Malaisie : le bilan

Taman Negara

L’une des principales spécificités de la Malaisie, ce sont les communautés qui la composent. On en distingue trois principales : les Malais, les Chinois puis les Indiens. Ces communautés ont gardé leur identité propre (langue, religion, nourriture, etc.) et se mélangent peu même si la cohabitation semble être harmonieuse. On retrouve l’atmosphère de l’Inde ou de la Chine dans certains quartiers et on aime ça !

WC à Kuala Lumpur

Il est vraiment facile de voyager en Malaisie, tout le monde parle anglais, les infrastructures touristiques sont de qualité, en restant à des prix raisonnables. La Malaisie est un pays facile pour les Occidentaux qui conserve quand même un caractère asiatique marqué, ce qui en fait une bonne première destination pour découvrir le continent. On trouve de magnifiques paysages, une grande diversité dans les activités et un patrimoine culturel intéressant, même si on vient plutôt pour la nature (jungle, îles, montagnes, plages). Ce n’est pas une destination réputée pour faire la fête car l’alcool y est rare et cher. Ce n’est pas non plus un endroit où vous éviterez les Français qui sont nombreux à y voyager, dommage que Le Routard ait bâclé son guide.

Pour finir, nos trois semaines en Malaisie nous ont coûté environ cinq-cents euros tout compris.

Temple hindou sur Penang Hill

Kuala Lumpur

Graffiti

Dimanche 19 août au matin, Henri et Jean-Noëlle prennent le bus pour Kuala Lumpur où ils arrivent pour le déjeuner. Nous logeons au Backpackers Travellers Inn (quelconque), au cœur de Chinatown et à proximité de Little India, quartiers très peuplés et animés. Les rues ne sont pas très propres et il y a beaucoup de circulation et de bruit. C’est différent du reste de la Malaisie. Nous partons à la découverte de la capitale en commençant par la gare Heritage Old Station et l’édifice de l’administration ferroviaire qui lui fait face dans un quartier désert. Ces bâtiments au style moyen-oriental sont très beaux. Au retour, nous passons par un terminal de bus où une file de vingt mètres se forme à l’entrée de chaque véhicule. Il n’y aura pas de place pour tout le monde. Accompagnés d’une forte pluie d’orage, nous visitons le temple hindou Sri Mahamariamman, très coloré et en train d’être décoré (de manière très kitsch) pour un mariage.

Temple hindou Sri Mahamariamman

Nous visitons ensuite les temples chinois Chan See Shu Yuen et Khon Yann. En chemin, nous passons par une rue sale aux bâtiments délabrés. Des Malais et des Indiens entrent et sortent en file indienne des bâtiments de la ruelle. Au milieu de ce flot ininterrompu, nous remarquons l’absence de femmes et commençons à comprendre. Pour en avoir le cœur net, N. pénètre dans l’un des bâtiments tandis qu’Henri reste dehors avec J. L’intérieur est sombre, voire lugubre et N. se perd un peu avant de finir au premier étage où il découvre un long couloir bordé de boxes en bois aux portes desquels se tiennent de jeunes chinoises en sous-vêtements. N. jette un coup d’œil à la ronde, puis redescend mal à l’aise. Henri ira également faire un tour, pas J. A la nuit tombée, nous dînons chinois en terrasse pendant qu’un vieillard tente de nous vendre des filles qui n’en sont peut-être pas.

Grand huit au Berjaya Times Square

Le lendemain, petit-déjeuner au Starbucks voisin pour débuter comme il faut notre matinée américaine. Direction ensuite le Berjaya Times Square, GIGANTESQUE centre commercial de dix étages au milieu duquel on découvre même un mini parc d’attraction avec son grand huit. Nous optons plutôt pour un bowling. Chaussures bicolores aux pieds, la lutte commence et se termine par une victoire de N. Nous marchons ensuite jusqu’au Carl’s Junior le plus proche pour notre repas d’adieux à notre chaîne de fast-food favorite. On en profite pour vider les boissons à volonté tout en discutant un bon moment dans le restaurant.

Petronas Towers

Nous poursuivons l’après-midi en nous promenant à travers la ville et en faisant une halte au pied des Pertonas Towers, à la Cocoa Boutique dont les chocolats sont délicieux, et au pied de la Menara KL Tower, tour télévision qui culmine plus haut que les Petronas grâce à la colline sur laquelle elle se trouve. Nous dînons ensuite avec Stéphanie, une Française rencontrée à l’auberge, avant de prendre un verre tous les trois au Reggae Bar, excessivement cher.

