Le bilan de nos dix mois de périple asiatique

Pour commencer ce premier article de 2013, Jean-Noëlle souhaitent une excellente année à tous leurs lecteurs.

Nous en profitons également pour remercier tous ceux qui nous ont permis de partir ou on fait de notre voyage une aventure exceptionnelle. Même s’il fut difficile d’atterrir il y a deux mois, nous nous sommes finalement réadaptés à la vie occidentale. Néanmoins, signalons que J. a rapporté un souvenir du Cambodge : un beau petit paludisme de forme non mortelle mais fatigant quand même, et qui s’est déclenché un mois après notre retour. Si vous êtes pris d’une forte fièvre à votre retour de voyage, pas la peine de passer par un généraliste, c’est une perte de temps. Foncez plutôt aux urgences. Rassurez-vous, J. s’est remise depuis.

Phnom Chisor, Cambodge

L’heure est enfin venue de faire un petit bilan de ces dix magnifiques mois de voyages. En vue de notre périple asiatique, et surtout de notre séjour en Chine, nous avions ouvert un compte à la HSBC pour profiter des retraits gratuits dans tous les distributeurs de cette banque dans le monde entier. Sortis des capitales de certains pays, les distributeurs HSBC ne sont pas légions en Asie. On pourrait s’attendre à en trouver dans tous les aéroports puisque leurs publicités sont partout, il n’en est rien. De plus, en dehors de leur réseau, les frais de retrait sont très élevés. Par conséquent, nous vous conseillons d’ouvrir un compte au LCL qui propose pour trois euros par mois (vous verrez, c’est rien !) un service grâce auquel les retraits et les paiements à l’étranger sont sans frais, et cela de manière illimitée (cliquez ici pour plus d’informations).

Alternative aux poids lourds, Kep, Cambodge

Cette carte vous sera d’autant plus utile que l’Asie est plus chère que ce à quoi on peut s’attendre. Effectivement, on peut manger et dormir à des prix raisonnables, à condition de ne pas être trop regardant sur le confort. Au-delà de cela, à moins de rester dans une seule ville, les transports finiront par vous coûter cher et si vous n’êtes pas prêt à sacrifier votre mode de vie occidental, l’addition de votre voyage sera élevée. Sur le plan financier Le Routard s’adapte mieux aux petits budgets car il regorge d’adresses bon marché et originales. Par contre, les Lonely Planet sont plus complets, à jour, et mieux renseignés sur les différentes visites à faire. Nous regrettons simplement l’absence de hiérarchie dans les visites (contrairement au Routard).

Transport de bestiaux, Kompong Thom, Cambodge

Concernant la communication en anglais avec les habitants, voici notre classement descendant des pays ou l’Anglais est le plus fréquemment et le mieux parlé : Philippines, Inde, Malaisie, Thaïlande, Cambodge, Japon, Laos, Chine, Vietnam, Indonésie et, loin derrière, Taiwan. Mais rassurez-vous, le langage des signes est universel et on parvient toujours à s’en sortir en gesticulant avec un grand sourire ! Concernant l’organisation elle-même, si vous voyagez à plus de deux, nous vous recommandons nettement de planifier et si possible de réserver transports, excursions et logements en avance. Les touristes sont nombreux en Asie. A deux, par contre, on s’en sortira toujours à la dernière minute. Exception pour l’Inde où nous avons rencontré un voyageur solitaire qui a dû attendre une semaine pour avoir un billet de train. Les guides vous mettent en garde sur ce point, il faut leur faire confiance. Enfin, votre voyage sera semé d’imprévus, d’embûches mais il sera souvent plus facile qu’en Occident de régler des problèmes qui apparaissent plus fréquemment. Voyager en Asie c’est facile par la liberté accordée par cette région, mais on y rencontre aussi de nombreuses complications impensables pour les voyageurs européens que nous sommes.

798 art district, Beijing, Chine

Quand on arrive en Asie, on est frappé par des villes bruyantes, poussiéreuses et pleines de deux roues. Bref, elles sont à l’image du dynamisme du continent. Mais en y regardant plus précisément, on se demande d’où vient l’agitation tant le nombre de personnes inactives est important. Il est fréquent de voir des gens dormir, rigoler pendant le travail, oublier les clients, voire ne rien faire du tout. Et pourtant, l’effervescence est palpable. Étrange. Les asiatiques passent leurs journées à grignoter et, quelle que soit l’heure du jour (ou de la nuit), vous trouverez des gens se restaurant. N’hésitez pas à vous joindre à eux. Pour finir sur les deux roues, ils sont le moyen de transport privilégié, qu’il s’agisse de personnes, de meubles, d’arbres, ou d’animaux, souvent vivants. Vous verrez des gens de douze à quatre-vingt ans conduire des deux roues sans casque, parfois à cinq sur un même véhicule (enfants compris). Dernière caractéristique du continent : chaque pays a sa (parfois ses) bière nationale : Tsingtao pour Taiwan ; Saigon ou 333 au Vietnam ; Kingfisher en Inde ; Tsingtao et Suntory en Chine ; San Miguel aux Philippines ; Bintang en Indonésie ; Tiger à Singapour ; Chang, Singha ou Leo en Thailande ; Beerlao (la meilleure) au Laos et enfin Angkor, Anchor ou Cambodia au Cambodge. De quoi faire de belles découvertes ! Pour le thé par contre, à part au Japon et en Inde, rien de transcendant.

Phnom Penh, Cambodge

Pour conclure notre bilan, nous sommes revenus de ce voyage grandis. Ce périple asiatique, par la variété de nos interlocuteurs et les différences qui nous séparaient des cultures asiatiques, nous as appris la tolérance, la patience, l’humilité, mais aussi à sourire. Quel que soit votre âge, si vous avez un jour l’occasion de voyager loin et longtemps, faites-le, c’est l’expérience d’une vie !

Cambodge : le bilan

Cigarettes Alain Delon

Commençons par le côté pratique. Au Cambodge, il est facile de voyager d’un point à un autre car les routes sont en bon état. De plus, vous trouverez toujours quelqu’un baragouinant quelques mots d’anglais. Ici on paie partout en dollars américains. C’est facile, puisqu’un dollar égale quatre mille riels, où que vous soyez. Nous avons dépensé sept-cents euros chacun en trois semaines en ne nous privant pas sur les activités (trek et équitation) et surtout sur les repas et les verres.

