Chine : feuille de route

Itinéraire Chine

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Beijing :

Welcome to Beijing

La Cité Interdite et le lac Behai

Les temples de Pékin

Un Shanghaien à Beijing

Vivre sur un campus à Beijing

Shanghai :

J. à Shanghai

Shanghai : Oiseaux de nuit

Shanghai : Promenades et visites

Shanghai : Shopping et sorties

Le retour de J. à Shanghai

Shanghai University of Finance and Economics (SUFE)

Ailleurs en Chine :

Xi’an et l’armée de terre cuite

Chengdu et Jiuzhaigou

Hong-Kong & Macau

La Grande Muraille 1 et 2

Le bilan du Pays du Milieu (Zhongguo)

Le bilan du Pays du Milieu (Zhongguo)

Nous allons tout au long de l’article vous donner les prix en kuais (ou yuans, RMB, CNY, comme vous préférez) dans la mesure où les taux de change avec l’euro varient beaucoup (l’euro chute !). Lors des quatre mois de séjour de Jean-Noëlle en Chine, on peut estimer qu’un euro valait huit kuais. NB : On est quand même passé de huit euros trente à sept euros quatre-vingts en quatre mois. Ça n’est pas non plus la chute libre, il y a de brefs rebonds, parfois.

Cité Interdite, Beijing

On va commencer par le bilan financier.

En gros à Shanghai vous pourrez trouver une chambre en colocation à partir de trois-cent-cinquante euros. Mais ça peut vite vous coûter nettement plus cher. Je vous conseille quand même de vous renseigner de votre côté car je n’ai aucune certitude concernant les trois-cent-cinquante euros. Niveau transports un trajet de deux ou trois arrêts de métro vous coûtera trois kuais et on passe à quatre pour plus. La course minimum en taxi est de quatorze kuais de jour et de dix-huit kuais la nuit (à partir de vingt-deux ou vingt-trois heures) et on s’en sort très rarement au-dessus de quarante kuais. Concernant la nourriture comptez vingt à quarante kuais pour un fast-food, moins de vingt-cinq kuais pour un repas dans les petits restaurants et au maximum cent-cinquante pour un bon restaurant. Pour les sorties c’est trente à cinquante kuais le verre en boîte et maximum cent kuais l’open-bar quand il y en a. On paie un paquet de cigarettes chinoises fumables six kuais cinquante et un paquet de Marlboro Light seize kuais. (Ce qui n’a pas empêché N. d’arrêter de fumer il y a six semaines, avant son départ de Chine !)

Pour Beijing, sur le campus une chambre coûte entre mille-neuf-cent-soixante et deux-mille-cinquante kuais selon le nombre de jours dans le mois. La caution est de deux-mille kuais. On peut trouver une chambre dans une colocation pour le même prix mais vous n’avez que très peu de chances de revoir votre caution et c’est plus compliqué niveau enregistrement à la police, taxe, etc., car certains propriétaires vous feront tout payer. Pour le transport le métro coûte deux kuais, peu importe où vous allez. Compter vingt-sept kuais pour aller à l’aéroport avec la navette, cinquante avec le taxi. Course minimum de onze kuais le jour et treize kuais la nuit mais avec trois kuais à ajouter à la fin de la course, en tant que taxe. Le prix de la nourriture varie beaucoup selon que vous mangez occidental ou non, mais les prix sont plus ou moins les mêmes qu’à Shanghai. Vous pouvez acheter une énorme portion de riz frit pour quinze kuais (qui vous fera bien deux repas). Sur le campus pour dix-huit kuais vous pouvez avoir une portion pour deux trois personnes de Com Pao Chicken avec du riz. Pour les sorties, beaucoup d’open-bars à trente/soixante kuais (filles/garçons). Selon les bars les verres varient de dix à cinquante kuais et sont le plus souvent aux alentours de trente mais vous pouvez trouver des adresses à dix vingt kuais. Pour les cigarettes les prix sont les mêmes. Pékin c’est un tout petit peu moins cher que Shanghai pour les transports et les sorties mais les différences ne sont pas énormes.

Écoliers à Chengdu, Sichuan

Passons aux transports. En Chine, quand on utilise le métro (ouvert de six heures à vingt-deux heures, environ) on prend le risque de se retrouver compressé dans un wagon ou de se faire bousculer car on se trouve sur le chemin d’une place assise. L’avantage c’est que dans les couloirs on se laisse porter par la foule ! Niveau signalisation c’est très bien fait. Quant aux Chinois, la plupart du temps ils sont disciplinés mais il arrive que ce soit la ruée dans le wagon avant même que les voyageurs soient descendus. Les places assises sont chères et nous n’excluons pas d’avoir pris de bien mauvaises habitudes pour notre retour en France. (Votre grand-mère, votre tante enceinte, votre frère en béquilles ? Peu importe, on fonce !) Le métro est le moyen le moins cher de se déplacer après le bus. Mais le soir on prend le taxi, c’est presque un réflexe : on n’a qu’à lever le bras quand leur lumière est verte, c’est pratique c’est de la même couleur que les feus ! A Shanghai tous les taxis sont des Santanas de Volkswagen (voiture vieille d’une quinzaine d’années qui a été ressortie pour les Chinois, sympa), à Beijing c’est un peu plus moderne et varié. Les conducteurs sont en sécurité derrière leur vitre de plexiglas. Ceux-ci ne parlent presque jamais anglais et ne savent pas toujours lire le pinyin (transcription du chinois en alphabet latin). Il vaut donc mieux parler mandarin. S’ils ne parviennent pas à lire l’adresse que vous leur montrez (autre solution), appelez le Magic Number (96 22 88) ! Ce numéro a été mis en fonction pour l’Exposition Universelle de 2010 à Shanghai. Vous parlez en anglais au téléphone et la personne au bout du fil traduit en mandarin pour votre interlocuteur. Mais quand on vit à Shanghai, on s’en passe ! Existe aussi avec les SMS (106695882929) pour recevoir l’adresse du Dada en pinyin ET en caractères, par exemple. Il existe aussi des taxis motos. Ceux-là, il faut les reconnaître. Plus pratiques, plus rapides et moins chers que les taxis automobiles, ils sont aussi beaucoup plus rare (presque inexistants en centre-ville à Shanghai). Lorsqu’il pleut vous pouvez prendre un tuk-tuk ou un taxi sans licence (en général un particulier qui a décidé que comme il n’avait rien à faire, il pourrait peut-être arrondir sa fin de mois). Comme tous les taxis sont pris quand il pleut de nuit, les tuk-tuks et faux taxis ont des prix quatre fois supérieurs, imposés avant de monter (la jungle, on vous dit !). Il n’y a pour ainsi dire jamais d’embouteillages à Shanghai tandis qu’ils sont fréquents à Beijing lorsque les gens sortent après dîner. Dernière chose, en Chine, quatre-vingt-quinze pour cent des scooters sont électriques. Pourquoi ne pas faire de même en Europe ?

Brochette d'insectes, Beijing

Passons à l’Internet et à la censure, sujet préféré des médias occidentaux lorsqu’il s’agit de la Chine. Alors si vous n’êtes pas engagés politiquement contre le gouvernement autant vous dire que la censure vous vous en fichez. Tous les chinois savent ce qu’est Facebook. Bien sûr ils ont leurs propres réseaux sociaux (Weibo, Renren et QQ, entre autres) mais Facebook et Twitter ne sont pas des mots vides de sens pour eux. Facebook, You Tube et Twitter sont bien bloqués, mais vous pouvez utiliser un proxy ou un VPN comme Astrill. Le proxy est gratuit et les étrangers qui l’obtiennent l’ont par un Chinois. Le VPN est payant mais est plus efficace que le proxy qui plante parfois. Toutefois J. utilisait un proxy et ne s’est pas trop plainte. Sachez par contre que l’Internet en Chine est très lent, surtout dans la fac de J. qui n’avait pas le wifi.

Jean-Noëlle ont décidé d’envoyer des affaires en France depuis la Chine à la fin de leur échange. Après une belle étude de marché, ils ont opté pour un envoi par bateau par l’intermédiaire de la China Post. C’est censé arriver en six à huit semaines et être très fiable. On a essayé mais il y a un mois donc on vous dira si ça arrive effectivement ou non ! N. a payé quatre-cent-quatre-vingt-dix kuais à Shanghai pour vingt-trois kilogrammes et cinq-cent grammes (normalement la limite est à vingt kilogrammes pour environ quatre-cent-dix kuais). J. est allée à Beijing dans un petit bureau de poste. Ils n’avaient pas de cartons assez grands donc elle a dû prendre un grand et un petit pour cinq-cent-quarante kuais. Ils n’ont par contre pas vérifié le poids. Dans ce bureau de poste ils font très attention à vos affaires, franchement si ça casse c’est vraiment pas de chance car ils ont mis le paquet sur les protections.

Ile de Hong-Kong

Passons à l’un des avantages de la Chine : les horaires. Ici il y a des supérettes ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre sept jours sur sept. Dans la rue près des boites de nuit, vous trouvez des marchands de brochettes et autres. Il y a également des restaurants ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme Mc Donald’s mais aussi des restaurants chinois. Bien sûr les Chinois mangent tôt et les horaires de la cantine sur le campus ne sont pas vraiment adaptés aux occidentaux (fermeture à dix-neuf heures) mais la majorité des restaurants ferment vers vingt-deux heures. Autre chose, le Mc Donald’s ici livre à domicile et ce à n’importe quelle heure, n’importe quel jour. Dans un autre registre N. a même réussi à s’acheter un nouveau portable et une carte SIM à vingt-deux heures. Et s’il vous prend une envie de shopping, selon les quartiers, vous pourrez trouver votre bonheur jusqu’à vingt-et-une heures. Et bien sûr pas de problème le dimanche.

Une bizarrerie de la Chine réside dans la mode. Disons déjà que leur goût et leur tenue vestimentaire sont « originaux » mais pas dans le bon sens du terme. C’est souvent du grand n’importe quoi niveau couleurs, assortiments ou tout simplement choix du vêtement. Idem pour leur coque de téléphone qui sont très « bling-bling ». Beaucoup avec des paillettes, du doré, des choses en relief. Les Chinois ne sont pas très sobres dans leur style. En Chine, les femmes sont toujours sur leur « trente-et-un ». Même si elles vont faire une randonnée autour de lacs dans une vallée du Sichuan, elles porteront des talons, du maquillage, comme si elles sortaient, c’est plus chic. Ca n’est pas systématique et ça paraît étrange mais on s’y fait, promis. Sans transition (la flemme !). Le leader des parapluies doit être un homme heureux dans la mesure où les Chinoises utilisent un parapluie presque toute l’année. Quand il pleut pour se protéger de la pluie (c’est pas vrai !). Et quand il fait beau, elles s’en servent comme d’une ombrelle (les plus chic ont bien sûr une véritable ombrelle) pour se protéger du soleil. [Heureusement, trois jours sur quatre il n’y a ni pluie ni soleil à Shanghai, à Pékin, de février à juin la pluie est plutôt rare !] En effet, en Chine il est vivement déconseillé de bronzer pour deux raisons. Les Chinoises cherchant à ressembler aux occidentales, leur peau doit être la plus blanche (la moins jaune) possible donc si elles bronzent, leur peau fonce et (re)devient (plus) jaune. La deuxième raison est que le citadin riche n’a pas la peau bronzée car il ne travaille pas au champ. En France, on fonctionnait de la même manière avant le Front Populaire, mais depuis on sait que le riche a le temps et l’argent nécessaires pour partir en vacances au soleil, et donc bronzer.

Restaurant de rue, Shanghai

Ici les couples adorent s’habiller pareil et il n’est pas rare de les voir porter le même tee-shirt. Un ami s’imaginait la scène dans la chambre le matin pour le choix du tee-shirt, cocasse. De même vous croisez facilement des groupes de jeunes filles portant exactement la même robe. Vous verrez également beaucoup de jeunes filles se tenir par la main, d’hommes avec des sacs à main ou avec des accessoires roses, Hello Kitty, etc. Rien à voir avec l’homosexualité, pour les filles il s’agit d’un geste d’amitié, pour les garçons, les attributs de la virilité ne sont pas les mêmes que chez nous. De plus, le Chinois est loin d’être un macho. Au pire, comme c’est le cas à Shanghai, il est même inférieur à sa femme qui fait le travail à sa place, lui hurle dessus ou le frappe (les Shanghaiens sont la risée des autres Chinois pour cette raison). C’est peut-être d’ailleurs pour cela (à moins que ce ne soit par galanterie) que tout Chinois porte le sac à main de sa compagne au bras. Ne vous étonnez pas si vous voyez un Chinois porter le sac à main de sa compagne alors qu’il n’a pas de compagne, ça arrive aussi ! On peut également voir des chiens habillés, et certains portant des baskets. Ici ils sont fans de leurs chiens, et il y a beaucoup d’accessoires pour les bêtes. C’est peut-être le moyen de compenser le fait de n’avoir le droit qu’à un seul enfant.