Au pied de la Menara KL Tower

Mardi martin, l’empereur, sa femme et le petit prince partent en pèlerinage pour Shah Alam. C’est là-bas que se trouve la mosquée bleue. Pour y parvenir, une demi-heure de train et une heure de marche sont nécessaires (on s’est un peu perdu…). La Masjid Sultan Salahuddin Abdul Aziz Shah est imposante avec sa coupole bleue et ses quatre grands minarets. Elle rappelle le Taj Mahal. Le guide de notre courte visite nous apprend que les femmes ne prient pas aux côtés des hommes pour ne pas détourner leur attention d’Allah. La salle de prières est démesurée mais néanmoins magnifique. Même si cette visite nous aura pris la journée, nous ne la regrettons pas un instant. De retour à Chinatown, nous dînons au Old China Cafe aux portes « saloon ». Les plats nyonya (mélange des cuisines malaise et chinoise) y sont absolument délicieux. Henri et Jean-Noëlle jouent ensuite une partie de barbu autour de bons jus de fruits avant d’aller se coucher.

Blue Mosque

Notre dernier jour à Kuala Lumpur commence par une halte à la Poste afin d’y déposer des cartes postales et un colis. C’est l’occasion de visiter malgré nous les coulisses de la plus grande poste du pays. Impressionnant mais pas tant que ça. Nous passons ensuite devant le City Point et le Sultan Abdul Samad, bâtiments d’inspiration indienne post-moderne, pour nous rendre à la Masjid Jamek ou mosquée du vendredi. Une fois enfilées nos aubes violettes, nous suivons notre aimable guide à travers la mosquée. Nous apprenons, surpris, qu’elle a étudié un peu en Europe et est titulaire d’un PhD anglais. Elle nous confirme la raison pour laquelle les femmes ne prient pas avec les hommes et nous apprend que les rues de Kuala Lumpur sont relativement vides du fait de la semaine de vacances qui suit la fin du Ramadan.

Blue Mosque

Nous nous en réjouissons et poursuivons notre route jusqu’au National Visual Art Gallery, musée très excentré mais de qualité. Nous y découvrons la bédé malaisienne ainsi que de belles photographies et des peintures de combats traditionnels. Le retour s’avère difficile du fait de la pluie torrentielle qui nous assaille. Nous sommes littéralement trempés jusqu’aux os et les Indiens semblent très intéressés par le T-shirt mouillé de J. qu’elle tient pourtant éloigné de son corps. Dernière nuit à Kuala Lumpur avant de quitter le pays.

Mosquée du vendredi

Cameron Highlands

Vendredi 17 août, Jean-Noëlle et Henri se réveillent aux aurores et filent prendre leur bus pour Tanah Rata dans les Cameron Highlands. Le trajet dure de sept heures trente à quatorze heures, soit une durée de six heures trente contre les quatre annoncées par Le Routard. Morts de faim, nous filons au restaurant indien Kumar où nous dévorons un murtabak (crêpe fourrée aux oignons, pommes de terre et poulet). Nous nous rendons ensuite au Kang Traveller’s Lodge (ou Daniel’s Lodge) où nous avons réservé deux nuits en dortoir.

Rafflesia

Un charmant travesti nous accueille dans cette auberge prisée des backpackers et où nous passons l’après-midi à ne pas faire grand-chose (comptabilité du voyage, lettre de motivation, sans mentir !). Le soir même nous décidons de dîner chez Kumar mais il nous faut attendre qu’une table se libère. Comme le service n’avait pas été très agréable à midi, nous optons pour l’indien d’à côté où la cuisine et les prix sont équivalents. La ville de Tanah Rata ressemble à une station de ski traversée par une grande route où se trouvent tous les commerces. Il y fait plus frais que dans le reste du pays.

Sungei Palas Boh Tea Plantation

Le lendemain nous montons dans le minibus qui nous attend pour notre tour d’une journée. Nous sommes accompagnés de huit personnes et d’un chauffeur-guide indien (qui n’aura pas guidé grand-chose, finalement). Première halte à un village Orang Asli pour une randonnée de deux heures dans la jungle. Nous sommes guidés par un jeune Orang Asli muni d’une machette le long d’un chemin pas trop difficile, hormis la traversée d’une rivière. Nous découvrons la fameuse Rafflesia, plus grande fleur du monde que l’on ne trouve qu’en Asie du Sud-Est et qui a une durée de vie d’une semaine.