Portraits de Sihanouk, Battambang

En effet, la nourriture, au Cambodge, est tellement bonne qu’il faut se faire plaisir. On ne parle pas ici seulement de la nourriture khmère mais aussi de celle des autres pays asiatiques et même occidentaux, qui fut toujours exceptionnelle. Nos papilles frémissent encore de plaisir et nous pouvons remercier le Lonely Planet et Le Routard pour cela ! Au plaisir gustatif s’ajoute le plaisir des yeux avec les paysages de plaines et rizières à couper le souffle, ainsi que la variété des temples. Ne visitez pas que ceux d’Angkor, vous passeriez à côté de beaucoup de merveilles.

Grand-mère et petite-fille, Kampot

Nous avons visité le pays à la fin de la saison des pluies et avant l’arrivée massive des touristes en novembre. On nous a souvent répété que c’était la meilleure période pour profiter des paysages verts sans trop souffrir de la pluie. Last but not least, les Khmers sont souriants (encore plus qu’au Laos !) et rigolent très facilement. Leur joie de vivre est contagieuse et nous en garderons longtemps d’excellents souvenirs. C’est un pays où il fait bon vivre, et même si l’on croise beaucoup de touristes, on n’étouffe pas, même à Angkor.

Jeunes amoureux, Kep

Laos : le bilan

Tuk tuk, Tha Khaek

Tout d’abord, notons que les prix du dernier Lonely Planet datant de fin 2010 n’ont pas bougé. En effet, le Laos est un pays encore peu touristique. Nos dépenses sur le mois s’élèvent à sept-cents euros tout compris avec quelques achats de souvenirs et globalement plutôt les premiers prix.

Haw Pha Khaeo, Vientiane

La nourriture au Laos est à peine plus chère que chez les voisins car ils doivent tout importer. Elle est également rapidement monotone (riz, nouilles, curry sous toutes les coutures) si on reste dans les petits budgets.  Ce sont les transports qui nous aurons coûté le plus, malgré le fait que nous ayons privilégié les transports locaux. Enfin, la qualité des hôtels bas de gamme est la meilleure qu’on ait vue en Asie. Même dans les premiers prix, on a presque systématiquement la salle de bain dans la chambre, l’eau chaude, les serviettes, le papier toilette, du savon et même une ou deux bouteilles d’eau.

Vat Si Saket, Vientiane

Le Laos est notre destination préférée (après l’Inde !), pas tant pour ses visites et son patrimoine culturel (tout de même intéressants) que pour ses paysages à couper le souffle et les sourires et la bonne humeur des laotiens. On a aussi apprécié la lenteur de ce pays très reposant. Le calme ambiant est renforcé par la présence de nombreux bonzes, parés de tenues d’un orange flamboyant. Nous gardons en tête les innombrables gamins poussiéreux et débraillés, souvent les fesses à l’air, parfois complètement nus, et leurs grands « Hello ! » sur notre passage. Tous les écoliers roulent à vélo, avant de passer à la moto et N. était particulièrement jaloux de leurs « fixies » (vrais ou faux).

Ban Kong Lor

En conclusion, N. n’est pas près d’oublier la rafraîchissante et délicieuse Beerlao à un euro la bouteille de soixante-cinq centilitres !

Village Akha, Phongsali

Thaïlande : le bilan

Khao Sok

Nous sommes partis en Thaïlande fin août-début septembre, pendant la saison des pluies donc, mais cela ne nous a pas gênés, à part à Khao Sok. Tout y était fermé et la pluie est tombée pendant deux jours. On était un peu inquiet pour le reste du voyage. En fait la pluie ne nous a jamais dérangés dans nos visites et elle n’est finalement tombée que quelques heures ou minutes par jour.

Wat Phra Kaeo, Bangkok

La Thaïlande a un atout majeur : la qualité de son service touristique. On a toujours été accueilli efficacement et avec le sourire.  Le service n’est pas guindé comme en France mais n’a pas non plus la nonchalance, parfois énervante, de l’Asie. Tout le monde parle suffisamment anglais pour vous renseigner. C’est ce professionnalisme non figé qui contribue à rendre la Thaïlande moins asceptisée que le Vietnam alors qu’elle est plus touristique.

Sukhothai

La Thaïlande est aussi agréable à visiter d’un point de vue culinaire. Une excursion dans la gastronomie thaïlandaise vous amène au cœur d’une cuisine savoureuse, fine et pleine d’épices. On trouve peu de ses ingrédients en Europe, ce qui lui donne un aspect original et parfois inventif. On recommande entre autres le pad thaï, les stir-fried noddles in gravy, la soupe de concombre au porc et le mango sticky rice.

Muay Thai, Chiang Mai

Enfin, on a aimé la Thaïlande pour la diversité des activités touristiques : fêtard ou aventurier, amoureux de la mer, de la montagne ou des vestiges archéologiques, vous trouverez votre bonheur. De plus, les activités sont encadrées avec beaucoup de sérieux mais tout en restant cool. Bien sûr cela peut finir par vous coûter cher et nous avons dépensé huit-cent-cinquante euros tout compris pour trois semaines en Thaïlande.

Cours de cuisine, Chiang Mai

Malaisie : le bilan

Taman Negara

L’une des principales spécificités de la Malaisie, ce sont les communautés qui la composent. On en distingue trois principales : les Malais, les Chinois puis les Indiens. Ces communautés ont gardé leur identité propre (langue, religion, nourriture, etc.) et se mélangent peu même si la cohabitation semble être harmonieuse. On retrouve l’atmosphère de l’Inde ou de la Chine dans certains quartiers et on aime ça !

WC à Kuala Lumpur

Il est vraiment facile de voyager en Malaisie, tout le monde parle anglais, les infrastructures touristiques sont de qualité, en restant à des prix raisonnables. La Malaisie est un pays facile pour les Occidentaux qui conserve quand même un caractère asiatique marqué, ce qui en fait une bonne première destination pour découvrir le continent. On trouve de magnifiques paysages, une grande diversité dans les activités et un patrimoine culturel intéressant, même si on vient plutôt pour la nature (jungle, îles, montagnes, plages). Ce n’est pas une destination réputée pour faire la fête car l’alcool y est rare et cher. Ce n’est pas non plus un endroit où vous éviterez les Français qui sont nombreux à y voyager, dommage que Le Routard ait bâclé son guide.

