Thaïlande : le bilan

Khao Sok

Nous sommes partis en Thaïlande fin août-début septembre, pendant la saison des pluies donc, mais cela ne nous a pas gênés, à part à Khao Sok. Tout y était fermé et la pluie est tombée pendant deux jours. On était un peu inquiet pour le reste du voyage. En fait la pluie ne nous a jamais dérangés dans nos visites et elle n’est finalement tombée que quelques heures ou minutes par jour.

Wat Phra Kaeo, Bangkok

La Thaïlande a un atout majeur : la qualité de son service touristique. On a toujours été accueilli efficacement et avec le sourire.  Le service n’est pas guindé comme en France mais n’a pas non plus la nonchalance, parfois énervante, de l’Asie. Tout le monde parle suffisamment anglais pour vous renseigner. C’est ce professionnalisme non figé qui contribue à rendre la Thaïlande moins asceptisée que le Vietnam alors qu’elle est plus touristique.

Sukhothai

La Thaïlande est aussi agréable à visiter d’un point de vue culinaire. Une excursion dans la gastronomie thaïlandaise vous amène au cœur d’une cuisine savoureuse, fine et pleine d’épices. On trouve peu de ses ingrédients en Europe, ce qui lui donne un aspect original et parfois inventif. On recommande entre autres le pad thaï, les stir-fried noddles in gravy, la soupe de concombre au porc et le mango sticky rice.

Muay Thai, Chiang Mai

Enfin, on a aimé la Thaïlande pour la diversité des activités touristiques : fêtard ou aventurier, amoureux de la mer, de la montagne ou des vestiges archéologiques, vous trouverez votre bonheur. De plus, les activités sont encadrées avec beaucoup de sérieux mais tout en restant cool. Bien sûr cela peut finir par vous coûter cher et nous avons dépensé huit-cent-cinquante euros tout compris pour trois semaines en Thaïlande.

Cours de cuisine, Chiang Mai

Chiang Rai et le Golden Triangle

Après trois heures trente de bus, nous arrivons à Chiang Rai vers vingt et une heure. Juste avant que ne ferment les cuisines de la Chat House où nous logeons. Cela aurait été dommage car la nourriture y est délicieuse et les portions vraiment copieuses.

White Temple, Chiang Rai

Le lendemain nous nous levons et demandons où il est possible de louer une voiture. Le patron de l’auberge nous propose une jeep que loue un de ses amis. Le temps qu’il arrive, nous faisons cadeau à l’auberge de notre lessive du trek à laver. Le propriétaire de la jeep n’est autre qu’un agent de la police touristique qui baragouine trois mots de français et nous fait signer un contrat avec assurance avant de nous confier les clefs de son véhicule. Nous voilà rassurés. Après quelques « shot gun place avant ! », N. prend le volant, à droite. Le levier de vitesse est à gauche, évidemment… Heureusement, l’embrayage est à gauche et l’accélérateur à droite. Sinon, nous rendions les clefs !

White Temple, Chiang Rai

C’est parti pour la frontière birmane en faisant un crochet par le Sud de la ville pour voir le Wat Rong Khun, aussi appelé White Temple. Il s’agit d’un temple complètement barré. Pour commencer, les cônes de circulation orange et blanc sont surmontés d’une tête de mort. Près de l’entrée on est accueilli par un buste de Predator qui s’enfonce dans l’herbe, des crânes aux cheveux longs dans les arbres et deux statues ornées de têtes de mort vous avertissant des méfaits du tabac et de l’alcool. Le temple, comme son nom l’indique, est d’un blanc éclatant, agrémenté d’éclats de miroir, ce qui le rend presque aveuglant lorsque les nuages disparaissent enfin.

