Pulau Rawa (Malaisie)

Chers lecteurs, puisque notre seule résolution pour 2014 est de publier plus d’articles qu’en 2013 (neuf seulement, easy challenge !), nous revenons à notre clavier avec un peu de soleil.

Pulau Rawa, Mer turquoise Pour décompresser de la vie citadine et montrer à la mère de Joana les jolies plages de la côte Est malaisienne, nous sommes allés passer le premier week-end d’Août à Pulau (île en malais) Rawa que tout le monde nous vendait comme un petit paradis. Pulau Rawa est une île pour robinsons car il n’y a que deux hôtels. Mieux vaut donc réserver en avance. Nous avons donc contacté Alang’s Rawa, le moins cher des deux resorts, le moins confortable mais avec la plus belle plage, et de loin. Nous avons réservé par mail deux nuits dans un bungalow pour trois. Le prix de la réservation comprend les repas, l’eau et l’aller-retour en bateau depuis Mersing, la ville côtière d’où partent les bateaux pour Pulau Rawa, Pulau Tioman (très connue à Singapour) et les autres îles du coin.

Pulau Rawa, bungalows

Il n’est pas facile de rejoindre Mersing en bus le soir car beaucoup de touristes quittent Singapour pour Tioman par ce biais et les derniers ferries partent à 14h. Comme nous n’avions pas envie de sacrifier une journée de travail (nous sommes sérieux !) nous avons demandé à l’hôtel de nous trouver un moyen de locomotion. On nous a proposé un “taxi” qui, pour 300 dollars (180 euros), pouvait nous récupérer où nous le souhaitions dans Singapour et nous déposer où nous le souhaitions au retour. Nous avons accepté cette proposition très confortable, mais quelque peu coûteuse ! Apparemment, des bus de la compagnie Five Stars quittent Singapour à 17h pour arriver à Mersing vers 22h (information à vérifier).

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Le chauffeur de taxi était bien entendu en retard, et du fait des embouteillages à la frontière, nous craignions de ne pas arriver à Mersing assez tôt pour prendre le bateau qui nous y attendait. Nous avons donc “légèrement” mis la pression au chauffeur qui a conduit un peu n’importe comment, n’hésitant pas à utiliser les bandes d’arrêt d’urgence pour dépasser quelques véhicules à l’arrêt. Le passage de la frontière est très différent entre Singapour et la Malaisie. Côté singapourien, contrôle minutieux des passeports et visas de travail (EP = Employment Pass) ou du papier blanc obtenu à l’arrivée (pour les visiteurs), fouille de la voiture et inspection des visages, à l’aller comme au retour. Côté Malaisien, on sourit, on tend ses passeports pour la forme et on rentre sans complication.

Pulau Rawa, baignade

Une fois la frontière passée, on a parcouru quelques kilomètres supplémentaires avant de sauter dans un nouveau “taxi” (malaisien celui-ci) à une station service. Notre chauffeur a foncé durant tout le trajet sur des routes de campagne en lacets, en relief, et non éclairées. Autant vous dire qu’on avait déjà le mal de mer en arrivant sur le bateau de l’hôtel. Etant donné que nous devions arriver avant que la marée ne soit trop basse, nous avons enfilé les gilets de sauvetage qu’on nous tendait puis nous sommes accrochés pour une grosse demi-heure de course au-dessus des vagues. Dès notre arrivée, nous avons pu profiter d’un copieux buffet avant de nous écrouler dans notre chambre.

Pulau Rawa, les pieds dans l'eau

Au réveil, nous découvrons enfin les lieux : du sable blanc à perte de vue, une mer turquoise et rien d’autre à faire que griller au soleil. Finalement c’est ça Rawa : bronzette, beach volley, Monopoly, Scrabble, snorkeling ou kayak pour les plus sportifs. Armez-vous de bouquins et de magazines pour vous occuper dans la journée. Pour les amis de Brigitte Bardot, vous pourrez aussi câliner les nombreux chiens de l’hôtel, pas toujours très bien traités par leur maître occidental. Comme à Singapour, manger est l’activité principale et les buffets sont à la hauteur de nos estomacs affamés par l’inactivité.

Pulau Rawa, plage paradisiaque

Samedi soir, nous avons le droit à un buffet aux bougies sur la plage, les pieds dans le sable, donc, et avec un barbecue de fruits de mer et poissons qui nous sont servis à table. On en profite pour descendre quelques cocktails et une bouteille de Riesling alsacien emportée dans nos bagages (on paie un droit de bouchon). Nous nous écroulons à 22h30, malgré la fête qui bat son plein. Seuls les Français (comme par hasard) criards du bungalow voisin parviendront à troubler notre sommeil.

Pulau Rawa, balançoire

C’est le paradis, on est presque seul au monde sur cette île de carte postale. Ce week-end là, l’hôtel n’accueillait guère plus d’une vingtaine de convives. Le confort est sommaire mais on s’en contente très bien. Une option moins chère si l’on n’a pas besoin de sa propre salle de bain est la location de tentes sous les cocotiers. Beaucoup des campeurs ont d’ailleurs profité des matelas de plage pour dormir à la belle étoile. La prochaine fois, on leur piquera l’idée.

Pulau Rawa, bonheur sur la plage

Pulau Rawa constitue donc une parfaite excursion d’un week-end pour fuir l’activité de la ville. Toutefois, après cinq parties de Monopoly, deux Picsou Géant et un volume de “La Recherche”, nous sommes tout de même bien contents de rentrer. L’inactivité, c’est bien, mais pas plus de 48 heures ! Le bateau du retour sera mémorable et nous regrettons d’avoir mis des vêtements secs tant ils sont détrempés à l’arrivée ! Nous avons à nouveau le droit au traditionnel changement de “taxi” sur un parking glauque de station essence. Ne payez pour les deux “taxis” qu’à l’arrivée de chaque trajet (150 dollars chacun), vous n’êtes pas concernés par leurs petits arrangements. Le week-end se termine sur une note traditionnelle puisque nous dînons à Lau Pa Sat, dont nous vous parlerons dans un prochain article. Suspense.

Meilleurs voeux de Singapour pour 2014 !

“Ilo Ilo”, un film d’Anthony Chen

Un dimanche soir d’Octobre nous sommes allés au cinéma voir “Ilo Ilo”. C’était notre premier cinéma depuis notre arrivée et sur les conseils de notre entourage nous avions enfilé notre tenue de combat : gros sweats avec capuche intégrée, il nous manquait juste les chaussettes. En effet, les Singapouriens doivent rêver de devenir esquimaux et de vivre dans un igloo, la climatisation est à fond partout, dans les bureaux, les centres commerciaux, les bus et surtout les salles de cinéma. Il faut bien un gros pull pour s’en prémunir.

Ilo Ilo - l'afficheNous avions acheté nos places sur Internet, notamment car on peut choisir où s’asseoir dans la salle. Nous avions bien fait car celle-ci était pleine. A l’entrée il y a un vaste choix de nourriture et boissons : pop-corn, hot dogs, nachos au fromage, bonbons, etc. Ça donne faim ! En arrivant dans la salle, on découvre avec joie que la température est à peu près normale. Selon Sylvaine, experte en cinémas singapouriens, le Golden Village du Plaza Singapura est l’un des seuls à ne pas se lâcher sur la climatisation.

