Rinca et Komodo

Le 17 juillet, Jean-Noëlle profitent une dernière fois des délicieux pancakes à la banane de leur hôtel à Moni avant de s’asseoir sur le bord de la route pour attendre le bus qui les mènera à Ruteng. De nombreux Indonésiens viennent nous parler, ce qui nous permet de tromper l’ennui. Lorsque notre bus arrive un vieil homme édenté surgit de nulle part pour nous dire que c’est notre bus (on avait déjà mis les sacs dans le coffre) et que nous devons lui payer le trajet (que nous avions réservé nous-mêmes la veille). Cet homme n’ayant rien à voir avec le bus, nous l’ignorons royalement. Les Indonésiens sont les spécialistes pour inventer des tarifs, droits d’entrées, taxes ou vous demander pour eux-mêmes de l’argent que vous devez à un autre.

Entre Rinca et Komodo

Le voyage dure une dizaine d’heures et nous arrivons à Ruteng vers 19h30. Pendant deux heures nous avons roulé de nuit à travers les montagnes. Les petites maisons éclairées à la bougie donnaient une atmosphère particulière au trajet. Débarqués devant l’hôtel Rima, N. paie le chauffeur au prix juste, c’est-à-dire bien moins cher que celui annoncé la veille lors de la réservation. Nous entrons dans l’hôtel en compagnie de Marie et Dat, deux Français dont nous avons fait la connaissance dans le bus. Il ne reste qu’une chambre économique libre, celle que nous avions la dernière fois. Elle a quatre places, nous décidons donc de la partager. A noter que la jeune fille de l’hôtel est bien moins insolente que la première fois. Elle est même sympathique et serviable. Après avoir réservé le bus du lendemain matin pour Labuanbajo, nous partons festoyer chez Merlin, l’enchanteur de nos papilles.

Le lendemain, le bus annoncé à neuf heures arrive en avance. Nous avons à peine le temps de finir notre petit-déjeuner (pancake à la banane pour changer !). Arrivés à treize heures à Labuanbajo, Jean-Noëlle déjeunent au Porto-Moro : les calamars et jus de mangue de mamie sont toujours aussi bons. On passe l’après-midi au café Mediterraneo, au-dessus de notre hôtel, pour profiter de l’Internet qui est malheureusement très lent. Nous dînerons ensuite au Pesano où les calamars et frites sont à tomber ! Nous passons la nuit au Mutiara Hotel.

Ile de Komodo

Le jeudi 19, nous nous réveillons pour partir en croisière. Nous prenons d’abord le petit-déjeuner à l’hôtel où le cuisinier s’autorise quelques libertés avec la recette insulaire : la banane est servie à côté du pancake ! Il est huit heures trente quand nous arrivons à l’agence Getrudis Tours and Travel, sous l’hôtel Gardena, où nous faisons connaissance avec nos trois compagnons de croisière et notre guide (sic). Ingrid, la cinquantaine, vient des Pays-Bas. Anna et Knut, bientôt trentenaires, sont norvégiens. Tous trois sont instituteurs, ce qui nous a offert d’ « intéressantes » conversations pendant la croisière. Nous partons pour trois heures de bateau afin de rejoindre l’île de Rinca. Sur place, nous optons pour le trek médium d’une heure. Après avoir payé de nombreuses choses (entrée, taxe, appareil photo, ranger), nous partons pour le trek, accompagnés de notre ranger-stagiaire qui est aussi vieux que notre guide de seize ans mais plus expérimenté. Il parle anglais, lui ! Nous nous promenons dans la forêt, où nous croisons seulement des singes. En même temps, à midi, sous un soleil de plomb, les animaux sauvages ne sont pas légion.

Toutefois, au détour d’un cours d’eau presque asséché, nous tombons nez-à-naseaux avec un dragon du Komodo de deux mètres cinquante de long. On ne va pas exagérer plus longtemps : celui-ci est à une bonne dizaine de mètres en fait. Nous en profitons donc pour prendre des photos, jusqu’à ce que notre guide nous dise « Back off ! Back off ! ». En effet, le varan se dirige vers nous. Nous remontons donc sur les berges pour le regarder passer, jusqu’à ce que notre guide nous dise, d’une voix tremblante cette fois, « Back off ! Back off ! Don’t run ! ». Le dragon est lui aussi monté sur la berge, décidé à nous suivre. Il fait des haltes pour humer l’air avant de continuer sur nos traces, ce qui augmente la panique de notre guide. Nous sommes donc peu rassurés et soulagés quand le dragon décide de nous laisser tranquilles après que nous avons changé de chemin. La promenade se termine sans incident et nous prenons quelques photos supplémentaires des sept dragons affalés sous les cuisines du campement.

Dragon de Komodo

Nous y achetons un rafraîchissement pour nous remettre de nos émotions. C’est l’occasion de discuter avec un vrai ranger :

– De quand date la dernière attaque ? (Nous nous attendons à une réponse du genre : Il y a bien dix ans, un touriste imprudent, mais personne ne se souvient vraiment des détails, etc. Mais sa réponse est la suivante.)

