avec Taïwan et le Vietnam) de par sa beauté (ses payasages, ses monuments, ses habitants), son atmosphère (les traditions, les religions) et ses habitants, à la fois beaux, différents et fiers. L’Inde n’a pas fait le choix (contrairement à la Chine) de tenter de ressembler à l’Occident. L’Inde, c’est l’Inde, et c’est bien par ses propres valeurs et coutumes qu’elle continuera à briller !

Indien, Inde

Delhi

Pour notre dernier voyage en train de nuit, nous avons été gâtés : Indiens pas du tout conciliants avec la lumière, cafards, souris… Un voyage mouvementé et un réveil tôt le matin qui expliquent nos mines fatiguées en arrivant à la gare. Heureusement, notre hôtel n’est pas loin et nous pouvons faire le trajet à pied, ce qui nous évite une négociation ardue avec un rickshaw.

rickshaw, Delhi

L’hôtel Grand Godwin est dans le nord de la ville, un peu excentré mais dans une rue assez calme. Propre avec un lit très très confortable, c’est le plus luxueux des hôtels que nous ayons fait. L’accueil n’est pas très chaleureux, mais le personnel est attentionné. Pour cette première matinée nous y posons juste nos sacs avant d’aller petit-déjeuner, puis direction le Red Fort. On nous avait dit qu’il avait moins d’intérêt que celui d’Agra, et c’est vrai. L’extérieur est assez impressionnant mais à l’intérieur il reste surtout des parcs et des musées peu passionnants.

Depuis le fort, nous avons rejoint Chandni Chowk, le bazar de Delhi, le vieux Delhi avec les noeuds de fils électriques, le dédale de petites rues, les différents vendeurs de montres (plongées dans une mini-piscine gonflable, sans doute pour prouver leur étanchéité), tissus, chaussures, mécanique… Le bazar est près de la Jama Masjid, la Grande Mosquée. Avant d’aller la visiter, nous nous arrêtons déjeuner chez Karim, apparemment une institution du quartier, si ce n’est de Delhi. Ne manquez surtout pas le Karim Roll, de la viande épicée dans une galette de blé, délicieux ! Et testez les tandoori roti qui ont l’air très très bons. Ce sont les grosses galettes soufflées qui sont sur toutes les tables mais qu’on ne n’avons pas réussi à commander… Par contre oubliez le cheese nan.

Rue de Delhi

Le ventre plein nous nous dirigeons vers la mosquée. Première entrée, on nous demande 200 roupies par appareil photo, même si on ne veut pas prendre de photos. Les portables comptent aussi. N’ayant pas envie de se séparer pour faire la visite seuls, J. cache son appareil photo et le portable de N. sous ses vêtements afin de ne payer que pour un appareil photo un peu trop gros à cacher, surtout sous un jean (le pantalon d’Ali Baba aurait été utile ce jour-là…). Avant de rentrer, J. est déguisée en Carlos au moyen d’une immense robe à fleurs… Avec elle la décence est préservée ! La mosquée est la plus grande d’Inde, et sa cour est donc très animée mais elle ne mérite pour autant pas un détour.

Mosquée de Delhi

La meilleure expérience de la journée restera le Gurudwara Sis Ganj, un lieu de culte de la communauté sikh. On nous indique d’abord l’accueil pour y ôter nos chaussures et nous remettre une documentation en français. On nous précise qu’ici tout est gratuit et qu’on y accueille tout le monde avec plaisir. Nous sommes un peu sceptiques car en Inde la notion de gratuité pour les touristes est très rare, on trouve toujours un moyen de vous demandez de l’argent. Nous suivons toutefois une fille d’une vingtaine d’années qui se propose de nous faire la visite. La partie liée au culte est très belle et paisible. On y apprend beaucoup sur le sikhisme. Nous visitons ensuite les cuisines où J. a la chance de rouler un chapati (une galette de blé) et de le mettre à cuire. On nous offre également un chai (thé) en nous faisons visiter la salle de restauration et en nous expliquant qu’ici tout est gratuit et que tout le monde est égal. L’atmosphère est très apaisante, les gens sont charmants, nous décidons donc de faire un don. Notre guide nous propose d’acheter une pâtisserie pour dix roupies. Ensuite nous nous dirigeons vers un homme qui coupe la pâtisserie en deux, une moitié nous revient, l’autre sera pour la communauté. Nous ressortons donc très sereins et impressionnés par le fait de ne même pas avoir été incités à donner.