Vous n’êtes pas sans savoir que la Chine applique toujours la politique de l’enfant unique. Ça lui a déjà posé des problèmes par le passé (population trop masculine mais ça s’est estompé) et ça continue à lui en poser. Comment un enfant unique peut-il assurer la retraite de deux parents, voire en plus quatre grands-parents ? D’après le professeur de Chinois de N., un enfant supplémentaire coûterait (il n’est pas sûr du nombre mais ça lui avait paru très peu) deux-mille euros. Autant vous dire que les riches n’ont pas vraiment la nécessité de se plier à cette politique. Néanmoins, peut-être le regard des autres est-il difficile à supporter. Quoi qu’il en soit, quand on voit ces parents avec leur unique fille, ou cette grand-mère avec son unique petit-fils, ils ont l’air heureux. On pourrait presque croire que c’est une publicité pour la politique de l’enfant unique tant ils ont l’air de savourer pleinement la chance qu’ils ont d’avoir cet unique enfant. C’est assez étrange.

Danse à Chengdu, Sichuan

Beaucoup de petites habitudes curieuses en Chine. Vous croiserez assez souvent des couples (plus rarement des jeunes filles seules), sur leur « trente-et-un », avec des photographes autour. Compte tenu du physique du couple ou des demoiselles vous réalisez vite que ça ne peut pas être des mannequins. Il s’agit de couples qui vont se marier et qui viennent faire des photos. Pour les jeunes filles seules, l’apparence comptant beaucoup pour certaines, il peut s’agir de photos dans un but personnel. Une autre bizarrerie déjà présenté dans un autre article, les parents qui viennent « vendre » leurs enfants célibataires dans l’espoir d’enfin pouvoir les marier. Les chinois sont également très rieurs et parfois vous ne savez pas pourquoi ils éclatent de rire (nous n’avons pas du tout le même humour). Dans leurs bons jours ils adorent rigoler avec les occidentaux. Ils peuvent être très attachants même s’ils ont de gros défauts, surtout à Pékin qui est beaucoup plus chinoise que Shanghai. Le top un du défaut insupportable revient à leur manie de cracher par terre avec d’abord un énorme raclement de gorge qui vient de loin. Vous pouvez même voir des femmes très classes le faire. Même après quatre mois on ne s’y habitue pas. Leur manie de roter ainsi que le fait que leurs enfants ne portent pas de couches mais des pantalons fendus aux fesses pour pouvoir faire leurs besoins partout dans la rue sont également déplaisantes pour des occidentaux.

Mariée, Shanghai

Un autre problème est leur incapacité à laisser passer les gens : ils vous collent dans la queue et saisiront la première occasion de passer devant, pas de pardon ici, on veut passer, on vous bouscule. Egalement n’espérez pas qu’on vous laisse sortir du métro tranquillement, il faut jouer des coudes car ceux qui montent n’attendent pas que les gens soient descendus pour le faire. Du coup, deux minutes avant chaque station, les gens se précipitent pour pouvoir être le plus proche possible de la porte. De même ici la voiture semble prioritaire sur le piéton car même si le feu est vert pour vous s’ils ont décidés de passer, ils passent. Quand vous n’en pouvez vraiment plus, prenez un aller-retour pour Hong-Kong ou le Japon.

Au fait, grâce à vous nous avons dépassé les deux-mille visites. Merci de votre fidélité.

Jean-Noëlle, enfin !

Pudong, Shanghai

Shanghai University of Finance and Economics (SUFE)

Chers amis, voici mon dernier article sur Shanghai avant le dernier article chinois, le bilan du pays, que J. et moi-même allons rédiger prochainement. Je vais ici vous parler de la vie d’étudiant en échange à la SUFE, Shufe ou encore Shanghai University of Finance and Economics (pour les moins paresseux d’entre nous), l’une des meilleures universités du pays en termes de finance.

Campus SUFE

L’université est située au Nord de Shanghai, dans Shanghai, à un peu moins d’une heure de People’s Square où j’habitais. Pour m’y rendre, je marchais une petite dizaine de minutes pour rejoindre la ligne 10 du métro à East Nanjing Road puis c’était parti pour une demi-heure de métro avant de marcher à nouveau un quart d’heure environ. Bien sûr, ça fait loin, mais j’ai toujours préféré vivre dans l’hypercentre (cours de l’Intendance à Bordeaux, par exemple) quitte à perdre presque deux heures de transport pour aller et revenir de l’université. En même temps, c’est pas comme si on avait cinq jours de cours par semaine. A sept heures du matin, quand je prenais le métro, celui-ci était désert mais à huit heures (ça ne m’est arrivé qu’exceptionnellement), laissez-moi vous dire que c’était autre chose ! Là on comprend que le terme “foule” n’a vraiment pas la même signification à Paris qu’en Chine !

Le campus est tout à fait gigantesque (je pense que je n’en ai même pas vu la moitié), avec beaucoup d’immeubles de logements, des parcs et de vastes étendues d’herbe, un petit étang, des terrains de sport, etc. Bref, de quoi se promener et faire du sport. Pour vous donner une idée de la taille du campus, de nombreux étudiants s’y déplacent en vélo et les parkings à deux roues sont remplis. On y trouve aussi une supérette, un magasin à photocopies, un petit restaurant et au bas mot cinq cantines où l’on déjeune aisément pour moins d’un euro ! (Je n’ai jamais dépassé la somme d’un euro cinquante pour un déjeuner en tout cas.) On peut même acheter des cigarettes à la cantine ! Il y a également un second campus, assez loin (il faut prendre le taxi), mais je n’y suis allé qu’une fois pour obtenir un document me permettant ensuite de demander une entrée supplémentaire sur mon visa (afin de rentrer de Hong-Kong à Shanghai).

Je consacre un petit paragraphe aux Zhenzhou Nai Cha que je buvais une à trois fois par jour, une véritable addiction. Il s’agit de thé au lait (chaud ou froid mais c’est meilleur chaud) avec des billes de tapioca noires et un peu gluantes. Jean-Noëlle vous en avaient déjà parlé lors de leur séjour à Taiwan. On l’appelle thé aux perles en français et pearl tea ou bubble tea en anglais. Ca paraît étrange mais essayez si vous en avez la possibilié, c’est délicieux.

Un aspect qui rend la vie très facile à la Shufe est le fait que vous pouvez trouver toutes les commodités nécessaires à moins de cent mètres de l’université. On trouve donc à proximité immédiate de l’entrée une multitude de restaurants, bouibouis, vendeurs de dumplings ou nouilles sur mobilettes, une China Post, deux magasins de photocopies, une pharmacie, une librairie, une banque (il y a au moins deux distributeurs automatiques de billets sur le campus), trois supérettes, etc. Sachez qu’il ne vous sert à rien d’acheter les livres demandés, vous pouvez les faire photocopier pour 40 à 50 kuais (soit 5 à 6€ environ, on est loin des 40-60€ payés à BEM). Et je vous parle de pavés de cinq-cents pages.

Entrée SUFE

Pour finir il me semble intéressant de vous parler des professeurs et des étudiants puisque ce sont finalement eux qui m’ont donné un aperçu de la manière dont on travaille et pense en Chine. A mon avis ce seront finalement eux qui me seront les plus utiles à l’avenir si je travaille avec des Chinois. Les matières que j’avais choisi de suivre étaient les suivantes : commerce international, finance d’entreprise, gestion des systèmes d’information, management, marketing (deux cours différents) et microéconomie. Tous mes professeurs ou presque avaient un doctorat d’une grande université américaine, trois étaient effectivement américains, un anglais et deux chinois. Finalement, qu’on soit en France, aux Etats-Unis ou en Chine, on apprend la même chose et je me demande s’il n’est pas un peu dommage que le pays le plus puissant du monde suive un enseignement universitaire calqué sur celui des Etats-Unis.

Concernant les étudiants, cet échange fut très instructif. J’ai été assez étonné de voir qu’ils ne nous sont pas supérieurs comme je l’aurai imaginé. Quand on me parlait des Chinois, je m’imaginais des brutes de travail très intelligentes et à prendre en exemple. A BEM j’ai suivi un cours avec des Indiens qui correspondaient très bien à cette description et j’étais persuadé qu’il en serait de même pour les Chinois. Pas du tout ! Précisons tout de même avant d’entrer dans les détails que les étudiants que nous côtoyions étaient en début de cursus (alors que mon échange était mon dernier semestre d’études) donc nous avions presque cinq ans d’écart et j’avais un an et demi d’expérience en entreprise (contre aucune pour eux).

Les Chinois qui étudiaient avec nous travaillaient moins rapidement et moins efficacement que nous, ils s’y mettaient aussi à la dernière minute, n’avaient aucun sens de la présentation, lisaient leur texte à l’oral (pas leurs notes, leur texte sur lequel était même écrit “Hello everybody, my name is…” au cas où ils oublieraient par où commencer !), et avaient des raisonnements ou des propositions naïves, qui manquaient d’envergure. En discutant avec des expat’ qui étaient à Shanghai en stage ou en VIE, j’ai constaté qu’ils reprochaient les mêmes choses à leurs collègues chinois : principalement le manque d’esprit critique et de mise en perspective. C’est assez décevant, finalement, mais cela semble être lié à l’éducation avant l’université (on les fait bachoter mais pas réfléchir) et à la façon dont ils sont gouvernés (peu de place est laissée à l’esprit d’initiative). Mais cela ne les empêche pas d’être tout à fait sympathiques, lorsqu’ils parviennent à vaincre leur timidité. L’un de nos professeurs avaient un regard lucide sur le sujet et n’hésitait pas à les secouer “Ne changez pas de travail tous les trois mois, ça n’est pas sérieux !”, “N’hésitez pas à remettre en question ce que l’on vous dit !”, etc. Pour finir, j’espère et je crois que tout cela va évoluer assez rapidement, grâce, entre autre, à ce type d’enseignement à l’américaine qui n’est peut-être pas une mauvaise chose, finalement.

N.

Sigle SUFE

Le retour de J. à Shanghai

Après s’être couchée un peu tard le jeudi 31 mai, J. parvient à se réveiller pour prendre son train et même le prendre en avance, accueillie par un N. étonné (et bim !). Et oui, retour à Shanghai pour J., étape avant le Japon. Premier jour, on est tous les deux un peu fatigués alors on y va doucement. Un petit tour au Fake Market pour aller nous équiper pour la suite et nous filons nous promener dans la concession, quartier toujours agréable. C’est d’autant plus agréable qu’on s’arrête au Citizen Café pour déguster leur délicieux cheese-cake, l’un des meilleurs que Jean-Noëlle aient jamais mangé.

Pudong Shanghai

Le lendemain on part visiter le Shanghai Art Museum. Ça va, ça n’est pas trop loin, il suffit de traverser People’s Park. Sur le chemin, Jean-Noëlle pourra assister à quelque chose d’assez étonnant. En effet, en traversant le parc, nous remarquons des centaines de feuilles de papier A4 accrochées le long des allées autour d’une foule assez compacte de chinois d’une cinquantaine d’années environ. En nous approchant de ces fiches, des nombres nous sautent aux yeux : 1986, 1983, 1985, etc. C’est là qu’une conversation de N. avec l’une de ses colocataires lui revient en mémoire. Les parents des chinois de célibataires de plus de vingt-cinq ans viennent “vendre” leurs enfants sur le “marché du mariage”. Il semblerait qu’en Chine, pour les anciennes générations, il ne soit pas très bien vu de ne pas être marié après vingt-cinq ans. Mais les jeunes générations ne s’en soucient guère donc ce sont les parents qui vont “vendre” leurs enfants à coup d’arguments de choix : caractéristiques de la profession de l’enfant, de son appartement, de sa voiture, etc. Aucune photo, on vend une situation, pas un physique ! La question que Jean-Noëlle se posent : est-ce que ça marche ?!