White Temple, Chiang Rai

Pour pénétrer dans ce temple encore en construction, on traverse un pont surplombant une fosse d’où s’échappe des mains tendues. Celles-ci appartiennent sans doute à des damnés, et l’on peut apercevoir ici ou là un doigt d’honneur, une main tenant un gros phallus ou des mains célèbres comme celles de Wolverine.  A l’intérieur du temple, le clou du spectacle est une fresque inachevée représentant le combat du bien contre le mal symbolisé dans le désordre par George W. Bush, Oussama Ben Laden, Alien, Kung Fu Panda, Angry Birds, Superman, Resident Evil, Harry Potter, Avatar, Batman, Spiderman, Pepsi, Jabba le Hutt, Predator, Jigsaw, Freddy Krugger, Sailor Moon, Neo. Liste non exhaustive ! Bref, cette vision du bouddhisme nous a beaucoup plu.

Phratat Doi Tung

En route pour l’extrémité Nord du pays, nous faisons une halte pour déjeuner dans un restaurant sans carte en anglais et où nous prenons des glaces en dessert. Fausse bonne idée ! Arrivés au poste frontière de Mae Sai, nous bifurquons à gauche pour longer en jeep la frontière birmane sur une route déconseillée aux conducteurs non aguerris. Les virages serrés et les pentes abruptes rendent la conduite éprouvante sur la crête qui sépare les deux pays. Heureusement, les paysages, surtout côté birman, sont à couper le souffle. Nous faisons quelques haltes à des postes de contrôle où l’on nous laisse passer avec le sourire. Notre objectif est de visiter le temple Phratat Doi Tung d’où nous pensons jouir du plus beau panorama de la région. Il n’en est rien mais la visite n’est pas désagréable pour autant. Même si la conduite est très difficile, nous recommandons cette balade tant les paysages qu’on y aperçoit sont beaux.

Frontière birmane

Retour à Mae Sai pour passer la nuit à la Bamboo House, très modeste mais peu chère. Henri et N. sont victimes d’une intoxication alimentaire, on vous avait dit que les glaces étaient une erreur. Henri s’est remis en quarante-huit heures environ, N. en deux fois plus de temps. La bienséance nous limite à vous dire que la méthode la plus rapide des deux a mieux fonctionné du fait d’une non digestion des aliments !

Frontière birmane

Le lendemain mardi onze septembre, c’est un N. un peu vert et amaigri qui prend le volant. Première halte au Hall of Opium qui mérite vraiment une visite. Celle-ci débute par l’ascension d’un sombre tunnel d’une trentaine de mètres de long orné de bas reliefs représentant la souffrance. Après un film de présentation, nous nous promenons dans des salles retraçant l’histoire du commerce et de la consommation de l’opium à l’aide d’un voilier de grandeur nature, de statues de monarques, de vidéos, animations et collections d’objets servant dans le processus de la consommation. Tout est très bien réalisé. On passe ensuite à l’étage inférieur qui est consacré à la prévention contre les drogues. Pas du tout moralisateur, le discours est percutant et on y apprend entre autre que l’héroïne a été créée pour palier la dépendance à la morphine (et la cocaïne pour celle à l’héroïne !), que des médicaments et du vin à base d’opium étaient prescrits même pour des nourrissons, et que la CIA a financé le trafic de drogues pendant des années car les opposants aux différents régimes communistes de la planète utilisaient le trafic de drogues pour acheter des armes.

Frontière birmane

Direction ensuite le triangle d’or à proprement parler. Triangle car il est le point de rencontre du Laos, du Myanmar et de la Thaïlande, or car c’était la monnaie d’échange utilisée pour le commerce de l’opium. Nous déjeunons sur une charmante terrasse en bordure du Mékong en admirant la vue sur le Myanmar en face. C’est néanmoins moins beau que la veille. Le véritable se situe à un kilomètre au Nord et nous sommes quelque peu déçus par ce lieu qui n’est finalement qu’une double frontière fluviale. On apprécie plus le concept que la vue elle-même puisqu’il n’y a aucune altitude. Nous rentrons à Chiang Rai faire nos sacs à la Chat House car nous nous séparons le lendemain : Paris pour FP et Henri, Laos par voie terrestre pour Jean-Noëlle. Merci les amis !

Sukhothai & Chiang Mai

Sukhothai

Nous partons de Bangkok pour Sukhothai en bus de nuit et nous arrivons à cinq heures du matin. Nous attendons une heure qu’un bus nous emmène à Old Sukhotai où se situent les ruines de l’empire du même nom. Une fois descendus du bus, nous déposons nos sacs à dos à l’auberge où nous louons des vélos pour la matinée. Nous sommes escortés par le chien de l’auberge jusqu’à l’entrée du principal groupe de temples.