“Ilo Ilo” est le premier long-métrage du réalisateur singapourien Anthony Chen, qui a obtenu la caméra d’or à Cannes au printemps dernier. Il raconte la vie d’une famille singapourienne d’ethnie chinoise qui embauche une maid philippine, Teresa, durant la crise asiatique, il y a une quinzaine d’années. Une maid est une domestique à plein temps qui fait le ménage, la cuisine, s’occupe des enfants, etc. Cette pratique est courante à Singapour même si les revenus de la famille ne sont pas très élevés. Dans les condominiums, les maids dorment dans une petite chambre à part, souvent sans fenêtre, sur le balcon où l’on étend le linge. Dans le film, Teresa partage la chambre de Jiale, le fils unique de la famille.

Ilo Ilo - début d'une amitié

Ces deux êtres bien différents ont du mal à s’entendre, Jiale en faisant voir de toutes les couleurs à Teresa. Celle-ci ne se laisse pas faire et une complicité s’installe entre eux deux. Chacun apprivoise l’autre; lentement. Le passage de la confrontation à l’amitié se fait en douceur et deux scènes absolument sublimes représentent très bien cette évolution. La première lorsque Teresa et Jiale se retrouvent sur le toit du HDB et qu’ils se rapprochent l’un de l’autre, de manière presque imperceptible. Et surtout la seconde, lorsque chacun fait goûter à l’autre de la soupe d’aileron de requin avec sa propre cuillère. “Ilo Ilo” est l’histoire de cette amitié, presque amoureuse.

Ilo Ilo - dîner en famille

Le personnage de la mère, Hwee Leng, évoque la difficulté de laisser une étrangère s’occuper de son fils. Une jalousie s’installe lorsque Jiale commence à accorder de l’importance à Teresa, allant même parfois jusqu’à lui préférer cette dernière. Teresa aussi est une mère et de façon très pudique “Ilo Ilo” montre les sacrifices que font les Philippines en partant travailler à l’étranger et en laissant leur progéniture aux soins de leur famille.

Ilo Ilo - soupe d'aileron de requin

“Ilo Ilo” aborde tout au long du film de nombreux thèmes très singapouriens tels que l’importance des ancêtres dont l’influence demeure longtemps après leur mort, la loterie (4D), les châtiments corporels (dont le caning, action de punir une personne en lui donnant des coups de canne sur le dos ou les fesses, qui est parfois une alternative à la prison), les notions de “face”, l’importance du travail pour être vraiment intégré à la société et mériter le respect de ses pairs et de sa famille. Il était par ailleurs intéressant de voir ce film à Singapour, notamment quand l’assistance hilare nous laissait entendre que nous avions manqué quelque chose.

Pour finir, “Ilo Ilo” est un très beau film, émouvant, proche du documentaire dans la réalisation et le grain, mais surtout subtil, fin, profond et un superbe portrait de la société singapourienne contemporaine.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les courts-métrages d’Anthony Chen, nous vous recommandons la lecture de l’excellent article de Sandra sur le sujet.

Midnight Shift – Singaporean Techno Label

Voici une interview (en anglais) du label techno singapourien Midnight Shift que j’ai realisée pour le collectif musical We Dig… The Only Way Is Underground.

Je reproduis ici l’article du site de We Dig… The Only Way Is Underground avec l’aimable autorisation de ses administrateurs, Saâd, Souhail et Fayçal.

Pendant que vous lisez l’article, je vous recommande d’écouter le mix qu’Eddie Niguel, artiste de Midnight Shift, a réalisé pour We Dig… The Only Way Is Underground. Vous trouverez la liste des morceaux qui le composent à la fin de l’article.

When I left France for Singapore five months ago, I left behind a growing French techno music scene and was a bit afraid of what I would find in Singapore. But I knew that Xhin came from here, and that Zouk is often ranked in the top five best clubs of the world, so I had some hope. A few days after I arrived, I went to a new club’s opening, kyo. That night, I understood that I would miss France for farm cheese and “saucisson”, but definitely not for techno and house! Later I met Kavan Spruyt and also a few other artists from the events organisation and label Midnight Shift. So when Saad from We Dig offered me to meet Midnight Shift, I was looking forward to finally discover more about the people behind Singapore’s techno scene.

I met Kavan and Eddie Niguel on a sunny afternoon at The Vault. Kavan is the man who created Midnight Shift a few years back. An introduction to Midnight Shift can best be found from their website: “Singapore – A spirited entity grounded in sound, an electronic music events and label uprising bringing the emerging and established together in production and performance on one global stage.”

Kavan Spruyt

Eddie Niguel is one of the main acts who has been on the label from the very beginning. During our discussion, I discovered two guys that are doing good parties for good reasons. Two men that are nice and humble. Anyway, you will soon see this for yourself through the interview below.

Eddie Niguel

Nicolas: So, first, what is Midnight Shift? Why did you create it? Who is behind? What is the purpose?

Kavan: God! [Laughs] I think maybe I would like to go back to the story where we were seeing a change, especially in Singapore, where we had people like Damian Lazarus, a hugely popular DJ and label owner of Crosstown Rebels playing to just ten people on the dance floor in a huge room. And I was also seeing a trend shift towards stuff like (back then we did not even call it EDM) electro. You know, like Justice or even Steve Aoki, or I think at that time David Guetta was not that big but like Shinichi Osawa, for example. So those things were becoming big and I felt that a part of music, in terms of techno, and not just techno, but house as well, was slowly fading away. So we came up with an idea. I even spoke to Eddie about it and said that maybe let’s try to do an event. Let’s concentrate more about the event itself rather than putting a big name out there and using the name to bring in people. But let’s create a concept that would actually bring people together in a sense by it being free. And if you come to the party and you listen to the music and you like it even more, you will come again. If you don’t like it, fine, you know, there is no stress. We wanted it to be free and we wanted it to be no names being mentioned, especially for the international acts. Lastly, we would make sure that local DJs get a prime time slot before the guests come and not just play to get the right amount of people on the floor before the international act goes on. So that is how Midnight Shift was born.

The first few that we had early on in the first two years had problems because: one, it was a free party. Two, I believe that even for the very first party that we did, nobody believed in us at all. Everybody thought “OK, it is crap, man”, you know, “It is not proven, and what have you got to say that yours will work.” And after we sort of lost about, well personally, my life savings, people just started coming to us and talking to us and soon we were lucky enough to have sponsorships, even clubs that would work together with us. Even for Zouk, we did a good one-and-a-half years over there, almost two. And that is how it was born. After that, during the course of the events, we did not just want the music to reach out locally. The label was actually set up as an engine to promote the music on an international scale, whether it was regional or whether it was to Europe, Germany. It was just sort of a way to say that “Hey, people are doing something here in Singapore too”. And I think it is on an international standard. Even our local guys who are playing or local producers such as Eddie are playing on an international standard as well. That is how the label is born. From then on, when the label was born I also had another idea. We brought in a couple of guests and, because of the relationship we had, it was not just about bringing the international guest in to play and then screw off, you know. It was also about them coming here, doing workshops, getting to know people and after that we became friends and when I sort of pitched to them the idea of a label, they were saying “Yeah, why not. We really like what you are doing and we would really like to be part of it”. One of our first artists is Stuart who is Basic Soul Unit, of course. So Stuart was actually very happy to play out with Eddie. They spoke, they became friends as well. The intention was actually to make sure both artists get noticed. And Eddie is relatively, well he has been around for very long but maybe there was a bit of a low period from his winning the Get Physical remix competition. He won the first prize. After that he was still doing stuff but, as with any other producer, it is always hard to pitch your tracks to huge labels unless you are already acquainted. So when Midnight Shift was born I was picturing the idea of him as well as Stuart. When I asked Stuart “Why don’t we do a party and when we do a release we do like a split release.” So at least it does not go unnoticed and you know people will talk about it. So that is how the label was born, actually. But there are a lot of other stories. But I think that is the main, in a way. [To Eddie] Have you got anything to add?

