El Nido (île de Palawan)

Lundi dernier, Henri et moi nous réveillons tôt à Sabang afin de prendre une jeepney à sept heures en direction d’El Nido pour 120 pesos (2,5€ environ). Nous faisons les deux heures de trajet jusqu’à la jonction avec la route Puerto Princesa – El Nido sur le toit de notre jeepney, entourés de pneus, de bidons d’eau vides et parmi de nombreux Philippins de tous âges. Nos attendons une heure et demi un mini van à la jonction et en profitons pour discuter avec deux françaises qui, elles, vont vers Port Barton où nous n’irons pas par manque de temps. Elles nous racontent la même histoire que les deux Hollandaises que j’ai rencontrées à Puerto Princesa, à savoir qu’elles ont été droguées par un groupe de vieilles Philippines après avoir passé plusieurs heures avec elles. Elles ne se feront voler qu’une barrette pour les cheveux et l’équivalent de soixante euros en pesos puis mettront vingt-quatre heures à sortir de leur état endormi. Nous prenons ensuite le mini van qui nous mène à El Nido en cinq heures pour 450 pesos (9€). Si l’on souhaite y aller sans faire de halte à la jonction, on peut prendre un mini van direct (7h30-13h) pour 900 pesos.

Trajet sur le toit d'une jeepney, Palawan

En arrivant à El Nido, nous découvrons une petite ville, plus grande que Sabang avec un axe principal, parallèle à la mer. Nous optons pour l’hôtel The Alternative où une chambre avec lit double, moustiquaire et salle de bain commune coûte 500 pesos (10€) la nuit sans petit-déjeuner et 600 avec. Après avoir déposé nos sacs nous partons pour la plage de Corong Corong dont des camarades à Shanghai m’ont fait l’éloge. On traverse des habitations vétustes pour atteindre la plage, qui, à marée basse, n’est pas aussi belle que je l’avais imaginée. Je me baigne quelques instants mais ressors de l’eau car celle-ci est pleine de roches et le niveau de l’eau m’arrive toujours aux cuisses, bien que j’ai parcouru une bonne quinzaine de mètres depuis la plage. J’ai même réussi à me planter des aiguilles d’oursin dans le pied, génial ! Heureusement, je trouve deux touristes qui s’improvisent infirmières pour m’aider. Quand on n’a ni sa mère, ni sa copine, on se débrouille comme on peut ! J’assiste donc au coucher du soleil allongé sur une chaise longue tandis qu’on me retire une aiguille du pied. Je rejoins ensuite Henri qui joue au football avec des enfants philippins sur la plage. C’est super sympa de jouer avec eux : ils sont très nombreux, on ne sait pas vraiment qui est dans notre équipe, ils ont tous les âges, certains partent et reviennent, ou font autre chose puis recommencent à jouer. C’est du grand n’importe quoi, mais c’est super !

Enfants, Palawan

Retour en ville pour dîner au Art Café, pas très bon marché. Mention spéciale pour le cookie en dessert. On rentre se coucher à The Alternative. Le lendemain nous petit-déjeunons en terrasse, au-dessus des vagues qui viennent s’échouer sur la plage à trois mètres au-dessous du balcon. Plutôt pas mal pour commencer la journée. Puis nous montons sur la petite moto (avec le conducteur nous sommes donc trois) qui nous mène à la banca sur laquelle nous grimpons. Une banca est un bateau en bois tout en longueur avec des stabilisateurs en bambou sur les côtés, parallèles à la coque. C’est parti pour une journée d’island hopping dans l’archipel de Bacuit en compagnie d’un jeune couple de Hollandais, d’un Philippin de Manille ainsi que d’un gros Californien sexagénaire accompagné de sa femme Philippine, sans doute de l’âge de ses filles. Nous avons choisi le island hopping de The Alternative à 700 pesos (14€ environ) qui dure de 8h à 16h environ. Tous les tours de la ville sont au même prix et proposent des parcours équivalents.