Pour finir, nos trois semaines en Malaisie nous ont coûté environ cinq-cents euros tout compris.

Temple hindou sur Penang Hill

Indonésie : le bilan

Ubud, Bali

On retiendra de l’Indonésie sa diversité. En un mois, nous avons pu alterner plages idylliques, culture avec les musées et villages traditionnels, tourisme naturel avec le Mont Bromo et nos nombreuses balades ainsi  que villes et campagne avec Java et Flores. C’est une destination où l’on ne s’ennuie pas, surtout à Flores, car chaque journée est différente de la veille. A Flores, on perd beaucoup de temps dans les transports, presque toujours une journée pour aller d’une ville à l’autre en transports en commun. Cela permet malgré tout de capter des scènes de vie locale. A noter que Jean-Noëlle comptent bien revenir en Indonésie pour visiter les nombreuses îles restantes, notamment Bornéo, Sumatra et Sulawesi. Six mois nous semblent nécessaires pour faire le tour du pays qui est bien plus étendu que ce que nous pensions avant de le visiter.

Ubud, Bali

L’une des qualités de l’Indonésie est sa population. Même si de nombreux Indonésiens se montrent oppressants voire malhonnêtes, surtout à Bali et Java, Jean-Noëlle préfèrent se souvenir des nombreux sourires et conversations désintéressées échangés avec les habitants de Flores. Les défauts évoqués sont plutôt l’apanage des hommes de trente/quarante ans qui travaillent dans le tourisme tandis que le reste de la population, avec laquelle on est moins en contact  est plus serviable et agréable.

Près du Mont Bromo

Le dernier tiers de notre voyage indonésien a été marqué par le début du Ramadan. Celui-ci est partie prenante de la vie quotidienne à Java, île à 80% musulmane. L’intérieur des restaurants ouverts dans la journée est masqué par de gigantesques bâches en plastique, les chants des muezzins rythment les début et fin de journées, la rupture du jeûne est un événement quotidien intéressant à vivre. Néanmoins, on n’est pas gêné par la pratique du Ramadan et on a surtout apprécié vivre cette expérience. A noter que les vols seraient plus fréquents en période de Ramadan, selon les mises en garde faites aux touristes par les locaux.

Mont Bromo

Lors de notre mois en Indonésie, nous avons surtout croisé des couples et des familles, rarement des bandes de potes. Par ailleurs, et vous l’aurez sûrement compris au fil des articles précédents, les différents musées que nous avons visités (exceptés le Neka Art Museum à Ubud et le Musée Affandi à Yogyakarta) sont très mal agencés. Est-ce pour cette raison que l’on ne croise les touristes que sur les marchés de souvenirs et dans les hôtels ?

Jakarta

Concernant l’aspect financier, les prix annoncés par le dernier Lonely Planet (édition 2010) ont énormément augmenté pour le logement et les visites (jusqu’à deux fois et demi plus cher à Flores), à peine pour les transports. Jean-Noëlle auront dépensé sept-cent-soixante euros chacun tout compris, c’est un petit budget pour l’Indonésie.

Rinca et Komodo

Le bilan du Pays du Milieu (Zhongguo)

Nous allons tout au long de l’article vous donner les prix en kuais (ou yuans, RMB, CNY, comme vous préférez) dans la mesure où les taux de change avec l’euro varient beaucoup (l’euro chute !). Lors des quatre mois de séjour de Jean-Noëlle en Chine, on peut estimer qu’un euro valait huit kuais. NB : On est quand même passé de huit euros trente à sept euros quatre-vingts en quatre mois. Ça n’est pas non plus la chute libre, il y a de brefs rebonds, parfois.

Cité Interdite, Beijing

On va commencer par le bilan financier.

En gros à Shanghai vous pourrez trouver une chambre en colocation à partir de trois-cent-cinquante euros. Mais ça peut vite vous coûter nettement plus cher. Je vous conseille quand même de vous renseigner de votre côté car je n’ai aucune certitude concernant les trois-cent-cinquante euros. Niveau transports un trajet de deux ou trois arrêts de métro vous coûtera trois kuais et on passe à quatre pour plus. La course minimum en taxi est de quatorze kuais de jour et de dix-huit kuais la nuit (à partir de vingt-deux ou vingt-trois heures) et on s’en sort très rarement au-dessus de quarante kuais. Concernant la nourriture comptez vingt à quarante kuais pour un fast-food, moins de vingt-cinq kuais pour un repas dans les petits restaurants et au maximum cent-cinquante pour un bon restaurant. Pour les sorties c’est trente à cinquante kuais le verre en boîte et maximum cent kuais l’open-bar quand il y en a. On paie un paquet de cigarettes chinoises fumables six kuais cinquante et un paquet de Marlboro Light seize kuais. (Ce qui n’a pas empêché N. d’arrêter de fumer il y a six semaines, avant son départ de Chine !)

Pour Beijing, sur le campus une chambre coûte entre mille-neuf-cent-soixante et deux-mille-cinquante kuais selon le nombre de jours dans le mois. La caution est de deux-mille kuais. On peut trouver une chambre dans une colocation pour le même prix mais vous n’avez que très peu de chances de revoir votre caution et c’est plus compliqué niveau enregistrement à la police, taxe, etc., car certains propriétaires vous feront tout payer. Pour le transport le métro coûte deux kuais, peu importe où vous allez. Compter vingt-sept kuais pour aller à l’aéroport avec la navette, cinquante avec le taxi. Course minimum de onze kuais le jour et treize kuais la nuit mais avec trois kuais à ajouter à la fin de la course, en tant que taxe. Le prix de la nourriture varie beaucoup selon que vous mangez occidental ou non, mais les prix sont plus ou moins les mêmes qu’à Shanghai. Vous pouvez acheter une énorme portion de riz frit pour quinze kuais (qui vous fera bien deux repas). Sur le campus pour dix-huit kuais vous pouvez avoir une portion pour deux trois personnes de Com Pao Chicken avec du riz. Pour les sorties, beaucoup d’open-bars à trente/soixante kuais (filles/garçons). Selon les bars les verres varient de dix à cinquante kuais et sont le plus souvent aux alentours de trente mais vous pouvez trouver des adresses à dix vingt kuais. Pour les cigarettes les prix sont les mêmes. Pékin c’est un tout petit peu moins cher que Shanghai pour les transports et les sorties mais les différences ne sont pas énormes.