Eddie: I think Midnight Shift is a collective. I personally feel that it is all about opportunities, especially for someone who is pretty unknown, like me and to have a label that really cares for your music. You work really hard to have the music marketed and reached to new regions. Getting a lot of feedback and support from the press, or even other labels taking notice after my release on Midnight Shift. It really opened up a lot of other doors. People started to “Hey, who is this guy? His music is not bad. Let’s hear some more.” Or I get emails from other labels asking me if I am interested to put out some music for them. But I am really happy with where I am right now with Midnight Shift, you know. I think that whatever they are doing for getting established international producers to conduct workshops here. This is an educational process that not many labels are investing in. It shows, you know, when a label cares about the scene. This is not a label about money and party, it is more than that.

Nicolas: It is about sharing with international acts and trying to do things together and uniting the strengths?

Eddie: Yeah, it is like a community, yeah.

Kavan: Even Mike Huckaby, when he came here, he did a workshop. Kevin Saunderson, Octave One, even Redshape as well. He took off his mask and started talking.

Nicolas: So how did these workshops work, basically? In a few words.

Kavan: Right now the number of workshops has relatively reduced, recently. The reason was that we decided to go when there was a strong concept that I could come up with the producer. And then once that concept was done, and then we would say: “Ok, let’s do the workshop”. I actually have a lot of discussions with them as well. On top of that, other than the fact that some of them are not willing to… or are shy to actually do the workshop, they would do it in other ways, you know. They contribute to the label or talk to the other local producers as well. For example Iron Curtis talks to Dean from Cosa Nostra quite often and sometimes gives them tips, etc. and tells them what to do. So this is the kind of things that we do. We did not want to book big names to just come here and play. It was not about that, you know. When it comes to this kind of music it is about creating a community, creating a strong friendship that will last. Versus I am a big club and I am bringing big names and the only communication you have is on the dance floor with them. But we did not want it that way. We wanted it to be a friendly thing. And I also make it a personal point that, although I am a DJ, I never play for my own parties. I will let the rest of the guys who have been in this industry, or really young  artists who have been working hard in a sense to shout out about this kind of music and let them play, let them have exposure while we take care of the backend, to make sure that everything is well covered.

Nicolas: And so, about the venues you organise your parties at? I think most of them were played in Zouk and kyo recently, more recently of course. And so why those two venues? What are the others you organise parties at? Is the venue so important or?

Kavan: The venue is important and if you see the motto of the website in terms of what the factors are: time, people, space, sound, etc. It really plays an important part to it because the first few events we tried them in clubs that did not provide the proper facilities. What do I mean by proper facilities? It does not necessarily mean a DJ console or the sound. It can be even up to management, it can be even up to the deals that we actually closed. Half way through they can even tell you that: “Hey, we are not giving you the commission for this space” and we lost a full load of money for it. And some even had a licence issue. So when it came to Zouk, when we go there, it was perfect for us, you know. Zouk knew that we were doing this and when I started to pitch to them the idea: “Hey, why don’t we do this?” They were really happy to come to work as partners and I am still grateful to them, even though I don’t think we might be doing any more parties there. With regards to kyo, I don’t think I have to say anything much because that place is doing underground house and techno on weekends, so…

Nicolas: That is the part I love there!

Kavan: [Laughs]

Nicolas: This is why I came here in the first place, yeah. And what about those parties, DMZ, with Darker Than Wax? What was the concept?

Kavan: Ha, ok. So, when we did Midnight Shift the first few years we kept it more towards a more energetic, more “technoish” approach. I would not say pure techno. So when we decided to go and say, even for the label itself, “It is not just about techno, there is house, there is acid house, there is tech house, as well”. We wanted to go on a softer and more soulful approach, so. And also Darker Than Wax, the guys are going to contribute to the label as well, not so soon, but they will. We thought of partnering them as we are friends for years. We said: “Let’s do a softer side and combine it together”. Because Darker Than Wax would need a “beats” thing and they also wanted more forceful stuff. And for us we were doing a more “technoish” stuff and we also wanted to do a softer side as well. Because Singapore is a mixture of different cultures and it is like that when it comes to music as well. We are exposed differently, we are not pure. We are not like Berghain that do the hard kind of techno. Or Panorama Bar that purely does the deep house stuff. It is what we have been exposed to. We have been exposed to trance, we have been exposed to everything, here. And like our racial culture is all like a melting pot and even for the label, although there is like a certain kind of a “deepish” sound to it. I am not sure, people always say that, I don’t know why. But it is many different kinds of music put together just for the label as well. As long as it is good, we will put it out.

Nicolas: So, about the label, how do you choose the artists? What is the idea with it? Do you give them directions or is it like “You will have half of it, you will have the A and you will have the B, just try to find something”. So how does it work?

Kavan: [Laughs] When it came to the label, especially the A & R portion, two things. One: people that we really really love. We really like their music. Second, we have some demos coming through but so far I have accepted only one. Two. And those two were the people that actually sort of heard what kind of sound we were doing. Ok, you are asking whether I ask them to change or do a certain thing. I don’t know, maybe it was luck. For the artists that we chose, even for Eddie or any other artist, when they decided to do for the label they always decided to do something different. Like Iron Curtis, for example. He normally does deep house, etc., but for the label, because he came to the party and played for us, he said, “Guys, I am inspired to do a deep techno track for you and I will actually do a different version of my stuff for you”. The first two or three releases sort of led on to what kind of sound so that when we asked other favourite artists to produce, they sort of geared towards it in a way, or got inspired by it. And yeah, so I don’t ask them to change. I will just say: “Maybe this is not suitable for the label”. “Maybe I like this track”, and they will pass it to me. It is either a no go or go, mainly speaking, at the end of the day. It is not about: “Hey, can you change this?” Because if I ask to really kick the whole arrangement and change everything, it is not…

Eddie: It is not exactly a true representation of the artist himself if you go through too much of the production process. So if it feels right and if it sounds right for the label then you just sign it up. If it does not feel right, does not sound right, then we will just probably say: “Maybe it is not for the label” and then we just move on. But I don’t know, I think…

Kavan: Ok, why don’t I put it another way. When you tell the person: “This is house music “. Do you go by technicalities or do you go by feelings? You go by feelings, right? Or when you tell the person: “This is techno”. But what constitutes techno? The vocals? Well, Inner City has vocals in it, but it was techno. But it is just a feeling, you know. So I go more on feelings and more on discussions with producers that have become our friends.