Sukhothai

Nous visitons les cinq temples suivants : Wat Mahathai, Wat Si Sawai, Wat Tra Phang Ngoen, Wat Sa Si et Wat Sorasak. Ils sont tous en ruines et dans un gigantesque parc arboré. La promenade est agréable, d’autant plus que nous sommes arrivés avant les cars de touristes. Pendant plus de la moitié de notre promenade nous sommes même les seuls sur le site. Les temples en briques sont agrémentés de Bouddhas debout, assis ou couchés. Dorés, noirs, blancs ou rouges, ils sont de dimensions variables. On pénètre dans le temple à proprement parler par une rangée de colonnes qui supportaient auparavant un toit. On peut aussi observer de nombreux chêdis, sortes de cloches surmontées d’une longue pointe.

Sukhothai

Nous sortons du site principal au moment où arrive un car plein à craquer de touristes. Il est temps de rejoindre le site secondaire, tandis que le chien qui nous a finalement suivis pendant l’intégralité de la visite retrouve sa maîtresse. Moins bien conservé que le groupe principal, nous y visitons le  Wat Phra Phai Luang et le Wat Si Chum. Le premier est vraiment en ruines et il faut y deviner les restes d’un gigantesque Bouddha debout surplombant un gigantesque Bouddha couché. Nous finissons donc par le Wat Si Chum où nous attendent deux cars d’écoliers thaïlandais en survêtements : vert pour une classe, rose fluo pour l’autre. Ils sont assez bruyants et prennent de nombreuses photos avec leur téléphone portable, malgré leur jeune âge. Ils trouvent néanmoins le temps de nous saluer au passage. Dans ce temple, un gigantesque Bouddha assis nous regarde. La taille de sa main donne envie de s’y asseoir mais un panneau en anglais, thaïlandais… et français (!) nous en dissuade. 

Sukhothai

A peine nos vélos rendus, nous sautons dans le bus pour Chiang Mai. Il est dix heures trente et nous pouvons dire que la matinée a été rondement menée ! Nous arrivons à Chiang Mai cinq heures plus tard. Après quelques longues minutes de recherche, nous finissons par trouver une auberge avec piscine pour rien du tout. Nous passons à la Julie Guesthouse pour réserver un cours de cuisine, un soirée de combats de boxe et un trek de deux jours. Nous faisons ensuite un plongeon dans la piscine avant de nous faire masser pendant une heure : massage à l’huile pour FP, dos-épaule-tête pour Henri, massage thaï aux herbes pour Jean-Noëlle. C’est un massage thaï traditionnel couplé à une balle en tissu remplie d’herbes aromatiques et passée à la vapeur que l’on nous appuie sur le corps. C’est très agréable et apparemment bon pour la circulation sanguine.

Muay Thai, Chiang Mai

Nous dînons à la Julie Guesthouse puis nous rendons au Thaphae Boxing Stadium pour assister à six combats de Muay Thai, autre nom de la boxe thaïlandaise. On s’installe en hauteur et on commande quelques boissons. La soirée commence par un morceau de flûte joué depuis le ring et accompagné de tambours. Le premier combat oppose deux hommes de quinze/vingt ans et se termine par un K.O. au deuxième round. Le deuxième oppose deux jeunes filles et est interrompu par l’entraîneur de l’une des deux. Le troisième oppose deux garçons d’une dizaine d’années et se termine très vite par K.O., notamment grâce à de violents coups de pieds dans la tête ! Le quatrième, le plus beau des six, oppose deux jeunes filles acharnées dans une lutte sans merci et se finit aux points. Avant de laisser place à deux combats de jeunes adultes qui sont moins intéressants, dommage. Le dernier combat se finit aux points. Nous avons parié sur plusieurs combats et le bilan est le suivant : nous avons toujours perdu contre les Thaïlandais et toujours gagné contre les Australiens de la table de derrière. Super soirée en tout cas.