Gurudwara Sis Ganj, Communauté Sikh, Delhi

Nous partons ensuite prendre un apéritif au My Bar, dans une rue très animée (Main Bazar) à proximité de l’hôtel. Chichas sur certaines tables, matches de cricket à la télévision, homosexuels indiens… Bref de quoi passer un bon début de soirée. Nous dînons ensuite au Mac Donald’s de Connaught Place car nous nous étions juré de ne pas quitter l’Inde sans avoir goûté le fameux Mac Maharajah ! C’est une réussite : au poulet et légèrement épicé, ce sandwich est délicieux et nous terminons sa digestion en retournant au My Bar où nous finissons la soirée.

Le lendemain nous nous promenons, sans Nina qui a pris son avion pour Shanghai tôt le matin, autour de la Connaught Place dans New Delhi. Ici, Mac Donald’s côtoie les magasins Rolex et Reebok. Pourquoi pas. Nous déjeunons au United Coffe House, restaurant chic où l’addition sera salée mais pour de bonnes raisons. Les plats sont vraiment délicieux, nous avons pour la première fois depuis le début du voyage des serviettes en tissu (!) et le vin indien que nous goûtons est tout à fait correct.

Rue de Delhi

Nous prenons ensuite pour la première fois le métro indien après avoir fait passer nos sacs aux rayons X et nous être faits fouiller. En face de l’entrée du métro se trouve un garde avec une mitraillette, planqué derrière un mur de sacs de sable ! Le métro est impeccable et nous évoque celui de Taipei. Nous sortons non loin de l’India Gate à laquelle nous irons jeter un coup d’oeil avant de nous promener en direction de la résidence présidentielle. On se croirait sur les Champs Elysées avec ces estrades sur les côtés de la route et cette avenue de plusieurs kilomètres. De nombreux bâtiments institutionnels bordent la route. New Delhi a bien moins de charme qu’Old Delhi. Ici on a vraiment l’impression d’être dans une capitale de colonies, avec ses nombreuses ambassades et ses trottoirs vides et ombragés. 

Place, Old Delhi

Après un dernier apéritif/dîner en rooftop nous prenons un taxi pour l’aéroport de New Delhi. Finies les vacances ! La première partie du moins. J. s’arrête à Beijing pour son échange universitaire avec Charlotte (et Justine qui restera deux semaines pour visiter) tandis que N. atterrit à Shanghai avec Estelle pour les mêmes raisons. Nous sommes le vendredi 17 février.

Jean-Noëlle met donc son périple jeune en pause jusqu’au mois de juin. Mais ça ne les empêchera pas de vous faire partager leurs mésaventures chinoises, bien entendu !

Toilettes publiques, Delhi

Varanasi

vâches, Varanasi

Arrivée à Varanasi (ou Bénarès (ou Banaras)) lundi matin avec un peu de retard après une nuit dans un train. Quelqu’un de l’hôtel Ganga Fuji Home vient nous récupérer. Jean-Noëlle s’étaient jurés de ne pas reprendre de tuk-tuk après avoir regardé, gênés, leur conducteur trimer et suer à Jaipur. Sous la pluie et avec des gros sacs, J. se serait bien passée de ce pick-up gratuit. L’hôtel est sans charme mais propre.

Première promenade sur les ghâts, mouillés et glissants (plus à cause des bouses sacrées que de la pluie !), puis ballade dans les ruelles, tout aussi glissantes. Pas de chutes.

Au crépuscule, Jean-Noëlle assistent à des prières sur le ghât principal : jeunes hommes en tenues religieuses, musique dans les haut-parleurs, encens, fleurs, clochettes et chandeliers enflammés. N. est captivé tandis que J. a plus de mal à se mettre dans l’ambiance car les Hindous sont si peu nombreux qu’elle ne sait s’il s’agit d’une prière ou d’un spectacle pour touristes. Heureusement, la ferveur qui se lit sur les visages hindous permet de dissiper ses doutes.

Prière sur les Ghâts, Varanasi

Une fois les prières terminées (une bonne heure), Jean-Noëlle prennent la direction du ghât des crémations. Après leur avoir gentiment proposé du haschisch et de l’opium (de très bonne qualité car on est dans une ville sainte ; logique imparable !), un jeune indien présente Jean-Noëlle à un second. Celui-ci leur explique les crémations. Des Indiens de tout le pays viennent se faire incinérer à Varanasi pour mettre fin au cercle des réincarnations et atteindre ainsi la Moksha (Nirvana hindou). Il ne faut pas moins de trois heures et deux-cent cinquante kilogrammes de bois pour brûler un corps dont on remet les os non réduits en cendres au Gange (cage thoracique pour les hommes, bassin pour les femmes). L’ambiance est très particulière, surtout de nuit, et Jean-Noëlle rentrent à l’hôtel, silencieux…

Ghât, Varanasi

Réveil à six heures le lendemain pour assister aux ablutions (bains purificateurs dans le Gange) depuis une barque. Celles-ci sont malheureusement peu nombreuses, apparemment à cause des élections indiennes qui ont retenu les pèlerins chez eux.