Bref, revenons au Shanghai Art Museum et à ses trois (ou quatre ?) niveaux d’expositions de peintures contemporaines. Lorsque Jean-Noëlle s’y sont rendus (venir avant 16h, entrée gratuite), l’artiste mis en avant était Leo Erchun. J. n’a pas aimé, elle trouvait que ses peintures faisaient trop bande dessinée. N. ne partageait pas son avis et a apprécié ces peintures de plusieurs mètres carrés, souvent en gris et blanc avec quelques rares touches de rouge, mettant en scène des chinois aux visages très expressifs, soit souriants, soit sévères. La visite du musée prend un peu moins d’une heure.

Barbarossa Shanghai

N. emmène ensuite J. au Barbarossa, bar arabisant au cœur de People’s Park. Tables basses avec canapés, tables hautes en terrasse, des murs dans les tons orangés, beaucoup de bougies et de magnifiques lanternes en verre de toutes les couleurs, le  cadre est vraiment magnifique. En plus en happy-hour toute la carte est à moitié prix donc il ne faut pas s’en priver. Nous marchons ensuite sur Nanjing Dong Lu afin de rejoindre le Bund. Nous voulions nous offrir une croisière entre le Bund et Pudong, mais face au prix nous choisissons une promenade sur le Bund.

C’est dimanche, on s’offre un petit déjeuner/déjeuner dans un petit salon de thé en bordure de People’s Park, découvert par N. la veille. La décoration fait très maison de poupées et au moment de votre commande on vous confie un ours en peluche qui vous sera repris (ohhhhhh nnooooooooooon) dès que la commande sera complète. Club sandwich, tartines façon pizza, milk-shake et smoothies, gaufres, la carte est alléchante et la nourriture est de qualité, on s’est bien régalé.

Mariée Shanghai

Le ventre plein, il est temps de traverser la ville pour se rendre dans le quartier de Hongkou (au Nord-Est du Bund, de Suzhou Creek et finalement du centre-ville. Nous souhaitons y visiter la Synagogue Ohel Moshe. Si celle-ci n’a pas grand intérêt en elle-même (minuscule et rien à signaler), le mémorial qui se trouve à son sommet est, quant à lui, très prenant. Il traite de l’Holocauste à travers textes, photos, citations, le tout élaboré en partenariat avec le mémorial d’Auschwitz-Birkenau. Très bien documenté, c’est exhaustif et on ne lira donc pas tout. De toute façon, au bout d’un moment on commence à avoir du mal à lire tant d’atrocités… On n’a malheureusement pas vraiment pris le temps de visiter le musée des réfugiés juifs à Shanghai, fait assez méconnu finalement, mais le Lonely nous aura bien résumé l’histoire de ceux-ci. On a la conscience tranquille  Yahvé merci ! Ensuite on décide de se promener dans cette partie de la ville pour rejoindre un parc (qui venait de fermer quand nous y arrivâmes !). Super balade, là on n’est peut-être pas dans la vieille ville mais c’est très traditionnel, on ne croise pas un occidental et on a bien l’impression d’être dans une ville de la Chine reculée. On croise des poules, des poissons vivants dans des bassines d’eau, des échoppes, des “vrais” Chinois, etc. Un bon bol d’air !

Hongkou Shanghai

Lundi, pendant que N. révise, J. va visiter le Shanghai Museum, sur People’s Square. En forme de chaudron, ce musée est immense et traite de différentes parties de l’art et de l’artisanat chinois : céramiques, peintures, porcelaine, habits des ethnies, etc. Ce musée est très intéressant mais un peu trop dense, on a tendance à aller vite quand il y a beaucoup de pièces. Un peu moins aurait peut-être permis de se concentrer plus sur le contenu. Pour récompenser le travailleur, J. rapporte un part de cheese-cake de chez My Cheesecake, bon mais un peu trop gras et dense, décidément c’est la journée. 

Shanghai Propaganda Art Museum

Mardi, pendant que N. est sagement à l’école, J. part visiter en faisant une longue balade à pied. Premier arrêt  au Shanghai Propaganda Art Center. Ce petit musée est caché dans le sous-sol d’un building. Le garde à l’entrée de la résidence vous indiquera le musée car aucun panneau n’est présent. Sans doute parce que le musée offre une incroyable collection d’affiches de propagande, avec un regard assez critique. Les panneaux explicatifs sont en français et anglais, la plupart des affiches sont traduites à côté, visite très intéressante. Poursuite de la balade ensuite pour rejoindre le Shikumen Open House Museum. Les Shikumen sont les maisons traditionnelles de Shanghai (comme les hutongs à Pékin). A la différence des hutongs, ils ont plusieurs étages et sont plus grands. Le Shikumen Open House Museum est la reconstitution d’un Shikumen avec des explications, très bien fait. 

Shikumen Open House

Poursuite de la balade par la vieille ville. La périphérie de la vieille ville est agréable, on a plus l’impression d’être à Shanghai mais plutôt dans un village surtout dans le marché aux fleurs et aux oiseaux, qui compte peu de fleurs mais dans lequel on peut trouver une ménagerie diverse allant des oiseaux aux chats en passant par les grillons. Par contre la partie la plus connue de la vieille ville est vraiment trop touristique. On vous saute dessus pour vous faire acheter des choses, tout fait trop neuf, on a même essayé de proposer à J. une cérémonie du thé. Cette arnaque très répandue à Shanghai consiste à attirer le touriste dans une maison de thé afin de lui faire payer une note très salée, sans lui laisser trop le choix… Généralement, un couple de jeunes s’approche de vous en vous demandant de les prendre en photo devant un monument, paysage, autre. Puis ils engagent la conversation avec vous afin de vous mettre en confiance avant de vous inviter à une cérémonie du thé. On les voit rarement venir et ce n’est qu’au bout de deux trois minutes, ou quand ils vous proposent la cérémonie, que vous comprenez. Bien-sûr, n’acceptez jamais, même s’ils ont l’air gentils et de bonne foi, ils sont là pour ça !

Marché aux oiseaux et aux fleurs

Encore une journée seule pour J. pendant que le pauvre N. passe des partiels. Début de la balade par l’ancien bâtiment de la HSBC que l’on repère facilement aux deux lions à l’entrée. On rentre par des portes tournantes en bois marron. L’intérieur ressemble à un grand bâtiment colonial, avec une magnifique fresque au plafond représentant les douze signes du zodiaque (pied de nez fait aux chinois qui utilisent beaucoup leurs signes astrologiques pour décorer leur bâtiment ?). J. se dirige ensuite vers la station de ferry qui relie le Bund à Pudong en quinze minutes. S’en suit une (trop) longue marche pour rejoindre le Shanghai Science & Technology Museum, que J. aurait pu s’éviter en calculant mieux cette distance. Cette marche semble d’autant plus longue que les rues n’ont rien de bien intéressant dans cette partie de Shanghai.

Shanghai Science & Technology Museum

Le Shanghai Science & Technology Museum par contre c’est une pépite, un des meilleurs musées que J. ait jamais visités. Très interactif, tout est en anglais et en chinois. Certaines salles reproduisent des grottes, des cascades et des ponts en bois. D’autres plus futuristes permettent de rencontrer des robots artistes ou joueurs de Rubik’s cube. On descend également au cœur de la terre pour en apprendre plus sur celle-ci. Enfin une grande salle est consacrée à des expériences sur l’électricité et l’énergie et on peut toucher à tout ! Une visite à ne pas manquer en somme, pour petits et grands. 

Fin des visites pour la journée ensuite avec le Moganshan 50, le quartier des arts. J. s’y rend à pied et passe devant des murs tagués et des galeries d’art qui annoncent la proximité du M50. Moins grand que le quartier des arts de Pékin, il n’en est pas moins intéressant. Galeries de peintures, sculptures et photographies, il y a des choses vraiment très intéressantes et d’autres moins comme les expositions de ShangART, pourtant l’institution de ce quartier mais que J. a trouvé décevante. Sa préférée est Island6 , sans doute car elle a eu l’occasion de voir la réserve de la galerie et de discuter avec l’un des responsables. Beaucoup de jeux avec les LEDs dans des tableaux plus traditionnels, ou des vidéos insérées dans des miroirs, ce qui donne des résultats intéressants.

Tag M50 Shanghai

Jeudi on se réveille tranquillement pour aller visiter Red Town, quartier d’art contemporain consacré à la sculpture. Quand on arrive à l’intérieur de ce gigantesque pâté d’immeubles, on découvre une vaste pelouse vallonnée avec de grandes statues ici et là : Einstein, une Mercedes en brique rouges plus grande que l’original, un penseur façon Rodin mais obèse et aux yeux bridés, un taureau mécanique, etc. C’est prometteur. Malheureusement, à part cela, on a visité seulement le Shanghai Sculpture Space et une galerie. C’est assez pauvre, finalement. Il n’y a que deux musées (le deuxième préparait l’exposition suivante) et les galeries se compte sur les doigts de la main. Néanmoins, les sculptures que nous avons pu observer au Shanghai Sculpture Space étaient très intéressantes, allant de la reprise des sculptures classiques italiennes au bassin féminin fait à base de riz ! Bref, les Chinois ont de la ressource et la Chine ne devrait pas tarder à exploser sur le marché mondial de l’art contemporain (si ça n’est pas déjà fait, on n’y connaît rien !).

Red Town Shanghai

Le soir, premier Teppanyaki pour J. au Teppanyaki Tairyo avec les amis de N. Nourriture et alcool à volonté, on passe un bon repas, surtout que la nourriture est de qualité (nos papilles salivent encore à l’évocation du bœuf aux oignons cuit à la plaque, légèrement saignant, délicatement assaisonné et si fondant !!!!!!!). Suite de la soirée au KTV (karaoké) Haoledi, encore une première pour J., qui s’en est donnée à cœur joie, pour le plaisir (…) des oreilles de ses voisins.

Le vendredi sera surtout consacré aux derniers préparatifs de J. avant son départ au Japon le lendemain, ainsi qu’à la sélection par N. de 23,5 kilogrammes de vêtements, souvenirs et livres à envoyer en France par bateau via China Post.

Shanghai : Shopping et sorties

Inutile de vous fatiguer, vous ne comprendrez la photo ci-dessous qu’en fin d’article. D’ici-là, bonne lecture et bon appétit !

Carl's Junior

Alors vous allez me dire que j’ai déjà consacré un article aux sorties, mais celui-ci est différent dans la mesure où il est consacré aux sorties, dirons-nous, “diurnes” dans le sens où elles ont lieu avant les sorties nocturnes en boîte de nuit. Mon avant dernier article sur Shanghai traite donc des loisirs au sens large du terme. En fait pas tant que ça puisqu’il s’agit seulement du shopping et des restaurants, bars, etc.

L’une des premières choses que fait un expat’ en arrivant à Shanghai, c’est un tour au Fake Market. D’autant plus quand ledit expat’ arrive d’un périple à Taiwan (en Chine, donc), au Vietnam et en Inde avec une simple polaire Decathlon. Seul problème : les températures sont négatives. On a donc besoin de s’acheter un manteau. Trois solutions se sont offertes à moi :

1) L’achat d’un manteau chez Zara, Uniqlo ou H&M au design et à la finition peu convainquants pour 150€ environ (il faut savoir que ces magasins proposent des prix légèrement plus élevés à Shanghai qu’en France) ;

2) L’achat d’un manteau sur mesure et de qualité au Fabric Market (je vais y venir, ne soyez pas impatients, voyons !) pour 80€ environ (c’est déjà deux fois moins cher que chez les marques sus nommées) mais là il faut attendre plusieurs jour sans sortir de chez soi (pas pratique quand la rentrée est le surlendemain) ;

3) On se dit qu’on aimerait bien s’acheter une doudoune Moncler mais que payer un manteau (même un magnifique trench Burberry ou un caban Christian Lacroix) un prix à quatre chiffres c’est hors de question, alors une doudoune de skieur/blondinet méchu du VIe, n’en parlons même pas. Et puis là on se dit qu’on a quand même croisé pas mal d’expat’ qui portaient des doudounes Moncler mais qu’aucun n’était skieur (pas besoin d’une doudoune Moncler pour descendre la piste bleue artificielle de la ville) et que peu ou prou étaient de petits angelots à leur maman. Eurêka ! On file au Fake et au prix d’une négociation éprouvante on repart fier comme un bar-tabac (je sais, merci !) avec sa doudoune Moncler à même pas 40€. Même Carrefour ne propose pas de manteaux à ces prix-là ! On finit par déchanter quand on constate (on s’en doutait) que la qualité est douteuse, que la fermeture éclair bloque une fois sur deux et surtout que la doudoune en question n’est ni imperméable, ni chaude…

Je ne vous cache pas que je trouve moi aussi cette introduction un peu longue, mais je ne vous plains pas car pendant que vous promenez vos yeux ébahis (si, si, ébahis) sur votre écran je sue à grosses gouttes sur le hamac de mon hôtel à Puerto Princesa aux Philippines. Passons.