Nicolas: I saw on your website that you have a lot of interviews, and reviews, and everything. So is this another part like being a bit outside the music and more like the public, or a spectator?

Kavan: Yes. So we have a few local writers, local contributors that do the writing for us. What we felt during the earliest is that this music was not reaching out enough. It was not given enough exposure. The blog was actually created for it. It was not for the Midnight Shift label. It had nothing to do with that. It was meant to promote this good music. Good album reviews, good mixes, good mix compilation, artists. Sometimes of course we use the blog to feature artists or local DJs that play for parties. Help people to understand them better before they come for the party itself. So this is the kind of things we actually do, just to make sure at least, and again I am saying it, it is not just about being on the dance floor. I think they need to understand them better.

Nicolas: Midnight Shift is mainly focused on Singapore with people outside coming in. But do you have an activity outside Singapore? Maybe organising parties in surrounding countries?

Kavan: Yeah, yeah, yeah. We did a label showcase in Decibel, Seattle. That was one. And we are going to do one or two more shows next year as well. It should be in Europe. Then the label was also meant as an engine for the artists who actually go out and try and do good label showcases. Because label showcase is not about throwing parties here and that is why the label was created.

Nicolas: So now let’s talk a bit about you two and less about the label. [Laughs] Maybe Kavan first. You are playing music, but are you also producing?

Kavan: No is what I tell people. Right now I am doing the music and marketing for these two venues [The Vault and kyo] and also organising the label and I am part event organiser as well. I think I would rather focus my energy on that because that is where I have my best contribution. But in time, when I am not doing so many things, maybe I will just do a little bit of production, you know, just to play. But this is something I learned: It is best to focus on what you do. Because I have met people who are DJs and they want to become distributors and they want to become this or that, but it never turns out well, you know.

Nicolas: It is too many things at the same time.

Kavan: No, it is not just too many things. For example we have a friend who is a DJ and a label owner as well. But because he is DJing so much he concentrates on his own gigs, he concentrates on his own productions, whereas the label was about other people as well. Almost all are forgotten. It took too long to reach to the stage where they want to be. So for us, for me, I decided to just go on the business level. Because I will not turn it to any sour relationship with people because I know that this is my role and I am supposed to do it and they will know that I am not having an intention to use this label to have a gig outside. You know what I mean. I am not using and I am not going to use the label as an engine. I will just contribute on it.

Nicolas:  And what about your contribution and your work in both The Vault and kyo?

Kavan: I am in charge of marketing and music for these two venues.

Nicolas: So you book the artists, you do everything music wise, let’s say?

Kavan: Yeah, music wise. I also get people’s asses down to the club. [Laughs] That is my job. Just to make sure that the artists have enough exposure. I am in charge of the partial PR as well, sending out stuff to the media, getting things done, etc.

Nicolas: And what do you both think of the techno scene, or let’s say dancing music scene, in Singapore? In terms of public, people, and the whole picture? What are your insights on it?

Kavan: [To Eddie] You answer first! [Laughs]

Eddie: I think there are a few independent promoters, small ones. They are throwing very very good parties, you know. Bringing good DJs and they are obviously helping to contribute to the local scene, in terms of exposure, exposing the public to what it will not generally know. Detroit techno or German techno or whatever. I think it is still growing. Because if you look around Singapore I think it is just like in many parts of the world, also the big clubs or commercial clubs. Then the good parties are always the smaller ones, the warehouses, the basements, you know, I don’t think since the 70s or the 80s that culture has changed so much. They were doing back then in the lofts, basements and today you still find the best parties in such places, right?

Nicolas: So this underground scene exists…

Eddie: Yeah, it still exists. It existed back then. It exists today. I think the only difference is that it is easier to find them today, with the Internet and stuff. I still think it is underground. You still need to make a bit of effort to find the good parties, the right places.

Nicolas: And what about the crowd. I really feel like, since I arrived, most of the people are really open minded, music wise. They would appreciate any good music even if it is not commercial or anything.

Eddie: As long as it is energetic.

Nicolas: Yeah I think that compared to some other countries I have been to, here people just dance, you know, whatever what the music is.

Kavan: How long have you been here?

Nicolas: Five months.

Kavan: Oh, five years ago it would have been a different case! [Laughs] I think what you just said is somehow right in a way. Because over here in Singapore when you talk about… Ok, let’s say I bring an artist that only plays deep house, for example. It is not going to make it there. It is not going to make it here because everybody just drinks. Mainly drinks, yeah. And you don’t see much people off their faces here at all. And it is all about keeping up the energy, to be more energetic in a way. And even when Recondite came, although he is so deep, right? He played so energetic.

Nicolas: Yeah!

Kavan: Yeah! You were there! So it is not just about people being more open minded. It is that people are getting tired of hearing what it is now. I think this is a turn, right now, and we are almost at the turn. Everything comes in a cycle. Back then I still can remember there was a cycle where people like Venga Boys and all that were huge. That is what it is now of your Akon, your Pitbull, your David Guetta and that is just a new cycle. And people get tired of it and they want to hear something else. Then I suppose when you came here about five months ago, and maybe the next two or three years, people are starting to feel that way. Because when I talk to customers at kyo they tell me: “Hey, man, we really love your music, it is something different, it is more refreshing. It is not like what the rest of the guys are playing and hearing everywhere.” Most of the clubs here played it safe for the past few years because they knew that that was the only way to go around. Because they have seen so many clubs that tried to go underground and failed. It was a little bit of two things. One was even in kyo the guestlist is free before 11:30pm. If you just register it is fine. I say it again, we wanted people to come and listen to music. If you did not like it, it is fine. You can just go somewhere else, if you want your commercial or radio music. But so far we are quite lucky. And we have quite a number of foreigners as well. And that actually helps because they are exposed to that kind of music overseas. So it is not just about people being open minded about music. One reason is people get tired. Another one is that we try to make it as free as possible when you come in.

Nicolas: And then it is a more specific question: Where do you dig for records in Singapore? For vinyls and these kinds of things? It seems pretty difficult to find those?

Kavan: It is actually not. Second hand it is easy to find, yeah. But not the new ones. New ones you can find on the Internet. [To Eddie] But you?

Eddie: If you are talking about first hand records it is a bit tough I mean there are only like probably one or two stores that still carry vinyls.

Nicolas: Which ones?

Eddie: I think Ann [from Valentine Records, Singapore] still carries vinyls, right?

Kavan: A little bit but not…

Eddie: Does Edwin carry vinyls?

Kavan: No more.

Eddie: Who else carries vinyls?

Kavan: Roxy.

Eddie: Roxy Music. I maybe have problems coming up with names for you as opposed to ten years ago.

Nicolas: And for the second hands records? Between friends or?

Eddie: Second hands records, there is a lot that you can find at…

Kavan: Kapo Factory, bro. There is a place in Paya Lebar called, this building called Kapo factory. Just google it. And I think it is a Redpoint record store or something like that.

