Philippines : feuille de route

Itinéraire Philippines

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Puerto Princesa (île de Palawan)

Sabang (île de Palawan)

El Nido (île de Palawan)

Coron (île Busuanga)

Manille (île de Luzon)

Province d’Ifugao (île de Luzon)

Province des montagnes et Manille (île de Luzon)

N. aux Philippines : le bilan

N. aux Philippines : le bilan

Première information importante concernant ce bilan sur mes dix-sept jours passés dans ce magnifique pays que sont les Philippines : le visa touristique est gratuit et vous accorde vint-et-un jours sur place. Celui-ci devrait passer à trente jours prochainement, renseignez-vous.

Island hopping à El Nido, Palawan

La première chose que j’ai remarquée en arrivant aux Philippines, à l’aéroport de Manille, c’est la place de la religion. En effet, que l’on soit catholique ou musulman, on a la possibilité de prier dans un espace dédié au sein de l’aéroport. Il me semble n’avoir jamais vu cela, excepté peut-être à Kuala-Lumpur (et encore, je ne suis pas sûr). La religion, catholique surtout, est omniprésente : église dans le moindre village, chapelets dans les tricycles et taxis, images du Christ un peu partout et notamment publicités dans les rues. Ça change de l’Europe, ça étonne au début mais on s’y fait vite.

La deuxième chose qui frappe lorsqu’on arrive c’est le sourire des Philippins. En France, on ne sourit que si on a une bonne raison ou si on veut une augmentation (vous trouvez que j’exagère ? pas si sûr…). Aux Philippines, on vous sourit tout le temps, on vous salue, on est aimable et accueillant, on essaie de vous aider. Et tout cela est d’autant plus facile qu’on parle la même langue, l’anglais. Il y a bien sûr un intérêt à ne pas parler la langue des habitants du pays que l’on visite car ça ajoute à l’exotisme du pays, ça rend les situations plus loufoques, on s’amuse et on apprend à s’exprimer sans le langage (ce fut le cas pour moi à Taiwan, au Vietnam et en Chine). [Désolé, je crois que j’ai mis Taiwan et Chine, je rectifie : ce fut le cas pour moi au Vietnam et en Chine.] Mais quand on se comprend au delà des gestes et de trois mots de vocabulaire les échanges deviennent autrement plus intéressants et on apprend beaucoup plus de la culture et de la mentalité de l’autre.

Enfants à Puerto Princesa, Palawan

Petite anecdote sans (aucun) intérêt. Les Philippins ont tendance à toujours ajouter le mot “only” après vous avoir annoncé le prix. On retrouve ce “only” à l’écrit également. Pure provocation quand on vous annonce un prix trop élevé (peu probable) ? Conviction que le prix est bon (fort probable) ? Conscience Marketing même chez les commerçants les plus modestes (amusant, plausible) ? => Je vous avais prévenus !

Les Philippines semblent être le pays plus pieux du monde catholique et pourtant les lady boys sont légion, s’assument et sont tout à fait intégrés dans la société. Je trouve cela surprenant mais n’ai malheureusement aucune explication à ce paradoxe philippin.

En dix-sept jours passés aux Philippines je n’ai pris qu’une douche pas froide (et je ne dis pas qu’elle était chaude). Ça paraît abominable mais en fait on s’y fait très bien dans la mesure où les températures sont rarement (à part dans les montagnes) inférieures à vingt degrés. Quand aux chasses d’eau, ça fonctionne souvent avec un seau.

Prêts pour l'Underground River à Sabang, Palawan

La ponctualité n’est pas la principale des qualités philippines et il ne faudra pas vous étonner que personne ne s’étonne (ça fait deux fois le même verbe ? ah bon !) ici d’un retard de deux heures (ça n’est arrivé qu’une fois, heureusement). Toujours est-il qu’un bus ou une jeepney partira rarement à l’heure, sauf quand vous serez en retard, évidemment. On sait comment ça marche ! Les routes ne sont pas en très bon état et ne sont que rarement “construites”. En général ce ne sont même que des cailloux, voire des pierres. Je vous laisse imaginer le confort en jeepney ou tricyle.

En parlant de tricycle, j’ai remarqué que chaque zone géographique a son type de tricyle propre. Sur l’île de Palawan, la structure fait toute la largeur et il y a deux banquettes face à face sur le side-car. Sur l’île de Busuanga, on a pensé à tout avec un porte-bagages sur le toit et deux banquettes séparées sur le side-car. A Manille, les tricyles sont plutôt des vélos que des motos car si on veut aller vite ou loin on prend le taxi, bon marché. Enfin dans les montagnes, il n’y a qu’une banquette niveau passager mais parfois deux porte-bagages. Bref, c’est du détail mais ça fait aussi partie des typicités du pays.

Jeunes Philippins à Sabang, Palawan

Concernant le climat il faut savoir que la saison touristique s’étale de novembre à mai et que l’autre moitié de l’année c’est la saison des pluies. Il y a donc moins de touristes et vous pourrez sans doute négocier les prix quand ils ne seront pas déjà plus bas qu’en pleine saison. Les températures sont assez stables toute l’année. En définitive, j’ai apprécié voyager juste après la haute saison car on n’a eu aucun problème à se loger, les touristes étaient rares et la météo (à part une bonne pluie de temps en temps en fin de journée) fut parfaite, si on exclut les trois derniers jours.

Pour finir, le budget (un euro équivaut à à peine plus de cinquante pesos, je vous laisse convertir les nombres suivants). En dix-sept jours j’ai dépensé environ cinq-cent-trente euros tout compris. Une nuit coûte de deux-cents à deux-cents cinquante pesos (trois-cent-cinquante à Manille), un repas entre cent et deux-cents pesos, une San Miguel vingt à quarante pesos. Pour plus de détails je vous suggère de consulter les articles précédents où j’ai bien souvent précisé les prix. Sachez que j’ai voyagé de manière économique.

Enfants à Palawan

Mutti, Vati, on avait parlé un jour de se retrouver aux Philippines si j’avais des vacances à Shanghai, l’occasion ne s’est pas présentée mais le voyage aurait été génial, croyez-moi !

Merci à Henri et Stéphane qui m’ont accompagné chacun une semaine.

N.