Après un petit-déjeuner en terrasse, Jean-Noëlle s’engouffrent dans le Chowk, dédale de ruelles marchandes plus ou moins touristiques où ils se perdront deux bonnes heures. Suit un déjeuner succulent et copieux au Keshari Restaurant : prenez un Keshari Special Dosa et des Vegetable Cutlets, même pour deux ça devrait suffire !

Direction notre dernière destination en train de nuit : Delhi.

On s’attendait à une atmosphère plus mystique, ce qui n’empêche pas Varanasi d’être l’une des villes les plus intéressantes d’Inde du Nord.

Ghât, Varanasi

Khajuraho

Nous prenons notre premier train de nuit pour aller à Khajuraho. Bizarrement nous ne sommes que des touristes dans nos wagons qui relient une ville très touristique à un village très touristique… Nous arrivons donc à sept heures à l’hôtel, accueillis avec le sourire et deux tiers des chambres déjà prêtes. Après une ballade dans la partie touristique du village, Jean-Noëlle décident de louer un vélo pour visiter la campagne et peut être aller voir des chutes d’eau qui ont de grandes chances d’être asséchées. Après une heure de vélo, les chutes ne sont plus loin mais malheureusement l’entrée coûte 150 roupies et il ne nous reste que peu de temps avant la tombée de la nuit… Du coup, retour sur le vélo et trente kilomètres de faits en une après-midi.

Champ Khajuraho

Le lendemain nous allons aux temples érotiques du groupe ouest. On se calme dans les rangs, seulement 5% des bas-reliefs le sont, la majorité des statues représentent des animaux, des dieux et des personnages. Par contre, les statues érotiques ne le sont pas à moitié : positions farfelues, nombreux personnages, animaux, on en passe et des meilleurs. Et toujours un peu d’humour avec des animaux voyeurs ou des personnages qui se cachent les yeux (parfois à moitié !) pour ne pas voir. Le cadre est très agréable, au milieu d’un parc. La visite dure deux heures avec l’audioguide, assez intéressant malgré la voix très “coincée” de la commentatrice.

Temple, Khajuraho

Après le déjeuner nous partons nous promener dans le village traditionnel de Khajuraho, déserté par les touristes. Les enfants nous y demandent des stylos et du chocolat. Agréable et typique, on en fait rapidement le tour. Jean-Noëlle repartent pour l’hôtel pour suivre leur premier cours de Yoga. Discipline intéressante, il nous semble qu’elle n’est réellement bénéfique que si on la pratique de manière très assidue. On a tout de même du mal à croire que de simples étirements et exercices de respiration permettent d’avoir “No problem. Yes.” comme l’a répété le professeur tout au long du cours. En tous les cas, ça détend !

Le troisième jour, nous visitons rapidement deux temples jaïns sans grand intérêt dans le groupe est. Le jaïnisme est une religion qui vise le détachement de l’âme par rapport au corps. Par conséquent, l’honnêteté y est primordiale. Il ne faut pas tuer d’être vivant (certains vont même jusqu’à balayer le sol devant eux pour ne pas écraser d’insectes en marchant) et certains ont aussi des tendances naturistes.

Gravure érotique, Khajuraho

Le troisième jour était en trop. On aurait préféré partir un jour plus tôt pour Varanasi mais les trains de nuit ne sont malheureusement pas quotidiens. Par contre ça nous aura permis de dégoter quelques bons restaurants (pas toujours très bon marché) et de nous reposer dans ce “village” (seulement treize mille habitants) minuscule et plus calme que le reste de l’Inde que nous avons visitée. La taille réduite de Khajuraho a d’ailleurs permis à Jean-Noëlle de croiser un couple de Bemiens en voyage après leur échange indien. Le monde est petit, ma bonn’ dam’ !

hôtel Zen, Khajuraho

On finira en vous recommandant l’hôtel Zen au personnel attentionné. Même si le wi-fi y est absent, on peut prendre son petit-déjeuner au lit et ça, ça remplace bien vingt minutes de Facebook !