Le Fake Market c’est un gigantesque marché de centaines d’échoppes qui ne vendent que du faux : des jeans Diesel au casque Beats by Dr. Dre en passant par les chaussettes Hugo Boss et les montres Swatch. Si vous voulez des moccassins Tod’s pour douze euros, un suc Mulberry en vrai cuir pour cinquante ou encore refaire votre collection de Wayfarers, faites-vous plaisir ! Il y en a plusieurs dans la ville, mais j’ai toujours été au même, celui de Nanjing Xi Lu, juste après la voie rapide surélevée sur la droite, en venant de People’s Square.

J’aime son ambiance glauque avec ses lumières tamisées. J’aime quand la vendeuse vous enferme dans l’arrière boutique dans laquelle vous êtes entré quelques secondes plus tôt en faisant coulisser un mur de sacs monogrammés : “Wait here, don’t move!”, vous lance-t-elle dans un anglais parfait avant de revenir avec la couleur de sac que vous souhaitiez mais qu’elle n’avait pas dans son magasin. J’aime les grands sacs en plastique noir dans lesquels ils fourrent vos achats (c’est censé être discret mais dans la rue tout le monde sait que vous sortez du Fake !). J’aime les “You kill me!” et les “I kill you!” qui fusent. J’aime les chinois qui fument leurs cigarettes entre deux échoppes. Si on laisse son imagination faire le reste, on a vraiment l’impression de participer à l’économie parallèle, au marché noir. C’est exactement ce qu’on est en train de faire finalement, sauf qu’ici c’est tout à fait normal ! Comment expliquez-vous, sinon, que le Fake que je vous décris fasse sans doute 10 000 mètres carrés répartis sur quatre niveaux reliés par des escalators ? Bref, tout ça stimule et on se lance dans les négociations.

Quelques conseils de base :

– Parlez le moins anglais possible, ils apprécient que vous parliez votre langue et se disent sans doute que vous devez avoir une idée des prix ;

– Partez du magasin quand vous approchez enfin du prix que vous souhaitiez, normalement on vous rattrapera et vous finirez par réussir votre négociation ;

– Les shanghaiens négocient moins bien que les shanghaiennes ;

– Ne refusez jamais l’achat une fois que le vendeur a accepté votre prix, c’est insultant ;

– Une négociation réussie, ça n’existe pas, vous ne viserez jamais assez bas !

C’est très basique mais je vous laisse découvrir le reste par vous-mêmes car c’est plus ludique comme ça, vous verrez. En tout cas, une négociation au Fake est bien plus fatigante qu’une négociation en Inde où l’on se contentait finalement de répéter le même prix jusqu’à ce que le vendeur accepte. Au bout de quelques passages, on a d’ailleurs la flemme de négocier les prix à fond. Ca n’empêche pas de s’en sortir à des prix imbattables, rassurez-vous !

J’ai également été faire un tout au Fabric Market, équivalent du Fake mais pour le sur-mesure. Là aussi ça négocie sec et il est amusant de constater qu’on a bien moins de vocabulaire vestimentaire que les vendeuses chinoises qui prendront parfois un malin plaisir à corriger vos erreurs ! Vous choisissez vos modèles, puis vos tissus, les détails souhaités, puis vient la négociation et enfin la prise des mesures, tantôt en centimètres, tantôt en pouces, allez comprendre ! Rien de particulier à signaler. Voici quelques prix de référence (approximatifs car j’avais négocié un prix global) mais je pense qu’on peut faire mieux (après ça dépend aussi des Fabric, des délais que vous exigez et de la qualité des matières premières) (NB : Les montants en euros sont très approximatifs) :

– une chemise (poignets mousquetaire ou non) : 100 kuais (12€) ;

– une veste : 350 kuais (45€) ;

– un costume : 550 kuais (70€) ;

– un caban chaud en cachemire : 750 kuais (95€) ;

– une paire de boutons de manchette : 20 kuais (2,5€) ;

– une écharpe en cachemire : 35 kuais (4,5€) ;

– une cravate en soie : 30 kuais (4€).

Enfin, les autres lieux où vous pouvez faire du shopping sont de gigantesques malls où vous pourrez trouver de tout mais, là, pas de négociations possibles et des prix plus élevés qu’en Europe donc pas d’intérêt particulier.

Passons maintenant aux choses sérieuses avec les sorties et pour commencer le fameux combo que les chinois affectionnent tant : le Teppanyaki-KTV ! Si vous ne savez pas ce qu’est un Teppanyaki et que KTV vous évoque le nom des services secrets russes, rassurez-vous, ça n’est pas grave (un peu quand même pour KTV-KGB mais bon !).

Le Teppanyaki est un restaurant japonais où l’on vient en groupe de dix à vingt-cinq personnes pour profiter d’une formule all-you-can-eat/all-you-can-drink pour une somme comprise entre vingt et vingt-cinq euros ! Sushis, makis, tempuras, crevettes, coquilles Saint-Jacques, saumon, calamar, boeuf, poulet, riz, nouilles, bananes flambées et pour faire passer tout ça bière, vin blanc, vin rouge et saké. Si vous avez lu attentivement mon article Shanghai : Oiseaux de nuit vous vous doutez que le saké se boit en “ganbei”. Ce que vous ne savez pas forcément, c’est que chacun a son petit pichet et son minuscule gobelet à remplir de saké tiède (voire chaud si vous buvez assez souvent et que la thermos n’est pas loin) au rythme des “ganbei” de plus en plus sonores. Bref, tout ça est fort sympathique, on finit souvent par aller trinquer avec les clients de la salle voisine et le cuisinier dont on pique finalement la superbe toque blanche ! Une sacrée expérience.

Si on en a le courage on peut ensuite se rendre dans un KTV mais je doute que les chinois fassent les deux dans la même soirée. Et d’ailleurs je pense que les Teppanyaki sont plutôt l’apanage des expat’ à Shanghai que des Shanghaiens eux-mêmes. Par contre, concernant le KTV, c’est bien l’inverse. Si je vous dis karaoké vous imaginez soit une salle des fêtes miteuse dans une bourgade du Loir-et-Cher, soit votre petite soeur en train de s’époumonner sur les derniers tubes de la Star Academy sur la Wii (je ne sais pas si ça existe mais je tente quand même). Et bien changez vite d’avis parce que, premièrement, on s’éclate bien au KTV et, deuxièmement, si vous faites un jour du commerce en Chine, il est fort probable que vous y soyez invité par vos partenaires chinois ! Bref, on loue une salle capitonnée (ça vaut mieux) et sombre pour une dizaine de personnes, on s’époumonne sur Queen (beurk !) et Céline Dion (beurk, sauf que là c’est marrant) et quand on n’en peut plus des voix cassées de ses petits camarades on va faire de grandes accolades aux Chinois des salles voisines. A n’éviter sous aucun prétexte, vous l’aurez compris.

Passons maintenant à des sorties “diurnes” d’un ordre bien plus commun :

Les cafés et les bars :

Je classerais dans les incontournables pour leur cadre le Barbarossa, le 100th Century Avenue, et le New Heights, dans cet ordre. Le Barbarossa parce qu’il est situé en plein milieu de People’s Square, avec son rooftop entouré d’arbres et ses happy hours (17h-20h environ) où toute la carte (boissons et snacks, peut-être pas les chichas, néanmoins) est à moitié prix. Le 100th Century Avenue car, situé au 91e étage de la tour la plus haute de Shanghai, celle du Shanghai World Financial Center (aussi appelé décapsuleur, allez savoir pourquoi !),  il est le bar le plus élevé du monde. Les tarifs ne sont pas excessifs, le cadre est beau et intime. Malgré tout, on est trop haut à mon goût. J’aurais tendance à vous conseiller d’aller prendre un verre au restaurant du Hyatt dans la tour Jinmao voisine dans la mesure où vous ne serez plus qu’à deux-cent mètres du sol (au lieu de quatre-cent). Enfin, le New Heights, à l’extrémité Sud du Bund pour sa vue sur le Bund et Pudong en même temps.

Dans un style plus sympathique et chaleureux je classerais les trois cafés suivants. Le Café des stagiaires, tout d’abord, tenu par des français (à moins que ce ne soient des Suisses), refuge parfait lorsque vous frôlerez l’overdose de nouilles et de dumplings (ça ne m’est pas arrivé en quatre mois). Vous pourrez y boire à prix honnêtes de bons vins et des bières belges tout en dégustant du pâté, de très bonnes pizze et surtout du vrai pain ! Bon, la population est presque exclusivement composée de bobos/hipsters trentenaires (les hommes sont beaux et les femmes sont belles, cool). Je recommanderais aussi le Kommune, en plein centre du quartier piéton de Tianzifang (dont j’ai parlé dans mon article Shanghai : Promenades et vistes). Un peu cher dans l’ensemble, il propose de très bons vins du mois que tout un chacun peut venir sélectionner le dernier jeudi de chaque mois lors d’un blind tasting gratuit. La décoration très bois est tout à fait sympathique et l’ex-propriétaire à queue de cheval berlinois (le cheval ou le propriétaire, je ne sais plus) que j’ai rencontré le soir de son départ il y a deux semaines était vraiment intéressant. J’en profite pour lui souhaiter bonne chance dans son nouveau projet (comme s’il allait lire cet article, n’importe quoi !). Enfin, le Citizen Café dans la Concession Française pour ses canapés moelleux, sa décoration bordeaux et crème très réussie, mais aussi et surtout pour son cheese-cake incomparable (le meilleur que Jean-Noëlle aient jamais dégusté, foncez-y ! Et dîtes que vous venez de notre part, il se pourrait que vous n’ayez pas de remise.)

Dans un style différent la House of Blues and Jazz à proximité du Bund, un bar jazz qui aurait le style d’un ancien bordel (la source semblait savoir de quoi elle parlait) et où j’ai pu écouter un très bon groupe jouer des chansons plutôt Blues et Rock, voire Pop. Je pense qu’il y a mieux à Shanghai dans le genre mais comme c’est le seul que j’ai fait, pour moi c’est le meilleur bar jazz ! Mouahah !

Les bars à vin :

Viennent ensuite les bars à vin. Là j’ai un peu honte car je n’en ai fait que deux mais toujours dans des circonstances fort sympathiques. Je suis allé deux fois au Dr. Wine et j’ai beaucoup aimé l’ambiance (relativement sombre et différents types de tables : type auberge avec bancs, hautes avec tabourets, basses avec poufs et fauteuils clubs, classique, etc.). Les murs sont en pierre, les serveurs chinois savent ce qu’ils font, on vous change les verres d’une bouteille à l’autre, la carte est variée et vous pouvez acheter une bouteille à partir de 15€. Et laissez-moi vous dire que ce prix-là est relativement imbattable. Le Dr. Wine propose aussi quelques “plats” à grignoter mais le choix n’est pas exceptionnel, même si la qualité et les prix sont bons. Bref, super cadre, belle carte des vins, pas grand chose à redire finalement !

Le second où j’ai été invité par un couple charmant est l’Enoterra/Enoteca (impossible de vous donner le nom exact ; même le site web dont l’adresse est Enoteca a Enoterra pour titre !). Nous avons passé la soirée dans la salle du fond, à une gigantesque table haute au milieu des casiers à bouteilles en écoutant un groupe de musique manouche avec des guitaristes hors-pair. Je vous déconseille l’assiette de tapas occidentaux, c’est franchement raté. Par contre, niveau vins rouges je me suis éclaté avec le sud-américain (chilien ? argentin ?) et le sud-africain que nous avons goûtés. Cela m’amène à recommander une carte des vins finement élaborée. Merci à J.-P. et N. !