Sungei Palas Boh Tea Plantation

Après un bref trempage de pieds dans une cascade nous rentrons au village souffler dans une sarbacane. On s’était plaint du manque d’authenticité au Taman Negara, c’est bien pire ici. Nous déjeunons ensuite dans un restaurant indien puis partons pour la Sungei Palas Boh Tea Plantation. Sur place, halte dans la plantation, rapide tour de l’usine (qui fonctionne au ralenti à cause du dernier jour du Ramadan ce samedi), boutique et surtout salon de thé où Jean-Noëlle et Henri dégustent trois thés accompagnés de quelques douceurs. La vue sur les différentes collines de la plantation est à couper le souffle !

Butterfly Garden

Arrêt ensuite au Butterfly Garden Tama Rama-Rama. Les visiteurs sont d’abord accueillis par des lézards et serpents en cage. Partout dans la serre emplie de fleurs de toutes les couleurs, nous admirons de grands papillons multicolores. Il y a aussi des caméléons, scorpions, grenouilles, insectes, etc. Les animaux sont gros et on peut prendre de belles photos. La dernière étape de la journée est la Strawberry Farm où il n’y a rien à faire d’autre que de cueillir soi-même les fraises que l’on paiera au poids. Jean-Noëlle préfèrent opter pour un délicieux (i-né-ga-la-ble !) jus de fraises tout en flânant entre les babioles de plus ou moins bon goût.

Butterfly Garden

De retour à l’auberge, nous prenons une douche, allons dîner au même indien que la veille où nous testons le thosaï (sorte de galette de riz très légère et garnie de poulet, fromage et pommes de terre) et un naan aux fraises. Petite partie de barbu à l’issue de laquelle la perdante offre gentiment une tournée de lassis (banane, sucré, et… surprise… fraises !). Nous les prenons à emporter et les dégustons à la paille dans des sachets en plastique fermés par un élastique (pratique courante aux Philippines et en Malaisie).

Strawberry Farm

George Town (île de Penang)

Temple bouddhique birman

Jean-Noëlle et Henri arrivent sur l’île de Penang à six heures du matin. Nous prenons un bus pour le centre-ville de George Town où se trouve le Broadway Hostel où nous avons réservé. Celui-ci n’étant pas encore ouvert, nous petit-déjeunons à l’échoppe indienne juste à côté, c’est délicieux mais très copieux. Vers huit heures, N. s’éclipse pour assister seul à la cérémonie hindoue qui a lieu dans le temple Sri Mariamman, attiré par la musique. Elle est jouée avec un tambour, une cloche et une gigantesque flûte tandis que deux religieux parcourent le temple dans le sens des aiguilles d’une montre, de l’encens à la main. Les fidèles les suivent d’un autel à l’autre. L’atmosphère est très apaisante, malgré la musique cacophonique.

Farquhar's Bar, Eastern & Oriental HotelNous déposons ensuite nos sacs à l’hôtel où l’accueil est exemplaire avant de traverser la ville le long du rivage Nord. En chemin, nous discutons avec un groupe de retraités chinois, nous admirons les manoirs immaculés ainsi que les immeubles pour milliardaires avec piscine à chaque étage. Nous photographions même quelques varans. Mais le but de notre promenade est la visite de deux temples bouddhiques. Le premier, birman, est très coloré avec beaucoup (trop) de dorures. Le bâtiment principal comporte un bouddha géant debout ainsi qu’un bouddha grandeur nature pour chaque pays asiatique. Il y a beaucoup de statues et fontaines très kitsch. En face, le temple thaïlandais Wat Chayanangalaram, plus sobre et où l’on peut admirer un magnifique vernis à miroirs sur les pieds du troisième plus long bouddha couché d’Asie. On s’attardera plutôt sur les dizaines d’urnes où sont conservées les cendres de fidèles.

Boutique chinoiseAprès-midi farniente bien méritée avant de filer prendre un verre de vin (blanc pour J., rouge pour les garçons) au Farquhar’s Bar de l’Eastern & Oriental Hotel. On apprécie le cadre, boisé et très colonial et on s’imagine volontiers en costume de lin blanc cassé à refaire le monde avec quelques aventuriers de passage, un cigare aux lèvres. Un verre suffit à nous égayer dans ce pays où l’alcool est rare. Nous profitons quelques instants de la terrasse avec piscine et vue sur la mer avant de partir dîner dans un foodstall extérieur en front de mer. Nous prenons un dernier verre au München Bierhaus dans la rue des bars avant une bonne nuit au Broadway Hostel.