Agra & Fatehpur Sikri

Train direction Agra, c’est parti pour cinq/six heures. Un mardi peu productif donc. Nous sommes séparés dans le train et Jean-Noëlle partagent leur compartiment avec des bangladeshis très sympas avec qui nous discutons un peu de l’Inde. Apparemment ils n’ont pas aimé ce pays où on a beaucoup essayé de les arnaquer. L’arrivée à la gare est plus soft que Jaipur et nous trouvons rapidement deux rickshaws. Une fois arrivés à l’hôtel, l’appel du ventre se fait sentir. Nous allons au Joney’s, un tout petit restaurant avec cuisine ouverte qui ne paye vraiment pas de mine. Si le cheese nan n’est pas exceptionnel, le lassi à la banane et les autres plats sont délicieux et puis l’ambiance confinée avec les quatre tables et une minuscule cuisine est agréable.

Taj Mahal, Agra

Nous filons au lit car mercredi on se lève à six heures pour aller voir le Taj Mahal dont l’entrée est à cinq minutes de notre hôtel. Entrée la plus chère d’Inde : 750 roupies soient presque douze euros. La file d’attente n’est pas trop longue et on arrive tranquillement à la porte d’entrée, monumentale. Il ne fait pas encore bien jour et on aperçoit le Taj Mahal dans l’embrasure de la porte, baigné d’une légère brune. On passe la porte et on le découvre enfin dans son ensemble. Une minute de silence ! Le Taj mérite sa réputation : on pourrait rester des heures à contempler cette merveille immaculée en admirant sa couleur changer en fonction du soleil. On mitraille -cent-cinquante photos à deux – puis on regarde une dernière fois ce paisible mausolée, avant de le quitter en marche arrière pour en profiter jusqu’à la dernière minute, la mort dans l’âme. Heureusement on le retrouve quelques minutes plus tard depuis le rooftop de notre hôtel en prenant le petit-déjeuner. On vous conseille d’y aller à l’ouverture car dès 8h30 la foule devient nombreuse.

Keoladeo Ghana National Park, Agra

Direction ensuite le Keoladeo Ghana National Park, l’une des plus belles réserves d’oiseaux du monde. Nous commençons par déjeuner avec Justine et Fabien en faisant connaissance avec Eric, gentil théâtreux quarantenaire des environs de Toulouse. Passionné d’ornithologie, il nous propose de visiter la réserve avec lui. Une fois nos vélos enfourchés nous découvrons de très nombreux mammifères : écureuils et singes (comme d’habitude) ainsi que des antilopes peu farouches. On peut approcher les oiseaux de près, c’est génial. Jungle bubblers, martin-pêcheur, perroquets, aigles, foulques, poules d’eau, tadorns, spatules, cormorans, cigognes, ibis blancs, etc. Petite pensée pour Zwilly tout au long de ces découvertes, yeux écarquillés. 

Nous rentrons à Agra bien fatigués par notre journée et par la descente précipitée du bus car J. croyait avoir reconnu un endroit à cinq kilomètres de son emplacement réel. Le lendemain nous allons à Agra Fort où nous décidons, une fois n’est pas coutume, de prendre un guide. Celui-ci s’appelle Kamal et il parle très bien français. Grâce à lui nous découvrons de petits détails sur le fort. Par exemple dans l’une des salles, si on se met aux deux coins opposés et que l’on parle contre le mur, on peut s’entendre comme si l’autre personne était à côté de nous. Visite très intéressante en tout cas. 

Mosquée, Fatehpur Sikri

Nous prenons ensuite un bus pour Fatehpur Sikri. Après un déjeuner dans un jardin à l’herbe verte, nous montons les hautes et nombreuses marches qui mènent à la mosquée Jama Masjid. gigantesque, et avec un magnifique petit mausolée de marbre blanc au milieu de la cour, on regrette seulement les marchands illégaux, et insistants (il est inscrit à l’entrée qu’il leur est interdit de vendre dans l’enceinte de la mosquée).

Nous visitons enfin le fort, très bien conservé. On peut y admirer de magnifiques sculptures ou peintures sur les murs de certains bâtiments. Retour à Agra pour un dernier dîner avant de prendre le train de nuit pour Khajuraho.

Fatehpur Sikri

On notera qu’Agra et ses environs affichent les droits d’entrée les plus élevés depuis notre arrivée en Inde, à cause de la simple présence du Taj Mahal.