 

Les pubs :

Les pubs sont des pubs bien de chez nous avec billard(s), baby-foot, fléchettes, écrans géants retransmettant des matches et bien entendu leurs bons plans quotidiens. Le Malone’s est le premier où j’ai été et j’ai beaucoup apprécié sa formule du lundi avec burger et pinte de Tiger pour moins de 8€. Le groupe de musiciens philippins (ah, les Philippines) qui joue pendant la soirée est assez exceptionnel (tenues des danseuses et surtout le guitariste, vraiment bon). Seul inconvénient, c’est toujours plein à craquer. Si vous n’aimez pas la foule, foncez au Big Bamboo à deux-cents mètres, qui propose à peu près la même formule le lundi soir, qui n’a pas de groupe, moins de clients, deux billards (contre un) et un baby-foot. Troisième pub, le Shed qui propose lui des formules uniquement sur la nourriture et où il fait bon jouer au tarot en terrasse ! Enfin, le Helen’s, véritable institution en Chine du fait de son ambiance maison de campagne avec ses buckets de Red Labl-cola à 3€, ses bouteilles de 650 millilitres (c’est moche comme mot, il y a trop de “i” et de “l” à la suite) de bière à 2,5€ et ses hamburgers à 3€. On y passe toujours un bon moment et on a même la possibilité d’écrire sur les murs (et le plafond pour les plus grands !) dans une ambiance plus étudiante que dans les autres pubs.

Les restaurants :

Tout d’abord, les restaurants à la cuisine rattachée à un pays ou une région de Chine. Commençons par le plus original (vous comprendrez avec les suivants pourquoi c’est celui-ci qui l’emporte), à savoir le Silk Road où m’a emmené Xavier, un ami de longue date que je n’avais pas vu depuis plusieurs années. Ce restaurant ouïgour fut un très bon choix (musique “orientale”, plats divers et variés, cadre “musulman”). La cuisine, légèrement épicée, était tout à fait délicieuse. Mon préféré. Ca n’est pas très malin de ma part de présenter les choses ainsi, vous n’allez pas lire la suite. Et pourtant, vous devriez lire jusqu’au bout pour savoir par qui le roi a été détrôné ! Le Nepali Kitchen où l’on se déchausse avant de passer à table, assis en tailleur sur des coussins. Celui-ci mérite aussi la première place pour la qualité de ses plats et la délicieuse odeur de ceux-ci mais je connaissais déjà ce type de cuisine, contrairement aux spécialité ouïgoures. Ensuite, le Simply Thai, dans Xintiandi (mais il doit y avoir d’autres branches) qui manque franchement d’âme mais où le riz dans un ananas, que j’ai dégusté en compagnie de Justine sur les conseils de Caroline et Guilhem, était à tomber ! Ensuite le Da Marco (une chaîne également), restaurant italien à mur de pierres où j’ai savouré un super risotto et un très bon vin rouge en compagnie d’un brand ambassador bordelais. Et enfin, le Bella Napoli où nous avons fêté l’anniversaire de l’une de mes colocs en mangeant de très bonnes pâtes.

Je passe rapidement sur quelques restaurants type salades/sandwiches/quelques plats qui m’ont plu mais qui ne cassent pas non plus trois pattes à un canard, comme dirait meine Mutti ! Le Ginger où nous avions fait une halte avec Justine avant de visiter le Propaganda Poster Art Center, tout proche. Le K1+3 pour de bonnes salades dans un cadre “satiné” et avec une vue sympathique sur Nanjing Xi Lu. Le Cotton’s pour son brunch, son club sandwich et sa grande terrasse. L’Abbey Road et sa terrasse, parfait pour un brunch du dimanche suivi d’un happy hour passé à discuter politique avec deux magnifiques autrichiennes ! Et enfin le Westnine à la déco “petite fille” (rose pastel et blanc, ours en peluche), à côté de People’s Square.

Pour finir, les endroits où j’ai acheté le plus souvent mes plats du midi et du soir aux alentours du croisement Jiujiang Lu – Guangxi Bei Lu, pour 2,5€ en moyenne (qui a dit que le kebab était le repas le moins cher du monde ?). En bref, ça se résume à une échoppe chinoise (nouilles, riz frit, brochettes) et le super sourire de sa cuisinière (à qui je n’ai même pas dit “Adieu”, je suis un monstre), à deux “cantines” chinoise (dumplings) et musulmane (riz frit) et à un restaurant japonais (salade de crevettes sauce sucrée), ainsi qu’à deux autres endroits que je vais développer maintenant au-delà de simples parenthèses. Le Sarnies, tout d’abord, génial restaurant d’alimentation saine où tous les ingrédients sont ultrafrais et où l’on peut manger une salade ou un sandwich pour moins de 2,5€. Propose aussi de très bons jus de fruits mixés sous vos yeux (qui ne sont par conséquent malheureusement pas frais). Et le meilleur pour la fin, mon coup de foudre du semestre : CARL’S JUNIOR ! Ce fast-food américain qui n’a laissé absolument aucune chance à Burger King dans mon coeur propose de délicieux sandwichs plus que consistants (c’est un euphémisme, vraiment !), des frites qui ont un goût de pommes de terre et du Coca-Light à volonté ! Quand on en sort, on fait une sieste. Alors, amateurs de junk food de tous les pays, unissez-vous ! Pour que Carl’s Junior s’installe en France ! Parce que quand vous l’aurez goûté vous n’en aurez plus rien à faire que Burger King s’implante ou non dans la nouvelle galerie marchande de Saint-Lazare ! A bons entendeurs, salut !

N.

Shanghai : Promenades et visites

Article écrit à l’aéroport de Manille, entre deux cookies et un chocolat glacé, en attendant mon avion pour Puerto Princesa sur l’île de Palawan. Tout cela pour vous dire que je publierai prochainement des articles sur mes deux semaines aux Philippines.

Il faut savoir que j’avais déjà passé quelques jours à Shanghai, en novembre 2007. J’étais alors avec ma famille au sein d’un groupe. C’est notamment cette expérience qui m’a fait choisir cette nouvelle « capitale mondiale » pour mon échange ; je savais que je pourrais m’y épanouir. Néanmoins, j’avais gardé de mauvais souvenirs, ceux de foules oppressantes sur les trottoirs, de voitures trop nombreuses dans les rues. Mes souvenirs étaient tellement négatifs à ce sujet que lorsque je suis arrivé mi-février et que j’ai commencé à me promener à pied dans les rues, j’ai tout de suite relativisé. J’exagère à peine en affirmant que j’ai trouvé les trottoirs et rues vides de passants et de voitures. Tant mieux, ça commençait bien !

Je pense que Shanghai est une ville qui peut déplaire énormément si on n’y passe que quelques jours pour du tourisme. On a l’impression qu’il n’y a pas grand-chose à voir ou à visiter, que c’est plus occidental que véritablement chinois, que c’est cher. Mais quand on y reste pour un semestre universitaire, le voile tombe rapidement et la variété des quartiers et des lieux potentiels de visites, ainsi que le côté profondément chinois de la ville s’offrent alors au nouvel expatrié, patient. Shanghai est une femme qui ne se dévoile pas immédiatement, il faut lui laisser du temps pour qu’elle livre ses charmes. Au bout de quelques semaines j’ai donc apprivoisé Shanghai et je m’y suis donc très rapidement senti chez moi. Les chinois sont dans l’ensemble très sympathiques et on prend vite des repères et ses habitudes dans cette ville aux vingt-trois millions d’habitants. Bref, il y a quelques heures, je n’avais pas vraiment envie de partir.

Bund, Shanghai

Promenades :

La promenade la plus classique est de descendre Nanjing Dong Lu (East Nanjing Road) vers le Huangpu. Le Huangpu est la rivière qui scinde Shanghai en deux : Pudong, l’Est de la rivière, et Puxi, l’Ouest de la rivière en traduction littérale (Dong=Est, Xi=Ouest). Les « Champs Elysées » locaux sont sans doute l’avenue la plus fréquentée de Chine. Il s’agit plus précisément d’une avenue piétonne d’une trentaine de mètres de large que bordent malls chinois, enseignes occidentales (Mc Donald’s, Häagen Dazs, Zara, Apple, etc.) et nombreux autres magasins pour touristes et Shanghaiens friqués. Puis on arrive sur le Bund (prononcez « Bounde » en français, « Beunde » en anglais), cette longue promenade centenaire où se succèdent de majestueux bâtiments de la première moitié du siècle précédent : banques surtout, hôtels aussi, voire bien sûr restaurants, bars et magasins. L’intérêt est de grimper les quelques marches qui mènent à la promenade le long du Huangpu pour observer l’autre côté, Pudong, et sa ligne de gratte-ciels. Ceux-ci sont éclairés ou non, tous visibles ou non, selon le moment de la journée et le brouillard/les nuages (naturels ou dus à la pollution ?) qui les enveloppent parfois. Si vous avez le temps, traversez la rivière (sur ou sous l’eau) et promenez-vous en face. La vue depuis Pudong sur le Bund a un certain intérêt, malheureusement souvent négligé par les touristes pressés. (Je la ramène mais il m’aura fallu plus de trois mois pour me balader le long des quais piétons de Pudong !)

Moins incontournable et au moins aussi touristique, la vieille ville. Malgré son nom, lorsque l’on sort du métro, on a un peu l’impression d’être à Disneyland (rassurez-vous l’ouverture d’un parc est prévue à Shanghai dans les années à venir). Certes les bâtiments ont l’air traditionnel mais il y a tellement de boutiques de souvenirs, de groupes de touristes, etc. qu’on a du mal à saisir le charme de l’endroit. Deux solutions pour y parvenir. Tout d’abord, aller se promener au Yu Yuan (jardin Yu) : superbe, intime et extrêmement paisible, on aimerait y rester toujours. Ensuite, se perdre dans les ruelles de la vieille ville, loin de l’agitation du centre, là où des chinois vendent toutes sortes de légumes et fruits, poissons et viande (souvent vivants) accroupis sur le trottoir. C’est finalement une sorte de marché désordonné. C’est typique, ça fait vieille ville et ça a véritablement du charme.

Si l’Europe vous manque, je vous suggère d’aller vous promener dans la concession française, à l’ombre des platanes. Vous pourrez flâner à votre guise au milieu des Shikumen (maisons traditionnelles chinoises en pierre sur deux niveaux) et faire du lèche-vitrine en découvrant de quoi sont capables les créateurs shanghaiens. Parfait quand le temps est clément. Pourquoi ne pas faire une halte à Tianzifang, quartier piéton de Shikumen où se mêlent ruelles étroites, restaurants, boutiques à la mode ou traditionnelles et galeries d’art ? C’est souvent très fréquenté mais ça a beaucoup de charme. On peut aussi aller faire un tour à Xintiandi, beaucoup plus moderne et cher, où sont concentrés les bars à la mode et les marques de luxe chinoises. Dans ce quartier qui a perdu son âme lors de sa rénovation, on croise surtout les touristes, expats et chinois les plus riches. Néanmoins, “Xintiandi is a place where older people find it nostalgic, younger people find it trendy, foreigners find it cultural, and Chinese people find it foreign.” Et je suis sûr que pour ces raisons, Xintiandi en charmera plus d’un.

Pour finir, la promenade qui est, selon moi, de loin la plus intéressante pour s’immerger dans la Chine traditionnelle est à faire dans le quartier de Hongkou, au Nord de Suzhou Creek. Nous l’avons faite avec J. pour relier la Synagogue Ohel Moshe à un parc au Nord-Ouest de celle-ci qui était malheureusement fermé quand nous arrivâmes. On se balade d’une rue à l’autre, on croise des poules, de petites échoppes de nourriture ou de bricolage, mais on ne croise pas un seul occidental, que des chinois et peu de voitures. Là on est vraiment dépaysé et ça fait du bien !

Fumerie d'opium, Shanghai History Museum

Visites historiques et culturelles :

Tout d’abord le Shanghai Museum sur lequel je ne m’étendrai pas car je ne l’ai pas revisité lors de mon deuxième voyage. Je pense que c’est un musée incontournable, pour les courageux. Un seul mot le résumerait très bien : exhaustif. Ca implique qu’on peut y passer des heures mais que ça peut aussi devenir fatigant. Certains guides disent qu’il s’agit du meilleur musée de Chine et je veux bien les croire. Néanmoins, n’y allez que si cela vous intéresse vraiment et que vous êtes prêts à y passer du temps (il le mérite !).

Ensuite le Shanghai History Museum, à faire également. Un peu dans le même genre que les superbes musées de Hong-Kong et Macau, le Shanghai History Museum retrace de manière très ludique les derniers siècles de l’histoire de Shanghai. On se promène au milieu de quelques échoppes d’artisans puis carrément dans des rues reconstituées avec leurs commerces et restaurants. C’est très réaliste et on se promène en découvrant comment on vivait à Shanghai le siècle dernier. Fort sympathique.