Stéphane en route vers Batad, Luzon

Province des montagnes et Manille (île de Luzon)

Mercredi matin nous partons à 9h30 de Banaue en jeepney pour arriver moins de deux heures plus tard à Bontoc (deux-cents pesos soit quatre euros environ). Notre but est d’aller à Sagada donc nous avons prévu de ne rester que quelques heures à Bontoc avant de reprendre une jeepney pour notre destination finale. Nous partons déjeuner avec deux Mexicains, Carlos et Memo. Leur Lonely Planet indique que Bontoc est le lieu idéal pour manger de la viande de chien. Après avoir raté le coche au Vietnam et en Chine, cette fois je fonce ! Les mexicains se dégonflent finalement et Stéphane et moi déjeunons au Junny’s Sagada Lunch. Avant de commencer à manger, deux Philippins d’âge mûr nous proposent de prendre un shot de Ginebra avec eux. Le Ginebra est un alcool local ; ça tape mais ça n’est pas mauvais. Après deux photos prises avec eux on se met à table. Le chien que nous avons mangé sentait fort, n’était pas très tendre et avait un goût proche du mouton. C’est pas mal, mais pas réellement bon non plus. A essayer.

Un shot de Ginebra avec deux Philippins à Bontoc

Notre déjeuner terminé, je récupère mes boots chez le cordonnier mitoyen. La semelle s’était décollée pendant notre longue randonnée de la veille et j’envisageais déjà de les balancer. Quand j’ai vu le cordonnier je lui ai logiquement dessus et j’ai récupéré deux boots parfaitement remises à neuf (mais pas lavées, je vous l’accorde !) pour cent-trente pesos (deux euros cinquante centimes environ). C’est ça l’Asie ! Nous rejoignons ensuite nos deux compères mexicains pour visiter le musée de Bontoc, consacré aux ethnies des montagnes. C’est très intéressant, on y trouve de nombreuses photos, des costumes traditionnels, des contenants, des bijoux, des crânes d’animaux et humains, et même un certain nombre de huttes grandeur nature. Une halte à faire si on n’est pas pressé. J’achète quelques souvenirs puis nous revenons à l’arrêt des jeepneys.

Cordonnier de rue à Bontoc

Là nous retrouvons les australiennes et allemandes qui avaient fait le premier trajet avec nous. La route est bloquée du fait d’un glissement de terrain. Nous avons bien fait de nous promener en ville car nous ne patienterons que quelques minutes avant de partir enfin pour Sagada. Le trajet dure quarante-cinq minutes et coûte moins d’un euro. Les Mexicains m’offrent un buco, une délicieuse pâte à la noix de coco de couleur bordeaux(Ah, Bordeaux !)-brune. Le trajet sera aussi l’occasion pour moi de discuter avec Shireen Seno, charmante réalisatrice philippine. Vous trouverez ici le site de Big Boy, son premier film. Arrivés à Sagada, Stéphane et moi fonçons au Saint-Joseph Inn pour réserver une chambre pour deux nuits que nous négocions à quatre-cents pesos au lieu de cinq-cents (huit euros environ par personne pour deux nuit). Nous dînons enfin au Kimchi, restaurant à l’atmosphère “roots” (murs décorés de capsules de San Miguel, photos de Bob Marley, tables en bois brut, musique reggae) et au service jeune et agréable. Nous prenons un poulet Adobo (poulet en sauce épicée à l’ail, à l’origan et au paprika accompagné de pommes de terre et de riz). C’est la première fois que je vous en parle mais j’ai déjà très souvent dégusté ce plat typique philippin qui se dérive notamment avec du porc. Allez, au dodo, le programme du lendemain est chargé !

Ethnies montagnardes au musée de Bontoc

Ou pas ! Parce qu’au réveil, il pleut des chats et des chiens, et ça, c’était pas prévu. On avait programmé deux journées ensoleillées pour se promener autour de la ville, au milieu des rizières, près des cercueils suspendus, dans une cave. On va à l’office du tourisme demander ce qu’ils pensent de la météo : il y a un typhon pour au moins deux jours donc il devrait pleuvoir en continu, ce qui est très gênant pour les randonnées. Quant à la cave, on pourrait avoir de l’eau jusqu’au torse. Ce n’est pas un problème en soi mais aucun de nous (Stéphane, Carlos, Memo et Hiro, un japonais) n’a vraiment envie de se mettre à l’eau (froide sans doute) par ce temps-là. Après même pas vingt-quatre heures passées à Sagada, nous décidons de rentrer à Manille. On s’y ennuiera toujours moins qu’à Sagada, même s’il n’y a rien à faire. C’est reparti pour un tour de jeepney pour Bontoc. Nous en descendons avant l’arrivée à cause d’un nouvel éboulement et finissons le trajet en tricycle après avoir observé les bulldozers dégager la chaussée. Je déjeune au Churya-a d’un copieux plat de nouilles avec Stéphane puis nous grimpons dans le bus pour Manille : départ à quinze heures, arrivée à deux heures trente minutes le lendemain, vendredi, et six-cent-cinquante pesos soit treize euros. Arrivés à Manille, nous prenons un taxi pour la Friendly’s Guesthouse où nous passons la nuit éveillés en attendant l’heure du check-in.

Glissement de terrain entre Sagada et Bontoc

Deux choses que j’ai oubliées de vous dire dans mon premier article sur Manille. Devant toutes les banques ainsi que certains magasins et restaurants on trouve un ou plusieurs gardes armés de fusils à pompe, rien de moins ! Notez qu’ils portent une trousse de premiers secours à la ceinture, à côté des cartouches pour le fusil. La deuxième chose concerne la façon dont j’ai perçu Manille par rapport à ce qu’on en avait dit avant que j’y passe quelques jours. On m’avait parlé d’une ville surpeuplée, bruyante et très polluée mais je n’ai pas trouvé Manille pire qu’une capitale européenne de ce point de vue. Les gens croisés à Palawan décrivaient Manille comme peu sûre et sans intérêt touristique. Je ne l’ai pas trouvée dangereuse le moins du monde (avec tous ces gardes armés en même temps…) mais je reconnais que passer plus de vingt-quatre heures à Manille est une perte de temps. C’est juste une ville de transit avant de prendre un avion ou un bus. Où l’on peut notamment acheter pour cinq-cents pesos (dix euros environ) un “all you can eat” chez Häagen Dazs !

Ecole à Bontoc

La journée se déroule sans grande activité autre que sur mon mini-PC puisque je fais quelques recherches pour mon avenir professionnel. Puis c’est l’heure du barbecue organisé par l’auberge. Tous les soirs la Friendly’s Guesthouse offre une bouteille de rhum ou de whisky à ses backpackers. Le vendredi il y a le barbecue et plus d’alcool, le samedi c’est vin et fromage avec plus d’alcool également. Tout cela est une très bonne idée car ça permet à tout le monde de discuter avec tout le monde (j’ai tenu une conversation en allemand, ça faisait longtemps) et on s’organise pour sortir ensuite tous ensemble. Hier nous sommes allés dans une grande rue piétonne pleine de bars, dont nous avons fait la fermeture. Halte KFC puis taxi pour rentrer à l’auberge et suite des conversations sur la terrasse. Je suis réveillé depuis plus de vingt-quatre heures quand je m’endors enfin, dans le lit en dessous du mien !