Nicolas: Yeah, I was told about it already.

Kavan: A lot of shit. You have got to dig because there is a lot of rubbish there. But when you find a gem there, you find it, you know. I found my Depeche Mode Behind The Wheel (Shep Pettibone remix) over there. Kapo Factory.

Nicolas: Ok, great. About sound systems, do you have an idea where would be the best sound system?

Kavan: You mean for studios or for clubs?

Nicolas: For clubs.

Kavan: If I want to go to a good sound system… Here [The Vault], we use Eastern Acoustic Works, that is really good. Zouk uses a customized system from Gary Stewart, though he passed away already. Funktion One, as much as people love it, it is a worldwide phenomenon. I don’t know why everybody talks about Funktion One and gets so excited. But it is not available technically in Singapore because of the servicing. There is no vendor I believe in Singapore that can actually service the equipment and maintain it. I know Ku De Ta has Funktion One speakers. But it is very hard to maintain. If you don’t know what Funktion One is all about and the tuning, they have to fly in somebody from the UK just to come and do the tuning.

Nicolas: Complicated. I don’t know what are the projects, personal projects or label projects, for the future, like maybe in 2014 or later?

Kavan: We have an EP with Eddie coming next year, early next January. Other than that I have, we have a few surprises coming up. We have an anonymous artist called Tapirus. He is doing a release in October. And people like Terrence Parker are doing releases for the label as well.

Nicolas: Ok. He will come back? [His recent gig in kyo was cancelled because of flights cancellations because of storms in the region.]

Kavan: I am not too sure. It depends on Terrence. [Laughs] Even I was disappointed.

Nicolas: Of course. And, Eddie?

Eddie: I have a follow up EP that is coming out in January for Midnight Shift. And I have some old single releases actually, releases on other labels in Europe. Apart from that I am just trying to focus more on the music. Releasing music and trying to get more gigs for me abroad, you know. So all this is taking a bit of time because we are far away from the action. So it takes a while but I think Kavan is connecting with people and putting things together so that we can do more parties abroad, I don’t know, in Amsterdam or in Paris or places like that. But nothing is confirmed. But he is working on it.

Nicolas: Ok. And can you tell us a few words about the podcast you will make for We Dig…?

Eddie: I think what I will put together is probably some of my personal favourites of tracks that are released on the Midnight Shift label and some maybe yet to be released, for the end of 2013. I don’t know, I have to ask him [Kavan] for permission. [Laughs] Maybe he is going to give me some advanced promo. I think, to sum it up, I hope it is going to be a good overview of the music that Midnight Shift releases.

Nicolas: Perfect, so I think that we are done. Let me thank you guys in the name of We Di.g I think they were pretty curious about you, actually, and so now they will have a good idea of what you are doing and how is the scene in Singapore. So maybe some day they will come. [Laughs]

Kavan: Is this a collective of DJs?

Nicolas: Actually, basically they are just music listeners, at first. They are just music-heads. But there is at least one of them that is playing music in some clubs, but small venues in a small city in France. Doing some podcasts… There is another one that is producing a lot of things, like always having a new thing out. But just on Soundcloud, just for friends. I think when you are really into music there is one day you are like: “Ok, now I want to play, you know, I want to be an actor”. So first step is to play music and then the next step is maybe to produce. So I think it is just like normal. So they are here, listening a lot, sharing a lot through this Facebook group. They are posting a lot of good things, mostly deep house but not only. And they are about sharing and I think for them it was very interesting to make all their people discover Singapore music scene and your label that is like not very famous over there. To just see how it is elsewhere in the world.

Kavan: How did they hear about the label, do you know?

Nicolas: I have no idea. [Laughs] It is this friend, Saad, that came to me and told me: “Do you know Midnight Shift?” “Yeah.” “Maybe you should try to talk with them”. And I was like: “But how do you know them?” “I don’t know, I was listening to some tracks and it is good so I want to know more.” [Laughs] I guess digging on Resident Advisor, maybe, or I don’t know. No idea.

Eddie (on the track listing below): All tracks are already released on Midnight Shift except for track #4. This single will be released early next year. It is taken off my forthcoming EP for Midnight Shift. Just thought I’d give We Dig… fans a sneak preview. 🙂

 1. IRON CURTIS – NEVER GIVE UP

 2. JULIEN H MULDER – WONT SAY NOTHING

 3. ULTRADEMON – BEND

 4. EDDIE NIGUEL – WHERE DO WE GO FROM HERE (UNRELEASED)

 5. ULTRADEMON – GOONCHIE BLUNCH

 6. BASIC SOUL UNIT – BLACK ICE (DEETRON RE-EDIT)

 7. EDDIE NIGUEL – ABSOLUTE

 8. TAPIRUS – ACID LOVE STORY

 9. JULIEN H MULDER – MEKANISKT BRUS

10. TAPIRUS – TO LIVE IN THE HEARTS OF THOSE WE LOVE IS NEVER TO DIE (BASIC SOUL UNIT REMIX)

11. BASIC SOUL UNIT – LATE NIGHT SHIFT

12. RECONDITE – STOMPER

Kuala Lumpur : bilan de deux mois d’expat

Après de longs mois d’absence et pour suivre les traces de Nicolas, je reprends la plume pour parler de mon expérience (pas franchement positive) à Kuala Lumpur. Prise pour un stage de six mois dans une entreprise singapourienne, j’ai été délocalisée à Kuala Lumpur pour des raisons de visa. Pour mon plus grand soulagement je n’y suis restée que deux mois, à peine mon emploi confirmé, j’ai sauté dans un bus et “Hasta la vista, Baby !”

Kuala Lumpur pourrait être une ville agréable. Les prix sont encore peu élevés et l’on peut donc loger dans des condos ultra-luxueux pour un loyer peu élevé, faire de nombreux manucures, pédicures et massages sans se ruiner, etc. La diversité des communautés donne des couleurs à une ville plutôt terne, les Malaisiens sont accueillants et il est facile de communiquer avec eux. J’y ai quand même passé de bons moments à me faire dorloter dans les salons de beauté ou à aller dans les bars de Bukhit Bintang ou de Bangsar Village. Avec ma collègue et copine de galère on a eu de la chance car nos collègues et nos amis de passage étaient toujours là pour nous donner des conseils, nous faire découvrir de nouveaux endroits, nous ramener chez nous…

Premier mauvais point contre Kuala Lumpur : l’absence de sécurité. C’est un peu Wild Wild East. A première vue on ne s’en rend pas compte mais j’ai vite appris à quoi m’en tenir puisque je me suis fait voler mon sac dès la première semaine. Un jeune homme est descendu de son scooter pour m’arracher mon sac. Premier coup de chance, il est descendu de son scooter et ne m’a donc pas traînée sur la route. Deuxième coup de chance, mon sac fermant mal, mon portefeuille en est tombé. Le voleur est donc reparti avec mes clés, un iPod touch, des pansements et un Cheese Nan. Il devait être fier de son butin… Certaines filles ont eu moins de chance et se sont fait traîner par des voitures tant que la lanière de leur sac ne lâchait pas… Il y a également des histoires sordides d’enlèvements d’enfants à la sortie des écoles internationales, de viols par des faux chauffeurs de taxis ou des attaques de voitures par des scooters.