– Il y a deux semaines… Un ranger (donc un professionnel !)… Il n’avait pas vu le dragon (attaque éclair en traître  donc)… Mais il a survécu (ah, parce qu’on peut en mourir !)… Il va bien, il peut même marcher et travailler.

Snorkeling

Autant vous dire qu’on n’était pas rassurés à l’idée de nous promener à nouveau en pleine nature le lendemain ! Lorsque nous remontons sur le bateau, un copieux festin préparé par notre capitaine-cuisinier anglophone nous attend. Poulet, légumes, tofu, c’est délicieux. L’après-midi sera consacré à du snorkeling aux abords de Pink Beach, sur l’île de Komodo. La plage est ainsi nommée car on y trouve ne nombreux grains de sable roses qui sont en fait des résidus de coraux rouges. On plonge dans l’eau transparente depuis le bateau et on se retrouve au milieu de coraux rouges et de nombreux poissons, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. J. voit même un petit serpent de mer, noir et blanc, sans doute l’un des plus dangereux du monde, ce que nous n’apprendrons qu’après, bien sûr. Nous passerons plus d’une heure dans l’eau sans nous ennuyer. Nous décidons de nous arrêter sur la plage où J. remarque que le niveau de l’eau a baissé. C’est effectivement le cas et nous devons nous précipiter dans l’eau afin de rejoindre le bateau avant que les coraux ne soient complètement découverts et que nous soyons bloqués sur la plage. En route vers le bateau, nous apercevons une dizaine d’énormes snappers. Il serait bon d’en dévorer un ou deux !

Une fois à bord, nous reprenons la mer jusqu’à notre prochaine halte, où nous passerons la nuit. Il s’agit d’une baie abritée des vents au large de Flying Fox Island. Au coucher du soleil, nous pouvons en effet y observer de gigantesques chauves-souris traverser la baie. C’est moins impressionnant qu’à Riung, néanmoins. Au fur et à mesure que l’obscurité s’installe, d’autres bateaux rejoignent le nôtre dans la baie, les lumières et les ombres au loin nous rappellent notre nuit passée sur la baie d’Halong.

Dragon de Komodo

Réveil au petit matin. Le capitaine-cuisinier nous prépare un délicieux petit-déjeuner avec des toasts, de la confiture et de la pastèque ; ça change du pancake à la banane ! Nous partons ensuite pour l’île de Komodo où nous avons seulement à payer le ranger (10 000 rupiahs chacun, soit moins d’un euro). Cette fois nous avons un ranger expérimenté et il est sept heures du matin donc nous avons plus de chances de voir des animaux. A peine cinq minutes après le départ, il nous montre une vipère vert fluo cachée dans un arbre. Puis viennent des oiseaux mégapodes, un cochon sauvage et un cerf. Nous croisons également un dragon dans la nature, complètement avachi près d’un point d’eau. Il a vraiment l’air inoffensif et tourne même la tête en direction des photographes. Celui de la veille avec sa grande langue fourchue et sa démarche balancée était nettement plus impressionnant. De retour au campement nous observons trois cerfs supplémentaires, ainsi qu’un dragon, lui aussi avachi sous les cuisines.

Les dragons de Komodo, c’est rien que des feignasses qui prennent des bains de soleil en attendant de tomber sur une proie morte, empoissonnée par l’un d’entre eux. En effet, lorsque le dragon attaque une proie, il la mord et lui injecte un poison mortel qui viendra à bout d’un buffle en deux semaines, par exemple. Les dragons partagent ensuite la proie morte. Un adulte peut dépasser trois mètres de long et atteindre quatre-vingts ans. Les mâles mangent les petits complètement livrés à eux-mêmes une fois sortis de l’œuf, les femelles se contentant de garder le nid quelques mois. Ceux-ci grimpent donc dans les arbres pour se protéger et se nourrir de serpents et d’oiseaux lors de leurs premières années. On a eu beaucoup de chance car il est très rare d’apercevoir un dragon dans la forêt, et encore plus en mouvement. Le ranger du deuxième jour ne nous a d’ailleurs crus qu’une fois que nous lui avons montré une photo.

Ile de Komodo

Nous partons ensuite pour une dernière île où nous allons faire du snorkeling. En chemin nous apercevons des dauphins, des ailerons noirs d’abord, comme la veille, sauf que cette fois, quatre dauphins noir et gris sautent hors de l’eau avant de disparaître. L’île abrite une plage de sable blanc, avec des rochers et de l’eau transparente. Nous déjeunons d’un délicieux snapper (encore meilleur qu’à Riung) avant de nous élancer dans l’eau, équipés de nos palmes, masques et tubas. L’eau est plus trouble que la veille, les poissons moins nombreux. Soudain, N. arrête J. pour lui montrer un poisson à cinq mètres de distance, dans les eaux troubles. Il s’agit d’un requin à pointe noire de presque un mètre de long ! Nous verrons également une autoroute de poissons, qui avance à la queue leu leu, deux par deux. Il y en avait bien deux cents. Nous revenons après deux heures de snorkeling et bataille de sable sur la plage. Nos co-voyageurs, qui ne semblent pas passionnés par le snorkeling, nous attendaient depuis un moment et commençaient presque à s’inquiéter.