Quai des clansLe lendemain jeudi nous prenons un nouveau petit-déjeuner indien au coin de la rue puis partons pour une deuxième promenade, dans le centre cette fois-ci. Nous observerons successivement la Masjid Kapitan Keling et la Masjid Melayu (mosquée malaise), le Yap Temple, la Pinang Peranakan Mansion, l’horloge Victoria, le fort Cornwallis et le City Hall. Nous visitons également le Leong San Tong Khoo Kongsi, imposant temple chinois au style inédit pour nous : beaucoup de dorures, de couleurs, de lanternes, ainsi que de détails sculptés ou peints sur les murs et sur le toit. Malgré son exubérance, nous trouvons ce temple très beau. Le temple Kuan Yin Teng n’a rien à voir : une petite pièce sans artifice où les très nombreux fidèles viennent prier. Nous poursuivons notre découverte des nombreux aspects de George Town en déambulant sur le quai des clans, quartier chinois sur pilotis, plus ou moins touristique selon la jetée que l’on choisit. Les temples de George Town ont réussi à nous surprendre après sept mois en Asie et c’est très appréciable !

Penang HillNotre dernière visite est celle du Muzium Nageri Pulau Penang, consacré à l’histoire et aux différentes ethnies qui peuplent Penang, principalement les Malais, Chinois et Indiens. Le musée est très bien fait et la visite agréable au milieu de tous ces vêtements, accessoires, meubles et photos d’époque. Et c’est parti pour une heure de bus en direction de Penang Hill. Arrivés au pied de celle-ci, nous prenons le funiculaire. Nous avons failli renoncer face au prix de trente ringgits (neuf euros environ), huit fois plus élevé que celui annoncé par Le Routard 2012. On arrive à temps pour le coucher du soleil que nous admirons au dos de la colline depuis un dépotoir derrière un joli temple hindou. Le ciel prend des teintes incroyables : dégradés de jaune, orange, bleu, mauve, rouge, rose.

Temple hindou sur Penang Hill

Nous visitons ensuite le petit temple hindou : de la musique est diffusée et nous prenons le temps de regarder les statues très colorées, dont les deux éléphants verts psychédéliques qui gardent la porte. Avant de reprendre le funiculaire, nous admirons ébahis la ville éclairée qui s’étend sous nos pieds et semble se prolonger sur la côte opposée. Nous redescendons et dînons dans des restaurants chinois de rue avant de rentrer nous coucher. Le lendemain nous nous levons tôt pour prendre notre bus pour les Cameron Highlands.

Butterworth depuis Penang Hill

Kota Bharu

Notre mini-bus (à défaut de taxi) nous dépose au Kota Bharu Backpackers Lodge, en plein centre-ville. Après avoir posé nos sacs dans le dortoir, nous sortons dîner sur le marché de nuit. Peu de choix mais nous trouvons quand même notre bonheur : bao zi, beignets aux légumes et à la patate douce, jus de fruits. De retour à l’hôtel, nous avons l’occasion de discuter un peu avec notre charmant compagnon de chambrée. Lorsqu’il allume sa cigarette dans le dortoir, nous lui demandons de l’éteindre mais il refuse. Nous parvenons finalement à négocier l’extinction de sa cigarette contre celle de la lumière. Il refusera par contre d’adresser la parole à J. car elle est une femme. On était prévenu, Kota Bharu est la ville la plus intégriste du pays.

Poste de police

Hormis cet incident, et le fait que presque toutes les femmes soient voilées, on ne sent ni prosélytisme ni hostilité de la part des musulmans. Les chaînes de fast food sont fermées pendant la journée du fait du Ramadan mais on trouve son bonheur à Chinatown. A noter aussi que le tuning est la deuxième religion : pas une voiture n’a ses jantes d’origine et les pots de yaourts ont tous des vitres fumées et d’énormes pots d’échappement.