Deuxième point négatif il n’y a rien à faire à part du shopping et manger. Traîner au bord de la piscine en lisant c’est bien mais pas si c’est la seule activité de la semaine. La nourriture est bonne, il y a tout ce qu’il faut pour faire du shopping mais ce n’est pas suffisant pour s’occuper pendant deux mois…

Dernière chose qui m’a déplue c’est le côté oppressant de la ville, pas assez d’espaces verts, beaucoup de voitures, etc. Disons que ce séjour là-bas n’est pas mon meilleur souvenir et je suis contente d’être partie.

J’ai au moins eu la chance d’être à Kuala Lumpur pendant une période très intéressante, celle des élections. Le parti en place en Malaisie n’a pas changé depuis plus de 50 ans. Mais de nombreuses choses lui sont reprochées notamment liées à l’immigration illégale, l’insécurité grandissante, le fait de privilégier les riches etc. Les Malaisiens, ceux rencontrés à Kuala Lumpur en tout cas, attendaient beaucoup de ses élections. Malheureusement pour eux, le gouvernement en place est resté, ce qui les a mis en colère. D’autant plus en colère que des histoires douteuses ont tourné. Certaines personnes seraient arrivées pour voter et on leur aurait annoncé qu’elles avaient déjà voté, des immigrants du Bangladesh auraient été autorisés à voter, etc. Pour prouver que l’on a voté en Malaisie on trempe son doigt dans de l’encre sensée disparaître au bout d’une semaine, cette fois elle n’a pas duré plus de deux lavages, du coup on soupçonne certaines personnes d’avoir pu voter deux fois.

Le lendemain des élections la nation était comme en deuil, beaucoup de personnes habillées en noir, photos de profil Facebook noire, etc. Comme les manifestations sont interdites, l’opposition a réuni les gens dans un stade pour protester et le stade était vraiment plein.

En habitant à Kuala Lumpur deux mois j’ai trouvé que cette ville était très dynamique d’un point de vue économique. Les Malaisiens parlent bien anglais, sont efficaces au travail et beaucoup de femmes sont intégrées à ce développement économique. Le majeur problème de la Malaisie est de garder ses jeunes talents car comme ils disent : “Quand un Malaisien est doué il est déjà parti à Singapour”.

Joana

“Ma vie avec Mozart” à l’Alliance Française

Mardi soir, grâce à Élodie (son blog), nous avons eu la chance d’assister à la générale de “Ma vie avec Mozart” présenté par l’Alliance Française de Singapour.

Jacqueline lit le programmeL’auteur de cette pièce est Éric-Emmanuel Schmitt qui y raconte son amour pour la musique de Mozart et comment elle a accompagné sa vie. La pièce est un long monologue qui n’offre de répit à l’unique acteur que lorsque la musique de Mozart remplace les mots. La musique est interprétée par un quatuor a cordes (deux violons, un alto et un violoncelle), un pianiste, parfois des chanteurs (trois sopranos et un ténor). A deux ou trois reprises , la musique provient d’enregistrements.

Malgré le manque de coffre de l’une des sopranos, la mauvaise qualité de la sono et la clim à fond, nous avons passé un très bon moment. L’acteur, français, Quentin Bernard, incarne si bien le texte qu’on en oublie ses rares hésitations. La performance est de taille et il arrive à faire passer les nombreuses émotions qui se cachent derrière ce texte parfois pompeux… Eric-Emmanuel Schmitt en est l’auteur ne l’oublions pas.

Quentin Bernard

On apprécie la présence de sous-titres en anglais afin de toucher un public plus large.

Musique classique et théâtre forment un ensemble réussi et donnent de la vie au texte. Achetez vos places sur Sistic et allez-y vous ne saurez pas déçu !

Joana & Nicolas

Singapour, l’empire de la guestlist

guestlist 1 « Bonsoir, chers téléspectateurs ! J’accompagne ce soir Nicolas, jeune expatrié français, à l’occasion de ses pérégrinations nocturnes dans la fameuse Cité-Etat. Alors, Nicolas, qu’avez-vous prévu ce soir ? – Oh, un petit tour au Pangaea, je suis sur la guestlist d’Hazel – Oh ! Ça a l’air excitant !! – Non non, c’est une soirée pourrie et je sais même pas qui c’est Hazel ! Mais ça permet de passer le temps ! »

guestlist 2

Voici comment mon ami Claudio, « inpatrié » à Paris, a résumé la situation après que je lui ai décrit le principe des guestlists pour entrer en boîte à Singapour. Ça semblait finalement assez juste. En effet, à Singapour, si on se débrouille bien on ne paie jamais son entrée en boîte. Les boîtes elles-mêmes, parfois de parfaits inconnus, proposent aux personnes qui les suivent sur Facebook de s’inscrire sur des guestlists gratuites jusqu’à une certaine heure, en général 23h30 ou minuit. Il suffit de poster un « RSVP + x » sur l’événement Facebook puis de se présenter à l’entrée de la boîte de nuit avant l’heure limite pour bénéficier d’une entrée gratuite pour soi-même et ses x amis.

guestlist 3

Même les clubs les plus réputés tels le Zouk, régulièrement classé dans les cinq meilleures boîtes du monde, ou le kyo, nouveau club des nuits singapouriennes, proposent ce genre de solutions. Eux fonctionnent plutôt par mail que sur Facebook et il faut alors leur communiquer prénom, nom et adresse email mais le résultat est le même. Si vous vous débrouillez bien, donc, vous ne paierez jamais d’entrée en boîte à Singapour. En six mois j’ai échoué une ou deux fois seulement. La technique est de se rendre à l’entrée de la boîte avant l’heure dite, puis d’aller boire quelques verres bon marché supplémentaires avec ses compagnons de soirées afin de s’éviter des soirées trop coûteuses.

guestlist 4

 On revient ensuite en boîte, on présente son avant bras avec son tampon visible seulement à la lumière noire et on peut passer la soirée à sautiller sur le dancefloor sans débourser le moindre centime. Si Cendrillon arrive en boîte après minuit, elle doit s’acquitter d’un droit d’entrée allant de quinze à vingt-cinq dollars et lui donnant droit, en général, à une ou deux consommations. Pourquoi le système fonctionne-t-il ainsi dans la Cité-Etat où l’argent est la valeur suprême ? Bonne question ! Peut-être s’agit-il d’une mesure du gouvernement afin de favoriser les jeunes employés en contrats locaux !

guestlist 5

Quoi qu’il en soit, en ajoutant simplement quelques illustres inconnus dans vos amis Facebook vous aurez la possibilité d’écumer gratuitement les clubs singapouriens. Le plus amusant est de voir jusqu’à combien de personnes vous pouvez ajouter à votre nom sur la guestlist de Y ou Z, voire même du bar accueillant la soirée en question. Pour l’instant mon record est à « +20 » à la célèbre « Helipad Party » du New Asia Bar, demain soir. Mais croyez-moi, je tenterai bientôt, pour le plus grand plaisir de mes amis, un « +100 », voire même un « + infini » dès que j’aurai trouvé la touche adéquate au symbole sur mon clavier azerty !

guestlist 6

J’imagine que l’intérêt de ces guestlists gratuites pour les boîtes de nuit est de faire venir les clients plus tôt que d’habitude s’ils veulent profiter de l’entrée offerte, ceux-ci ayant alors plus de temps pour dépenser leur argent. Nous pouvons peut-être aussi y voir une raison plus pragmatique : avoir une idée du nombre de clients auquel ils doivent s’attendre et organiser leur staff en fonction. 

guestlist 7

Vendredi dernier, Joana et moi avons passé une étape importante de la guestlist gratuite au kyo. Nous nous apprêtions à donner notre nom pour la guestlist à l’entrée quand on nous a gentiment laissé entrer sans vérification car « They come here all the time! » Le début d’une nouvelle aire dans l’histoire de l’empire de la guestlist ? Nous vous tiendrons au courant, n’en doutez pas !

guestlist 8

Et voici un peu de musique made in Detroit pour ceux qui souhaiteraient se mettre dans l’ambiance avant de sortir ce soir.