Écoliers à Chengdu, Sichuan

Passons aux transports. En Chine, quand on utilise le métro (ouvert de six heures à vingt-deux heures, environ) on prend le risque de se retrouver compressé dans un wagon ou de se faire bousculer car on se trouve sur le chemin d’une place assise. L’avantage c’est que dans les couloirs on se laisse porter par la foule ! Niveau signalisation c’est très bien fait. Quant aux Chinois, la plupart du temps ils sont disciplinés mais il arrive que ce soit la ruée dans le wagon avant même que les voyageurs soient descendus. Les places assises sont chères et nous n’excluons pas d’avoir pris de bien mauvaises habitudes pour notre retour en France. (Votre grand-mère, votre tante enceinte, votre frère en béquilles ? Peu importe, on fonce !) Le métro est le moyen le moins cher de se déplacer après le bus. Mais le soir on prend le taxi, c’est presque un réflexe : on n’a qu’à lever le bras quand leur lumière est verte, c’est pratique c’est de la même couleur que les feus ! A Shanghai tous les taxis sont des Santanas de Volkswagen (voiture vieille d’une quinzaine d’années qui a été ressortie pour les Chinois, sympa), à Beijing c’est un peu plus moderne et varié. Les conducteurs sont en sécurité derrière leur vitre de plexiglas. Ceux-ci ne parlent presque jamais anglais et ne savent pas toujours lire le pinyin (transcription du chinois en alphabet latin). Il vaut donc mieux parler mandarin. S’ils ne parviennent pas à lire l’adresse que vous leur montrez (autre solution), appelez le Magic Number (96 22 88) ! Ce numéro a été mis en fonction pour l’Exposition Universelle de 2010 à Shanghai. Vous parlez en anglais au téléphone et la personne au bout du fil traduit en mandarin pour votre interlocuteur. Mais quand on vit à Shanghai, on s’en passe ! Existe aussi avec les SMS (106695882929) pour recevoir l’adresse du Dada en pinyin ET en caractères, par exemple. Il existe aussi des taxis motos. Ceux-là, il faut les reconnaître. Plus pratiques, plus rapides et moins chers que les taxis automobiles, ils sont aussi beaucoup plus rare (presque inexistants en centre-ville à Shanghai). Lorsqu’il pleut vous pouvez prendre un tuk-tuk ou un taxi sans licence (en général un particulier qui a décidé que comme il n’avait rien à faire, il pourrait peut-être arrondir sa fin de mois). Comme tous les taxis sont pris quand il pleut de nuit, les tuk-tuks et faux taxis ont des prix quatre fois supérieurs, imposés avant de monter (la jungle, on vous dit !). Il n’y a pour ainsi dire jamais d’embouteillages à Shanghai tandis qu’ils sont fréquents à Beijing lorsque les gens sortent après dîner. Dernière chose, en Chine, quatre-vingt-quinze pour cent des scooters sont électriques. Pourquoi ne pas faire de même en Europe ?

Brochette d'insectes, Beijing

Passons à l’Internet et à la censure, sujet préféré des médias occidentaux lorsqu’il s’agit de la Chine. Alors si vous n’êtes pas engagés politiquement contre le gouvernement autant vous dire que la censure vous vous en fichez. Tous les chinois savent ce qu’est Facebook. Bien sûr ils ont leurs propres réseaux sociaux (Weibo, Renren et QQ, entre autres) mais Facebook et Twitter ne sont pas des mots vides de sens pour eux. Facebook, You Tube et Twitter sont bien bloqués, mais vous pouvez utiliser un proxy ou un VPN comme Astrill. Le proxy est gratuit et les étrangers qui l’obtiennent l’ont par un Chinois. Le VPN est payant mais est plus efficace que le proxy qui plante parfois. Toutefois J. utilisait un proxy et ne s’est pas trop plainte. Sachez par contre que l’Internet en Chine est très lent, surtout dans la fac de J. qui n’avait pas le wifi.

Jean-Noëlle ont décidé d’envoyer des affaires en France depuis la Chine à la fin de leur échange. Après une belle étude de marché, ils ont opté pour un envoi par bateau par l’intermédiaire de la China Post. C’est censé arriver en six à huit semaines et être très fiable. On a essayé mais il y a un mois donc on vous dira si ça arrive effectivement ou non ! N. a payé quatre-cent-quatre-vingt-dix kuais à Shanghai pour vingt-trois kilogrammes et cinq-cent grammes (normalement la limite est à vingt kilogrammes pour environ quatre-cent-dix kuais). J. est allée à Beijing dans un petit bureau de poste. Ils n’avaient pas de cartons assez grands donc elle a dû prendre un grand et un petit pour cinq-cent-quarante kuais. Ils n’ont par contre pas vérifié le poids. Dans ce bureau de poste ils font très attention à vos affaires, franchement si ça casse c’est vraiment pas de chance car ils ont mis le paquet sur les protections.

Ile de Hong-Kong

Passons à l’un des avantages de la Chine : les horaires. Ici il y a des supérettes ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre sept jours sur sept. Dans la rue près des boites de nuit, vous trouvez des marchands de brochettes et autres. Il y a également des restaurants ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme Mc Donald’s mais aussi des restaurants chinois. Bien sûr les Chinois mangent tôt et les horaires de la cantine sur le campus ne sont pas vraiment adaptés aux occidentaux (fermeture à dix-neuf heures) mais la majorité des restaurants ferment vers vingt-deux heures. Autre chose, le Mc Donald’s ici livre à domicile et ce à n’importe quelle heure, n’importe quel jour. Dans un autre registre N. a même réussi à s’acheter un nouveau portable et une carte SIM à vingt-deux heures. Et s’il vous prend une envie de shopping, selon les quartiers, vous pourrez trouver votre bonheur jusqu’à vingt-et-une heures. Et bien sûr pas de problème le dimanche.