Cours de cuisine, Chiang Mai

Le lendemain vendredi sept septembre nous nous rendons à notre journée de cours de cuisine au Thai Cottage. Deux jeunes et charmantes Thaïlandaises nous y accueillent tous les dix : cinq Australiens, un Belge et nous quatre. Nous choisissons les cinq plats que nous allons cuisiner avant de nous rendre au marché pour acheter quelques ingrédients. On nous y présente différentes herbes et épices puis nos hôtes font les achats sans nous, avant de placer les victuailles dans nos paniers en bambou. De retour au Thai Cottage nous attaquons les choses sérieuses. En gros, nous cuisinons tous ensemble des plats différents. Nos instructrices nous guident très bien et nous mangeons les plats concoctés au fur et à mesure. C’est délicieux : soupe au poulet et au lait de coco, pad thaï, nems, poulet au curry vert ou rouge et riz gluant aux mangues en dessert, entre autres. Nous repartons fiers de nos prouesses et le ventre explosé ! A faire.

Balade à dos d'éléphant

Notre week-end est consacré à un trek de deux jours et une nuit dans les montagnes. Nos compagnons d’aventure sont deux Allemandes, trois Hollandaises, trois Allemands et la copine cambodgienne de l’un deux. Notre guide est un ancien tireur d’élite de l’armée qui ne se sépare jamais de son écureuil. Celui-ci se balade sans cesse autour de son épaule et dans sa chemise. En forêt, il passe son temps à confectionner des chapeaux et couronnes avec des feuilles (notre guide, pas son écureuil !). Le trek est précédé d’une promenade d’une vingtaine de minutes à dos d’éléphant. Les Hollandaises n’y participent pas par soucis de la protection des animaux sauvages. On a hésité à leur dire que l’huile de palme de leurs Snickers était l’un des facteurs de la raréfaction des orang-outang mais on a finalement préféré leur laisser leurs rêves d’enfants.

Trek Chiang Mai

Après déjeuner, nous crapahutons trois bonnes heures dans la montagne au milieu de la forêt puis arrivons au village ethnique Lahu où nous allons passer la nuit. A l’orée du village, nous croquons des vers à bambou vivants, expérience amusante. A peine arrivés, les femmes du village nous assaillent pour nous masser tandis qu’un homme du village nous propose du cannabis et de l’opium ! Nous dînons copieusement aux chandelles puis sympathisons enfin avec nos compagnons allemands avant d’aller nous coucher sous nos couettes et moustiquaires. Réveil tôt le lendemain puis départ avec le chef du village qui parle un anglais très approximatif, nous lâche des « Oh my Buddha! » toutes les trois minutes et profite du temps que lui offre la lenteur des Hollandaises pour se siffler des canettes de bière. Notons au passage qu’il est en tongs sur des chemins abrupts et boueux, ce qui ne l’empêche de nous distancer à chaque fois qu’il part à la poursuite d’un papillon. Nous avons baptisé Zip notre nouveau héro !

Guide à l'écureuil

Trois bonnes heures de marche plus tard, nous enfilons gilets de sauvetage et casques avant d’embarquer pour une descente en rafting. Les règles de sécurité nous semblent superflues mais J. et FP ne regrettent pas de les avoir écoutées d’une oreille pour réagir lorsqu’ils se retrouvent la tête et le torse sous l’eau en dehors du bateau ! Nous déjeunons ensuite tous ensemble et rentrons à la Julie Guesthouse où nous prenons une bonne douche avant de nous rendre à la gare routière direction Chiang Rai.

Trek Chiang Mai

Bangkok & Kanchanaburi

Fontaine, Bangkok

Courte nuit de jour le dimanche deux septembre, adieux à Alexandre et départ pour Bangkok en bateau à onze heures trente. Débarqués à Surat Thani (encore ?!), nous montons dans un bus pour Bangkok où nous arrivons le lendemain à sept heures du matin. Nous posons nos sacs au New Siam Hostel en bordure du quartier fêtard avant de commencer notre visite de la capitale.