Entre Sagada et Bontoc

Aujourd’hui j’ai pensé visiter le cimetière chinois (Henri, une remarque ?) qui ressemblerait plus à une ville qu’à un cimetière tant les tombeaux ont été aménagés comme des maisons. J’ouvre le Petit Futé pour voir comment y aller. C’est un peu loin, la météo est mitigée, je reste à l’auberge. Dans quelques heures je partirai pour Bali où je rejoins J. Finalement Ludovic, un charmant Marseillais étudiant en médecine réussi à me convaincre de le suivre dans le quartier de Quiapo. On s’y promène entre les boutiques qui vendent tout et n’importe quoi, sur le marché, on passe par la Basilika Ng Nazareno. C’est typique du quartier commerçant de grande ville d’Asie, ça me rappelle Hanoi, Delhi. On ne croise pas un seul touriste et on partage de bons moments avec quelques Philippins. Au retour nous prenons le métro aérien. J’aime essayé les métros des villes que je visite. Un trajet coûte douze pesos (vingt centimes environ), on est rapidement fouillé à l’entrée et carrément compressé dans les wagons. Allez, je vous laisse, j’y vais. N’oubliez pas de garder cinq-cent-cinquante pesos (onze euros) en billets pour payer la taxe d’aéroport au départ des Philippines.

N.

PS : J’ai retrouvé le nom de la boîte où nous étions allés le week-end dernier en discutant avec l’un des DJs dudit soir. Il s’agit du Time.

Province d’Ifugao (île de Luzon)

Il est vingt-deux heures et mon bus de nuit pour Banaue (province d’Ifugao, au pied de la chaîne de la cordillère, sur l’île de Luzon) part de Manille. Le voyage coûte quatre-cent-cinquante pesos (soit neuf euros environ). Après nous être rendus compte que nous avons à peu près le même programme, Stéphane et moi, nous décidons de passer notre semaine montagnarde ensemble. Nous arrivons neuf heures plus tard dans le village de Banaue, à sept heures du matin. Un rabatteur nous saute dessus au réveil et à la sortie du bus. Il nous propose de séjourner au Uyami’s Greenview Lodge. Je regarde dans le Petit Futé qu’Henri m’a laissé (son état empire de jour en jour, désolé…) et la critique est très bonne. Nous suivons donc le jeune Philippin. Nous prenons une chambre et un petit-déjeuner. J’essaie un jus de Calamansi chaud, cet agrume vert de la taille d’une mirabelle qui est beaucoup utilisé dans la cuisine philippine. C’est très bon.

Rizières de Banaue Après avoir déjeuné (la nourriture au Greenview est vraiment bonne et peu chère, on s’en sort à moins de trois euros par plat) notre rabatteur au T-shirt jaune nous emmène en tricycle au point de vue depuis lequel nous allons traverser les rizières pour rentrant vers Banaue. Celles-ci sont vieilles de deux-mille ans et culminent à mille-cinq-cents mètres tandis que Banaue est à mille-deux-cents mètres d’altitude. [Pas facile à lire, les nombres en lettres, hein ?] Il est midi lorsque nous partons du point de vue après une belle averse. Nous refuserons de nombreux guides tout au long de notre randonnée ; franchement, il n’y a en gros qu’un seul chemin, on ne peut pas se tromper ! Notre promenade qui durera de midi à quinze heures est un émerveillement. On marche sur les bordures des rizières, sur les murets des canaux d’irrigation, en pleine jungle, on grimpe, on descend, on glisse, on se salit, on tombe, on s’arrête, on prend des photos. Bref, on passe vraiment un bon moment dans ce gigantesque environnement naturel. On comprend pourquoi les Philippins surnomment les rizières de la Cordillère la huitième merveille du monde ! On rentre à l’hôtel et on ne se couche pas trop tard car demain, on recommence.

Rizières en terrasses de Banaue

Mardi matin (hier), Stéphane et moi nous réveillons tôt et avalons un petit-déjeuner avant de rejoindre notre Philippin au T-shirt jaune sur son tricycle pour une virée d’une demi-heure en direction de Batad. Il nous laisse lorsque la route devient véritablement impraticable (ça secouait déjà pas mal avant), c’est comme ça que ça marche. Nous entamons alors une ascension d’une heure sur des chemins de pierres assez larges pour un gros camion, mais guère plus. Le paysage est composé de montagnes recouvertes de verdure. Arrivés au sommet vers dix heures, nous descendons une flopée de marches puis un chemin piéton à flanc de montagne, en pleine jungle. Nous arrivons enfin au point de vue sur la vallée de Batad où nous faisons une première pause.

Ecole à Batad

C’est parti pour une traversée des rizières dans la largeur. Nous nous perdons un peu, demandons conseil à des agriculteurs, à des touristes et parvenons finalement à atteindre le bord opposé de ce gigantesque amphithéâtre de rizières, autrement plus impressionnant que celles de Banaue. Nous avons sauté d’un niveau à l’autre, escaladé quelques murs de pierres servant de contreforts aux rizières. Ca n’est pas évident, nous aurions pu aller plus vite mais nous avons préféré ne pas prendre de guide. Là non plus ça n’est pas vraiment nécessaire et la réussite est d’autant plus savoureuse qu’on l’atteint sans personne. Nous descendons encore de nombreuses marches à travers la végétation luxuriante à flanc de montagne. Il est temps de se baigner dans la cascade de Tappiyo, l’eau est délicieuse et nous fait énormément de bien après ces trois heures de marches sous le soleil philippin. Il est treize heures et il est temps de remonter vers le point culminant.

Amphithéâtre de rizières en terrasses à Batad

C’est reparti pour deux heures trente, de montée cette fois-ci. Oui oui, la montée fut plus courte que la descente (nous connaissions le chemin, désormais !). Nous recroisons les enfants Philippins que nous avions vu dans leur école à l’aller. Ils réclament toujours de l’argent avec le sourire, “give me money!”, comme si c’était normal !). Arrivés au point culminant (la montée des marches fut autrement plus difficile que celles du Palais des festivals et nous n’avons même pas eu droit au tapis rouge !), nous mangeons une banane puis redescendons rejoindre notre chauffeur. Cela nous prendra quarante-cinq minutes. En tout nous aurons marché presque huit heures en ce mardi ensoleillé (en incluant les pauses, certes). L’aller-retour en tricycle nous aura coûté trois-cent-cinquante pesos (sept euros environ).