Petit-déjeuner au-dessus de l'eau, El Nido

Le tour débute avec une première halte dans un petit lagon où nous enfilons masque et tuba pour un peu de snorkeling. L’eau est transparente, on observe quelques poissons, c’est joli. On fait ensuite un tour (sans arrêt) dans un grand lagon avant de déjeuner sur une petit plage (Sumisu) : légumes, riz, poissons et poulet cuits au feu de bois dans un décor paradisiaque, que demander de plus ! Nous remontons à bord et reprenons le snorkeling à quelques mètres de la plage. Nos accompagnateurs attirent les poissons en jetant du pain de mie et les carcasses des poissons mangés plus tôt dans l’eau. C’est très efficace : des dizaines (voire des centaines ?) de poissons colorés affluent et on passe un moment à nager à leur côté ou à contre courant. C’est une expérience assez exceptionnelle, même si ceux-ci ne sont pas très gros. Mes poissons préférés ne font que quelques centimètres de long et sont d’une couleur à mi chemin entre le bleu Klein et le bleu fluo ! On remonte sur la banca pour aller au lagon secret. On y accède par un trou dans la falaise pour découvrir une sorte de lac intérieur sans visibilité sous l’eau froide et, qui plus est, pollué par de très nombreuses bouteilles en plastique. Sans intérêt. Le island hopping se termine sur la plage Seven Commando où nous buvons une bière avant de jouer au beach volley avec le Philippin et le Californien. On se dépense tout en prenant le soleil sur cette plage au sable blanc bordée de cocotiers.

Sumisu Island, El Nido

De retour à El Nido, Henri et moi nous rendons à Las Cabanas Beach, elle aussi recommandée par mes camarades de Shanghai. Cette fois-ci pas de déception ! Même si on ne profite pas réellement du coucher du soleil la plage est magnifique, presque déserte avec (une fois encore) son sable blanc et ses cocotiers. Henri et moi discutons dans l’eau avant d’en sortir pour rejoindre nos nouveaux amis snorkelers pour dîner au Pukka Bar, les pieds dans le sable. Bonne nourriture, je prends un calamar fourré aux légumes. Je parviens à m’enfoncer une arrête dans l’œsophage que je retire finalement après avoir été gêné un long moment. Les conversations concernant les voyages asiatiques vont bon train. Deux Allemands rencontrés à Puerto Princesa et croisés ensuite à Sabang nous rejoignent et nous parlons longuement de l’Inde avant de rentrer nous coucher.

Las Cabanas Beach, El Nido

Le lendemain nous nous réveillons tôt pour prendre le bateau pour Coron sur l’île de Busuanga, notre prochaine destination. Mais au bout d’un certain temps d’attente on nous apprend que le voyage est annulé. En effet, depuis qu’un bateau a fait naufrage sur le même trajet huit jours plus tôt, on ne part que si les conditions météorologiques sont parfaites. Nous devons donc passer une journée de plus à El Nido. Comment allons-nous nous occuper ? Nous décidons d’aller nous baigner dans une cascade, encore une fois difficile d’accès. Nous y arrivons après une vingtaine de minutes à tricycle et trois quarts d’heure de marche en pleine jungle, guidés par notre chauffeur. On avait d’abord tenté d’y aller sans lui mais on avait vite fait demi-tour pour lui demander son aide. On reste une bonne demi-heure à la cascade où l’eau est bien fraîche, c’est délicieux.

Cascade, El Nido

De retour en ville nous déjeunons, achetons des cartes postales que nous rédigeons sur la terrasse de notre hôtel, face à la mer. Nous allons ensuite fumer une shisha sur la terrasse du Habibi, pendant que le soleil se couche. Henri me propose d’essayer un balut. J’accepte. Le balut, spécialité philippine, est un œuf de canne à l’embryon déjà formé. On casse la coquille, on boit le jus et on croque dans ce petit oiseau dont on peut déjà observer les plumes. Psychologiquement c’est pas évident mais le goût est bon donc ça passe. Je n’essaierai pas à nouveau, néanmoins ! La journée se termine par un dîner au Squidos où nous dégustons de délicieux calamars dans une sauce des plus simples : beurre et citron. Avant de nous coucher, nous prions pour que le bateau qui part demain à cinq heures du matin ne soit pas annulé !

N.

Island hopping, El Nido