Delhi

Pour notre dernier voyage en train de nuit, nous avons été gâtés : Indiens pas du tout conciliants avec la lumière, cafards, souris… Un voyage mouvementé et un réveil tôt le matin qui expliquent nos mines fatiguées en arrivant à la gare. Heureusement, notre hôtel n’est pas loin et nous pouvons faire le trajet à pied, ce qui nous évite une négociation ardue avec un rickshaw.

rickshaw, Delhi

L’hôtel Grand Godwin est dans le nord de la ville, un peu excentré mais dans une rue assez calme. Propre avec un lit très très confortable, c’est le plus luxueux des hôtels que nous ayons fait. L’accueil n’est pas très chaleureux, mais le personnel est attentionné. Pour cette première matinée nous y posons juste nos sacs avant d’aller petit-déjeuner, puis direction le Red Fort. On nous avait dit qu’il avait moins d’intérêt que celui d’Agra, et c’est vrai. L’extérieur est assez impressionnant mais à l’intérieur il reste surtout des parcs et des musées peu passionnants.

Depuis le fort, nous avons rejoint Chandni Chowk, le bazar de Delhi, le vieux Delhi avec les noeuds de fils électriques, le dédale de petites rues, les différents vendeurs de montres (plongées dans une mini-piscine gonflable, sans doute pour prouver leur étanchéité), tissus, chaussures, mécanique… Le bazar est près de la Jama Masjid, la Grande Mosquée. Avant d’aller la visiter, nous nous arrêtons déjeuner chez Karim, apparemment une institution du quartier, si ce n’est de Delhi. Ne manquez surtout pas le Karim Roll, de la viande épicée dans une galette de blé, délicieux ! Et testez les tandoori roti qui ont l’air très très bons. Ce sont les grosses galettes soufflées qui sont sur toutes les tables mais qu’on ne n’avons pas réussi à commander… Par contre oubliez le cheese nan.

Rue de Delhi

Le ventre plein nous nous dirigeons vers la mosquée. Première entrée, on nous demande 200 roupies par appareil photo, même si on ne veut pas prendre de photos. Les portables comptent aussi. N’ayant pas envie de se séparer pour faire la visite seuls, J. cache son appareil photo et le portable de N. sous ses vêtements afin de ne payer que pour un appareil photo un peu trop gros à cacher, surtout sous un jean (le pantalon d’Ali Baba aurait été utile ce jour-là…). Avant de rentrer, J. est déguisée en Carlos au moyen d’une immense robe à fleurs… Avec elle la décence est préservée ! La mosquée est la plus grande d’Inde, et sa cour est donc très animée mais elle ne mérite pour autant pas un détour.

Mosquée de Delhi

La meilleure expérience de la journée restera le Gurudwara Sis Ganj, un lieu de culte de la communauté sikh. On nous indique d’abord l’accueil pour y ôter nos chaussures et nous remettre une documentation en français. On nous précise qu’ici tout est gratuit et qu’on y accueille tout le monde avec plaisir. Nous sommes un peu sceptiques car en Inde la notion de gratuité pour les touristes est très rare, on trouve toujours un moyen de vous demandez de l’argent. Nous suivons toutefois une fille d’une vingtaine d’années qui se propose de nous faire la visite. La partie liée au culte est très belle et paisible. On y apprend beaucoup sur le sikhisme. Nous visitons ensuite les cuisines où J. a la chance de rouler un chapati (une galette de blé) et de le mettre à cuire. On nous offre également un chai (thé) en nous faisons visiter la salle de restauration et en nous expliquant qu’ici tout est gratuit et que tout le monde est égal. L’atmosphère est très apaisante, les gens sont charmants, nous décidons donc de faire un don. Notre guide nous propose d’acheter une pâtisserie pour dix roupies. Ensuite nous nous dirigeons vers un homme qui coupe la pâtisserie en deux, une moitié nous revient, l’autre sera pour la communauté. Nous ressortons donc très sereins et impressionnés par le fait de ne même pas avoir été incités à donner.

Gurudwara Sis Ganj, Communauté Sikh, Delhi

Nous partons ensuite prendre un apéritif au My Bar, dans une rue très animée (Main Bazar) à proximité de l’hôtel. Chichas sur certaines tables, matches de cricket à la télévision, homosexuels indiens… Bref de quoi passer un bon début de soirée. Nous dînons ensuite au Mac Donald’s de Connaught Place car nous nous étions juré de ne pas quitter l’Inde sans avoir goûté le fameux Mac Maharajah ! C’est une réussite : au poulet et légèrement épicé, ce sandwich est délicieux et nous terminons sa digestion en retournant au My Bar où nous finissons la soirée.

Le lendemain nous nous promenons, sans Nina qui a pris son avion pour Shanghai tôt le matin, autour de la Connaught Place dans New Delhi. Ici, Mac Donald’s côtoie les magasins Rolex et Reebok. Pourquoi pas. Nous déjeunons au United Coffe House, restaurant chic où l’addition sera salée mais pour de bonnes raisons. Les plats sont vraiment délicieux, nous avons pour la première fois depuis le début du voyage des serviettes en tissu (!) et le vin indien que nous goûtons est tout à fait correct.

Rue de Delhi

Nous prenons ensuite pour la première fois le métro indien après avoir fait passer nos sacs aux rayons X et nous être faits fouiller. En face de l’entrée du métro se trouve un garde avec une mitraillette, planqué derrière un mur de sacs de sable ! Le métro est impeccable et nous évoque celui de Taipei. Nous sortons non loin de l’India Gate à laquelle nous irons jeter un coup d’oeil avant de nous promener en direction de la résidence présidentielle. On se croirait sur les Champs Elysées avec ces estrades sur les côtés de la route et cette avenue de plusieurs kilomètres. De nombreux bâtiments institutionnels bordent la route. New Delhi a bien moins de charme qu’Old Delhi. Ici on a vraiment l’impression d’être dans une capitale de colonies, avec ses nombreuses ambassades et ses trottoirs vides et ombragés. 

Place, Old Delhi

Après un dernier apéritif/dîner en rooftop nous prenons un taxi pour l’aéroport de New Delhi. Finies les vacances ! La première partie du moins. J. s’arrête à Beijing pour son échange universitaire avec Charlotte (et Justine qui restera deux semaines pour visiter) tandis que N. atterrit à Shanghai avec Estelle pour les mêmes raisons. Nous sommes le vendredi 17 février.

Jean-Noëlle met donc son périple jeune en pause jusqu’au mois de juin. Mais ça ne les empêchera pas de vous faire partager leurs mésaventures chinoises, bien entendu !

Toilettes publiques, Delhi