Nous retrouvons la terre ferme à quinze heures. Nous avons passé deux jours merveilleux pour seulement 650 000 rupiahs (une soixantaine d’euros), tout inclus exceptés les frais d’entrée au parc. La nourriture était même meilleure qu’au restaurant. Nous allons ensuite au Lounge profiter de leurs délicieuses boissons et de leur Internet performant, cette fois. La journée se clôt par un dîner au Gardena Hotel en compagnie de nos joyeux drilles nord-européens (Ingrid, Anna et Knut). Les crevettes et le thon à la plancha avec des frites étaient délicieux, sans doute l’un des meilleurs repas de Jean-Noëlle en Indonésie !

Ile de Komodo

Moni (île de Flores)

Samedi quatorze juillet Jean-Noëlle se réveillent à cinq heures trente pour prendre leur petit-déjeuner. Puis nous nous rendons sur la route principale pour attendre le bus qui va à Ende. Nous grimpons dans celui-ci, bientôt suivis par une chèvre aux quatre pattes attachées. Le trajet jusqu’à Ende dure six heures et demi contre les quatre annoncées par le Lonely Planet. La transition à Ende pour prendre un bus pour Moni n’est pas aisée, on nous ment, on essaie de nous faire payer cinq fois le prix. Finalement, comme toujours, un gentil Indonésien nous prendra en main. Nous arrivons à Ende vers seize heures devant l’hôtel Bintang où une petite Mamie nous confirme que nous payons le bon prix. Les personnes âgées semblent être les plus honnêtes. L’hôtel Bintang étant complet nous traversons la rue pour poser nos sacs au Watugana Bungalows. Nous retournons au Bintang Restaurant pour écrire enfin nos articles de blog sur l’Indonésie, tout en sirotant des jus de fruits. Nous dînons ensuite au Chenty Restaurant & Cafe juste à côté. La préparation est longue mais la nourriture est très bonne. Jean-Noëlle vous recommandent les Moni Cake, galettes de pommes de terre, oignons, crème et fromage. Retour à l’hôtel.

Lac turquoise, Kelimutu

Nous nous réveillons à quatre heures trente (pas de grasses matinées en Indonésie) pour voir le lever du soleil aux lacs volcaniques du Kelimutu. Etant donné qu’il a plu toute la nuit et qu’il pleut encore, N. va dire au chauffeur qu’ils retournent se coucher car la visibilité sera nulle. Trois heures plus tard, nouveau réveil par le manager de l’hôtel qui annonce à Jean-Noëlle que le ciel est dégagé au sommet. Nous nous dépêchons, nous grimpons en voiture puis nous attendons vingt minutes les trois Français avec lesquels nous faisons le trajet. Notre chauffeur nous dépose sur un parking et nous terminons l’ascension à pied. Au sommet, la visibilité est très faible du fait des nuages. Il faudra être patient, ceux-ci venant et se retirant sans cesse. Les deux premiers lacs volcaniques sont d’un bleu turquoise très intense et opaque. L’ancien lac brun est désormais d’un bleu turquoise foncé parfaitement uniforme tandis que l’autre est plus clair avec un aspect laiteux. Nous rejoignons ensuite l’Inspiration Point, point culminant d’où nous profitons d’une éclaircie pour admirer les trois lacs. Le troisième est noir avec des reflets vert foncé. Moins impressionnant que les autres par sa couleur, il est plus agréable à regarder au soleil car il a des reflets.

 Lac volcanique, Kelimutu

Jean-Noëlle redescendent vers Moni à pied et font une halte déjeuner au Restaurant Kelimutu Moni après deux heures de marche. Le Gado Gado, plat de légumes et sauce épicée aux cacahuètes, y est délicieux. Nous repartons en amont vers les sources d’eau chaude que nous avons dépassées. En arrivant au village des sources, on doit faire une petite donation pour voir la barrière en bambou se lever. Les sources d’eau chaude se déversent dans deux bassins carrelés. Ça n’a aucun charme, c’est dommage. Jean-Noëlle y trempent quand même leurs pieds, pour le principe. L’eau est en effet chaude et est presque brûlante à l’arrivée dans le bassin. Nous repartons vers Moni et nous mettons en quête de la cascade et de nouvelles sources d’eau chaude à proximité du Rainbow Cafe.