Une bizarrerie de la Chine réside dans la mode. Disons déjà que leur goût et leur tenue vestimentaire sont « originaux » mais pas dans le bon sens du terme. C’est souvent du grand n’importe quoi niveau couleurs, assortiments ou tout simplement choix du vêtement. Idem pour leur coque de téléphone qui sont très « bling-bling ». Beaucoup avec des paillettes, du doré, des choses en relief. Les Chinois ne sont pas très sobres dans leur style. En Chine, les femmes sont toujours sur leur « trente-et-un ». Même si elles vont faire une randonnée autour de lacs dans une vallée du Sichuan, elles porteront des talons, du maquillage, comme si elles sortaient, c’est plus chic. Ca n’est pas systématique et ça paraît étrange mais on s’y fait, promis. Sans transition (la flemme !). Le leader des parapluies doit être un homme heureux dans la mesure où les Chinoises utilisent un parapluie presque toute l’année. Quand il pleut pour se protéger de la pluie (c’est pas vrai !). Et quand il fait beau, elles s’en servent comme d’une ombrelle (les plus chic ont bien sûr une véritable ombrelle) pour se protéger du soleil. [Heureusement, trois jours sur quatre il n’y a ni pluie ni soleil à Shanghai, à Pékin, de février à juin la pluie est plutôt rare !] En effet, en Chine il est vivement déconseillé de bronzer pour deux raisons. Les Chinoises cherchant à ressembler aux occidentales, leur peau doit être la plus blanche (la moins jaune) possible donc si elles bronzent, leur peau fonce et (re)devient (plus) jaune. La deuxième raison est que le citadin riche n’a pas la peau bronzée car il ne travaille pas au champ. En France, on fonctionnait de la même manière avant le Front Populaire, mais depuis on sait que le riche a le temps et l’argent nécessaires pour partir en vacances au soleil, et donc bronzer.

Restaurant de rue, Shanghai

Ici les couples adorent s’habiller pareil et il n’est pas rare de les voir porter le même tee-shirt. Un ami s’imaginait la scène dans la chambre le matin pour le choix du tee-shirt, cocasse. De même vous croisez facilement des groupes de jeunes filles portant exactement la même robe. Vous verrez également beaucoup de jeunes filles se tenir par la main, d’hommes avec des sacs à main ou avec des accessoires roses, Hello Kitty, etc. Rien à voir avec l’homosexualité, pour les filles il s’agit d’un geste d’amitié, pour les garçons, les attributs de la virilité ne sont pas les mêmes que chez nous. De plus, le Chinois est loin d’être un macho. Au pire, comme c’est le cas à Shanghai, il est même inférieur à sa femme qui fait le travail à sa place, lui hurle dessus ou le frappe (les Shanghaiens sont la risée des autres Chinois pour cette raison). C’est peut-être d’ailleurs pour cela (à moins que ce ne soit par galanterie) que tout Chinois porte le sac à main de sa compagne au bras. Ne vous étonnez pas si vous voyez un Chinois porter le sac à main de sa compagne alors qu’il n’a pas de compagne, ça arrive aussi ! On peut également voir des chiens habillés, et certains portant des baskets. Ici ils sont fans de leurs chiens, et il y a beaucoup d’accessoires pour les bêtes. C’est peut-être le moyen de compenser le fait de n’avoir le droit qu’à un seul enfant.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Chine applique toujours la politique de l’enfant unique. Ça lui a déjà posé des problèmes par le passé (population trop masculine mais ça s’est estompé) et ça continue à lui en poser. Comment un enfant unique peut-il assurer la retraite de deux parents, voire en plus quatre grands-parents ? D’après le professeur de Chinois de N., un enfant supplémentaire coûterait (il n’est pas sûr du nombre mais ça lui avait paru très peu) deux-mille euros. Autant vous dire que les riches n’ont pas vraiment la nécessité de se plier à cette politique. Néanmoins, peut-être le regard des autres est-il difficile à supporter. Quoi qu’il en soit, quand on voit ces parents avec leur unique fille, ou cette grand-mère avec son unique petit-fils, ils ont l’air heureux. On pourrait presque croire que c’est une publicité pour la politique de l’enfant unique tant ils ont l’air de savourer pleinement la chance qu’ils ont d’avoir cet unique enfant. C’est assez étrange.

Danse à Chengdu, Sichuan

Beaucoup de petites habitudes curieuses en Chine. Vous croiserez assez souvent des couples (plus rarement des jeunes filles seules), sur leur « trente-et-un », avec des photographes autour. Compte tenu du physique du couple ou des demoiselles vous réalisez vite que ça ne peut pas être des mannequins. Il s’agit de couples qui vont se marier et qui viennent faire des photos. Pour les jeunes filles seules, l’apparence comptant beaucoup pour certaines, il peut s’agir de photos dans un but personnel. Une autre bizarrerie déjà présenté dans un autre article, les parents qui viennent « vendre » leurs enfants célibataires dans l’espoir d’enfin pouvoir les marier. Les chinois sont également très rieurs et parfois vous ne savez pas pourquoi ils éclatent de rire (nous n’avons pas du tout le même humour). Dans leurs bons jours ils adorent rigoler avec les occidentaux. Ils peuvent être très attachants même s’ils ont de gros défauts, surtout à Pékin qui est beaucoup plus chinoise que Shanghai. Le top un du défaut insupportable revient à leur manie de cracher par terre avec d’abord un énorme raclement de gorge qui vient de loin. Vous pouvez même voir des femmes très classes le faire. Même après quatre mois on ne s’y habitue pas. Leur manie de roter ainsi que le fait que leurs enfants ne portent pas de couches mais des pantalons fendus aux fesses pour pouvoir faire leurs besoins partout dans la rue sont également déplaisantes pour des occidentaux.