Jaipur & Amber

L’arrivée à la gare de Jaipur est infernale. A peine passées les grilles nous sommes sollicités par une petite dizaine d’indiens qui nous proposent, dans le désordre, de nous conduire à notre hôtel, de nous loger à leur hôtel, de nous laisser téléphoner, de nous faire visiter la vile le lendemain, etc. Bientôt des enfants mendiants s’ajoutent à l’essaim qui nous suit de près malgré nos nombreux refus. Nous nous réfugions alors dans un restaurant pour emprunter un téléphone portable afin d’appeler l’hôtel qui s’était proposé de venir nous chercher. Le propriétaire nous dit qu’il nous envoie quelqu’un et de le suivre que s’il nous donne le bon mot de passe (1 2 5). Nous ressortons du restaurant et un indien nous saute dessus en nous disant qu’il vient de la part de notre hôtel mais il ne donne pas le bon nom. Raté ! Nous continuons à attendre au milieu des indiens qui sont toujours là et tentent leur plan B à base de Karma, de gratuité et de quelques mots de français. Un indien s’approche alors de nous et nous annonce : “Krishna Palace. 1 2 5.” Nous le suivons, sauvés !

Krishna Palace, Jaipur

L’hôtel est très joli avec son rooftop, où nous mangerons à plusieurs reprises, et son jardin à la pelouse vert vif. Il est blanc avec des traits de couleurs au plafond, de l’extérieur il ressemblerait presque à un palais des milles et une nuit.

Le lendemain nous partons visiter Jantar Mantar, l’observatoire astronomique classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Curiosité intéressante, loin de ce que l’on a l’habitude de visiter. Même avec les explications, les instruments géants nous semblent incompréhensibles. Nous visitons ensuite le City Palace, moins bien que celui d’Udaipur.

Jantar Mantar, observatoire astronomique, Jaipur

Après le déjeuner nous nous séparons en trois groupes pour rejoindre la Surabhi Mansion (musée des turbans). Seuls Jean-Noëlle y parviendront au prix d’une heure de trajet, une engueulade avec un pousse-pousse, des dizaines de demandes aux passants. En effet, le musée est situé au fond d’une cour, indiqué par un seul panneau caché derrière un poteau. Il s’agit en fait simplement d’une quarantaine de turbans présentés sur des têtes en plastique avec des textes explicatifs. Très instructif, ce “musée” est aussi l’occasion d’acheter quelques souvenirs.

Palais des vents, Jaipur

Nous décidons ensuite de poursuivre notre ballade à pied dans Jaipur en allant au Palais des vents. Il n’est pas exactement à l’emplacement de notre plan, c’est pourquoi nous vérifions auprès d’un indien. Celui-ci nous explique deux trois choses sur le monument et nous propose de venir sur sa terrasse où nous aurons une meilleure vue. Nous refusons. Il nous propose de venir dans sa boutique, puis dans son échoppe dans le marché aux pierres précieuses et semi-précieuses. Nous acceptons, pensant avoir à faire à un vrai marché et assez curieux de voir ce pour quoi la ville est renommée. Finalement nous entrons dans une boutique lambda pleine de pierres. Le propriétaire nous explique plein de choses sur les rubis et les aiguemarines. C’est très instructif mais comme nous ne voulons rien acheter (désolés pour nos mamans) nous écourtons un peu la leçon. Au moment de partir, le propriétaire nous propose un cadeau. Méfiants, car les “cadeaux-qui-sont-payants” sont courants ici, nous commençons par refuser mais notre interlocuteur ayant l’air de se vexer nous finissons par accepter. Nous avons bien fait car c’était un vrai cadeau : un “rubis” (il semblait appeler rubis tout ce qui était une pierre rouge) de très basse qualité, non taillé, avec encore de la roche d’un côté. Nous sommes quand même touchés.

Le lendemain, nous nous rendons à Amber Fort, en bus avec les indiens. Rien de méchant à part un indien de soixante venu proposer à J. de devenir sa troisième femme, à base d’arguments très convaincants… N. n’étant pas à côté pour négocier, nous ne savons pas combien vaut J. !

Amber Palace, Jaipur

L’arrivée à Amber Fort est à couper le souffle. On découvre une forteresse gigantesque perchée sur une colline abrupte au beau milieu de paysages très arides. Une fois à l’intérieur d’Amber Palace, c’est guère différent des City Palace d’Udaipur et Jaipur. Néanmoins, le dédale de pièces et de couloirs vides, les différentes promenades et balcons, les panneaux de porte en mosaïques représentant des paons, les murs et plafond incrustés de miroirs sont magnifiques.