Rizières, Moni

Nous trouvons la cascade sans peine mais avons besoin des conseils d’une Indonésienne qui fait sa lessive pour trouver les sources. Il s’agit en fait de bassins naturels de moins de deux mètres de diamètre, le long d’un torrent. Jean-Noëlle s’y installent quelques minutes : c’est plus chaud que leurs salles de bain ! Au retour, nous suivons l’Indonésienne qui nous a aidés plus tôt pour aller voir les ikaths qu’elle fabrique elle-même. Un ikhat est un tissu brodé que l’on peut porter autour de la taille ou sur les épaules. Certains sont cousus en cylindre, malheureusement ceux-ci sont trop chers pour notre petit budget. De retour à Moni, nous dînons à nouveau au Chenty Restaurant & Cafe en écrivant pour le blog puis nous rentrons nous coucher de l’autre côté de la route.

Sources d'eau chaude, Moni

Lundi seize juillet, nous louons une moto semi-automatique pour nous promener à l’Est de Moni. Celle-ci arrive avec une heure de retard. Jean-Noëlle monte en selle, c’est parti pour deux heures de virages serrés au milieu de la jungle et des panoramas sur les montagnes et la mer au loin. Malheureusement, à mi-chemin, le pneu arrière de la moto crève. Nous la poussons donc (en descente) jusqu’au premier village où, coup de chance, se trouve un garage pour motos. Une vingtaine de minutes et un euro suffisent à réparer notre pneu et nous repartons pour Paga Beach. Nous nous arrêtons pour déjeuner au Laryss Restaurant où nous dégustons de délicieux calamars frits et poisson grillé sur des tables en bois face à la mer turquoise. C’est l’occasion de discuter de la culture des affaires en Chine avec notre voisine américaine, désormais installée à Bali. Le déjeuner terminé, nous faisons cinq mètres pour nous allonger sur la plage : baignade, bronzette, lecture, sieste. Jean-Noëlle sont seuls sur la plage, encore une fois.

Paga Beach, environs de Moni

Sur le chemin du retour, nous tentons de nous rendre au village Nuabari pour admirer des stèles funéraires et un panorama sans égal. Malheureusement, une chute de moto (sans conséquence, rassurez-vous) due à un chemin de cailloux incliné à plus de quarante-cinq degrés nous fait rebrousser chemin. Notons la gentillesse des quatre Indonésiens qui s’arrêtent pour vérifier que nous allons bien. Après deux heures de route, nous parvenons à notre hôtel où nous prenons une douche avant d’aller dîner au Rainbow Cafe. Nous y retrouvons l’Indonésienne de la veille avec qui nous parlons de ses voyages. En effet, elle a vécu à Singapour, en Malaisie et un peu en Chine en tant que bonne et baby-sitter. Si vous passez par Moni, allez lui rendre visite, sa conversation est intéressante et ses ikhats très beaux. Après un dîner copieux, nous rentrons nous coucher pour une troisième nuit au Watugana Bungalows. Le confort y est correct (pas de douche pour autant), la nuit coûte 150 000 rupiahs (soit treize euros environ) et le service est assez désinvolte. Quant aux crêpes servies au petit-déjeuner, elles sont absolument délicieuses !

Paga Beach, environs de Moni

Riung (île de Flores)

Jeudi douze juillet, nous partons donc aux aurores et, chose surprenante, notre chauffeur est à l’heure ! Lukas ne doit pas plaisanter avec les horaires. On embarque donc à six dans une voiture prévue pour sept, c’est le grand luxe ! Nous payons quand même 100 000 rupiahs (neuf euros) au lieu de 40 000 par personne, mais au moins nous arrivons à Riung à neuf heures, au lieu de seize heures avec le bus, ce qui nous permet de gagner une journée, rien que ça. Nous essayons deux hôtels puis finissons au Madona Homestay, chez une petite Mamie qui parle trois mots d’anglais mais est bienveillante (presque trop parfois). Le confort est sommaire mais pour 50 000 rupiahs (quatre euros cinquante) petit-déjeuner compris, on ne fait pas les difficiles. C’est le meilleur prix qu’on ait eu pour l’instant.

Habitations à Riung

C’est parti pour le Cafe del Mar, tenu par un jeune Indonésien aux cheveux longs pour organiser notre sortie island hopping/snorkeling (comprenez masque-tuba d’île en île) pour 127 500 rupiahs (onze euros) par personne, déjeuner non compris. Nous rejoignons ensuite Simon sur le port, autre Indonésien à la peau très mate et aux cheveux bouclés (chose rare) qui baragouine quelques expressions françaises assez comiques. Une fois le déjeuner acheté nous embarquons en compagnie du Hollandais et des deux Biélorusses avec qui nous avions partagé la voiture. Première halte au Pulau Tiga où nous sautons du bateau pour rejoindre la plage en observant la faune maritime : coraux verts, bleus et rouges, étoiles de mer bleu vif, poissons de toutes les tailles, formes et couleurs (et même des poissons du film « Némo »). Une fois sur la plage, nous déjeunons à l’ombre d’un arbre, sur le sable blanc, en regardant la mer azur et la côte en face. Nous sommes douze personnes sur l’île, pas une de plus. Jean-Noëlle se sentent encore plus seuls au monde lors de leur promenade au bout de la plage.