Rivière Kota Bharu

Lundi 13 août, nous commençons la semaine par un petit-déjeuner acheté au 7-11 et mangé sur le rooftop de l’hôtel. Puis c’est parti pour une découverte de la ville. Notre première halte se fait au Muzium Adat Istadat d’Raja ou musée des cérémonies royales du Kelantan. Dans une belle bâtisse en bois sombre, on se promène pieds nus au milieu des reconstitutions de pièces royales. Chacune présente une cérémonie (circoncision, noces, sept mois de grossesse, etc.) et le rituel qui l’accompagne. La visite se termine par une belle collection d’armes.

Rivière Kota Bharu

Jean-Noëlle et le petit Henri se rendent ensuite au centre de l’artisanat, pâté de maisons où sont censés foisonner ateliers et boutiques. Malheureusement, tout (ou presque) est fermé pendant le Ramadan. Nous visitons quand même le musée d’artisanat dont nous faisons rapidement le tour. Après avoir déjeuné dans une cantine chinoise, nous traversons le marché central, vide lui aussi. Puis nous finissons l’après-midi en discutant assis au bord de la rivière. Re-dîner au marché de nuit et re-dodo au KB Backpackers Lodge où nous sommes ravis de constater l’absence de notre gentil camarade de dortoir.

Muzium Adat Istadat d'RajaMardi matin, après un deuxième petit-déjeuner 7-11, nous enfourchons nos vélos loués à l’hôtel et pédalons dix kilomètres jusqu’à la plage Pantai Cahaya Bulan. Les nombreuses échoppes situées le long de celle-ci sont toutes fermées pour Ramadan et nous sommes contraints d’opter pour le restaurant d’un resort dont nous sommes les seuls clients. Après nous être restaurés, nous passons l’après-midi sur la plage déserte en alternant lectures et baignades. De retour en ville, nous dînons au McDonald’s au moment de la rupture du jeûne. Tous les clients attendent devant leur plateau bien garni. Une certaine tension est palpable et nous nous attendons à une véritable explosion lorsque le feu vert sera donné. Nous sommes étonnés de voir qu’il n’en est rien, les Malais ne se précipitent pas du tout sur leur nourriture et semblent même la savourer tout en discutant calmement. On est captivé par l’expérience. A noter que l’appel du muezzin a retenti dans les haut-parleurs du McDonald’s.

Plage Pantai Cahaya Bulan

Nous récupérons ensuite nos bagages à l’hôtel et parcourons les cinquante mètres qui nous séparent de la station de bus sous la pluie. Nous partons à vingt-deux heures dans un bus Transnasional confortable mais surclimatisé. Quand il fait trente degrés dehors, c’est bien connu, il faut climatiser à quinze degrés !

Iles Perhentian

Flora Bay

Nous arrivons donc à Jerantut mercredi 8 août vers vingt heures. L’organisme par lequel nous avons réservé le bus nous offre la possibilité de rester dans le hall d’un hôtel proche de la gare et avec wifi. Jean-Noëlle dînent dans un restaurant de rue thaïlandais près de la gare, la nourriture est très bonne et les jus de fruits aussi, ça promet pour notre prochaine destination ! A deux heures du matin nous montons à bord du train de nuit qui nous mènera à Kota Bharu. La classe économique à cinq euros par personne est tout à fait respectable, niveau trains de banlieue. Nous arrivons à destination vers neuf heures et prenons un taxi pour l’embarcadère. Nous y récupérons nos billets de bateau avant d’embarquer dans un speedboat pour les îles Perhentian.

Snorkeling Flora Bay

En arrivant aux abords des îles, une demi-heure plus tard, nous découvrons des paysages magnifiques : eau turquoise transparente, plages de sable blanc, végétation luxuriante et rochers arrondis surgissant de l’eau. Ça change de la jungle et le cadre est parfait pour se reposer. Nous passons l’après-midi sur la plage, à lire et bronzer. Nous logeons au Flora Bay Resort, réservé par mail. L’accueil est agréable, pas le service au restaurant, la cuisine est très bonne et on peut emprunter des livres au magasin de souvenirs.

Lecture sur la plage

Vendredi 9 août au matin, nous partons faire du snorkeling autour de l’île. Le premier lieu est le « turtle point » où il n’y a rien d’autre à voir que deux grosses tortues, rien que ça ! Nous nous amusons à les suivre lorsqu’elles plongent au fond de l’eau après avoir repris leur respiration en surface. Nous les approchons même à quelques centimètres, c’est extraordinaire. Le deuxième lieu est le « coral garden » où les poissons supplantent les coraux. Moins nombreux qu’en Indonésie, ceux-ci sont d’espèces, de formes et de couleurs encore plus variées : c’est parfois du grand délire ! Le dernier lieu est le « shark point », en eaux troubles. On aura beau chercher un bon moment, pas de requins pour nous ce jour-là. Nous passons l’après-midi sur la plage à lire et bronzer, pour changer.