Nous sortons d’Amber Palace par la Moon Gate, en face de la porte principale. Nous empruntons un petit chemin broussailleux au milieu de la vieille ville pour atteindre Shiromanji Temple. Le temple est joli mais sans grand intérêt à part la porte et les escaliers ornés d’éléphants. Estelle et J. auront quand même la chance de se faire faire un point sur le front par un vieux monsieur qui selon les fans de Dragon Ball Z ressemblait à Tortue Géniale.

Shiromanji Temple, Jaipur

La visite d’Amber se termine par le Jaigarth Fort à l’issue d’une ascension d’une bonne demi-heure. Cela en vaut la peine au regard des magnifiques panoramas qu’on y admire : Amber Palace, la vieille ville, la vallée à perte de vue.

Nous reprenons un bus bondé d’indiens pour rentrer au Krishna Palace où Justine nous rejoint de France. Dernière nuit, derniers repas et c’est parti pour Agra !

Charmeur de serpents, Jaipur

Pushkar

Après un long trajet en bus nous arrivons enfin à Ajmer où nous rencontrons un rickshaw beaucoup moins sympa que les précédents qui nous propose des tarifs exorbitants. Il nous suit pour parler à tous les autres chauffeurs que nous croisons afin qu’ils s’alignent sur ses prix… Manque de chance pour lui nous réussissons in extremis à avoir un bus pour Pushkar. C’est reparti pour vingt minutes de bus. En effet, Pushkar est collé à Ajmer. Petit village saint de la religion hindoue, il faisait au départ partie d’Ajmer mais en a  été séparé car Ajmer est une ville musulmane.

Nous arrivons enfin à Pushkar à 22h mais nous ne sommes pas encore à notre hôtel. En effet, le bus nous a déposés à l’entrée du village et notre hôtel est à l’opposé. Nous nous lançons donc dans une marche d’un kilomètre cinq avec nos sacs à dos pesant entre quinze et vingt kilos chacun. Autour de nous les indiens essaient de nous faire venir dans leur hôtel. Nous commençons à ne plus répondre aux gens jusqu‘à ce que l’un d’eux en scooter nous dise « Hôtel Everest ? Vous êtes Joana ? ». Notre sauveur nous indique le chemin pour l’Hôtel Everest, qui porte bien son nom. Il devait nous attendre depuis un moment. Une fois nos sacs déposés à l’hôtel mais nous repartons tout de suite pour aller dîner, morts de faim. Notre sauveur nous envoie dans un restaurant qui semble rouvrir pour nous, la grande classe !

Le lendemain matin Jean-Noëlle se décident à aller se promener autour des ghâts, après un petit déjeuner en rooftop au soleil, pour changer…Les ghâts sont vraiment magnifiques le matin avec de nombreux hindous qui viennent se recueillir et se baigner dans les eaux sacrées. Ils sont aussi très beaux le soir mais beaucoup plus calmes, avec la possibilité de profiter de la superbe lumière du coucher du soleil.

Toutefois, cette ambiance un peu mystique est gâchée par tous les gens qui essaient de nous donner ou de nous mettre de force une fleur dans la main pour que nous allions la mettre dans l’eau du lac. Cette arnaque est connue : après cela on peut vous demander une très forte somme d’argent. Du coup cela rend méfiant et peu enclin à la discussion. Heureusement chaque fois qu’on est déçu par l’attitude d’un indien, on en trouve toujours un pour nous redonner le sourire. Pour les ghâts ce sera un gentil jeune homme curieux, venu discuter avec nous pour nous en apprendre un peu plus sur Pushkar et l’hindouisme. Les ghâts seront aussi l’occasion d’en découvrir plus sur les vaches et sur leur capacité à descendre ou à monter les escaliers. Ainsi que d’autres pouvoirs de “sur-vache”, comme en témoigne le dialogue suivant. « N., je crois que je suis suivi par une vache ! » Réponse de N. : « Et alors ? » « Mais mec, on est sur un muret de cinquante centimètres de large !!! »

A part ça la ville en elle-même à peu d’intérêt. L’un des temples est interdit au public, le temple de Brahma n’a d’intérêt que parce qu’il serait le seul au monde consacré à cette divinité, mais le savoir suffit, on peut se passer de la visite. Sinon l’atmosphère de la ville est assez particulière. Ville très sainte pour les indiens, on n’y trouve ni viande, ni œufs, ni alcool. Par contre le cannabis est très présent, sans doute dû à tous les hippies et baba cools du monde entier qui semblent venir ici en pèlerinage. Du coup, une fois sorti des ghâts, la ville est essentiellement occupée par des magasins pour touristes. Les indiens y sont un peu plus oppressants, c’est par exemple la seule ville où on a essayé de nous faire payer pour le fait déposer nos chaussures devant un temple.