Le Shikumen Open House Museum n’est pas indispensable mais il vaut vraiment le coup d’oeil dans la mesure où il se visite rapidement. Il s’agit tout simplement d’un Shikumen reconstitué dans sa forme originelle avec cour, bureau, salon et cuisine en bas, chambres en haut et au demi-étage. On s’y croirait. On y trouve aussi quelques caricatures sympathiques et un historique de Xintiandi (d’où est extraite la citation plus haut). J’y ai notamment appris que le principe des épiceries ouvertes 24/7 existe depuis de nombreuses décennies et qu’elles servaient au départ à acheter le strict nécessaire (cigarettes et journaux) à l’entrée des allées de Shikumen. On les appelaient alors Yan Zhi Store. Ils ont depuis été remplacés par les C-Store, Family Mart, Seven-Eleven, Well Mart, Kedi, All Days, etc. (Ca va me manquer à mon retour en France !)

Le Site du Premier Congrès National du Parti Communiste Chinois, gratuit et à proximité du Shikumen Open House Museum à Xintiandi. Pas transcendant mais intéressant pour (re)découvrir la création et l’évolution du PCC dans ses premières années. On y trouve même une reconstitution d’une réunion du premier congrès avec statue de cire de Mao.

Le Centre Artistique des Affiches de Propagande, à voir absolument pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il est situé au sous-sol d’un immeuble d’habitation et que pour le trouver, même avec les indications du Lonely ou du Routard, c’est assez folklorique ! Ensuite parce qu’il s’agit d’une collection privée (ce qui explique le premier point) ce qui rend les textes explicatifs (en chinois, en anglais et parfois même en français) assez neutres, voire critiques (c’est rare au pays de la censure et de la propagande). Enfin parce que la collection est riche de centaines d’affiches dont de nombreuses dizaines, parfaitement conservées, sont exposées.

Le Temple du Bouddha de Jade est le seul temple que j’ai visité lors de mon séjour à Shanghai. Il faut dire aussi qu’on en avait bouffé du temple lors de la première partie de notre périple jeune ! Par ailleurs, je ne suis pas sûr que les temples intéressants soient très nombreux à Shanghai. En tous les cas celui-ci est en activité ce qui constitue son principal intérêt. On doit payer un supplément pour voir le bouddha de Jade, vert pâle et haut d’un mètre quatre-vingt dix assis environ. Les photographies sont interdites et on est tenu à plusieurs mètres de distance de la statue par une barrière. On peut aisément s’en passer, donc.

La Synagogue Ohel Moshe dans le quartier de Hongkou dont le seul intérêt est le mémorial de l’Holocauste, créé en partenariat avec le mémorial d’Auschwitz. C’est exhaustif et on (ré)apprend, effrayé par les atrocité que l’homme est capable de commettre.

La Xiao Tao Yuan Masjid (ou Peach Garden Mosque) où j’ai été un vendredi midi, récemment. Bâtiment pas vraiment mis en valeur, deux plaques informatives mais surtout une atmosphère orientale (occidentale pour ici !) très agréable : appel à la prière, recueillement, on y médite sans voir le temps passer. Puis on achète quelques brochettes d’agneau en sortant. Sachez que les meilleures brochettes en Chine sont celles proposées par les musulmans (exceptées celles vendues devant le Phebe, mais ça c’est une autre histoire !).

Pour finir cette catégorie, le génial Shanghai Science and Technology Museum que j’ai visité hier après-midi en compagnie d’Estelle et Nina. On y a passé trois bonnes heures et on ne s’est pas ennuyé une seconde dans ses gigantesques salles classées par thèmes. Mentions spéciales pour le labyrinthe aux miroirs, la salle inclinée type bateau qui tangue, le robot qui termine un Rubik’s Cube en cinquante-sept secondes, la balade dans le système digestif (avant expulsion à l’imagerie très osée !) et enfin le Tetraxon Balancer, fauteuil fixé à différents cercles qui tournent dans tous les sens pour entraîner les astronautes à se retrouver sens dessus dessous ! Seul regret, et de taille, le musée est très mal entretenu et de nombreuses activités ne sont pas disponibles car abîmées.

Xiao Tao Yuan Masjid (ou Peach Garden Mosque), Shanghai

L’art contemporain à Shanghai :

Le Shanghai Art Museum à l’Ouest de People’s Square, dans un bâtiment en briques rouges avec une tour avec une horloge. Les expositions sont aux trois quarts temporaires et c’est gratuit donc ça permet d’y aller souvent. J’y ai vu un artiste assez « barré » qui présentait des voitures sous un angle vivant (difficile à décrire mais assez étonnant de voir un cœur battre sous un capot ou une Aston Martin transformée en insecte) ainsi que des œuvres très diverses de Luis Chan, artiste Hong-Kongais qui semble s’être inspiré de tous les styles, de l’impressionnisme à l’art traditionnel chinois en passant par le fauvisme. J’y ai aussi vu deux belles collections de peintures de Miro (désolé, mais pour moi c’est juste les Shaddoks en plus coloré !) et de Leo Erchun, au style assez diversifié lui aussi (type bande dessinée, estampes, etc., peu coloré en général).

Le MOCA (Museum Of Contemporary Art), perdu dans les feuillages de People’s Square m’a, entre autres œuvres moins intéressantes, fait découvrir le travail de l’artiste coréenne (du Sud !) Seoung Won Won  à travers sa série  “My Age of Seven” que je vous propose de découvrir ici.

La Shanghai Gallery of Art, localisée dans le Three on the Bund, où j’ai découvert Fang Wei, est d’un intérêt limité même si les œuvres sont de qualité et le cadre original (gigantesques espaces de béton gris).

Le quartier de Redtown et son Shanghai Sculpture Space où je vous déconseille de passer si vous ne restez que quelques jours à Shanghai. Néanmoins, si vous avez un peu plus de temps pour visiter la ville et souhaitez découvrir des lieux différents, Redtown fera très bien l’affaire. On y trouve surtout un vaste parc meublé de grandes statues (taureau mécanique, Mercedes en briques rouges, Penseur obèse, Einstein, etc.) et le Shanghai Sculpture Space dont les pièces exposées sont toutes originales et donnentn une bonne vue d’ensemble de ce dont les Chinois sont capables en termes de sculpture. Il peut y avoir de l’inspiration à prendre pour les artistes occidentaux !

M50, Shanghai

Et pour finir cet article en beauté, laissez-moi vous parler du M50, quartier de galeries contemporaines situées dans les anciennes usines du 50 de Moganshan Lu (Moganshan Road). On s’y promène aisément plusieurs heures en passant d’une galerie à l’autre, au hasard ou en suivant les conseils d’un guide quelconque (ou plutôt d’un quelconque guide, ne soyons pas médisant !). On trouve de tout, de l’original au carrément laid, de la sculpture (rare) à la peinture en passant par la photographie. Là aussi ça donne un bon aperçu de l’art contemporain chinois, digne d’un intérêt certain. Voici certaines des galeries que j’ai visitées :

– ShangART et ShangART H-Space, les deux galeries les plus connues, surtout axées sur la sculpture et les performances lors de mon passage, intéressantes ;

– Island 6, où sont exposées les œuvres très originales de Liu Dao, faites de personnages ou de formes composés de LEDs qui se meuvent derrière des photos ou dessins traditionnels chinois ;

– Ofoto, où j’ai pu admirer les belles photos de Daniele Dainelli ayant pour modèle des objets de la vie de tous les jours dans la campagne chinoise ;

– Pata Gallery, aux peintures mettant en scène des crânes, de manière plus ou moins réussie ;

– Provence Art, galerie de l’artiste Qiu Sheng Xian sur le nom duquel je vous conseille vivement de cliquer (zoomer sur les photos, une partie de l’intérêt est dans le détail) ;

– M97 (au 97 Moganshan Lu, donc en dehors du M50) où j’ai découvert les magnifiques photos en noir et blanc de paysages naturels de Michael Kenna ;

– Epsite qui exposait les portraits et photos de villes chinoises de Shen Wei, assez réussis.

N.

M50, Shanghai

Vivre sur un campus à Beijing

J. est partie de Beijing, le moment venu de faire un petit bilan de son expérience de la vie pékinoise sur un campus.

Première fois que J. arrive sur le campus avec Charlotte, il fait froid et le ciel est gris. Les vacances ne sont pas encore finies donc le campus est légèrement désert et on ne sait pas vraiment où on doit aller… Bah oui parce qu’en Chine les campus c’est très grand… On finit par trouver le bureau des étudiants internationaux (bureau indiqué en chinois mais pas en anglais, tout va bien…). On arrive et là, surprise, personne ne parle anglais, pas un mot… Heureusement, Charlotte parvient à se faire comprendre, on tend nos passeports, on nous donne des clés et c’est fini. On va voir les chambres : propre, de taille correcte, les deux lits une place sont un peu proches l’un de l’autre mais bon… La décoration est très austère mais quand il y aura un peu de vie, ça ira, il suffit d’attendre les colocs…

J., comme Charlotte et beaucoup d’autres, est bien tombée et donc la vie en coloc pendant quatre mois avec des lits à un mètre l’un de l’autre et bien ça se passe plutôt bien. Il suffit de respecter l’autre et puis comme on sort ou qu’on ne fait pas toujours les mêmes choses ou les mêmes cours, tout va bien.

Le campus ressemble à un quartier d’une grande ville, il y a plusieurs distributeurs, des boutiques pour la nourriture, l’électronique, le sport, l’hygiène… même des cigarettes sont vendues sur le campus. Il y a également un restaurant en plus des différentes cantines et petites échoppes. On trouve aussi pas mal de structures pour faire du sport : une salle de sport très sommaire en intérieur, des machines, un stade, terrains de volley et basket en extérieur. Pendant deux semaines J. se sera même levée à 7h00 tous les matins pour aller faire du Taichi. Avec l’arrivée du printemps c’est agréable de faire du sport dehors mais s’il faut se limiter au niveau du jogging à cause de la pollution. A Pékin, arrêter de fumer ou arrêter de courir c’est une question de survie car faire les deux c’est signer l’arrêt de mort de vos poumons.

Pour se restaurer on a donc ce qu’il faut, surtout que le campus est entouré de petites échoppes (dont une de baozi dont J. aura été une cliente fidèle), de Seven-Eleven et de divers restaurants. Le Seven-Eleven est une petite supérette de quartier dans laquelle on trouve de la nourriture (gateaux, chips, salades, plats chauds, etc.) et des produits d’hygiènes. On en trouve dans toute l’Asie, mais aussi en Europe du nord. En plus, à Beijing, Mc Do livre à domicile, elle est pas belle la vie !! Le plus souvent J. prenait ses repas chez elle, mais il lui est arrivé d’aller au restaurant, parfois à 14. Les chinois partageant plusieurs plats lors des repas, quand on est aussi nombreux on est mis à une table dont le centre en verre tourne, afin de faire passer les plats. Ambiance assurée, surtout quand les conversations se font dans plusieurs langues.

L’avantage d’être sur le campus ici c’est surtout que beaucoup d’étudiants habitent sur ou à côté du campus. Du coup on croise toujours des gens, on peut les retrouver dans le bar du coin, le Helen’s. Alors parfois, quand on va acheter un petit-déjeuner en pyjama on se passerait bien de croiser du monde, mais sinon c’est assez génial de pouvoir manger au restaurant à quinze ou de savoir que peu importe l’heure à laquelle vous voulez sortir ou rentrer, il y aura toujours quelqu’un pour partager un taxi avec vous. De plus des animations sont parfois prévues comme une soirée de bienvenue ou une bataille d’eau (que J. a manquée).

Après il y a aussi des désagréements. Internet n’est vraiment pas performant. Le bruit des alarmes de scooters qui se déclenchent si une feuille leur tombe dessus, pas beaucoup d’intimité… Mais en même temps ça permet d’avoir beaucoup de potins donc… La fac est également assez loin du reste de la ville, mais de toute façon à Pékin les distances sont grandes donc on s’y fait. L’un des bémols de cette superbe expérience a été le fait de ne rester que entre étudiants internationaux, surtout européens. Aussi bien à la fac que dans les bars et les boîtes, on était surtout entre occidentaux, mais c’est le cas pour tous les échanges finalement.

