Battambang

Samedi vingt octobre au matin, nous montons dans un bus sur-climatisé en direction de Battambang. Amis esquimaux, bonjour ! En arrivant nous décidons de tester un nouveau restaurant indien dont nous trouvons l’adresse dans la nouvelle édition du Lonely Planet que nous a offert un membre du personnel de notre hôtel. Nous commandons deux nans et un thali, et voyons arriver deux pains de la taille d’une pizza. En plus d’être copieux, c’est DE-LI-CIEUX ! Le service souriant et impeccable nous donne envie de revenir au Flavors of India. Le ventre plein, nous entamons une marche digestive sur les quais de la deuxième plus grande ville du pays, à l’ombre des bâtisses coloniales.

Bamboo Train, BattambangNous nous rendons ensuite au Wat Damrey Sar, temple bouddhiste en travaux dont un jeune moine nous invite tout de même à visiter l’intérieur. Le seul intérêt réside dans les peintures murales très colorées relatant la vie de Bouddha. En chemin pour la résidence du gouverneur, nous sommes interceptés par Matthew qui nous invite à passer dans le bar qu’il a récemment ouvert avec des copains. Nous continuons notre route en direction du Bamboo Train. A mi-chemin, le soleil commençant sa descente, nous négocions un moto-dop pour deux. A l’arrivée, un policier en uniforme nous accueille en nous demandant cinq dollars chacun. Nous montons ensuite sur le célèbre Bamboo Train, une plaque de bambou d’un mètre cinquante sur deux mètres posée sur deux essieux et avec un moteur fixé sur la plaque. Ce système est démontable en quelques secondes, ce qui est pratique pour cette ligne de chemin de fer qui ne comporte qu’un rail. Les Bamboo Trains se la partage avec les vrais trains, mais ils ont plus de chances de se retrouver face à un autre Bamboo Train. Quand c’est le cas, le moins chargé démonte la structure et la remonte après le passage du plus chargé. Le projet de construction d’une ligne de chemin de fer reliant Singapour à la Chine devrait sonner le glas du Bamboo Train très prochainement.

Ferme aux crocodiles, Battambang

Nous rentrons à moto-dop jusqu’au Here Be Dragons où nous revoyons Matthew et rencontrons le couple de propriétaires. C’est l’occasion de discuter de l’entrepreneuriat et des expatriés en Asie du Sud-Est tout en sirotant quelques bières dans un hamac. L’adresse a du potentiel et a commencé depuis notre passage son activité de guesthouse et restaurant. Le lendemain nous prenons un petit-déjeuner vraiment bon au Gecko Café avant d’enfourcher la moto que nous avons louée pour la journée. Nous passons d’abord devant une usine Pepsi désaffectée que l’on ne peut malheureusement pas visiter, avant d’aller voir une ferme aux crocodiles. Trois bassins remplis de centaines de reptiles immobiles et la gueule ouverte s’étendent à nos pieds. On croirait presque des statues, jusqu’à ce que certains commencent à s’agiter. Ils sont extrêmement rapides et plutôt impressionnants.

Vat Kor Village

Jean-Noëlle poursuivent leur route vers le Nord à travers des villages authentiques et jusqu’au Vat Ek Phnom, grand temple en ruine situé derrière un autre temple flambant neuf. De retour à Battambang, nous déjeunons sur le marché Psar Nat, attablés à un petit stand où l’on nous sert de délicieux plats locaux. Nous passons sous silence le sandwich à la friture en forme de petits oiseaux Angry Birds. Nous remontons à moto en direction du Vat Kor Village où nous découvrons la maison d’héritage khmère d’une vieille femme francophone. Sans aucune faute de français, elle nous explique l’utilisation du bétel et nous parle de la période khmère rouge durant laquelle elle a perdu parents, mari et enfants…

Phnom Sampeau

Notre halte suivante est le Phnom Sampeau, temple construit au sommet d’une colline depuis laquelle on a un beau panorama sur la région. En redescendant, on peut visiter les killing caves, sorte de sanctuaire à la mémoire de ceux qui ont été poussés par les khmères rouges du haut de la falaise. Des crânes et des ossements confèrent au lieu son caractère sombre. Nous fuyons les enfants qui nous courent après en mendiant de l’argent pour apprendre l’anglais. Jean-Noëlle continuent leur route vers le Sud et font une pause œnologique à la Prasat Phnam Banon Winery, unique vignoble du pays. Nous y dégustons un vin rouge étrange, sucré et lourd, bien différent des vins auxquels nous sommes habitués, sans être mauvais pour autant. Nous avons quelques difficultés à nous faire comprendre de la propriétaire qui se fait bien pardonner par ses grands sourires et sa bonne humeur.

Prasat Phnam Banon Winery

Le coeur joyeux (mais les idées claires !), nous reprenons la moto jusqu’au Prasat Banan, temple en ruines lui aussi situé au sommet d’une colline mais dont la vue est cachée par la végétation. On apprécie quand même la promenade au milieu de ce lieu saint où les palmiers se mêlent aux vieilles pierres. De retour à Battambang, nous passons au Here Be Dragons boire quelques verres en écrivant des articles de blog. Nous prenons enfin un vrai sandwich-baguette sur le marché de nuit en bord de rivière. Rien n’est frit, c’est frais et très bon. N. se régale d’un dessert khmer et nous sautons dans le bus de nuit pour Phnom Penh.

Prasat Banan