Plongée D Lagoon

Le lendemain, nous nous réveillons pour le déjeuner avant de rejoindre le club Alu- Alu Divers pour une plongée découverte. Nous nous rendons au D Lagoon sur Pulau Kecil, la plus petite des deux îles qui composent les Perhentian. Le rappel (nous avons tous trois plongé au moins une fois) des manipulations de base se fait en demi-cercle face à notre instructeur, à genoux, trois mètres sous la surface. Nous partons ensuite pour une grosse demi-heure de plongée jusqu‘à neuf mètres de profondeur durant laquelle nous observons des coraux, quelques poissons clowns, d’autres poissons et surtout une bête gigantesque (un bon mètre de long) appelée « pirate parrot fish » (à confirmer). On ressort de l’eau un peu euphorique, qu’est-ce qu’on se sent bien quand on plonge ! Re-belotte pour un peu de lecture sur la plage.

Pulau Besar

Dimanche 12 août, nous faisons nos sacs puis déjeunons au restaurant de l’hôtel avant une quatrième après-midi plage, avec un peu de beach volley, cette fois. Nous quittons l’île en speedboat vers seize heures pour rejoindre ensuite Kota Bharu en mini-bus. L’accueil du Flora Bay Resort aura été mauvais jusqu’au bout.

Beach Volley, Flora Bay

Taman Negara

Nous sommes partis de bonne heure le dimanche cinq août pour la gare routière de Malacca, afin de prendre un bus pour Temerloh où nous prenons un second bus pour Jerantut dans la foulée. Les bus sont très confortables, jamais plus de trois sièges par rangée et de la place pour les jambes. De plus, les routes goudronnées rendent les trajets agréables, ça change de Flores. Arrivés à Jerantut,  nous sautons dans un taxi pour l’embarcadère de Kuala Tembelling sans avoir besoin de négocier la course. Arrivés à l’embarcadère, nous achetons nos billets de bateau ainsi qu’un retour en bus et un trek de deux jours et une nuit, ce qui nous permet d’obtenir 10% de réduction sur les deux derniers achats. Le trek nous revient alors à deux cent sept ringgits, soit cinquante-quatre euros. C’est parti pour trois heures de pirogue sur une rivière marron à travers la jungle. L’Amazonie n’a qu’à bien se tenir !

Caméléon

Arrivés au village de Kuala Tahan, nous sautons le discours de bienvenue pour trouver un hébergement. Premier essai transformé, nous trouvons trois lits en dortoirs pour environ trois euros par personne au Tembeling River View. Nous décidons de réserver une marche de nuit dans la jungle après dîner. C’est munis de nos lampes de poche que nous traversons la rivière en compagnie de notre guide aux allures de professeur de fitness efféminé. Nous réussissons à monopoliser les premières places pour profiter pleinement de notre heure de marche dans la jungle. L’aventure n’est pas franchement au rendez-vous car nous marchons sur des lattes de bois. Nous avons la chance de voir beaucoup d’insectes très exotiques : fourmis, criquets et araignées. Leur taille est impressionnante mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, comme diraient mamans. Nous nous arrêtons à un observatoire où nous verrons les yeux luisants d’un animal non identifié, apparemment une biche. Sur le chemin du retour, au milieu des pelouses d’un hôtel, nous tombons sur un énorme tapir qui se prête plus ou moins docilement à une séance photo. Retour à l’hôtel pour une partie de cartes avec une fratrie de Français avant de s’offrir une nuit bien méritée.

Les ploucs en vacances

La journée commence par un petit déjeuner composé de rotis à la banane et au chocolat, sortes de nans mais en plus légers. C’est parti pour le trek ! Nous devons vider le sac à dos de J. pour pouvoir emporter les neufs bouteilles d’eau d’un litre cinq, trois tapis de sol, trois sacs de couchages ainsi que la nourriture et les couverts. Avant le vrai départ, nous allons faire un tour à la Canopy Walkway. Nous marchons sur un ensemble de ponts suspendus entre les arbres, à plusieurs dizaines de mètres du sol. L’expérience est amusante mais on s’attendait à mieux en lisant la description du Routard, peut être parce que les deux-cent-cinquante mètres de la seconde moitié ont été clôturés.