Un Shanghaien à Beijing

Le week-end commence mal. En effet, N. s’étant couché un peu tard mercredi 9 mai, c’est J. qui le réveille en l’appelant pour vérifier que son train est bien parti. Le train, sûrement, mais N. est toujours dans son lit… Sous les hurlements hystériques de J. (ça va, je rigole !), N. saute dans ses vêtements et file à la gare. Sur place, deux heures après le départ de son train, il parvient à échanger son billet… SANS FRAIS. Elle est pas belle la vie en Chine ? C’est parti pour un peu moins de cinq heures de trajet dans un train à grande vitesse qui roule en moyenne à 295km/h (compteur analogique du wagon à l’appui). Les paysages sont assez semblables aux nôtres, on n’est pas vraiment dépaysé.

Arrivée à Beijing un peu plus tard que prévu, donc, retrouvailles avec J. et premier yaourt tibétain. Dans un petit pot gris en terre cuite, c’est frais et onctueux, bref, délicieux ! Check-in à la Red Lantern, authentique auberge de jeunesse dans l’un des hutongs proches du lac Houhai. Après-midi glandouille et préparation du séjour en Indonésie au mois de juillet. J. y avait déjà logé en arrivant à Beijing trois mois plus tôt. L’accueil est toujours aussi agréable, les chambres propres et confortables.

Red Lantern Beijing

Dîner Red Capital Club, présenté comme un restaurant délicieux, que les membres du parti affectionnaient, le bar serait construit dans un ancien bunker. J. commande du yack au Bamboo, N. de l’agneau, nous partageons également une portion de “lanterne de crevette”. L’agneau de N. est délicieux, le yack de J. plus décevant mais la présentation est soignée, même si les quantités laissent à désirer. Ce qui n’est pas le cas du service car chaque plat est apporté avec vingt minutes d’intervalle et nous devons les redemander. Les prix sont assez élevés surtout pour la crevette qui arrive seule en beignet dans son assiette. Certes, la sauce est délicieuse, mais quand même. Le service nous déçoit tellement que malgré le cadre nous décidons d’aller prendre un verre ailleurs.

Après le dîner nous prenons donc un verre en terrasse au bord du lac Houhai et, comme les portions n’étaient pas très généreuses au Red Capital Club, on accompagne nos boissons d’un plateau de fruits et de frites (seulement pour N., ces dernières !). Ca y est, on a adopté la mode chinoise ! Puis retour à l’auberge pour la nuit.

Hutong Beijing

Le lendemain nous allons visiter le Palais d’été et tous ses bâtiments aux noms poétiques : “Palais de la bienveillance et de la longévité”, “Galerie Wenchang”, “Palais des vagues de jade”, “Galerie ouverte”, “Palais des nuages ordonnés”, “Pavillon des fragrances bouddhiques”, “Pavillon de la mer de la parfaite sagesse”, “Bateau de marbre”. La Galerie Wenchang présente différentes œuvres d’art chinois très intéressant. Nous avons beaucoup aimé le Palais des nuages ordonnés et le Pavillon des fragrances bouddhiques, malgré les nombreuses marches à grimper. A cause de la pluie nous écourterons notre visite. C’est dommage car par beau temps le Palais d’été doit être un endroit magnifique où il fait bon flâner. D’autant plus dommage qu’il pleut rarement à Beijing. Pas de chance !

Palais d'été Beijing

En fin d’après-midi, nous nous rendons au théâtre de la guilde du Huguang (ça sonne bien !) pour assister à l’opéra pékinois que J. a offert à N. pour son anniversaire deux semaines plus tôt à Hong-Kong. On pénètre dans la salle et on s’assoie à la première table devant la scène ,surélevée. Il doit y avoir une vingtaine de tables en tout. On nous offre le thé et quelques accompagnements solides. L’opéra commence par une allocution d’une jeune femme en costume qui nous résume de ce qui va suivre en mandarin et anglais. Puis vient la musique, principalement composée d’instruments à percussions et à cordes. Entre nous, c’est assez particulier et pour nous, occidentaux que nous sommes, ça ressemble plutôt à du bruit. Puis viennent les acteurs et/ou chanteurs, dans des costumes absolument somptueux, le visage intégralement recouvert de maquillage, c’est sublime. Ils alternent entre la narration et le chant, là encore c’est particulier mais bien plus mélodieux que la musique. S’ensuivent quelques combats précisément chorégraphiés. On est emporté par la magie visuelle, moins par la partie sonore. Belle expérience, en tout cas !

On rejoint ensuite les amis de J. au Doors, un bar de Sanlitun où la majorité des verres alcoolisés sont à 10 kuais. On part ensuite au Element’s, nouvelle boîte un peu chic où les verres sont chers mais l’entrée gratuite. Jean-Noëlle en profitent pour s’incruster dans le carré VIP et trinquer un fond de champagne avec des chinoises magnifiques. On passe ensuite par le Latte (gratuit et très chinois) et le Vics (payant, occidental, très Hip-Hop, R&B). (On laissera le soin aux germanophones de goûter la poésie des noms de ces deux dernières boîtes !) D’une façon générale, Pékin peut vous coûter très peu cher en sorties, si vous savez où aller. Pour les étudiants des open-bars gratuits sont proposés dans deux boites le lundi, des open-bars à moins de 40 kuais pour les filles et 60 pour les garçons sont proposés le mercredi dans plusieurs boites. Pour les week-ends, certains bars proposent des verres à prix discount. Dans tous les cas, les chinois sont toujours prêts à inviter les occidentaux à leur table, mais gare au “ganbei” qui peuvent vous coûter cher.

798 Art District Beijing

Samedi on se réveille tranquillement après une longue nuit et on se met en route pour l’Art District, quartier où des usines et entrepôts on récemment été transformés en galeries d’art contemporain, cafés et autres boutiques de T-shirts ou bijoux. A Beijing, les distances sont très longues et il nous faut pas loin d’une demi-heure pour rejoindre l’Art District après avoir changé plusieurs fois de ligne de métro et avoir pris un bus. Quand on arrive enfin, bon nombre de galeries sont déjà fermées et après en avoir visité une ou deux (sculptures oniriques, belles photographies), on se décide pour un verre en terrasse au Ccafé. On observe les futurs mariés qui se font prendre en photo par des photographes apparemment professionnels. Le décor a son charme, c’est original.

Puis on reprend le bus et le métro pour un passage à l’UIBE où J. étudie et loge depuis trois mois. Ce sera l’occasion pour N. de voir ou vit J., à savoir un bâtiment réservé aux étudiants internationaux qui partage à deux des appartements avec salle de bain et cuisine privative. Les chambres sont grandes et meublées mais les colocataires dorment dans la même pièce dans un lit une personne. On repart ensuite pour aller dîner en centre-ville.

Marché de Donghuamen Dajie, Beijing

Un dîner de gala au marché de Donghuamen Dajie. Au menu : scorpions, sauterelles, larves/scarabées, nouilles, calamars et beignets de bananes. Les insectes n’ont pas grand intérêt à part un gros scorpion noir qui serait presque bon. Le prix est par contre élevé et nous coûte bien plus cher que nos habituels dîners dans la rue.

Il est temps pour Jean-Noëlle de rejoindre les amis de J. On les retrouve dans le quartier de Sanlitun, installés sur le trottoir d’une rue excentrée, à table en compagnie de vins français blancs et rouges, de différentes sortes de fromages et de baguettes de pain. Le nom du lieu est “La boucherie française : Chez Gérard”. L’ambiance est bonne, les vannes fusent en anglais, français, allemand, espagnol et parfois même chinois ! On profite du vin et des fromages, très bons, puis on va acheter quelques bières dans la rue que l’on boit ensemble sur un rooftop en terminant les discussions entamées Chez Gérard. Très sympathique.

Baozi dans les hutongs, Beijing

Dimanche, la dernière journée de N., sera surtout consacré aux promenades qui débutent par un déjeuner bien chinois sur les bords du lac Houhai. On pourra notamment observer lors de notre balade, deux oiseaux dressés qui ramassent les pièces jetées par terre par les passants pour les glisser dans deux tirelires, chacun la sienne. Pas mal ! Puis on continue à marcher et à se perdre dans les hutongs, on achète un T-shirt, ici, un souvenir là, des brochettes dans cette échoppe avant de prendre un verre dans ce hutong. C’est très agréable, presque intégralement piéton et très fréquenté, ce qui n’enlève rien au charme du lieu.

Chuting, artiste chinois

Nous profitons de cette balade dans les hutongs pour visiter la (l’immense !) Demeure du Prince Gong. Succession de bâtisses chinoises avec parfois des expositions, qui nous permettront notamment de découvrir l’artiste Chuting. “Attendez, vous connaissez pas Chuting ?! Non mais c’est le nouvel artiste chinois, quoi ! Vous êtes tellement 2011 !” Cette demeure est vraiment magnifique. Elle est vaste, ce qui permet de slalomer entre les groupes de touristes chinois qui viennent ici en masse. En se débrouillant bien on peut passer une visite au calme, à part dans les jardins, véritables joyaux de la Demeure. Nous nous rendons également à la Colline de charbon. En arrivant à ‘l’entrée du parc nous sommes accueillis par les chants d’une chorale. Nous en croiserons d’autres dans le parc, ainsi que des musiciens en herbe. Cela rend la balade encore plus agréable. Nous grimpons ensuite en haut de la colline et là le panorama sur la ville et la Cité Interdite est magnifique. Nous dominons complètement cette dernière et pouvons en constater l’étendue.

Vue sur la cité interdite depuis la colline de charbon

Dernier “événement” du séjour de N. à Beijing et pas des moindres : le dernier dîner au Liuzhai Shifu où Jean-Noëlle dégustent un canard laqué pour une dizaine d’euros en tout (l’un des moins cher de la ville). Assis à une table en bois massif dans un hutong joliment décoré, on voit arriver l’animal et J. explique à N. comment on déguste ce plat typiquement pékinois. On prend une fine crêpe que l’on recouvre d’une sauce brune qui a un goût amer et sucré à la fois, puis on y pose un ou deux morceaux de concombre et d’un autre légume avant d’ajouter le canard avec sa peau, déjà précoupé. C’est tout simplement délicieux ! Frais et doux à la fois, les différents goûts se marient très bien les uns aux autres et on sort repu et ravi. Retour à la Red Lantern pour une dernière nuit ensemble.

N. se lève aux aurores lundi 14 mai pour prendre le train à grande vitesse pour Shanghai. Trois semaines plus tard, ce sera le match retour (une pékinoise à Shanghai) !

Shanghai : Oiseaux de nuit

Ca y est, je me lance ! Mon premier article écrit sans J.

Mon premier article sur Shanghai (alors que je vais la quitter dans une semaine) traite des nuits shanghaiennes. Pour commencer, dans la plupart des boîtes de nuit de Shanghai, les entrées et vestiaires sont gratuits et on peut souvent acheter des formules open-bar (de 40 à 100 kuais, soit 5 à 12€), voire des formules du type 10 tickets pour 100 kuais. C’est très alléchant et je pense que l’on peut expliquer ces prix compétitifs par le grand nombre de boîtes de nuit et donc la concurrence, mais aussi sans doute par le fait que les boîtes de nuit pourraient être utilisées pour du blanchiment d’argent. (Simple supposition, je n’affirme rien, attention !).

Contrairement à nos boîtes de nuit européennes, celles de Shanghai ont rarement une véritable piste de danse et l’espace est plutôt occupé par de nombreuses tables, hautes ou basses selon qu’elles sont situées au milieu de la boîte ou non. Il y a en général un serveur par table basse (une dizaine de places assises) qui se charge pour nos charmants clients chinois de remplir les pichets, de vider les cendriers, d’essuyer la table, d’allumer les cigarettes, etc. Notons que des femmes de ménage se promènent dans la boîte au milieu des danseurs saouls afin de nettoyer le sol tout au long de la soirée. C’est bien plus propre que chez nous, ça ne fait aucun doute ! Dernière particularité, certaines boîtes de nuit ont une boîte dans la boîte, c’est-à-dire une pièce qui peut accueillir une cinquantaine de personnes avec DJ privé, piste de danse et tables que l’on peut privatiser pour des sommes pouvant avoisiner les 60 000€.