Jeepney à Banaue

De retour à l’hôtel, je prends une bonne douche froide et un pancake au chocolat (délicieux et très copieux) puis je regarde un film sur mon ordinateur tandis que Stéphane trie ses photos. Nous dînons puis allons nous coucher. Demain (aujourd’hui en fait), nous partons pour Bontoc et Sagada, dans la province des montagnes. Suite du récit samedi, normalement.

N.

Manille (île de Luzon)

Samedi dernier, Henri et moi nous réveillons encore une fois de bonheur (ou de bonne heure, au choix) pour prendre le mini van qui nous conduira à l’aéroport de Busuanga. Nous avons un vol pour Manille avec la compagnie Zestair. Départ prévu vers 11h15 pour 45 minutes de vol. On aura toute l’après-midi pour visiter Manille ou y flâner, cool ! Malheureusement, Zestair l’entend autrement : après leur avoir lâché 1200 pesos (soit 24€) pour surpoids (on n’a seulement droit à dix kilogrammes, laissez-moi rire), nous décollons finalement avec plus de deux heures de retard. Apparemment c’est normal, nous ne pouvons même pas espérer un dédommagement. La France nous manque (FAUX !).

Intramuros, Manille

Arrivés à Manille nous rejoignons la Friendly’s Guesthouse sur Adriatico Street dans le quartier central de Malate. Nous prenons une chambre à 350 pesos chacun (soit 7€ environ, c’est plutôt cher pour l’Asie). Celle-ci est minuscule, le lit aussi (type Hong-Kong pour ceux qui connaissent), mais peu importe, nous n’avons pas prévu d’y passer plus de temps que nécessaire. Nous montons au dernier étage, là où se trouve l’espace commun avec sa terrasse, sa bibliothèque, sa télévision, sa sono, ses instruments de musique et ses nombreux backpackers qui ont l’air très occupés à ne rien faire. On comprendra plus tard pourquoi. Nous rencontrons Nicolas, charmant français qui vient de terminer ses études d’ingénieur. Il nous parle d’un concert de Chinese Man, groupe français, le soir même, qui est organisé par l’Alliance Française pour la fête de la musique. Nous décidons de l’y accompagner.

Cathédrale de Manille

Nous sortons ensuite visiter la ville à pied. Nous remontons vers le Nord, traversons le Parc Rizal et entrons dans Intramuros, le quartier historique et colonial de Manille. Nous traversons des rues typiques (petites échoppes et familles installées sur les trottoirs, bâtiments à l’allure espagnole, etc.) pour atteindre le Fort Santiago, à la pointe Nord d’Intramuros. On paie 50 pesos (1€) le droit de se promener dans un très joli jardin, paisible et fleuri. Puis on visite rapidement le musée consacré à José Rizal, défenseur des Philippins sous la colonisation espagnole pendant le dernier quart du XIXe siècle. On rentre ensuite à l’auberge en passant devant la cathédrale, malheureusement en rénovation, et en visitant l’Eglise Saint-Augustin à la façade rose pendant l’office.

Henri dans le Parc Rizal

Il est 18h30 environ et nous arrivons à l’auberge juste à temps pour l’apéritif vin et fromage qui y est offert aux backpackers. Là nous pouvons goûter quelques vins rouges français et espagnol, accompagnés de fromage, baguettes (!), mousse de thon, petits légumes. Parfait pour commencer la soirée. Nicolas nous présente son ami Paul qui voyage avec lui en Asie et qui part le lendemain pour la Chine. Nous faisons donc connaissance tous les quatre, puis partageons un taxi pour nous rendre dans le quartier moderne de Makati. Nous arrivons quelques minutes avant l’arrivée de Chinese Man. Quatre jeunes hommes d’une vingtaine d’années arrivent sur scène et prennent place derrière leurs Macs et tables de mixage. Un écran géant diffuse des vidéos assez bien faites. La musique se situe à mi-chemin entre le dubstep et la minimale, c’est pas mal mais ça manque un peu de dynamisme : nous n’accrochons pas vraiment. Un groupe de Françaises en Volontariat de Solidarité Internationale (V.S.I.) à Manille nous rejoint et nous terminons la soirée dans une boîte, apparemment réputée.

Eglise Saint-Augustin, Manille

Le lendemain, dimanche, se résumera à un Burger King (frites trop salées !), un Mc Donald’s, une récupération de linge propre et une recherche de distributeur automatique de billets afin de récupérer du liquide avant de partir pour cinq jours dans les montagnes de la cordillère centrale, au Nord de Manille, sur l’île de Luzon toujours. Une journée agréable en compagnie de Nicolas et Paul, mais peu productive, je vous le concède. Je fais mes adieux à nos nouveaux amis et à Henri qui rentre travailler en tant que volontaire dans une institution de micro-finance à Ozamis sur l’île de Mindanao (cf. fin du premier paragraphe de mon article sur Sabang). Il est temps de prendre un taxi avec Stéphane, trentenaire français, en direction d’un bus de nuit pour Banaue. En définitive, ne passez pas plus de vingt-quatre heures à Manille, il n’y a rien à faire.

N.

Coron (île Busuanga)

Jeudi dernier, Henri et moi nous réveillons à cinq heures (du matin !) pour nous rendre au port. Notre deuxième tentative sera la bonne et nous quittons El Nido vers six heures (du matin, toujours !) après avoir rapidement petit-déjeuné. Nous sommes une petite trentaine sur la banca, guère plus grande que celles dont nous avons l’habitude. Sauf que là on est censé passer neuf heures en pleine mer pour atteindre Coron sur l’île Busuanga, au Nord de Palawan. Heureusement, à la lecture du badge sur les gilets de sauvetage, Henri et moi sommes rassurés ! La traversée s’es déroulée sans encombre (si ce n’est le moteur qui a dû être redémarré à trois reprises) et nous en avons donc profité pour lire, bronzer, dormir, et parfois même les trois à la fois ! Bref, on arrive au bout de neuf heures, comme prévu. Le voyage nous aura coûté 1 200 pesos (soit 24€ environ).

Gilet de sauvetage Titanic ?!