Depuis le Canopy WalkwayNous embarquons ensuite sur la pirogue pour une heure trente de navigation pendant laquelle nous aurons l’occasion de déguster un  copieux déjeuner : un petit bol de riz cantonais. Et c’est parti pour quatre heures de marche ! Nous sommes neuf et marchons à la file indienne derrière notre guide. Nous parcourons huit kilomètres dans la boue avec des racines, des arbres tombés au sol, des sangsues et des branches que le guide doit couper à la machette. Nous sommes tous tombés au moins une fois de façon plus ou moins élégante, et J. aura réussi à enfoncer sa jambe jusqu’au genou dans la boue. Heureusement, nous faisons des pauses toutes les heures, sans compter les fois au nous admirons un arbre, une empreinte d’éléphant ou de tigre, un mille-pattes, etc. Nous aurons même le droit à deux biscuits pour reprendre des forces à mi-chemin. Nous alternons la corvée du sac, pas trop lourd mais encombrant.

Rivière Tembeling

Vers dix-sept heures, nous nous arrêtons dans une grotte monumentale où nous passerons la nuit en compagnie de trois autres groupes. Comme de vrais robinsons, nous faisons notre toilette dans la rivière puis rentrons dans la grotte pour préparer le dîner, copieux cette fois-ci. L’ambiance est assez intense avec la foudre qui éclaire la grotte par sa grande ouverture. A la lumière des bougies, nous discutons un peu avec nos coéquipiers (deux couples de Français de notre âge et celui de nos parents ainsi qu’un couple de Hollandais de notre âge) mais ne tardons pas à sombrer dans le sommeil. Dans la nuit, nous sentirons un ou deux gouttes d’eau nous tomber sur le visage, à moins qu’il ne s’agisse de crottes de chauves-souris…

Traversée d'un cours d'eau

Mardi matin, nous prenons un solide petit-déjeuner à base de chocolat en poudre Nestlé et tartines à la confiture. C’est reparti pour deux bonnes heures de marche dans des conditions plus aventurières que la veille : traversées de cours d’eau, troncs d’arbres servant de ponts, etc. On se prend pour Indiana Jones, même si le guide a troqué sa machette par un couteau-suisse. Nous arrivons jusqu’à une rivière où nous faisons une halte pour déjeuner. Pendant que notre guide cuisine des nouilles nous plongeons dans la rivière marron. Le courant est puissant et on s’amuse quelques minutes avant de remonter manger. Nous marchons à nouveau deux bonnes heures et faisons une pause à un observatoire duquel nous n’observons que trois oiseaux mais où Henri oubliera sa casquette philippine, dommage.

Sarbacane Orang-Asli

Nous reprenons un bateau pour rentrer et nous arrêtons à mi-chemin dans un village Orang-Asli, tribu ethnique peuplant la jungle. Ils seraient un million dans toute la Malaisie qui compte vingt-sept millions d’habitants. Ils sont nomades et vivent en dehors du système, sans le confort moderne et en suivant des coutumes ancestrales. Le village dans lequel nous nous rendons ne correspond pas vraiment : même s’il n’y a pas d’électricité, les habitants consomment Sprite, essence, faux vêtements de marques, etc. Ca sent un peu l’attrape-touristes mais, inclus dans le trek, c’est une expérience sympathique. D’autant plus que nous auront l’occasion de tester leur sarbacane d’une mètre cinquante de long et que  N. parviendra même à allumer un feu, là où J. avait échoué. De retour à Kuala Tahan, nous dînons au LSK avant de passer une seconde nuit au Tembeling River View.

Echec feu Orang-Asli

Comme nous n’avons pas eu assez de marche en pleine jungle les deux premiers jours, nous employons notre mercredi 8 août matin à l’ascension d’une colline pour profiter d’un panorama sur la canopée du Taman Negara (parc national en malais). Nous arrivons au sommet dégoulinant de sueur, ce qui n’arrange pas l’état de nos vêtements. En redescendant nous verrons plus d’animaux sauvages qu’en deux jours de trek, notamment une famille de sangliers. Après un déjeuner bien mérité à notre hôtel nous embarquons pour une après-midi « canyoning ». Les guillemets ne sont pas là par hasard puisque l’activité se résume à un tour en pirogue durant lequel notre capitaine s’arrange que nous soyons bien arrosés par l’eau des rapides. Nous aurons tout de même droit à une pause plage qui nous permettra de nous essayer à la confection de radeau en bambous et au lancer de branches, entre autres. Sans commentaire. De retour au village, nous fignolons nos sacs avant de grimper dans le minibus qui nous mène à Jerantut en une heure.