Wat Phra Kaeo, Bangkok

Journée temples à pied puisque le quartier routard est très proche du quartier historique. En arrivant au Wat Mahathat, nous sommes étonnés par sa petite taille, jusqu’à ce qu’un moine bouddhiste nous indique une porte menant à de plus imposants bâtiments. Galerie de Bouddhas dorés géants, grande salle de prières, le temple est très paisible et vide de touristes. Nous déjeunons dans une échoppe en face du Wat Phra Kaeo, temple du Bouddha d’émeraude (en fait en jade) et le plus connu du pays. Attenant au palais royal, il est gigantesque, coloré et aux styles divers, mêlant porcelaine, mosaïque, miroirs, etc. On hésite entre kitsch bling-bling et sublime. Le Wat Phra Kaeo ne laisse en tout cas pas indifférent. Les visiteurs sont nombreux mais, le temple étant étendu, on ne se marche pas sur les pieds.

Palais Royal, Bangkok

Nous finissons la journée en visitant le Wat Pho au deuxième Bouddha couché le plus long d’Asie du Sud-Est (nous avons vu le troisième à George Town en Malaisie). Le Bouddha en question est recouvert d’or et le dessous de ses pieds de gravures. Le reste du temple est très grand, encore une fois, et se prête à la promenade avec ses jardins et ses hauts chêdis en mosaïques. Nous dînons dans la rue avant de partager quelques buckets et une chicha sur Khao San Road, la rue la plus célèbre de Thaïlande. Nous finissons la soirée par un super combo Burger King-McDo. Pour ceux qui en douteraient encore, c’est confirmé : victoire pour l’Anglais ! Qui a dit gros ?

Wat Phra Kaeo, Bangkok

Mardi nous nous réveillons tôt pour une excursion d’une journée à Kanchanaburi. Nous prenons un mini-bus dans lequel nous retrouvons huit touristes bien tristounets. Nous commençons par une visite du cimetière de la ville qui n’a pas rendu le sourire à nos compagnons de voyage, avant de pénétrer dans le JEATH Museum, tellement nul qu’il en devient comique. Les explications sont peintes en haut des murs, les véhicules et objets exposés n’ont jamais été remis en état depuis la seconde guerre mondiale, on dirait un gigantesque vide-grenier auquel on viendrait plus pour se divertir que pour acheter. Il manque des pans entiers de murs, il y a une pièce avec des statues ratées d’hommes préhistoriques. On n’y comprend rien. Direction ensuite le célèbre pont de la rivière Kwaï que nous traversons à la queue leu-leu. Le violoniste thaïlandais qui s’y trouve joue des morceaux Yiddish à notre arrivée, pensant reconnaître nos origines à nos barbes épaisses. C’est gagné, puisqu’il aura droit à quelques pièces pour les éclats de rires provoqués. Rappelons que la veille un chauffeur de taxi a hélé N. en lui criant « Salam Aleikoum » ! Avec une telle barbe, ça devait arriver.

Bouddha couché, Wat Pho, Bangkok

Nous prenons ensuite le train à travers la campagne. Censé traverser le fameux pont, il ne le fait pas mais le trajet vaut quand même le coup pour ses vieux wagons, ses paysages magnifiques, ses donuts bourratifs vendus par un Indien et ses moines ouvriers qui nous photographient perchés sur le bout des rails à plusieurs mètres du sol ! Nous déjeunons puis faisons un tour à une cascade sans intérêt avant de gagner le temple des tigres. Nous sommes tout excités à l’idée d’approcher ces gros mammifères rayés. Le temple est en fait une grande réserve naturelle avec chevaux, porcs, ours, vaches, buffles d’eau, paons, biches, etc. Les tigres sont tous affalés dans un grand enclos naturel. On passe de l’un à l’autre en donnant la main à un guide pendant qu’un second nous prend en photo avec notre appareil. On fait cela un par un sans jamais faire face aux tigres. Ceux-ci ont l’air parfaitement inoffensif. Néanmoins, quand on prend un coup de queue dans le visage, on fait moins le malin !