Nicolas

Récits de backpackers

Notre dernier article concernait le bilan de notre périple asiatique de dix mois en 2012 mais il ne s’agissait pas, malgré les apparences, du dernier article à ce sujet. Le dernier, le voici, et il traitera de récits de voyages de backpackers qui avaient une manière singulière de partir à la découverte du continent asiatique. Comme les voyages sont aussi l’occasion de faire des rencontres, nous avons souhaité partager ces récits de backpackers avec vous. Nous espérons qu’ils vous donneront l’envie de voyager différemment, à votre manière.

A Taiwan, dans la ville de Hualien, sur la côte Est, nous avons rencontré dans une auberge de jeunesse deux Français qui faisaient le tour de l’île de Formose à vélo. Il paraît qu’elle se prête particulièrement bien à ce mode de transport, bien que les gorges de Taroko, près desquelles nous les avons rencontrés, nous aient semblé bien trop pentues pour tenter l’expérience autrement qu’à pied ou avec un véhicule à moteur. La taille de Taiwan et ses magnifiques paysages doivent sans aucun doute constituer une promenade cycliste des plus passionnantes.

A Hanoi, la capitale du Vietnam, nous avons eu l’occasion de discuter avec deux Montpelliérains dans notre auberge de jeunesse, à l’heure de l’happy hour. Il s’agissait d’un couple d’une trentaine d’années qui avaient entrepris la visite de l’ancienne Indochine à moto. Cela nous avait semblé étonnant à l’époque mais nous avons remarqué depuis que cela se faisait beaucoup. Si comme eux vous prévoyez de voyager longtemps, vous pouvez acheter une moto que vous tenterez de revendre au prix d’achat une fois que vous aurez terminé votre tour. Un peu sur le même principe que l’achat du mini van Volkswagen pour faire le tour de l’Australie. Ce couple montpelliérain avait notamment partagé avec nous une expérience qu’ils avaient eue dans un village traditionnel du Nord du Laos. Un enfant du village avait pleuré en les voyant, effrayé qu’il était face à ces étrangers à la peau blanche. Nous avons vécu la même expérience quelques mois plus tard à cause de la barbe fournie de Nicolas qui faisait pleurer les enfants les plus jeunes, tandis que leurs mères riaient souvent aux éclats. Le couple nous avait également confié l’étonnement des jeunes enfants face aux brosses à dents qu’ils utilisèrent après le repas.

A Agra, en Inde, nous avons passé une journée dans une réserve ornithologique en compagnie d’Eric, un charmant Français quarantenaire et artiste. Il nous avait raconté l’histoire d’un ami belge qui avait pour habitude de prendre en photo des enfants indiens avec un appareil argentique puis de développer ses films rapidement afin de donner les photos aux enfants avant de changer de ville. Il avait également de nombreux ballons de baudruche qu’il offrait à ces mêmes enfants pour leur plus grand plaisir. Comme quoi l’argent n’est pas l’unique moyen de rendre le sourire à des enfants dans le besoin. Ce même belge avait vécu une expérience touchante un jour au McDonald’s. Il faut savoir que l’entrée des McDonald’s indiens n’est pas autorisée à tout le monde et que le restaurant se réserve le droit de refuser l’accès à certaines personnes. Notre Belge en question était en train de se promener quand une « slumdog », une enfant des rues, lui demanda de l’argent. Il refusa mais lui proposa un repas à la place. Alors qu’elle lui indiquait une échoppe miteuse, il opta plutôt pour McDonald’s. Des étoiles dans les yeux, la fillette lui pris la main pour le suivre. Il entra le premier dans le restaurant et sentit quelque chose lui tirer le bras. Il se retourna et vit la fillette jetée sur le sol par le videur du McDonald’s. Il fit un scandale, demanda à voir le manager et finit par obtenir que sa nouvelle amie s’installe avec lui à table. Il lui offrit alors plusieurs hamburgers et remarqua qu’elle en laissait toujours la moitié de côté. Elle lui fit comprendre qu’elle voulait faire goûter cette nourriture inaccessible à sa fratrie. Quelques années plus tard, aux environs du même  McDonald’s, une jeune fille lui sauta dans les bras en criant « McDonald’s ! McDonald’s ! McDonald’s ! » Ils allèrent évidemment fêter leurs retrouvailles dans le même restaurant. L’histoire dit même qu’ils seraient tombés sur le même manager qui leur aurait fait remarquer que la situation avait changé.

Lorsque Nicolas a voyagé une semaine avec Henri sur l’île de Palawan aux Philippines, il a rencontré plusieurs backpackers au long cours qui avaient fait des pauses rémunératrices par l’Australie. En effet, l’Australie offre la possibilité aux voyageurs en train de faire le tour du monde de remplir leur portefeuille en faisant du fruit picking et du fruit planting dans les fermes. Ils sont alors nourris et logés à bas coûts avec des dizaines d’autres personnes dans leur situation et mettent leur rémunération de côté afin de poursuivre leur voyage.

Nicolas a passé sa deuxième semaine aux Philippines avec Stéphane, un trentenaire français faisant un tour du monde d’un an. Stéphane raconta à Nicolas qu’il avait rencontré un backpacker qui avait entrepris plusieurs années auparavant un tour du monde de cinq ans avec un budget de neuf mille euros. Ce voyageur se déplaçait principalement par terre et par mer mais il avait, entre autres anecdotes, réussi à contacter le directeur d’AirAsia et à se faire offrir un billet d’avion après lui avoir expliqué son projet. Vous pouvez voyager avec peu d’argent, du bagou et de la chance.

Aux Philippines toujours, dans les rizières en terrasses, Nicolas a rencontré un Mexicain expatrié au Japon et qui passe le plus clair de son temps à parcourir le globe à la découverte des lieux mystiques dont elle est parsemée. Fervent défenseur des esprits et OVNIs, il écrit notamment des guides de voyages dans lesquels il partage ses étonnantes expériences dans ces lieux chargés de mysticisme.