Plage d'une île proche de Riung

Nous remontons dans notre bateau qui est une longue barque avec une bâche en plastique bleu et du bambou en guise de toit. Nous nous arrêtons à l’île Pulau Rutong pour refaire du snorkeling. Les coraux sont moins impressionnants, mais on retrouve les nombreux poissons dont certains ont des couleurs très vives. Entre deux sessions de snorkeling, nous faisons une pause sur le sable blanc. Avant de partir, nous allons faire un tour dans la petite mangrove de l’île. Notre bateau met ensuite le cap sur Pulau Ontoloe où nous nous arrêtons à proximité de la mangrove pour observer les « flying foxes », des chauves-souris de très grande taille (une bonne cinquantaine de centimètres d’envergure). Notre guide frappe des mains et crie pour les réveiller afin de les faire s’envoler.  Des nuées de chauve-souris traversent le ciel au soleil couchant, c’est impressionnant.

Flying foxes, Pulau Ontoloe

Nous rentrons vers dix-huit heures et repassons au Café del Mar pour payer. Le propriétaire arrive après nous, un sourire aux lèvres et les yeux anormalement rouges… Il semble un peu ailleurs et rigole beaucoup. Il propose de nous cuisiner un « snapper » (dorade) de trois kilos que nous partagerons à cinq. Nous acceptons et rentrons nous laver pendant qu’il prépare le poisson. Nous prenons notre première douche au seau d’eau. Le rendez-vous est fixé à vingt heures, à vingt heures trente notre poisson n’est toujours pas prêt mais nous passons un bon moment avec nos compagnons de la journée et un couple de Français que nous venons de rencontrer. La bête arrive enfin et sa taille est impressionnante. Servie avec une salade, des légumes cuits et du riz, on se régale. Le poisson est vraiment délicieux, le meilleur que Jean-Noëlle ait mangé depuis un moment.  A la fin du dîner, le propriétaire nous propose de l’accompagner  à un mariage. Nous acceptons et partons avec les autres clients du restaurant.

Dorade au Café del Mar, Riung

Onze occidentaux qui arrivent à un mariage musulman en Indonésie, ça fait une entrée remarquée. Nous avons un peu l’impression de voler la vedette aux mariés à qui nous allons serrer la main et déposer une donation dans une enveloppe. Nous allons ensuite nous asseoir en face des enfants qui semblent ravis du spectacle et surtout de voir un australien porter un sarong, tenue locale. On nous apporte de l’eau et un gâteau. La salle est juste composée d’une immense tente, le sol est en terre battue et on est assis face aux mariés sur des chaises en plastique. Les mariés sont disposés sur un canapé, sous des tentures, leurs noms sont indiqués derrière eux. Personne n’est particulièrement bien habillé pour l’occasion, à part quelques petites filles qui ont de jolies robes. Nous regardons les gens danser. Ici on danse deux par deux, face à face sur une ligne, et les enfants qui ne respectent pas cette tradition se font un peu réprimander. A la fin de chaque musique tout le monde va se rasseoir et retourne sur la piste de danse à la chanson suivante. Nous nous joindrons à deux danses dont une traditionnelle, en cercle avec deux personnes au milieu qui tiennent un foulard. Si l’une d’elle passe un foulard autour de vous, vous devez prendre sa place au milieu du cercle, danser un peu et choisir une nouvelle « victime ». Nous rentrons sous les étoiles et la voie lactée que l’on voit très bien ici. Ainsi s’achève notre première journée à Riung, riche en découvertes.

Mariage musulman, Riung

Le lendemain nous essayons de louer une moto. Les prix sont très élevés, surtout pour une semi-automatique, mais nous finissons par accepter d’en louer une avec le plein et deux casques pour 100 000 rupiahs (neuf euros). Nous partons d’abord en direction du panorama Wukit Batujapi qui offre une vue superbe sur les îles. Nous nous rendons ensuite à la cascade Buntang Ireng. La route pour y accéder est en très mauvais état et la conduite n’est pas agréable pour N. Nous finissons par trouver l’entrée du chemin menant à la cascade, mais après une demi-heure de marche le chemin commence à devenir un peu difficile et nous n’entendons toujours pas la cascade. Fatigués, nous décidons de faire demi-tour après avoir fait une baignade dans un ruisseau. Nous retournons à Riung pour déjeuner au Rumah Makun Murah Muriah. La nourriture y est savoureuse et la quantité de crevettes dans nos nouilles est tout à fait respectable.