Wat Pho, Bangkok

De retour en ville, nous dînons au même restaurant que la veille avant de nous rendre en taxi au rooftop de l’hôtel Banyan Tree, le Moonbar, recommandé par deux de nos amis. Même si la vue sur l’ensemble de la ville est à couper le souffle, nous sommes extrêmement gênés par l’accueil et le service. Même si nous sommes habillés correctement, apparemment nos barbes ne plaisent pas. Heureusement, le calvaire est abrégé par la pluie qui nous oblige à battre en retraite jusqu’à Khao San Road. Ils ont perdu beaucoup de clients, bien fait pour eux ! Le service et la décoration ne sont franchement pas à la hauteur du standing qu’ils veulent se donner. Nous nous rattrapons donc avec un bucket à Khao San Road puis rentrons nous coucher.

Le pont de la rivière Kwaï, Kanchanaburi

Le lendemain, Jean-Noëlle se réveillent tôt pour une dernière journée de visite qui débute avec le Museum of Siam. C’est tout simplement le meilleur musée qu’on ait fait en Asie, voire tout court. Difficile à décrire, il est très interactif et on y apprend beaucoup grâce à des vidéos, des jeux, des dessins, des sculptures, des cartes, des ambiances, des animations, etc. C’est plus une expérience qu’une visite à proprement parler et on y apprend beaucoup sur le peuple Siam. Nous traversons ensuite à pied un marché et des rues typiques avant de déjeuner dans un super petit restaurant thaïlandais trouvé un peu par hasard. Nous louons ensuite un bateau longue-queue pour faire un tour dans les klhongs, ces quartiers sur pilotis quadrillés par les canaux et dans lesquels on pénètre en passant par des écluses. La balade dure une bonne heure et est très paisible. Un bon moyen de passer l’après-midi. Le bateau nous dépose au Wat Arun, temple principalement composé d’un chêdi que l’on gravit pour admirer la vue sur le fleuve et l’autre rive. Nous repassons par l’hôtel récupérer nos sacs avant de quitter la capitale.

Bouh ! (Tiger Temple)

Bangkok est une ville très étendue mais où les quartiers routard et touristique sont très concentrés. C’est très agréable et bien moins malsain que ce à quoi on s’attendait. La prostitution est latente mais on ne la voit que si on a envie de la voir. C’est en tout cas une capitale qui bouge et qui évolue de manière alternative par rapport à ses voisines. Bangkok, la sulfureuse !

Wat Arun, Bangkok

Koh Tao & Koh Pha Ngan

Il est vingt-trois heures samedi vingt-cinq Août lorsque FP, Henri et Jean-Noëlle embarquent à bord du « boat people » qui va les mener à Koh Tao. En fond de cale, sur deux niveaux (et donc avec un mètre sous plafond) et serrés en rang d’oignons, nous avons droit à des matelas d’une soixantaine de centimètres de large pour deux d’épaisseur. Le moteur est à moins de cinq mètres de nous et est relativement bruyant. Premier contact avec la faune de Koh Tao : moyenne d’âge entre vingt-cinq et trente ans, marcel et/ou sarouel obligatoire, canettes de bières et tatouages. Nous arrivons à bon port après une nuit finalement correcte vers sept heures du matin et prenons notre petit-déjeuner sur la plage avant de partir à la recherche de notre hôtel.

Shark Bay, Koh Tao

Deux heures d’errance, de coups de téléphones, de discussions avec les locaux seront nécessaires pour trouver notre hôtel que personne ne semble connaître. Une fois nos backpacks posés, nous longeons la plage pour organiser nos prochaines sorties : snorkeling et plongée. Nous passons l’après-midi à profiter de la mer et du soleil sur la fine plage bondée puis nous allons contenter nos estomacs à un open pizze pour quatre euros cinquante environ. La fatigue et le mois d’abstinence d’Henri et Jean-Noëlle font que les quelques cocktails ingurgités les envoient rapidement au lit !