En escale à Riung, sur l’île de Flores en Indonésie, nous avons partagé une belle dorade avec deux Français, deux Russes et un Néerlandais avant de nous rendre à un mariage musulman. Souvenez-vous. Lors du dîner, les deux jeunes Français nous racontèrent le périple de deux Suissesses qui avaient entrepris un tour du monde à vélo. Evidemment, tout le parcours n’était pas fait à vélo (ceux-ci n’étant pas amphibies, par exemple) mais l’idée vaut quand même le coup d’être partagée, surtout quand on se rappelle des montagnes de Flores et de la chaleur omniprésente.

Bientôt nos premiers articles sur Kuala Lumpur et Singapour.

Changement de plateforme

Chers lecteurs,

Nous avons decidé de changer de plateforme dans la mesure où la précédente ne nous satisfaisait pas. En effet, wordpress est un outil à la fois plus pratique et complet pour nous, mieux organisé et plus esthétique pour vous.

Après avoir passé de très nombreuses heures à transférer manuellement et un à un les quelques cent-vingt articles de notre blog, puis à l’organiser de la manière la plus pratique qui soit pour vous, nous pouvons enfin vous accueillir sur 2enfantsterribles.

Nous allons désormais utiliser nos prénoms au lieu de l’entité Jean-Noëlle, et ce uniquement pour faire plaisir à Richard !

Nous sommes actuellement à environ 13 000 vues sur la précédente plateforme et comptons sur vous pour faire encore mieux ici !

Merci de votre fidélité et à bientôt pour de nouvelles lectures !

Joana & Nicolas

Le bilan de nos dix mois de périple asiatique

Pour commencer ce premier article de 2013, Jean-Noëlle souhaitent une excellente année à tous leurs lecteurs.

Nous en profitons également pour remercier tous ceux qui nous ont permis de partir ou on fait de notre voyage une aventure exceptionnelle. Même s’il fut difficile d’atterrir il y a deux mois, nous nous sommes finalement réadaptés à la vie occidentale. Néanmoins, signalons que J. a rapporté un souvenir du Cambodge : un beau petit paludisme de forme non mortelle mais fatigant quand même, et qui s’est déclenché un mois après notre retour. Si vous êtes pris d’une forte fièvre à votre retour de voyage, pas la peine de passer par un généraliste, c’est une perte de temps. Foncez plutôt aux urgences. Rassurez-vous, J. s’est remise depuis.

Phnom Chisor, Cambodge

L’heure est enfin venue de faire un petit bilan de ces dix magnifiques mois de voyages. En vue de notre périple asiatique, et surtout de notre séjour en Chine, nous avions ouvert un compte à la HSBC pour profiter des retraits gratuits dans tous les distributeurs de cette banque dans le monde entier. Sortis des capitales de certains pays, les distributeurs HSBC ne sont pas légions en Asie. On pourrait s’attendre à en trouver dans tous les aéroports puisque leurs publicités sont partout, il n’en est rien. De plus, en dehors de leur réseau, les frais de retrait sont très élevés. Par conséquent, nous vous conseillons d’ouvrir un compte au LCL qui propose pour trois euros par mois (vous verrez, c’est rien !) un service grâce auquel les retraits et les paiements à l’étranger sont sans frais, et cela de manière illimitée (cliquez ici pour plus d’informations).

Alternative aux poids lourds, Kep, Cambodge

Cette carte vous sera d’autant plus utile que l’Asie est plus chère que ce à quoi on peut s’attendre. Effectivement, on peut manger et dormir à des prix raisonnables, à condition de ne pas être trop regardant sur le confort. Au-delà de cela, à moins de rester dans une seule ville, les transports finiront par vous coûter cher et si vous n’êtes pas prêt à sacrifier votre mode de vie occidental, l’addition de votre voyage sera élevée. Sur le plan financier Le Routard s’adapte mieux aux petits budgets car il regorge d’adresses bon marché et originales. Par contre, les Lonely Planet sont plus complets, à jour, et mieux renseignés sur les différentes visites à faire. Nous regrettons simplement l’absence de hiérarchie dans les visites (contrairement au Routard).

Transport de bestiaux, Kompong Thom, Cambodge

Concernant la communication en anglais avec les habitants, voici notre classement descendant des pays ou l’Anglais est le plus fréquemment et le mieux parlé : Philippines, Inde, Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Japon, Laos, Chine, Vietnam, Indonésie et, loin derrière, Taiwan. Mais rassurez-vous, le langage des signes est universel et on parvient toujours à s’en sortir en gesticulant avec un grand sourire ! Concernant l’organisation elle-même, si vous voyagez à plus de deux, nous vous recommandons nettement de planifier et si possible de réserver transports, excursions et logements en avance. Les touristes sont nombreux en Asie. A deux, par contre, on s’en sortira toujours à la dernière minute. Exception pour l’Inde où nous avons rencontré un voyageur solitaire qui a dû attendre une semaine pour avoir un billet de train. Les guides vous mettent en garde sur ce point, il faut leur faire confiance. Enfin, votre voyage sera semé d’imprévus, d’embûches mais il sera souvent plus facile qu’en Occident de régler des problèmes qui apparaissent plus fréquemment. Voyager en Asie c’est facile par la liberté accordée par cette région, mais on y rencontre aussi de nombreuses complications impensables pour les voyageurs européens que nous sommes.

798 art district, Beijing, Chine

Quand on arrive en Asie, on est frappé par des villes bruyantes, poussiéreuses et pleines de deux roues. Bref, elles sont à l’image du dynamisme du continent. Mais en y regardant plus précisément, on se demande d’où vient l’agitation tant le nombre de personnes inactives est important. Il est fréquent de voir des gens dormir, rigoler pendant le travail, oublier les clients, voire ne rien faire du tout. Et pourtant, l’effervescence est palpable. Étrange. Les asiatiques passent leurs journées à grignoter et, quelle que soit l’heure du jour (ou de la nuit), vous trouverez des gens se restaurant. N’hésitez pas à vous joindre à eux. Pour finir sur les deux roues, ils sont le moyen de transport privilégié, qu’il s’agisse de personnes, de meubles, d’arbres, ou d’animaux, souvent vivants. Vous verrez des gens de douze à quatre-vingt ans conduire des deux roues sans casque, parfois à cinq sur un même véhicule (enfants compris). Dernière caractéristique du continent : chaque pays a sa (parfois ses) bière nationale : Tsingtao pour Taiwan ; Saigon ou 333 au Vietnam ; Kingfisher en Inde ; Tsingtao et Suntory en Chine ; San Miguel aux Philippines ; Bintang en Indonésie ; Tiger à Singapour ; Chang, Singha ou Leo en Thailande ; Beerlao (la meilleure) au Laos et enfin Angkor, Anchor ou Cambodia au Cambodge. De quoi faire de belles découvertes ! Pour le thé par contre, à part au Japon et en Inde, rien de transcendant.

Phnom Penh, Cambodge

Pour conclure notre bilan, nous sommes revenus de ce voyage grandis. Ce périple asiatique, par la variété de nos interlocuteurs et les différences qui nous séparaient des cultures asiatiques, nous as appris la tolérance, la patience, l’humilité, mais aussi à sourire. Quel que soit votre âge, si vous avez un jour l’occasion de voyager loin et longtemps, faites-le, c’est l’expérience d’une vie !