Mariée, Shanghai

Un autre problème est leur incapacité à laisser passer les gens : ils vous collent dans la queue et saisiront la première occasion de passer devant, pas de pardon ici, on veut passer, on vous bouscule. Egalement n’espérez pas qu’on vous laisse sortir du métro tranquillement, il faut jouer des coudes car ceux qui montent n’attendent pas que les gens soient descendus pour le faire. Du coup, deux minutes avant chaque station, les gens se précipitent pour pouvoir être le plus proche possible de la porte. De même ici la voiture semble prioritaire sur le piéton car même si le feu est vert pour vous s’ils ont décidés de passer, ils passent. Quand vous n’en pouvez vraiment plus, prenez un aller-retour pour Hong-Kong ou le Japon.

Au fait, grâce à vous nous avons dépassé les deux-mille visites. Merci de votre fidélité.

Jean-Noëlle, enfin !

Pudong, Shanghai

J. au Japon : le bilan

La première chose qui frappe au Japon c’est le mélange entre tradition et modernité. Beaucoup de hauts buildings, de malls, mais en même temps encore des sanctuaires dans la ville où les gens viennent prier, on croise des gens en tenue traditionnelle (plus de femmes que d’hommes), des petites bâtisses, etc. Les bains sont encore une tradition très répandue et on y croise des familles ou des groupes d’amis. Tradition et modernité ne sont pas deux mondes fermés. A Fukuoka près d’un mall immense j’ai croisé un homme en tenue traditionnelle qui venait de faire ses courses. De même vous pouvez croiser des jeunes filles très modes venues prier dans un temple au beau milieu d’une rue commerçante. A Kyoto nous avons croisé un couple en tenue traditionnelle à  une terrasse d’un bâtiment traditionnel assis sur des chaises, mangeant de la nourriture occidentale en buvant du vin blanc.

Geisha Kyoto

Tokyo est la ville la plus déjantée du Japon. Le cosplay (les jeunes habillés en tenue de soubrettes ou de mangas) est plus répandu à Tokyo, tout comme les gens habillés en Elvis qui viennent danser dans la rue. C’est à Tokyo également que vous verrez les tenues vestimentaires les plus déjantées, les magasins vendant plein de brics-à-bracs et les phénomènes les plus fous comme les maids cafés présentés dans l’article sur Akihabara.

On trouve également beaucoup d’espaces verts au Japon et près des grandes villes de nombreuses petites îles sont accessibles en moins d’une heure. Vous pourrez alors passer votre journée dans la nature, à regarder la mer. Et si vous trouvez une plage avec baignade surveillée, vous serez tranquille car les japonais ne se baignent pas beaucoup dans la mer.

Champ de fleurs, Japon

Les gens ici sont les plus serviables que j’ai pu rencontrer en Asie. Si vous avez l’air un peu perdu, quelqu’un viendra vous aider et vous aidera vraiment autant qu’il le peut, au point parfois de faire le chemin avec vous. A chaque fois que vous rentrez dans une boutique on vous saluera et on vous remerciera quand vous en sortirez. Effectivement dans les restaurants les formules de politesse sont scandées comme une chanson mais ça ajoute au charme. Ils sont également très polis entre eux et il n’est pas rare de voir des gens se courber 5 ou 6 fois pour se dire au revoir, surtout chez les hommes d’affaires.

Les japonais ont également une passion pour Disney. Vous trouverez des Disneystore dans chaque ville, parfois même plusieurs. Il est très facile de trouver des vêtements ou accessoires à l’effigie des personnages de Disney dans de nombreuses boutiques ou portés par les gens dans la rue. De même Hello Kitty est très présente. Vous trouverez des gâteaux Hello Kitty, des peluches, stylos, tasses, etc. Les vêtements Hello Kitty par contre (comme le Kimono) sont plus pour les enfants, à la différence des produits Disney. Ils ont également un goût pour les vêtements colorés et originaux. Toutefois, les japonais ont beaucoup de style et l’originalité donne de bons résultats sauf pour les cas extrêmes que vous croiserez surtout dans Hasakusa.

Mickey Hasakusa

Les vêtements dans les boutiques sont parfois trop jeunes avec beaucoup de dentelles, de cols, d’imprimés comme des cœurs et des étoiles, mais on trouve aussi de très jolies choses et une balade dans les malls peut devenir une torture (au moins) si votre portefeuille est vide. Dans les quartiers très commerçants on trouve peu de petites boutiques. Ce sont surtout des enseignes très connues sur plusieurs étages. On va trouver les petites boutiques dans les malls ou dans les stations de métro où l’on peut trouver des vêtements ou des chaussures à cinq vingt euros (malheureusement mes pieds sont trop grands).

En effet, si le Japon est un pays cher, surtout pour le logement, on peut trouver des restaurants et des boutiques moins chères. J’ai souvent mangé pour trois à cinq euros dans des petits restaurants. Essentiellement des ramens mais aussi des sushis et des makis. Certains « sushis-train » proposent la paire de sushis à un euro, ce qui permet de manger beaucoup de sushis pour pas grand-chose. Ajoutons à cela que la nourriture est délicieuse et que j’ai seulement une fois été déçue par le contenu de mon assiette.

Peluches Hello Kitty

Je ne peux pas finir cet article sans vous parler des Kit-Kat qui nous ont beaucoup occupés avec mon frère car on trouve des parfums très originaux mais pas dans les mêmes boutiques. Nous avons testé : cookie-cream, canelle, glace à la vanille, framboise, chocolat noir, chocolat au lait (ceux que nous connaissons) et chocolat au lait avec des boules de riz soufflées. Nous avons également vu « thé vert » et il existerait clémentines, soupe miso et wasabi. Apparemment les parfums changent selon les boutiques mais aussi selon les villes et les saisons !

N. aux Philippines : le bilan

Première information importante concernant ce bilan sur mes dix-sept jours passés dans ce magnifique pays que sont les Philippines : le visa touristique est gratuit et vous accorde vint-et-un jours sur place. Celui-ci devrait passer à trente jours prochainement, renseignez-vous.

Island hopping à El Nido, Palawan

La première chose que j’ai remarquée en arrivant aux Philippines, à l’aéroport de Manille, c’est la place de la religion. En effet, que l’on soit catholique ou musulman, on a la possibilité de prier dans un espace dédié au sein de l’aéroport. Il me semble n’avoir jamais vu cela, excepté peut-être à Kuala-Lumpur (et encore, je ne suis pas sûr). La religion, catholique surtout, est omniprésente : église dans le moindre village, chapelets dans les tricycles et taxis, images du Christ un peu partout et notamment publicités dans les rues. Ça change de l’Europe, ça étonne au début mais on s’y fait vite.