Koh Tao

Le lendemain lundi, nos quatre joyeux lurons se lèvent à l’heure pour une journée de snorkeling aux abords de l’île. Nous embarquons sur un énorme bateau en bois de deux étages sur lequel nous sommes une bonne vingtaine. Shark Bay pour commencer. Elle porte bien son nom puisque FP en apercevra trois dont deux que Jean-Noëlle prennent en chasse sur quelques mètres, rapidement distancés sans palmes. Belles bêtes : requins à pointe noire d’un mètre vingt de long et bien gros. Les trois spots suivants se suivent sans se ressembler trop : quelques poissons, une eau transparente, des coraux, c’est joli mais au troisième, on commence à se lasser. Heureusement, le dernier spot réveille Jean-Noëlle. Il s’agit du « jardin japonais » que l’on rejoint à pied en traversant une minuscule île idyllique. L’eau est translucide, de nombreux rochers présentent des cavités et ressemblent à des buissons au milieu d’un jardin de sable. Les poissons y sont moins nombreux, exceptés à un endroit où nous en voyons plus d’une centaine en train de manger en faisant du bruit. La journée se termine en compagnie de notre nouvelle amie Biafine puisque nous avons oublié la crème solaire. J. et Henri ont le plus beau coup de soleil de leur vie !

Plage principale de Koh Tao

Mardi midi, rebelote pour une journée sous l’eau mais avec des bouteilles cette fois. Nous sommes tous les quatre avec une dynamique Australienne. Pour notre première immersion, nous retournons au « jardin japonais » pour une plongée très sympathique où nous faisons des galipettes sous l’eau, des pauses position du lotus, et un détour en profondeur pour aller voir un « lion fish ». Nous sommes tous les quatre très à l’aise sous l’eau et profitons au maximum de notre demi-heure. Notre monitrice est aussi ravie que nous. Une deuxième plongée, sans partir de la plage, cette fois, nous permet de voir plus de poissons et plus colorés. Nous plongeons plus longtemps mais cela nous paraîtra beaucoup plus court. Nous nous sentons si bien sous l’eau… Comme à chaque fois, nous retrouvons la surface dans un état un peu euphorique. Le soir même, nous retrouvons cet état grâce au gaz hilarant d’un bar de la plage, plus ou moins efficace selon les personnes, puis nous allons faire la fête un peu plus loin, sur la plage toujours, au milieu des buckets et des bolas.

Koh Tao

Mercredi, pour notre dernier jour à Koh Tao, nous faisons un tour d’une heure en kayak le long de la plage principale avant de passer la soirée dans un sympathique bar caché dans les hauteurs de l’île. Réveil difficile à neuf heures le lendemain pour prendre le bateau qui nous mène à Koh Pha Ngan, île mondialement connue pour ses Full Moon Parties.

Snorkeling à Koh Tao

Après deux heures de bateau, nous rejoignons Alexandre (que nous avions déjà retrouvé à Singapour) au Haad Tian Beach Resort. Cet hôtel a un inconvénient mais beaucoup d’avantages : il est situé à la pointe la plus isolée de l’île mais le cadre et la cuisine y sont délicieux. La terrasse du restaurant a une vue sur une grande piscine et sur la mer juste derrière. Notre bungalow avec deux grands lits donne sur la plage pour trois euros par nuit.

Japanese Garden, Koh Tao

Koh Pha Ngan est une île festive où l’attitude zen et ouverte d’esprit semble primer. La première soirée au nom alléchant, « Waterfall Party », a lieu au-dessus d’une petite rivière avec des roches autour. Les murs et rochers sont décorés de peinture fluo dans une ambiance très psychédélique et très bon enfant. On achète des buckets (mini seau en plastique agrémenté de quelques pailles) et on écoute la musique en discutant, en dansant et en regardant des jongleurs de bolas, des feux de joie, etc. On fait même une petite baignade dans la rivière artificielle au zénith de la nuit.

Full Moon Party

Le lendemain, farniente sur la terrasse et au bord de la piscine en discutant les uns avec les autres, à deux ou tous en même temps. On remet ça le soir avec la « Jungle Party », à la lisière d’une forêt et au milieu d’arbres qui portent des néons. Il y a beaucoup plus de monde que la veille et l’atmosphère psychédélique est à nouveau au rendez-vous. On n’a pas vu le temps passer en discutant à droite à gauche pendant toute la nuit, avec beaucoup d’Israéliens et d’Allemands. Retour aux aurores pour Jean-Noëlle qui vont se coucher après un plongeon dans la piscine de l’hôtel.