Wukit Batujapi, Riung

Nous reprenons ensuite la moto pour nous rendre à la plage Pantai Watulajar. La vue depuis la route est magnifique. Nous croiserons même un petit varan et des singes ! La plage est entourée de hautes herbes et de cocotiers. Encore une fois nous nous sentons seuls au monde. Nous croiserons quand même des vaches. Leur propriétaire nous propose de l’accompagner pour les faire boire et nous pouvons admirer les veaux gambader. Le soir nous retournons dîner au Rumah Makun Murah Muriah et passons une dernière nuit au Madona Homestay. Le lendemain Jean-Noëlle doit se lever tôt pour partir pour Moni.

Vaches sur la plage Pantai Watulajar

Bajawa (île de Flores)

Le bus pour Bajawa étant complet, le manager nous avait réservé une voiture en nous annonçant qu’elle pouvait arriver avec une, deux, trois heures de retard, voire ne pas arriver du tout. Autant vous dire que Jean-Noëlle étaient ravis de se réveiller à six heures trente. Finalement notre chauffeur arrive avec quarante-cinq minutes de retard mais nous baladera dans toute la ville avec de nombreux passages devant notre hôtel. Nous partons plus d’une heure après le pick-up et nous sommes neuf dans une voiture prévue pour sept, ça pourrait être pire. Le voyage se passe sans heurt, excepté la musique du chauffeur (essentiellement Shania Twain et du rock) qui saute à chaque nid de poule, pendant que les verrous se bloquent et se débloquent tous seuls.

Lukas devant sa maison, Mari

Nous arrivons à Bajawa vers treize heures et fonçons au Korina qui propose ses chambres doubles à 150 000 rupiahs (quatorze euros) au lieu des 60 000 annoncés par le Lonely. On traverse la rue pour réserver deux nuits à l’Edelweis pour 175 000 rupiahs chacune (90 000 dans le Lonely), l’hôtel étant plus propre et offrant le wifi. Nous essayons dans notre hôtel de réserver le transport pour quitter la ville (premier réflexe quand on arrive quelque part) et un tour dans les villages ethniques le lendemain mais nous ne parvenons pas à nous faire comprendre de notre interlocutrice. Nous tentons notre chance en face où l’on parle anglais mais où l’on ne semble pas très au courant. Nous quittons alors notre rue en direction de l’office du tourisme qui fait face à la prison, d’après le plan. Nouvel échec, l’office du tourisme a déménagé dans la cabane en bois (fermée durant tout notre séjour) en face de notre hôtel. Nous tentons de trouver un guide dans un troisième hôtel, sans succès. Sur le chemin du retour, le distributeur automatique de billets indiqué sur le plan du Lonely Planet est introuvable.

En dernier recours, nous tentons notre chance dans les restaurants de notre rue. Premier essai chez « Lucas ». Au fond à gauche de la salle est assis un quarantenaire indonésien en veste de costume marron. Il semble pouvoir nous aider à trouver un guide. Après avoir pris son temps pour nous présenter ses conditions, il nous expose ses prix. Ce sont ceux annoncés par le Lonely Planet (250 000 rupiahs chacun, soit vingt-deux euros, transport, guide, droits d’entrée et déjeuner inclus), un tiers moins cher que la proposition qu’un motard nous avait faite plus tôt devant le pseudo office du tourisme. Nous acceptons, d’autant plus que nous apprenons que c’est lui, Lukas, sympathique propriétaire du restaurant qui sera notre guide. Il annonce aussi pouvoir nous aider à réserver un transport pour Riung. Jean-Noëlle rentrent à leur hôtel soulagés. Après un tour sur Internet, nous dînons au Dito’s, en face de l’hôtel. Comme nous sommes studieux, nous attendons nos plats en révisant nos premières leçons de mandarin à l’aide du livre de N. Le jus de syrsak de J. est fabuleux et très onctueux, le nasi goreng special délicieux grâce aux calamars grillés. Les brochettes de porc ne nous convainquent pas car nous sommes gênés par le goût de rose trop prononcé. La nourriture est de qualité et nous nous couchons le sourire au ventre !

Village de Gurusina

Mercredi onze juillet, nous retrouvons notre guide Lukas à huit heures devant son restaurant. Pour la première fois depuis notre arrivée en Indonésie nous partons à l’heure. J. grimpe derrière Lukas et N. derrière un autre Indonésien car il n’était pas sûr de pouvoir conduire une semi-automatique. Lukas lui expliquera plus tard et N. terminera lui-même sa formation en observant son chauffeur en action. La prochaine fois, on ne sera pas obligé de louer un scooter. Première halte dans le village de Mari, typique mais sans charme à cause des toits de taule qui ont remplacé ceux en herbe séchée. Lukas est le chef de ce village et nous invite dans sa propre maison. C’est l’occasion pour lui de nous présenter l’intérieur d’une maison traditionnelle ainsi que la signification des gravures, taches de sang et autres accessoires. La visite se termine et nous allons partir quand son fils Michael nous apporte le thé préparé par sa mère. C’est l’occasion de discuter un peu avec Lukas, de ses différents métiers (guide, propriétaire d’un restaurant, manager d’un hôtel, exploitant d’arbres, professeur d’anglais, chef de village, etc.), de ses six enfants et de leurs frais de scolarité. Ceux-ci sont plus élevés qu’une inscription à l’université en France et sont payés en dollars.