Nous prenons un tricycle pour l’office du tourisme où nous expliquons vouloir visiter l’île Calauit et son parc naturel. On est censé pouvoir y observer des girafes, des impalas, des zèbres, des buffles d’eau, des antilopes et des boucs importés d’Afrique il y a une bonne trentaine d’années, ainsi que des espèces philippines. Malheureusement nous ne pouvons faire cette visite si nous sommes moins de six personnes, à moins de payer les entrées des personnes manquantes. C’est au-dessus de nos moyens. Nous nous rendons donc au Coron Backpackers Guesthouse, auberge jeunesse ouverte il y a trois mois, pour poser nos sacs. Le propriétaire des lieux, adorable, nous donnera de nombreux conseils lors de notre séjour. Nous sortons prendre un verre dans un super bar africain : décorations en bois, photos de Bob Marley sur les murs, lumières tamisées, musique africaine, super ambiance ! Nous nous rendons ensuite sur le port pour siroter un Coca (Light !) au soleil couchant.

Après être repassés par l’auberge (le village est minuscule), nous dînons ensuite avec Adeline, jeune française que j’avais rencontrée à Puerto Princesa. Nous continuons la soirée dans un bar, accompagnés de trois français supplémentaires (un couple d’étudiants en école de commerce à Lille et un étudiant en médecine à Poitiers) et de l’amie du propriétaire de l’auberge. Nous finissons par rentrer à l’auberge et nos conversations s’y poursuivent encore un bon moment.

Ile Busuanga

Le lendemain, vendredi, nous avons rendez-vous à huit heures pour la première plongée de notre vie avec le club Amphibi-Ko. La veille, nous avons réservé une initiation et un tour pour 3 000 pesos chacun (60€). L’équipage est composé de quatre personnes, nous ne sommes que deux : Henri et moi. Après quelques explications et consignes de sécurité sur la banca, nous enfilons combinaison, chaussons, palmes, masque, ceinture de poids et bouteille avant de répéter quelques manipulations dans l’eau, là où nous avons pied. Nous sommes fin prêts. C’est parti pour notre première plongée accompagnés de Bong et Chok. Celle-ci durera trente-deux minutes et nous descendrons à 15,8 mètres de profondeur. Nous faisons le tour d’une épave de navire japonais coulé pendant la seconde guerre mondiale. Nombreux, ils sont l’attraction des plongeurs à Coron. Nos accompagnateurs estiment que nous avons un bon équilibre sous l’eau (c’est-à-dire que nous sommes capables de rester stables à une certaine profondeur) et nous pouvons donc rentrer dans l’épave, que nous traversons sur plusieurs mètres avant d’en ressortir. Nous remontons sur le bateau et mangeons une banane pour reprendre des forces.

Hommes grenouilles

Quand on est débutant (peut-être est-ce le cas aussi par la suite), plonger fatigue. Pour notre deuxième plongée nous ne serons plus accompagnés que d’un seul plongeur et nous faisons le tour d’une deuxième épave avant de longer un récif de coraux. Tout cela est très joli, l’eau est limpide et nous observons quelques poissons mais guère plus qu’à El Nido où nous avons fait du snorkeling. Notre seconde plongée dure trente-huit minutes et nous descendons à 13,9 mètres cette fois-ci. Cette première expérience est géniale. Quand on est sous l’eau pendant longtemps, on s’y sent bien (souvenir du liquide amniotique ?) et on n’a pas envie d’en sortir. L’environnement est silencieux, on se déplace lentement et dans toutes les directions. On finit même par penser à Jacques Mayol dans “Le grand bleu”. Bref, voilà encore un loisir qui me donne envie de recommencer et d’apprendre (Isabelle, si tu me lis !). Nous remontons à bord pour déjeuner : riz, nouilles, légumes, poulet et poisson grillés sur le barbecue de la banca. Sur le chemin du retour nous aurons même la chance d’observer des dauphins à une dizaine de mètres du bateau (retour de Jacques Mayol). Nous arrivons à terre vers quinze heures après avoir passé sept heures géniale au large de l’île Busuanga.

Depuis la colline Tapyas

Après une rapide halte à l’auberge nous mettons le cap sur le sommet de la colline Tapyas, point culminant de Coron surmonté d’une gigantesque croix métallique blanche. L’ascension est difficile avec ses très (très) nombreuses marches mais le point de vue récompense l’effort. Nous redescendons ensuite pour dîner sur le marché de quelques brochettes avant de rentrer nous coucher à l’auberge.

N.

El Nido (île de Palawan)

Lundi dernier, Henri et moi nous réveillons tôt à Sabang afin de prendre une jeepney à sept heures en direction d’El Nido pour 120 pesos (2,5€ environ). Nous faisons les deux heures de trajet jusqu’à la jonction avec la route Puerto Princesa – El Nido sur le toit de notre jeepney, entourés de pneus, de bidons d’eau vides et parmi de nombreux Philippins de tous âges. Nos attendons une heure et demi un mini van à la jonction et en profitons pour discuter avec deux françaises qui, elles, vont vers Port Barton où nous n’irons pas par manque de temps. Elles nous racontent la même histoire que les deux Hollandaises que j’ai rencontrées à Puerto Princesa, à savoir qu’elles ont été droguées par un groupe de vieilles Philippines après avoir passé plusieurs heures avec elles. Elles ne se feront voler qu’une barrette pour les cheveux et l’équivalent de soixante euros en pesos puis mettront vingt-quatre heures à sortir de leur état endormi. Nous prenons ensuite le mini van qui nous mène à El Nido en cinq heures pour 450 pesos (9€). Si l’on souhaite y aller sans faire de halte à la jonction, on peut prendre un mini van direct (7h30-13h) pour 900 pesos.

Trajet sur le toit d'une jeepney, Palawan

En arrivant à El Nido, nous découvrons une petite ville, plus grande que Sabang avec un axe principal, parallèle à la mer. Nous optons pour l’hôtel The Alternative où une chambre avec lit double, moustiquaire et salle de bain commune coûte 500 pesos (10€) la nuit sans petit-déjeuner et 600 avec. Après avoir déposé nos sacs nous partons pour la plage de Corong Corong dont des camarades à Shanghai m’ont fait l’éloge. On traverse des habitations vétustes pour atteindre la plage, qui, à marée basse, n’est pas aussi belle que je l’avais imaginée. Je me baigne quelques instants mais ressors de l’eau car celle-ci est pleine de roches et le niveau de l’eau m’arrive toujours aux cuisses, bien que j’ai parcouru une bonne quinzaine de mètres depuis la plage. J’ai même réussi à me planter des aiguilles d’oursin dans le pied, génial ! Heureusement, je trouve deux touristes qui s’improvisent infirmières pour m’aider. Quand on n’a ni sa mère, ni sa copine, on se débrouille comme on peut ! J’assiste donc au coucher du soleil allongé sur une chaise longue tandis qu’on me retire une aiguille du pied. Je rejoins ensuite Henri qui joue au football avec des enfants philippins sur la plage. C’est super sympa de jouer avec eux : ils sont très nombreux, on ne sait pas vraiment qui est dans notre équipe, ils ont tous les âges, certains partent et reviennent, ou font autre chose puis recommencent à jouer. C’est du grand n’importe quoi, mais c’est super !