Haad Tian Beach Resort, Koh Pha Ngan

Grandes discussions sur l’éducation et l’entreprenariat samedi dans la journée. Sans prétention, c’est surtout un prétexte pour ne pas bouger un orteil car ce soir, c’est le grand soir : FULL MOON PARTY ! Parés de peintures de guerre fluos et de chaussures fermées, nous prenons le taxi pour la plage la plus méridionale de l’île. On nous a prévenus : surveillez vos buckets, évitez les policiers corrompus à l’entrée et faites attention à là où vous posez les pieds. On gâche le suspens : on n’a rien mis dans nos buckets (à part du sable), on n’a pas vu les policiers et on n’a pas vu de verre cassé non plus. Bref, tout s’est bien passé. On ne va pas trop en dire, découvrez par vous-même mais ce qu’il en ressort c’est une très bonne ambiance générale, festive et amicale à la fois. On discute, on danse, on boit, on se repose. Sans être ni l’un ni l’autre, la Full Moon Party c’est une sorte de croisement entre Woodstock et Ibiza ! On a assisté au lever du soleil à l’horizon, une belle image pour clore une belle soirée.

Khao Sok & Phang Nga

Khao Sok Natural Park

Jeudi 23 août, Henri et Jean-Noëlle quittent la Malaisie et atterrissent à Surat Thani au sud de la Thaïlande. Après quelques heures d’attente pour récupérer FP qui arrive de Paris, nous nous rendons tous les quatre au Khao Sok Nature Resort où nous allons passer deux nuits dans les arbres. N’allez pas vous imaginer que nous accrochons quatre hamacs entre des branches, notre cabane de robinsons perchée à cinq mètres du sol est équipée de l’électricité, de moustiquaires et même de l’eau courante. La salle de bains est absolument géniale avec son sol de galets et sa douche qui ressemble à une cascade.

Baie de Phang Nga

Le lendemain, nous partons pour le Khao Sok Natural Park, sous la pluie. Nous marchons trois bons kilomètres depuis l’hôtel avant de commencer notre trek dans la jungle. En arrivant au guichet, nous réalisons que le parc ne présente guère d’attrait à la saison des pluies car tous les points d’intérêt sont fermés du premier juin au premier décembre. Pas de chance ! Nous nous mettons quand même en quête de deux cascades dans la jungle. Au bout d’une heure trente, nous n’avons pas trouvé la première cascade et la seconde s’avère très décevante. Nous faisons demi-tour et déjeunons au bord d’une rivière. Nous n’avons vu aucun animal mais nous avons été accueillis par des sangsues vicieuses qui se rapprochaient de nos sous-vêtements ! Nous passons l’après-midi à jouer au cartes à l’hôtel, bercés par la pluie.

Baie de Phang Nga

Le lendemain samedi nous embarquons pour la baie de Phang Nga qui rappelle celle d’Halong et qui est célèbre pour l’une de ses îles présente dans le James Bond « The Man with the Golden Gun ». Arrivés à la gare routière, nous prenons un tour chez Mr Kean avant de déjeuner de délicieux morceaux de poulet au barbecue. Nous embarquons ensuite pour un tour en bateau longue-queue sur la rivière au milieu de la mangrove. Nous pouvons même observer des peintures préhistoriques avant de déboucher sur la baie. Ici, les rochers aux dimensions d’îles jaillissent hors de l’eau. Nous faisons un tour en canoë vers Panyee Island, compris dans le package. Nous ne pouvons échapper à la foule de Chinois qui squatte les lieux et devons laisser pagayer des Thaïlandais à notre place. Ce n’est pas exactement ce à quoi nous nous attendions…

James Bond Island

De retour vers la ville, nous faisons une halte sur la fameuse James Bond Island, surpeuplée de touristes asiatiques et de vendeurs de souvenirs de pacotille. Aucun intérêt. Une fois revenus à la terre ferme, nous prenons un bus pour Surat Thani, port de départ pour Koh Tao. Nous dînons sur le marché de nuit avant de prendre un verre en attendant d’embarquer vers vingt-trois heures.

Baie de Phang Nga