Village de Luba

Sur le chemin de Luba nous observons à loisir l’imposant volcan Gurung Inerie. Sur l’un de ses pans, on observe de gigantesques traces rouges laissées par des coulées de lave. Pourtant, la dernière éruption remonte à plus de cent ans. Quelques dizaines de mètres avant le village suivant N. descend de sa monture car son pneu arrière a crevé. Le conducteur nous abandonne pour régler ce problème. Nous arrivons dans le village de Luba, plus typique que le précédent et sans électricité. Sur plusieurs niveaux on admire les habitations en bois avec des toits d’herbes séchées ainsi que les totems masculins et féminins (un couple par clan) et les tombes des ancêtres qui veillent encore sur les habitants du village. N. jouera quelques minutes au foot avec deux enfants du village, ravis. Direction Bena, à pied. Ce village est bien plus imposant et animé que Luba qui était très paisible et silencieux. Ici les femmes tissent des ikaths (vêtements traditionnels indonésiens) et les hommes coupent du bambou et assemblent des pièces de bois pour la construction d’une maison. Au sommet du village, on a une belle vue sur les montagnes et la mer au loin. C’est là que nous allons déjeuner. Qui a la nourriture ? Le conducteur qui a crevé bien sûr ! Lorsqu’il arrive enfin nous dégustons nos nasi goreng contenus dans des feuilles de carton (comme tous les plats à emporter, quand ce ne sont pas des feuilles de bambou). Sans cuillère, Jean-Noëlle mange avec les doigts pour la première fois du voyage (sans compter Mc Donald’s, Burger King et Carl’s Junior, bien entendu !). En redescendant, nous achetons des noix de macadamia que nous grignotons avec plaisir.

Mâchoires de porcs sacrifiés

Nous partons pour le dernier village, Gurusina : assez semblable au premier, l’électricité en plus, mais avec panneaux solaires, s’il-vous-plaît. On nous offre le café et c’est une occasion supplémentaire pour discuter avec Lukas en admirant la vue qui s’offre à nous. Il est cette fois question de philosophies de vie et de vision du tourisme. Nous apprenons en passant que certains des habitants du village ont fait fortune grâce aux ventes de gousses de vanille. Le retour à Bajawa se fait dans les nuages, au sens propre : nous traversons d’épais nuages gris dans lesquels les véhicules que nous croisons surgissent comme des ombres. Nous rentrons un peu mouillés mais heureux après cette journée atypique. Merci Lukas. Nous allons nous promener en ville à la tombée de la nuit et passons sur le marché très animé dont certains étals sont éclairés à la bougie. Nous dînons ensuite au restaurant « Lucas » duquel nous garderons un moins bon souvenir : recettes simplifiées au maximum qui donnent une nourriture sans saveur. N. essaie l’arak, alcool de palme national qui rappelle la Tequila. Lukas apparaît à la fin du repas afin de louer un véhicule pour Riung pour nous et les trois personnes que nous venons de rencontrer. Les détails sont réglés rapidement et le départ est prévu à six heures. Lukas est vraiment la clef de Bajawa et ses environs !

Retour à Bajawa dans la brume

Ruteng (île de Flores)

A notre demande, notre shuttle bus nous dépose à l’hôtel Rima, star de la ville d’après le Lonely et les réactions des autres passagers. Il serait notamment le lieu idéal pour réserver scooter et bus. Pour 100 000 rupiahs (neuf euros) on nous propose une chambre sommaire, sans prise électrique, avec toilettes et salle de bain communes mais sans douche. Le code wifi est payant. Heureusement, le petit déjeuner et le thé sont compris. Leur réputation doit surtout être due aux infrastructures hôtelières peu nombreuses. Impossible de réserver quoi que ce soit le premier jour car « le manager est absent ». Difficile en effet de trouver un scooter ou de passer un coup de téléphone pour réserver un bus quand on n’est pas manager…

Marché de Ruteng

Un peu énervés par l’incompétence de notre interlocutrice, qui nous avouera à vingt-deux heures qu’elle était capable de réserver un bus toute seule, nous allons faire un tour en ville. Petite promenade vers l’église pendant laquelle quelques jeunes Indonésiens viendront discuter avec nous. Ils s’adressent surtout à N. car ils semblent plus à l’aise avec les hommes. Nous passons ensuite sur le « pasar » (marché) couvert qui sent fort la volaille et le poisson. Jean-Noëlle y sont l’attraction principale et en profitent pour photographier les commerçants ravis. C’est sympa de partager sourires et bonne humeur car leur curiosité n’est pas du tout agressive et leurs regards sont bienveillants. Nous dînons au Rumah Makan Surya, un padang où la sauce noix de coco-curry est délicieuse. Retour à l’hôtel Rima où nous nous couchons sans avoir vu l’ombre du manager.