Enfants, Palawan

Retour en ville pour dîner au Art Café, pas très bon marché. Mention spéciale pour le cookie en dessert. On rentre se coucher à The Alternative. Le lendemain nous petit-déjeunons en terrasse, au-dessus des vagues qui viennent s’échouer sur la plage à trois mètres au-dessous du balcon. Plutôt pas mal pour commencer la journée. Puis nous montons sur la petite moto (avec le conducteur nous sommes donc trois) qui nous mène à la banca sur laquelle nous grimpons. Une banca est un bateau en bois tout en longueur avec des stabilisateurs en bambou sur les côtés, parallèles à la coque. C’est parti pour une journée d’island hopping dans l’archipel de Bacuit en compagnie d’un jeune couple de Hollandais, d’un Philippin de Manille ainsi que d’un gros Californien sexagénaire accompagné de sa femme Philippine, sans doute de l’âge de ses filles. Nous avons choisi le island hopping de The Alternative à 700 pesos (14€ environ) qui dure de 8h à 16h environ. Tous les tours de la ville sont au même prix et proposent des parcours équivalents.

Petit-déjeuner au-dessus de l'eau, El Nido

Le tour débute avec une première halte dans un petit lagon où nous enfilons masque et tuba pour un peu de snorkeling. L’eau est transparente, on observe quelques poissons, c’est joli. On fait ensuite un tour (sans arrêt) dans un grand lagon avant de déjeuner sur une petit plage (Sumisu) : légumes, riz, poissons et poulet cuits au feu de bois dans un décor paradisiaque, que demander de plus ! Nous remontons à bord et reprenons le snorkeling à quelques mètres de la plage. Nos accompagnateurs attirent les poissons en jetant du pain de mie et les carcasses des poissons mangés plus tôt dans l’eau. C’est très efficace : des dizaines (voire des centaines ?) de poissons colorés affluent et on passe un moment à nager à leur côté ou à contre courant. C’est une expérience assez exceptionnelle, même si ceux-ci ne sont pas très gros. Mes poissons préférés ne font que quelques centimètres de long et sont d’une couleur à mi chemin entre le bleu Klein et le bleu fluo ! On remonte sur la banca pour aller au lagon secret. On y accède par un trou dans la falaise pour découvrir une sorte de lac intérieur sans visibilité sous l’eau froide et, qui plus est, pollué par de très nombreuses bouteilles en plastique. Sans intérêt. Le island hopping se termine sur la plage Seven Commando où nous buvons une bière avant de jouer au beach volley avec le Philippin et le Californien. On se dépense tout en prenant le soleil sur cette plage au sable blanc bordée de cocotiers.

Sumisu Island, El Nido

De retour à El Nido, Henri et moi nous rendons à Las Cabanas Beach, elle aussi recommandée par mes camarades de Shanghai. Cette fois-ci pas de déception ! Même si on ne profite pas réellement du coucher du soleil la plage est magnifique, presque déserte avec (une fois encore) son sable blanc et ses cocotiers. Henri et moi discutons dans l’eau avant d’en sortir pour rejoindre nos nouveaux amis snorkelers pour dîner au Pukka Bar, les pieds dans le sable. Bonne nourriture, je prends un calamar fourré aux légumes. Je parviens à m’enfoncer une arrête dans l’œsophage que je retire finalement après avoir été gêné un long moment. Les conversations concernant les voyages asiatiques vont bon train. Deux Allemands rencontrés à Puerto Princesa et croisés ensuite à Sabang nous rejoignent et nous parlons longuement de l’Inde avant de rentrer nous coucher.

Las Cabanas Beach, El Nido

Le lendemain nous nous réveillons tôt pour prendre le bateau pour Coron sur l’île de Busuanga, notre prochaine destination. Mais au bout d’un certain temps d’attente on nous apprend que le voyage est annulé. En effet, depuis qu’un bateau a fait naufrage sur le même trajet huit jours plus tôt, on ne part que si les conditions météorologiques sont parfaites. Nous devons donc passer une journée de plus à El Nido. Comment allons-nous nous occuper ? Nous décidons d’aller nous baigner dans une cascade, encore une fois difficile d’accès. Nous y arrivons après une vingtaine de minutes à tricycle et trois quarts d’heure de marche en pleine jungle, guidés par notre chauffeur. On avait d’abord tenté d’y aller sans lui mais on avait vite fait demi-tour pour lui demander son aide. On reste une bonne demi-heure à la cascade où l’eau est bien fraîche, c’est délicieux.

Cascade, El Nido

De retour en ville nous déjeunons, achetons des cartes postales que nous rédigeons sur la terrasse de notre hôtel, face à la mer. Nous allons ensuite fumer une shisha sur la terrasse du Habibi, pendant que le soleil se couche. Henri me propose d’essayer un balut. J’accepte. Le balut, spécialité philippine, est un œuf de canne à l’embryon déjà formé. On casse la coquille, on boit le jus et on croque dans ce petit oiseau dont on peut déjà observer les plumes. Psychologiquement c’est pas évident mais le goût est bon donc ça passe. Je n’essaierai pas à nouveau, néanmoins ! La journée se termine par un dîner au Squidos où nous dégustons de délicieux calamars dans une sauce des plus simples : beurre et citron. Avant de nous coucher, nous prions pour que le bateau qui part demain à cinq heures du matin ne soit pas annulé !

N.

Island hopping, El Nido

Sabang (île de Palawan)

Vers midi, j’ai récupéré mon ami Henri qui travaille en tant que volontaire dans une institution de micro-finance près d’Ozamis sur l’île de Mindanao. Si vous souhaitez en savoir plus, allez voir ici ou .

Henri et des enfants de Sabang

Nous nous rendons au San Jose New Market de Puerto Princesa où nous déjeunons avant de monter à bord d’un mini-van climatisé de dix passagers direction Sabang. Le trajet dure deux bonnes heures et coûte 200 pesos par personne (4€ environ). Arrivés à Sabang, Dani, un charmant Philippin, nous emmène au Dab dab Cottages où nous prenons deux nuits dans un bungalow en pleine jungle (ou presque). Nous buvons une bière sur la plage et j’en profite pour faire ma première baignade en eau salée depuis plus d’un an.