Le deuxième jour, deuxième ballade à cheval du voyage. Les chevaux sont un peu plus nerveux que la première fois, ce qui est plus sportif (on se rapellera la chute spectaculaire d’Estelle, sans gravité heureusement) mais comme le paysage est moins intéressant, ça compense. On gardera quand même le souvenir du passage au fond d’un canal avec de chaque côté des singes qui nous regardaient avancer. On n’était pas forcément rassurés, mais les chevaux semblaient habitués à leur présence, car même la jument de J., effrayée par une vache, ne les a pas remarqués. Les chevaux appartenaient à un Québecois très sympa, venu s’installer à Pushkar vingt-sept ans auparavant. Chez lui c’est cool, il te tutoie direct, et que ce soit pour réserver, avant la ballade ou après pour payer, il y a toujours un bon moment de discussion autour d’un petit thé dans le jardin. Très agréable.

On repart donc de Pushkar avec le sourire, même si ce n’est pas la ville qu’on a préféré en Inde. On a trouvé qu’on était loin de l’atmosphère très calme et pieuse dont on nous avait parlée. Néanmoins, on peut trouver celle-ci au bord des ghâts, au coucher du soleil, lorsque ceux-ci ont été vidés de la foule.

NB : Cet article n’est pas accompagné de photos. A Pushkar, les photos des ghâts et des temples sont interdites, du coup on en a oublié de sortir nos appareils, ce qui finalement assez agréable. Il y aura des photos dans le prochain article, promis !

Chittorgarh

Jeudi matin, nous nous réveillons tôt et filons à la gare routière d’Udaipur après avoir rapidement petit-déjeuné dans la rue.

Chittorgarh, temple

Nous avons décidé de consacré notre journée à la forteresse de Chittorgarh, ville située sur la route entre Udaipur et Pushkar où nous dormons le soir. Après 2h30 de route nous sommes harcelés à la sortie du bus par une horde de conducteurs de rickshaw qui veulent tous “récupérer” les six touristes ! Deux nous déposent à la gare ferroviaire pour que nous laissions nos sacs à la consigne. Puis nous négocions le tarif de la journée en rickshaw dans la forteresse et le retour à la gare routière. Quinze euros en tout nous semble être un prix honnête.

Chittorgarh, Temple

C’est parti pour le déjeuner puis pour la fameuse forteresse de Chittorgarh. On commence par le Palais de Khumbhat, grand palais en ruines avec une ambiance très « Livre de la jungle ». Puis nous visitons quelques temples, très jolis et très calmes. Direction ensuite la Tour de la victoire, érection de trente-huit mètres de haut, neuf étages et cent-cinquante-sept marches. On y monte par des escaliers de marbre aux marches lisses et froides (on s’est déchaussé à l’entrée), très escarpées. Difficile de se croiser au milieu des murs pleins de bas-reliefs. Superbe. Nous marchons un peu au milieu des quelques monuments alentours. Les singes y sont très nombreux mais pas agressifs. On termine avec le palais de la reine Padmini, aux jardins bien entretenus mais sans grand intérêt par ailleurs.

Tour de la Victoire, Chittorgarh

Retour ensuite à la consigne puis à la gare routière où nous quittons nos gentils conducteurs de rickshaws (pourboire mérité). Nous montons dans notre bus pour Pushkar, dans lequel nous passons presque six heures. Eprouvant.

Vieille dame, Udaipur

Udaipur

Nous arrivons à l’aéroport d’Udaipur, complètement vide, puis nous prenons à nouveau des taxis prépayés pour aller à notre hôtel, le Panorama Guest House. Sur quatre étages (terrasses au rez-de-chaussée et au deuxième), très joli et surtout un rooftop avec vue imprenable sur le City Palace et le lac. Nous sommes ravis.

Nous partons nous promener en ville sur l’autre rive. Beaucoup de rues pentues, de vendeurs de vêtements, de carnets et de sacs en cuir. Le long du lac, des ghâts (escaliers qui rentrent dans l’eau) sont occupés par des lavandières. Nous entrons dans le Jagdish Temple, déchaussés, pour découvrir de beaux et très nombreux bas-reliefs.