La clientèle n’est pas composée d’étudiants chinois qui sont bien trop occupés par leurs études et accablés par la pression qui en découle pour penser à faire la fête. Les shanghaiens qui sortent en boîte sont issus de la jeunesse dorée locale, et ils sont nombreux ! Par conséquent, il n’est pas rare de voire les tables recouvertes d’au moins six bouteilles de champagne ou d’une bouteille de cinq litres de Chivas Regal. La première fois que l’on voit les mélanges que les serveurs font dans les pichets destinés à être ensuite transvasés dans les verres, on a du mal à y croire : champagne-jus d’orange, whisky-thé glacé, cognac-thé glacé (je parle de véritable thé glacé, pas de ce que nous appelons Ice Tea) ! Puis un jour on joue aux dés avec un chinois et on goûte cet étrange breuvage. Bien sûr ça n’est pas délicieux, mais le thé masque bien le goût de l’alcool et, si l’on parvient à oublier que c’est du gâchis, on s’y fait presque !

Revenons  aux dés. Les chinois adorent jouer aux dés en boîte de nuit donc on trouve des gobelets en simili cuir avec cinq dés chacun à toutes les tables. On joue à plusieurs (de deux à beaucoup) et on doit miser sur le nombre total de dés d’une certaine hauteur. Quand on perd, c’est « ganbei » ! « Ganbei ! », que l’on pourrait traduire par « Santé ! » signifie dans les faits plutôt « Cul-sec ! ». Bref, quand on joue aux dés avec des shanghaiens, on a vraiment intérêt à gagner la partie !

Par ailleurs, les bouteilles vidées par les « ganbei » successifs sont souvent accompagnées de nourriture à grignoter telle que des plateaux de fruits, des frites ou encore des brochettes. Malgré tout, cette nourriture ne semble pas suffire à diminuer les effets de la surconsommation d’alcool et il est fréquent de voir des chinoises dormir sur le comptoir, tituber entre les tables au bras d’un ami, ou encore vomir dans les toilettes, une autre fille éméchée leur maintenant les cheveux loin de la bouche. C’est élégant… Quand elles n’ont pas l’air complètement « déchirées », on les observe s’ennuyer dans leurs robes trop courtes et leurs talons trop hauts, assises sur les banquettes à regarder leurs autoportraits sur leur portable à coque multicolore ou recouverte de faux diamants.

Une fois la soirée en boîte terminée et si le cœur (et le foie !) leur en disent, les shanghaiens décident parfois de finir la nuit dans un restaurant à « hot pot ». On en a suivi un groupe une fois et c’est assez impressionnant. Il est cinq heures du matin au moins et le ciel s’éclaircit déjà et on est persuadé que la ville dort. Mais non ! Tous les oiseaux de nuit shanghaiens se retrouvent dans ces fameux restaurants. C’est plein à craquer et tout le monde déguste les aliments bouillis dans le « hot pot » au centre de la table. Entre deux bouchées, on s’envoie des « ganbei », de bière cette fois, car on commence à fatiguer, enfin !

Pour clore cet article sur les nuits shanghaiennes je vous propose une rapide critique des nombreux lieux nocturnes et musicaux dans lesquels j’ai eu l’occasion de déambuler ces quatre derniers mois, entre deux révisions de micro-économie ou compta.

Les bars pour commencer la soirée :

On y vient en général vers 23h pour en partir une ou deux heures plus tard afin de s’amuser ailleurs.

Le Zapata’s propose un open-margaritas pour les filles le mercredi soir, parfait pour commencer la soirée en dansant sur le bar. Le Bounty et ses cocktails arrangés au rhum, agréable à deux ou en groupe.

Le Sugar et son rooftop, un peu trop poufs et beaufs endimanchés à mon goût. Le Kartel, très français mais à la décoration originale et au rooftop très agréable.

Enfin, le Windows Garage pour son atmosphère décontractée, son billard et les verres les moins chers du marché ! (On peut aussi y finir la soirée.)

Les boîtes chinoises :

Chinoises car elles n’ont qu’une minuscule piste de danse et que la clientèle est majoritairement chinoise (on s’en doutait !).

Le Rich Baby, la plus chinoise de toutes, elle a même une salle consacrée à la musique pop nationale. Le Sky, sympa mais sans plus. Le True Color, dans Fuxing Park, pour ses shows sexy (danseurs de tango, danseuse classique). Le Soho pour son aquarium à méduses derrière le bar. Le Ruby’s, pour Murat, qui nous offre nos verres 80% du temps et pour sa décoration inimitable (faux diamants dans les murs, tables qui tournent, couloir psychédélique, etc.).

L’Angelina, le Phebe et le Club 88 (prononcez « basheba ») pour leur décoration ultrakitsch (ou kitchissime, au choix) composée de chandeliers dorés, de statues à taille humaine dorées, également, et de contrebasses et rouages en mouvement, dorés, toujours !

Les boîtes « internationales » :

Le G+ et le M2, toutes deux situées dans des centres commerciaux de l’Ouest de la concession française. Volume gigantesque, décoration sobre et à dominante blanche, grande piste de danse centrale, prix corrects et, pour le M2, bonne musique électro pas trop commerciale. On y croise plus d’occidentaux que dans les boîtes chinoises car c’est plus proche de ce que l’on connaît.

Les boîtes chics :

Le M1nt, tout d’abord, dans laquelle on n’entre que sur liste (rassurez-vous, tout le monde peut s’inscrire, il suffit d’appeler le jour même avant 18h). On y pénètre en traversant un couloir d’une vingtaine de mètres bordé d’un aquarium remplis de requins d’une cinquantaine de centimètres de long. Ici, on rivalise avec la table voisine pour savoir qui a le plus d’argent. Huit bouteilles de Dom Perignon contre vingt-deux de Moët & Chandon, qui l’emporte ? Le M1nt ! Quand on sait qu’un « simple » magnum de Grey Goose coûte 4 000 kuais (soit 500€), on ose à peine imaginer le montant des additions !

Le Bar Rouge, qui fait aussi partie des rarissimes boîtes de Shanghai à effectuer une sélection à l’entrée, est plus agréable car la clientèle est moins flambeuse. Néanmoins, ici on a plutôt la trentaine bien entamée et on boit sa flûte de champagne un barreau de chaise aux lèvres. La terrasse avec vue sur Pudong, présente l’intérêt principal du lieu.

Enfin le Cuvve, un étage ou deux sous le Bar Rouge. Je n’y suis pas retourné depuis l’ouverture mais j’imagine qu’on peut la classer dans cette catégorie. Même vue qu’au Bar Rouge mais sans la terrasse. On consulte la carte des boissons sur iPad et ça coûte cher le verre.

Les boîtes pour écouter de la musique :

Quand on en a marre de David Guetta, des Black Eyed Peas et de Pitbull, on peut trouver quelques endroits, rares, pour écouter de la musique un peu plus pointue (techno, minimale, dubstep, électro).

Le Dada, boîte alternative où l’on peut sauter sur la piste au son des basses ou bien préférer jouer au baby-foot, à la Super Nintendo ou aux fléchettes tout en fumant une chicha.

Le Shelter, pour son ambiance underground (il s’agit d’un ancien abri anti-atomique, comme son nom l’indique) et son couloir glauque qui rappelle celui du Tresor à Berlin. Ici, pas de décoration, seulement du béton. Une des rares boîtes à faire payer un droit d’entrée (entre 20 et 60 kuais mais c’est gratuit après 3h du matin), les consommations sont ensuite tout à fait abordables (30 kuais en moyenne). Si on veut éviter les soirées Hip-Hop ou Reggae, il vaut mieux vérifier la programmation avant de s’y rendre.

Enfin, le Wharf 1846 où je ne suis allé qu’une fois pour une soirée Ministry Of Sound (il s’agit d’un gigantesque loft vide aux murs blancs) et le Mao Livehouse qui est plus une salle de concert avec une fausse, pouvant accueillir jusqu’à 300 personnes, qu’une boîte de nuit à proprement parler.

Les boîtes pour terminer la soirée :

Et puis quand il est cinq heures du matin mais qu’on n’est toujours pas fatigué, et bien on a deux solutions. Soit on va au Hollywood, où l’entrée coûte désormais 100 kuais par tête (je n’y vais plus pour cette raison), pour se mêler à la foule encore bien vaillante sur le dancefloor et le podium, soit on va au Shivah, minuscule bar lounge assez lumineux collé au Shelter, afin de ralentir le rythme avant d’aller se coucher.

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de sortir à Shanghai. Alors bien sûr ça n’est pas l’Europe niveau programmation mais :

– il y a assez de boîtes assez variées pour s’amuser pendant plusieurs mois sans se lasser ;

– les prix défient toutes concurrence ;

– c’est toujours un plaisir de battre un chinois à plate couture aux dés !

Prochain article plus sage mais non moins intéressant sur les promenades et visites à faire à Shanghai.

N.

Raging Bull avec Charles

Les temples de Pékin

En quatre mois à Pékin, J. a visité quatre temples. Effectivement ça ne fait pas un super ratio temples visités/temps passé dans la ville, mais une curiosité scientifique veut que l’on visite toujours moins une ville quand on y habite même pour quatre mois (les recherches faites sur ce sujet mettraient en lumière une nette tendance à pousser au lendemain sous prétexte que l’on a le temps). Les quatre heureux élus ont donc été les trois principaux temples de la ville : le temple des lamas, le temple de Confucius et le temple du ciel, ainsi que le temple de Dongyuhe.

J. commence par visiter le temple des lamas en février avec Justine, Charlotte, un français et deux espagnols fraîchement rencontrés. Le temple est un temple tibétain qui est encore en activité, ce qui explique les nombreux mendiants et marchands que l’on trouve à proximité. Le fait que le temple soit en activité crée également beaucoup d’animation et une ambiance particulière. Le temple est très vaste et très beau, plus original que les temples bouddhistes ou confucianistes par ses intérieurs et par son atmosphère  Au fond on y trouve une gigantesque statue dorée (je n’ai pas de guide sous la main mais de mémoire elle doit bien faire 3-4 mètres de haut). Y venir en semaine, le matin, si on veut éviter une folle trop dense.

Temple des lamas

En traversant les hutongs, on peut rejoindre le temple de Confucius. Surtout on peut s’arrêter au Café près de la statue d’un gros grand-père chinois, après le café Illy. Le gérant est aux petits soins et le thé est bon. J., elle, a attendu la visite de Manu en mars pour le visiter. Toutefois faire le temple des lamas et le temple de Confucius dans la même journée vaut le coup car on peut voir les différences entre les deux temples. Si on réussit à éviter les touristes, le temple de Confucius est très calme et paisible car il n’est plus en activité. On ne retrouve pas la même effervescence que dans le temple des lamas. Le temple est propice à une balade paisible parmi les bâtiments aux couleurs magnifiques. Il ressemble beaucoup plus aux autres temples que l’on peut trouver en Chine.

Temple de Confucius

La troisième visite sera celle du Temple du ciel. Visite en famille, avec la visite du papa de J. et de Nathalie. Le temple du ciel est vraiment impressionnant. L’un des bâtiments se voit de loin et le temple est très étendu. Les couleurs sont encore une fois très belles et l’architecture agréable avec toutes ces courbes. En plus le temple est au milieu d’un magnifique parc qui offre un peu de répit au milieu de Beijing, ville très bruyante et polluée. On doit parfois faire la queue pour pouvoir voir les intérieurs, mais la visite vaut le coup.

Temple du ciel

Enfin le dernier temple, que J. visite en mai avec sa coloc. La temple de Dongyuhe est situé au milieu d’un quartier très moderne. A moins de 100 mètres se tiennent des Malls, de hauts buildings et de nombreux fast-foods. En outre le thème de ce temple est très intéressant. La partie centrale n’a rien d’impressionnant, ce sont les galeries autour de la première cour qui en font l’originalité. En effet, ce temple taoïste est consacré à tous les esprits du monde. Les galeries sont composées de petites salles qui regroupent les esprits par thème. Ceux-ci sont représentés par des statues, ce sont tantôt des humains au visage et à la posture très expressives, tantôt des monstres, tantôt des hybrides comme des humains à tête de cheval. Ce temple est très original et sa visite permet de changer des autres temples en en apprenant plus sur la religion taoïste.

Temple de Dongyuhe

Bien sûr il y a d’autres temples dignes d’intérêt dans Pékin que J. n’a pas eu le temps de visiter, ni l’envie d’ailleurs, car après être passée au Vietnam, à Taiwan, et dans plusieurs parties de la Chine, l’engouement pour les temples s’estompe un peu.