Feu Orang-Asli

En conclusion, on a été un peu déçu de ne voir aucun des nombreux animaux sauvages présents dans le parc mais on a quand même beaucoup apprécié l’expérience trek gadoue dans la jungle. Notre parade contre les sangsues, qui s’est avérée très efficace : chaussures montantes et jean dans la double paire de chaussettes !

Taman Negara

Malacca

Trishaw

Jean-Noëlle et Henri montent donc dans le bus Singapour-Malacca et y découvrent de superbes sièges en faux cuir très confortables et, comble du bonheur, massant ! A vingt-trois heures nous arrivons à Malacca après avoir passé les frontières terrestres. Les formalités sont très rapides et on obtient un visa gratuit de quatre-vingt-dix jours pour la Malaisie. Nous logeons à la Tony’s Guesthouse pour quatre euros environ. C’est propre et décoré joyeusement, une bonne adresse d’autant que les petits-déjeuners payants sont très bons.

Saint Paul's Church

Le lendemain jeudi 2 août, nous partons visiter le centre historique de la ville aux bâtiments couleur brique. Rapide passage par Christ Church, sans grand intérêt, Saint Paul’s Church, église en ruines qui surplombe la ville et la mosquée Masjid Kampong Kling, au style déconcertant. Nous déjeunons au Jonker88 d’une délicieuse soupe nyonya (peuple issu du mélange entre chinois et malais) dans une cour ouverte où la clientèle est nombreuse. Nous repartons ensuite pour la Porta de Santiago et le Malacca Sultanate Palace dans lequel on peut admirer de nombreux dioramas et costumes traditionnels. Le palais en question est magnifique et construit sans aucun clou ou vis. On s’y promène pied sur le plancher de bois sombre, il y fait frais, c’est très agréable. Nous terminons notre journée de visites par un coup d’œil au vieux cimetière anglo-hollandais aux gigantesques tombes blanches avant de nous arrêter à Saint-François-Xavier’s Church, dessinée sur le modèle de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier (pour  Claire, et les autres qui connaissent). Nous dînons au Selvam, cantine indienne où l’on mange avec les mains.

Centre historique de MalaccaVendredi matin, Tony étant absent, nous petit-déjeunons tous les trois au Baker’s Oven & Cafe, tenu par une occidentale qui prépare de délicieuse pâtisseries. Nous visitons ensuite le Baba Nyonya Heritage, grande maison traditionnelle de ce peuple sino-malais. On visite un guide écrit à la main. Les informations sont nombreuses et la rédaction est presque parfaite et sans fautes, on est loin des prospectus indonésiens ! Nous déjeunons ensuite dans un restaurant chinois où nous goûtons nos premières rice balls. Direction ensuite le temple bouddhique Cheng Hoon Teng à l’ambiance toujours aussi apaisante avant de nous rendre à la mosquée Masjid Kampong Hulu, la plus ancienne du pays. Nous avons l’occasion de discuter avec le muezzin, très accueillant et heureux de nous expliquer le Ramadan et autres coutumes musulmanes en anglais. L’entretien prend fin car il doit faire l’appel à la prière. Après une partie de cartes à l’hôtel, nous sortons dîner au marché de nuit de Chinatown : boules au poulpe, mixture non identifiée (mais sans doute composée de tofu, œuf et pommes de terre) et surtout tartelettes à l’ananas, la délicieuse spécialité locale.

Cheng Hoon Teng TempleSamedi, nous partons visiter le cimetière chinois Bukit China dont les tombes semblent pénétrer la colline sur laquelle il est situé. La balade dans le cimetière est agréable et paisible, ce qui la rend propice à des discussions emballées. La vue depuis le sommet n’est pas transcendante et nous continuons notre promenade en discutant jusqu’à la rivière Malacca. Une journée bien calme, donc, qui se clôt par un dîner au restaurant indien Vezhai Elai puis par un verre sur les berges aménagées de la rivière. Nous passons une dernière nuit chez Tony avant de partir pour le Taman Negara. Nous n’avons pas vu un seul Malais à Malacca, seulement des Chinois et des Indiens.

Bukit China