Après un délicieux dîner au Green Verde nous rentrons nous coucher au milieu des cris d’animaux divers. Sont-ils dans le bungalow ou en dehors ? Peu importe, avec la moustiquaire nous nous sentons protégés ! Nous payons chacun 200 pesos par nuit, imbattable. A noter que l’électricité dans Sabang ne fonctionne pas toute la journée. Le soir, par exemple, on ne peut en profiter que de 18h à 23h.

Plage de Sabang

Le lendemain, réveil aux aurores (ou presque) pour visiter l’Undeground River (250 pesos pour le permis qu’on ne peut obtenir qu’à Puerto Princesa, 43 pesos de taxe, un bateau à 700 pesos pour six personnes) en compagnie de trois charmantes Philippines. Nous pénétrons dans la rivière souterraine sur une légère embarcation. Je tiens la lampe branchée sur une batterie avec deux pinces crocodile pour éclairer les formations rocheuses. Le guide, comme dans la baie d’Halong, a beaucoup d’imagination et nous parle d’un champignon géant, d’une vierge, d’une femme nue, d’un chien, blablabla. Les roches sont magnifiques et l’expérience est envoûtante, d’autant plus quand des dizaines de chauve-souris virevoltent partout autour de nous !

A l'entrée de l'Underground River, Sabang

En sortant de la rivière nous passons un peu de temps au milieu des macaques, avant de fuir sous les cris et canines peu avenantes de l’un d’entre eux. Nous passons voir un varan en liberté, énorme et à la gigantesque langue bleu argenté ! Nous revenons sur la côte de Sabang et discutons brièvement avec une française en VIE à Manille. Nous déjeunons ensuite d’un buffet à volonté pour 200 pesos puis je fais une deuxième baignade.

Comment allons-nous occuper notre après-midi étant donné que les deux promenades dans la jungle sont fermées hors saison ? Le choix est rapide. Nous choisissons un tour en barque au milieu des mangroves avec une guide philippine qui n’a pas loin de trois fois notre âge (150 pesos, soit 3€, chacun). Elle nous montre un python dans une mangrove, à six bons mètres au-dessus de l’eau. L’ambiance est particulière, silencieuse. On glisse entre les mangroves, c’est très reposant. La guide nous dit, comme le Petit Futé, que nous aurions dû venir à l’aube afin d’admirer les nombreux oiseaux qui s’y trouvent alors. Dommage.

Mangrove à Sabang

Nous traversons ensuite toute la côte de Sabang jusqu’à arriver à une plage de galets. Pas évident de s’y déplacer, avec ou sans tongues. Mais nous persévérons quelques bons kilomètres jusqu’à atteindre notre objectif : une cascade en bordure de mer. Là-bas, nous retrouvons quelques jeunes Philippins avec qui nous discutons brièvement et prenons quelques photos. L’eau est fraîche  c’est génial. Nous y barbotons un bon moment. Lorsque nous décidons de rentrer, un anglais arrive sur les lieux et se joint à nous pour retourner sur la plage principale. Nous achetons une San Miguel (bière philippine) chacun et je fais une troisième baignade tandis qu’un quarantenaire californien se joint à nous.

Cascade à Sabang

Sur le chemin du dîner nous recrutons un troisième anglophone, américain lui aussi. Deuxième dîner au Green Verde en leur compagnie. On parle de voyages mais aussi de l’économie actuelle (subprimes, crise de la dette européenne, catastrophe japonaise) avec le californien qui nous avoue enseigner l’histoire économique au Japon. Son analyse est percutante et très abordable. Nous poursuivons la soirée autour de quelques San Miguel dans un bar à karaoké. Il est temps de rentrer se coucher car lundi matin nous partons tôt pour El Nido.

N.

Plage de Sabang

Puerto Princesa (île de Palawan)

Alors que le bilan de la Chine n’a pas encore été publié, je (N.) rédige mon premier article sur les Philippines où je passe deux semaines jusqu’au 1er juillet qui sera la date de la résurection de JNRB, Jean-Noëlle Roi des Backpackers. (La faute à “résurection” est volontaire et vise à annuler le blasphème qui suit. Rassurez-vous, je me protège !)

Baie de Puerto Princesa

J’avais prévu de prendre le Maglev mercredi soir afin de rejoindre l’aéroport de Pudong mais le dernier partait à 21 heures, ce qui m’obligeait à quitter mes petits amis shanghaiens dès 20h30, c’était hors de question. Et j’ai bien fait puisque ma dernière soirée avec eux fut courte mais parfaite : Bordeaux rouge, Corbières, Sauternes, foie gras, pâté, camembert, gouda au cumin (le gouda n’est pas du fromage, je suis le premier à le proclamer !) et pour finir crêpes à la fleur d’oranger recouvertes de Nutella et accolades. J’ai été gâté !

Je décolle donc de Shanghai dans la nuit de jeudi à vendredi vers 0h30 et j’arrive à Manille pour une escale trois heures et demi plus tard environ. J’ai eu un peu de mal à dormir dans l’avion et je ne dormirai pas beaucoup plus à l’aéroport car j’ai des articles à écrire pour vous, chères lectrices (je viens de décider que j’aime penser que mon public est essentiellement féminin ! ahah). Quatre heures plus tard environ je décolle de Manille pour l’île de Palawan où j’atterris à Puerto Princesa.

Joueurs de basket, Puerto Princesa

Comme à Hong-Kong, la piste d’atterrissage commence à quelques mètres de l’océan. Il n’y a aucun avion dans l’aéroport qui n’est qu’une grande salle où l’on récupère les bagages. Sur le tarmac, on est accueilli par une affiche trois par quatre du maire de la ville qui arbore fièrement un bouc, des lunettes fumées et une casquette de base-ball.