Jagdish Temple, Udaipur

Ensuite, séquence romantique avec un tour du lac Pichola en bateau, au coucher du soleil, avec la vue sur la ville blanche et jaune qui s’illumine peu à peu et accompagnés de quarante autres personnes dont un québécois et une australienne intarissables…

Nous filons ensuite à un spectacle de marionnettes et danses traditionnelles. Jean-Noëlle retombe en enfance, les yeux écarquillés, le sourire béat devant les danseuses-musiciennes qui jouent avec des timbales sur leurs costumes, les marionnettes danseuses, les danseuses avec du feu sur la tête, etc. Clou du spectacle : une petite dame, haute comme trois pommes, qui danse avec des vases empilés sur sa tête multipliant sa taille initiale par plus de deux. On vous recommande chaudement ce spectacle car nous avons passé une superbe soirée, qui s’est finie par un rooftop où le fait de n’être que deux nous a permis de manger dans une alcôve, sur un matelas, avec vue sur le lac.

Spectacle Marionettes, Udaipur

Le lendemain matin est consacré à un tour du lac Fatehsagar, à vélo cette fois. Le soleil est au rendez-vous et la pause aux jardins Sahelion Ki Bari (très beaux et très calmes avec leurs jeux de fontaines) n’est pas de trop. Le parcours, entre lac et montagne est très agréable et nous commençons à bronzer !

L’après-midi, quant à elle, est consacrée à la visite du City Palace Museum qui dure deux bonnes heures, du fait de sa taille. On y voit une collection d’armes, des tableaux de guerres, les appartements de la femme du maharana, de superbes cours et des vues sur le lac et la vallée.

Jean-Noëlle reprennent ensuite leurs vélos pour longer le lac Pichola et assister à nouveau au coucher de soleil, à terre cette fois. Journée sportive et fatigante donc.

Lac, Udaipur

Le lendemain Jean-Noëlle se réveillent tôt pour aller faire du cheval dans la campagne d’Udaipur. Ils ont réservé par une pharmacie qui propose également des excursions à cheval, ça c’est l’Inde ! Pas rassurant en principe mais dans les faits nous avons des chevaux en bonne santé et très dociles pour N. dont c’est la grande première. Nous avons des bombes et nous sommes encadrés par deux membres du ranch dont un guide, vieux monsieur malicieux qui s’amusera à nous faire faire du trot et à nous prendre en photo devant le meilleur point de vue. Notre ballade se déroule dans une campagne très sèche avec peu de maisons. Seul point d’eau : un lac en contrebas qui a des allures d’oasis et près duquel nous ferons une petite pause que le postérieur de N., déjà malmené par le vélo, attendait avec impatience. Première fois réussie !

Balade à cheval, Udaipur

Après un rapide déjeuner Jean-Noëlle part à la découverte d’un quartier moins touristique, plus plat et plus artisanal d’Udaipur. On dépasse la Clocktower et on se promène parmi les échoppes de livres en cuir, de bijoux, d’épices, de plats métalliques, etc. C’est bien plus animé que la partie que nous fréquentions depuis deux jours et nous ne croisons pas un seul occidental. J. s’arrête chez un vieillard qui vend les carnets en cuir qu’il confectionne lui-même. Il nous présente de nombreux carnets tout en nous parlant de ses trois filles et en nous montrant les coupures de journaux qui lui sont consacrées. On aime cette Inde là, franche, naturelle et prête à partager. Jean-Noëlle repartent se promener mais doivent accélérer le retour au quartier touristique du fait des effroyables maux de ventre qui terrassent N.

Boutique, Udaipur

Après une pause salvatrice, Jean-Noëlle visitent un deuxième temple, le Shree Jagat Shiromajini Temple, assez semblable au premier mais avec un panorama sur le lac Pichola.

Retour à l’hôtel pour N. tandis que J. se fait faire son premier massage indien. Ne pas hésiter à négocier, le prix du massage a baissé de 40% par rapport au prix affiché, après une longue discussion. Une petite dame arrive au salon et entraine J. dans une pièce séparée. Elle commence par faire mine de ranger ses bijoux et en profite pour proposer à J. d’en acheter. Le massage est très agréable avec beaucoup d’huile et de soins pour le visage. La masseuse est détendue au point de répondre au téléphone et d’éructer… Une expérience amusante et relaxante à la fois. Il est mercredi soir et on se couche avant une journée chargée.

Udaipur