Phongsali

Vue campagne Phongsali

Samedi quinze septembre, Jean-Noëlle embarquent à bord de leur premier bus local longue distance à destination de Phongsali. Leurs sacs sont attachés sur le toit, aux côtés de quelques motos, sacs de riz et cartons percés remplis de poulets. Le voyage dure de neuf heures trente à vingt heures trente. Nous avons perdu deux heures à attendre qu’un bulldozer tracte un autre bus coincé dans la boue due à la saison des pluies. La route n’est pas toujours facile, et la musique populaire laotienne qui passe à fond dans les enceintes pas vraiment agréable. Nous arrivons à bon port et prenons une chambre à la Sen Saly Guesthouse où nous réservons notre trek de deux jours grâce à l’employé de l’office du tourisme qui se déplace pour l’occasion. Nous dînons ensuite dans un restaurant chinois (la frontière est très proche) sans menu où nous montrons dans la cuisine les ingrédients qui nous inspirent pour passer commande. Nous nous retrouvons malgré nous avec trois plats copieux accompagnés d’un saladier de riz. C’est absolument délicieux. Ca tombe bien, N. s’est enfin remis de son intoxication alimentaire (quatre jours, quand même !).

Village Akha, Laos

Le lendemain, Jean-Noëlle rejoignent leur guide au “kilomètre vingt-quatre”. C’est pour deux heures de grimpettes sur des chemins de terre. Les  panoramas qui s’offrent à nous sont à couper le souffle. Notre guide, un peu timide, est néanmoins sympathique et nous arrivons bientôt dans un premier village Akha pour déjeuner. Une vieille femme nous offre le thé, une toute petite fille agrippée sur son dos. Elle passe son temps à chasser  les poules qui essaient de rentrer dans sa maison. Après le déjeuner, nous sortons du chemin de terre pour nous engouffrer dans la forêt. La pente est abrupte et nous finissons par passer un col. Au loin, nous pouvons apercevoir la frontière chinoise. Il est temps de descendre en direction du second village Akha où nous passerons la nuit. Nous traversons d’abord de magnifiques rizières ainsi qu’un cours d’eau sur un pont suspendu. Nos six heures de marche nous ont bien fatigués mais les villageoises ne nous laissent aucun répits et nous sautent dessus dès notre arrivée afin de nous vendre des objets confectionnés par leurs soins.

Villageoise Akha

Nous prenons une douche au robinet collectif du village puis nous faisons le tour de celui-ci en compagnie de notre guide. Les enfants fuient en rigolant à notre passage, sauf deux ou trois qui hurlent de terreur avant de fondre en larmes. Nous pensons que les plus vieux racontent aux plus jeunes des histoires terribles sur les blancs mangeurs d’enfants ! Au milieu de notre balade, nous sommes suivis par un petit groupe d’enfants téméraires que nous faisons fuir en nous retournant brusquement : “bouh !”. Les adultes sont peu avenants tandis que leur progéniture s’amuse d’un rien sur la terre battue. Certains sont nus. Les porcs, chiens, et poulets courent à droite et à gauche. Nous rencontrons le chef du village chez qui nous allons passer la nuit. Il nous offre quelques shooters de lao-lao, l’alcool de riz local qui doit titrer à plus de cinquante degrés ! On trinque, on lui pose quelques questions traduites par notre guide puis on dîne à la lueur des bougies. Le lao-lao coule à flot tandis que nous nous efforçons de ne pas coûler sous la table. Heureusement, le massage de bienvenue des villageoises, bien qu’assez approximatif, vient nous sauver. Difficile à décrire, l’ensemble de l’expérience restera gravée dans nos mémoires. 

Maison Akha, Laos

Dimanche matin, nous n’allons pas à la messe mais suivons une villageoise âgée au champ pour la cueillette du repas de midi : concombres géants, potiron et autres légumes dont notre guide n’a pas su nous donner le nom. Nous déjeunons chez cette même villageoise puis nous partons pour quatre heures de marche sous un soleil de plomb et au milieu des différentes cultures locales : thé, café, riz, canne à sucre et fruits de la passion. La grande majorité de ces produits est achetée par la Chine. Notre guide nous apprend qu’un kilogramme de fruits de la passion est acheté mille kips (soit dix centimes d’euros) par les entreprises chinoises. Vive le commerce équitable ! De retour à Phongsali, nous passons une seconde nuit à la Sen Saly Guesthouse.

Cueillette au potager, Laos