Je sors de l’aéroport et prend un tricycle qui m’amènera dans le centre-ville (très proche, Puerto princesa est minuscule) pour cinquante pesos. J’étais à peine rassuré d’avoir pu baisser de dix pesos mais je crains que le prix n’était encore deux fois trop élevé. En même temps j’ai changé mes euros à 52,2 pesos l’unité à Manille et tout le monde sait que ce n’est pas à l’aéroport qu’on a les meilleurs taux. A mi-chemin le chauffeur me précise que la course coûtera dix pesos parce que je ne sais pas quoi. Je lui réponds qu’on a convenu que ce serait cinquante pesos et que s’il n’est pas d’accord il me dépose là. Il ne bronche pas et continue. J’en profite pour préciser que tous les Philippins que j’ai croisés en deux jours parlent un anglais parfait. Notre pays devrait avoir honte…

Tricycle, Puerto Princesa

J’arrive à l’auberge dont j’ai relevé l’adresse sur Internet à Manille, deux minutes avant d’embarquer. On me propose une chambre pour deux qui me semble un peu chère et qui est voisine d’une chambre en travaux. Ce sera donc bruyant. Je décline. Je continue donc à pied, sans plan et sans guide, on verra bien. J’arrive à une deuxième auberge et l’on me montre un dortoir avec casiers où l’on me précise que le wifi est gratuit. Cela me coûterait 300 pesos (6€). Je pense pouvoir trouver moins cher donc je continue et arrive dans un hôtel où l’on me montre une chambre simple à 200 pesos (4€) mais où il n’y a pas de wifi. Je fais donc demi-tour et retourne au Dallas Inn car j’ai des articles à écrire et je me dis que l’auberge sera plus propice aux rencontres.

Je ne me suis pas trompé. Dans le jardin, un Philippin est en train de construire une porte en bambous pour le dortoir tandis qu’un Occidental qui vit ici fabrique des instruments de musique en bois. Le propriétaire, la trentaine à peine, est très sympa et me donne tout un tas de conseils pour réserver pour l’Underground River à Sabang, ainsi que pour des logements dans mes prochaines destinations sur l’île de Palawan. Nous discutons un peu et j’écris pour le blog. Je vais déjeuner au coin de la rue dans un bouiboui : aile de poulet grillé, poulet en sauce, riz blanc et bière locale pour moins de deux euros. Henri, mon ami qui est en stage aux Philippines en microfinance me dit qu’heureusement que mon déjeuner m’a plu car je ne vais manger que ça !

Dans l’après-midi, je suis Irene, Laura et Christophe (deux Hollandaises et un Australien) vers le front de mer où nous louons des vélos une heure pour cinquante centimes d’euro. Les Philippins sont on ne peut plus souriants. La promenade dure une heure dans les ruelles de la ville, nous voyons une superbe église bleue et un très joli parc avec vue sur le port. Nous rendons les vélos et grignotons quelques brochettes avant de nous rendre en tricycle au restaurant végétarien Imas.

Eglise bleue, Puerto Princesa

Un tricycle est une moto type cent vingt-cinq centimètres cube à laquelle est fixée une sorte de side-car au toit recouvrant également la moto. A Puerto Princesa une course coûte environ dix pesos par passager et on peut monter jusqu’à quatre, parfois en se joignant à un Philippin qui est déjà dedans. Lorsque Christophe demande à notre chauffeur s’il aime vivre ici, ce dernier lui répond : “Yes, sir, because life here is really simple.”. Je pense que cette phrase est un aphorisme qui résume très bien l’état d’esprit des Philippins du coin et justifie leurs sourires. Le dîner est très bon (steak de tofu, pommes de terre, oignons et riz, le tout légèrement épicé) mais le service un peu long. Peu importe.

Le lendemain, vendredi, je me réveille vers quatorze heures (j’avais très peu dormi les deux nuits précédentes) et le propriétaire des lieux me rappelle que j’ai intérêt à me dépêcher si je veux pouvoir réserver mes billets pour l’Underground River aujourd’hui. Je prends donc une douche et file prendre un tricycle. Je discute un peu avec le chauffeur, de la vie ici et des différences avec l’Europe. Les Philippins sont lucides. Je me dis que ça m’a manqué en Chine de ne pouvoir avoir ce genre de discussion avec les chauffeurs de taxis. Mon niveau de chinois limitait nettement le niveau des échanges verbaux avec eux.

Enfants jouant, Puerto Princesa

A l’Underground River Office je prends un ticket en arrivant (numéro 75) et je file de l’autre côté de la rue pour déjeuner chinois : un bol de soupe, nouilles, porc et oignons. A mon retour à l’Office, je peux acheter pour 250 pesos chacun deux permis pour l’Underground River, un pour moi et un pour Henri qui me rejoint tout à l’heure. On peut soit acheter des billets pour un tour organisé, soit se débrouiller seul (ça revient environ deux fois moins cher). A ce permis à 5€ il faudra ajouter un trajet en mini van à 4€ et le trajet en barque sur place au même prix.

Je me rends ensuite à l’office de tourisme pour récupérer une carte de la ville (pas franchement utile, en fait) et j’en profite pour me renseigner sur la possibilité de visiter le parc naturel du récif de Tubbataha (recommandé par Le Routard sur Internet et qui semblait magnifique). On me répond que je ne peux le visiter étant donné qu’on est hors saison (la saison dure de novembre à avril environ). Dommage. En rentrant à l’auberge j’achète cent grammes de porc grillé dans la rue, c’est délicieux.

Lechon (ou cochon de lait), Puerto Princesa

Plus tard, à l’auberge, Rosita, Fitria (deux Indonésiennes) et Adeline (une Française) me proposent de me joindre à elles pour le dîner. Nous retournons au front de mer où j’étais allé la veille. Nous achetons quelques brochettes et une bière et discutons en dînant au bord de l’eau. Les Indonésiennes me donnent quelques conseils concernant leur pays et Adeline prendra un peu de temps plus tard pour partager son expérience de la Malaisie, de la Thaïlande  du Laos et du Cambodge avec moi, sympa ! Un rat et quelques cafards viennent nous rendre visite sur le front de mer.

Stand de nourriture sur le front de mer, Puerto Princesa

Mes premières impressions concernant les Philippines sont les suivantes : la population parle très bien anglais, est extrêmement souriante et on essaiera (comme partout en Asie je pense) de vous faire payer les choses plus cher que leur prix réel. Les Philippines (les femmes) sont splendides. J’avais oublié l’existence des travestis lors de mon séjour en Chine.

Attention, les Hollandaises que j’ai croisées ont vécu une mauvaise expérience à Manille. Un groupe d’une dizaine de femmes avec qui elles avaient sympathisé et passé une journée complète les ont finalement droguées et leur ont volé cinq-cents euros au distributeur. Ce groupe de femmes était déjà recherché par la police lorsqu’elles sont allées porter plainte. Faites attention à ce que l’on vous offre à boire…

N.

Stand de rue, Puerto Princesa

Coordonnées du Dallas Inn (300 pesos par nuit et par personne pour un lit en dortoir avec salle de bain séparée, casiers et wifi) :

0919 967 8558   0915 759 5296   (048)434 2086   http://dallasinnpalawan.com   dallasinnpalawan@yahoo.com