La deuxième chose qui frappe lorsqu’on arrive c’est le sourire des Philippins. En France, on ne sourit que si on a une bonne raison ou si on veut une augmentation (vous trouvez que j’exagère ? pas si sûr…). Aux Philippines, on vous sourit tout le temps, on vous salue, on est aimable et accueillant, on essaie de vous aider. Et tout cela est d’autant plus facile qu’on parle la même langue, l’anglais. Il y a bien sûr un intérêt à ne pas parler la langue des habitants du pays que l’on visite car ça ajoute à l’exotisme du pays, ça rend les situations plus loufoques, on s’amuse et on apprend à s’exprimer sans le langage (ce fut le cas pour moi à Taiwan, au Vietnam et en Chine). [Désolé, je crois que j’ai mis Taiwan et Chine, je rectifie : ce fut le cas pour moi au Vietnam et en Chine.] Mais quand on se comprend au delà des gestes et de trois mots de vocabulaire les échanges deviennent autrement plus intéressants et on apprend beaucoup plus de la culture et de la mentalité de l’autre.

Enfants à Puerto Princesa, Palawan

Petite anecdote sans (aucun) intérêt. Les Philippins ont tendance à toujours ajouter le mot “only” après vous avoir annoncé le prix. On retrouve ce “only” à l’écrit également. Pure provocation quand on vous annonce un prix trop élevé (peu probable) ? Conviction que le prix est bon (fort probable) ? Conscience Marketing même chez les commerçants les plus modestes (amusant, plausible) ? => Je vous avais prévenus !

Les Philippines semblent être le pays plus pieux du monde catholique et pourtant les lady boys sont légion, s’assument et sont tout à fait intégrés dans la société. Je trouve cela surprenant mais n’ai malheureusement aucune explication à ce paradoxe philippin.

En dix-sept jours passés aux Philippines je n’ai pris qu’une douche pas froide (et je ne dis pas qu’elle était chaude). Ça paraît abominable mais en fait on s’y fait très bien dans la mesure où les températures sont rarement (à part dans les montagnes) inférieures à vingt degrés. Quand aux chasses d’eau, ça fonctionne souvent avec un seau.

Prêts pour l'Underground River à Sabang, Palawan

La ponctualité n’est pas la principale des qualités philippines et il ne faudra pas vous étonner que personne ne s’étonne (ça fait deux fois le même verbe ? ah bon !) ici d’un retard de deux heures (ça n’est arrivé qu’une fois, heureusement). Toujours est-il qu’un bus ou une jeepney partira rarement à l’heure, sauf quand vous serez en retard, évidemment. On sait comment ça marche ! Les routes ne sont pas en très bon état et ne sont que rarement “construites”. En général ce ne sont même que des cailloux, voire des pierres. Je vous laisse imaginer le confort en jeepney ou tricyle.

En parlant de tricycle, j’ai remarqué que chaque zone géographique a son type de tricyle propre. Sur l’île de Palawan, la structure fait toute la largeur et il y a deux banquettes face à face sur le side-car. Sur l’île de Busuanga, on a pensé à tout avec un porte-bagages sur le toit et deux banquettes séparées sur le side-car. A Manille, les tricyles sont plutôt des vélos que des motos car si on veut aller vite ou loin on prend le taxi, bon marché. Enfin dans les montagnes, il n’y a qu’une banquette niveau passager mais parfois deux porte-bagages. Bref, c’est du détail mais ça fait aussi partie des typicités du pays.

Jeunes Philippins à Sabang, Palawan

Concernant le climat il faut savoir que la saison touristique s’étale de novembre à mai et que l’autre moitié de l’année c’est la saison des pluies. Il y a donc moins de touristes et vous pourrez sans doute négocier les prix quand ils ne seront pas déjà plus bas qu’en pleine saison. Les températures sont assez stables toute l’année. En définitive, j’ai apprécié voyager juste après la haute saison car on n’a eu aucun problème à se loger, les touristes étaient rares et la météo (à part une bonne pluie de temps en temps en fin de journée) fut parfaite, si on exclut les trois derniers jours.

Pour finir, le budget (un euro équivaut à à peine plus de cinquante pesos, je vous laisse convertir les nombres suivants). En dix-sept jours j’ai dépensé environ cinq-cent-trente euros tout compris. Une nuit coûte de deux-cents à deux-cents cinquante pesos (trois-cent-cinquante à Manille), un repas entre cent et deux-cents pesos, une San Miguel vingt à quarante pesos. Pour plus de détails je vous suggère de consulter les articles précédents où j’ai bien souvent précisé les prix. Sachez que j’ai voyagé de manière économique.

Enfants à Palawan

Mutti, Vati, on avait parlé un jour de se retrouver aux Philippines si j’avais des vacances à Shanghai, l’occasion ne s’est pas présentée mais le voyage aurait été génial, croyez-moi !

Merci à Henri et Stéphane qui m’ont accompagné chacun une semaine.

N.

Stéphane en route vers Batad, Luzon

Incredible Ind!a : le bilan

La première chose que l’on remarque en Inde, c’est l’omniprésence de la poussière. Bien que les routes et les rues soient très poussiéreuses (car pas réellement bitumées), c’est surtout lorsque que l’on respire ou que l’on remarque qu’on a le dessous des ongles noir sans raison apparente que l’on se rend compte de l’omniprésence de la poussière. On s’y habitue tout en comprenant pourquoi on voit de nombreux Indiens portant des foulards leur protégeant la bouche (pas de masque chirurgical comme à Taïwan ou au Vietnam).

Singe, Elephanta Island, Mumbai

Voyager en Inde c’est également partager sa vie avec une faune très présente. On commencera par le classique : les vaches. On en a même croisé à Bombay et Udaipur. Près des ghâts les rues de Varanasi sont couvertes de bouses et se faire suivre par une vache en Inde n’a rien d’étonnant. Il y a également beaucoup de chèvres, de rapaces, de sangliers, d’écureils, de pigeons et de chiens, souvent inoffensifs, sauf à Pushkar où un chien a empêché J. de passer, sans doute effrayé par son allure de tortue ninja débouchant d’une ruelle sombre à une heure tardive. Mais ceux qu’on a le plus vus et entendus, ce sont les singes. Ils sont partout : dans les villes, dans les temples, sur les terrasses de restaurants, etc. Ils passent leur temps à se battre, à sauter de toits en toits et de branches en branches. Pas du tout effrayés par l’homme, il arrive qu’ils jettent des projectiles et volent des affaires. Bref l’Inde est un zoo grandeur nature et nous retiendrons la phrase de notre chauffeur de taxi à Bombay : “Ceci est le zoo mais il y a plus d’animaux dehors que dedans”.

Vache, Inde

Un autre point très particulier à l’Inde est la vigilance constante dont on doit faire preuve. Il existe de nombreuses arnaques qui vont des plus inoffensives (produits faux ou défectueux, mauvaises informations concernant les hôtels) aux plus dangeureuses (empoisonnement de la nourriture, drogues cachées dans une boisson ou un gâteau pour détrousser le touriste). Du coup cela peut parfois gâcher le voyage car il est difficile d’avoir un véritable échange quand on reste toujours sur ses gardes. L’échange est d’autant plus difficile que les Indiens ont du mal à ne pas vous parler d’argent. Il arrive souvent que des gens viennent vous parler d’une façon qui semble désintéressée, vous donnent des informations, vous font visiter et ensuite vous demandent de venir dans leur magasin ou de leur donner de l’argent. Voyager avec un guide tel que le Routard est d’ailleurs utile pour être au courant de certaines arnaques car sur place personne ne vous en parlera. Toutefois, parfois, il est bon de laisser tomber la méfiance pour ne pas vexer son interlocuteur.

Mc Donald, Admission Inde

Les Indiens ne semblent pas avoir le même sens du service que nous. Au restaurant les plats mettent souvent beaucoup de temps à arriver et on se demandait pourquoi jusqu’au jour où on s’est rendu compte que l’unique cuisinier était au téléphone au lieu de cuisiner. Les serveurs n’en avait bien entendu pas profiter pour se rendre utile. Tout cela pour dire que le client n’est pas roi et que les Indiens auront parfois tendance à s’occuper de vous après avoir terminé ce qu’ils ont à faire. Néanmoins, d’autres Indiens (ceux qui ne travaillent pas dans les métiers de service, paradoxalement) sont très serviables et n’hésiteront pas à interrompre leur route pour expliquer en hindi à un chauffeur où vous souhaitez aller. On nous a aussi prêté un téléphone portable avec le sourire afin que nous puissions demander à notre hôtel de venir nous chercher à la gare à Jaipur. En bref, comme pour les arnaques, il y a toujours un Indien pour rattraper l’autre, même si on remarque que ce sont souvent les plus aisés qui vous viendront en aide.

Taj Mahal, Inde

Les Indiens ont un rapport particulier avec les Occidentaux. Il y a une réelle curiosité mais pas d’admiration particulière, contrairement à des pays comme le Vietnam. Ils ont gardés une identité très forte et ont un regard fier, ce qui rend ce pays si dépaysant. Toutefois, vous êtes souvent accueillis avec un grand sourire, les enfants sont ravis de vous dire “Hello” et les adultes de vous serrer la main. J. se souvient avec émotion de cette femme venue vers elle avec un grand sourire pour lui serrer la main avant de continuer son chemin. Certains comportements sont parfois plus hostiles et leur regard peut parfois déranger, notamment celui des hommes sur les femmes. Contrairement à des pays comme Taïwan et Vietnam, les femmes sont peu habillées à l’occidentale et il ne faut pas être trop découverte. Les regards entre sexes sont plus sexués et il n’est pas rare qu’un indien vous fasse des compliments ou des avances.

Nous avons eu la chance d’assister à de nombreux mariages dans les rues d’Agra et de Khajuraho. Nous ne savions pas de quoi il s’agissait avant de questionner des Indiens. Nous avions juste remarqué à plusieurs reprises de grands cortèges avec un homme à cheval, de nombreux Indiens dansant sur des musiques différentes mais jouées en même temps par un orchestre et une sono, ainsi que d’autres Indiens tenant des lampes, le tout souvent précédé et suivi d’un groupe électrogène. Tout cela semble assez brouillon, et, croyez-nous, c’est parce que ça l’était ! En tous les cas, ces cortèges étaient très festifs, principalement composés d’hommes et nous nous sommes fait expliquer par la suite que l’Indien à cheval était le futur marié qui allait chercher sa dulcinée. Très typique et très plaisant à observer !

Chèvre, Inde

Petite parenthèse avant d’en venir au budget de ce voyage : le visage de Gandhi est présent sur tous les billets indiens (comme celui de Mao en Chine, d’ailleurs), ce qui nous semble refléter la prédominance de son rôle dans l’histoire indienne récente. Concernant le budget, donc, nous avons dépensé environ huit-cents euros en trois semaines de voyage en comptant le visa, le logement ainsi que les transports sur place.

Pour J. ce pays restera son préféré. Pas à cause d’un endroit ou d’un lieu en particulier mais à cause de l’atmosphère. Il y a quelque chose de mystique en Inde et de très différent de ce que l’on connaît. Le pays a un vrai caractère et une identité très forte. C’est une véritable expérience, à condition d’être capable d’accepter la différence, la saleté apparente, le caractère parfois oppressant des villes, le regard des gens… En un mot, l’Inde vaut la peine d’être vécu hors des palaces, des bus de luxe et des classes reservées aux touristes.

Pour N. aussi l’Inde est le plus captivant et le plus dépaysant des trois pays visités pour l’instant (avec Taïwan et le Vietnam) de par sa beauté (ses payasages, ses monuments, ses habitants), son atmosphère (les traditions, les religions) et ses habitants, à la fois beaux, différents et fiers. L’Inde n’a pas fait le choix (contrairement à la Chine) de tenter de ressembler à l’Occident. L’Inde, c’est l’Inde, et c’est bien par ses propres valeurs et coutumes qu’elle continuera à briller !

Indien, Inde