Ruteng

Lundi 9 juillet, nous nous réveillons tôt afin de pouvoir réserver un bus pour Bajawa le lendemain et un scooter le jour même, sans l’aide du manager. Miracle ! Celui-ci semble exister et nous attend même au pied de l’escalier. Il nous propose de réserver un bus et envoie son employée, de plus en plus désinvolte, réserver un scooter avec N. Elle se contentera d’arrêter un ami dans la rue. Ce dernier a malheureusement une moto semi-automatique (il faut passer les vitesses soi-même, mais sans embrayage). N. n’ayant jamais conduit de telle moto, il décline la proposition. Son agréable accompagnatrice abandonne. Quelques minutes plus tard, le manager voyant Jean-Noëlle désœuvrés sur la terrasse leur demande ce qu’ils font toujours là. N. répond qu’il ne peut pas conduire de semi-automatique. Deux secondes plus tard, les voici chez le voisin, juchés sur un scooter à 80 000 rupiahs la journée (sept euros soit deux fois plus cher qu’à Ubud).

Depuis Golo Curu, Ruteng

C’est parti pour l’aventure ! Cap sur Golo Curu, sommet d’une colline depuis lequel le panorama est superbe : la ville au loin, l’étendue de rizières en plateaux, les volcans et la végétation luxuriante. On admire la vue à côté d’une vierge défraîchie  Toute la journée durant, les explications du Lonely et l’aide des Indonésiens que nous questionnons suffisent à nous orienter.  Nous nous dirigeons vers le Danau Ramanese, à une vingtaine de kilomètres de Ruteng. La route est un peu accidentée, mais le paysage compense les désagréments. Les derniers trois cents mètres vers le Danau se font à pied sur un chemin ombragé. D’un coup, N. s’arrête et dit à J. « arrête-toi et recule doucement ». J. s’exécute en devinant, mais sans la voir, la raison de cet avertissement. Apparemment un serpent marron d’un mètre de long prenait un bain de soleil.  Nous attendons qu’il disparaisse pour continuer notre route. Au détour d’un virage, le lac nous apparaît dans toute sa splendeur : d’un bleu soutenu et intégralement bordé d’arbres, il reflète les nuages et les montagnes. Un jeune garçon est en train de pêcher avec six cannes faites de bambous. Il traverse le lac sur une planche de bois, à l’aide d’une rame. Nous essayons de faire le tour du lac mais rapidement le chemin disparaît. Nous nous préparons à rentrer quand un guide nous indique un « chemin » pour rejoindre une cascade. Nous nous retrouvons à marcher en pleine jungle le long d’un sentier et atteignons la petite cascade. Les nerfs de J. ayant été mis à rude épreuve par le serpent, elle n’était pas vraiment sereine dans cette jungle, même si la balade est à faire.

Danau Ramanese, Ruteng

Jean-Noëlle repartent pour déjeuner à Ruteng. En chemin nous croisons des singes qui semblent effrayés par le scooter. Nous nous arrêtons au Merlin, restaurant sino-indonésien. C’est un peu laborieux pour commander car il nous faudra un moment pour trouver une serveuse, à qui il faudra encore un moment pour trouver un stylo et du papier. Finalement on parvient à avoir un mie goreng babi (au porc), du porc grillé, un jus de banane et un jus de fruits. On se régale ! Les jus de fruits sont savoureux, la viande et les pâtes délicieuses. On aime tellement qu’on décide d’y revenir pour le dîner ! Nous partons ensuite pour le volcan qui semble proche selon le Lonely. En réalité, il est plus loin que le lac du matin, nous décidons de faire demi-tour pour aller au nord de Ruteng au Air Tejun Waegarit, une seconde cascade. Nous garons le scooter près de deux petites maisons avant de descendre des escaliers vers ce qui semble être une station hydro-électrique. Nous passons le long d’une gouttière afin de rejoindre le haut de la cascade, c’est assez décevant. Nous rentrons à l’hôtel rendre le scooter. Nous devons nous coucher tôt car notre voiture du lendemain est censée arriver entre sept et neuf heures (les fourchettes sont larges en Indonésie !).

Jungle près du Danau Ramanese, Ruteng

De Bali à Flores, trois jours dans les transports

NB : Prix en rupiahs à diviser par 10 000 pour simplifier (en fait c’est plutôt entre 11 500 et 12 000).

La première journée de transports a été réservée avec Perama pour 150 000 rupiahs chacun. Lever aux aurores (six heures) pour le pick-up devant l’hôtel. Un bemo Perama nous emmène à l’agence où nous montons dans un mini-bus en direction de Padang Bai, sur la côte balinaise. On y est en moins de trois quarts d’heure et on patiente à l’agence Perama, toujours, pour prendre le ferry. Ils sont plutôt larges niveau timing puisque nous patientons une heure avant de grimper sur le pont du ferry. Nous nous ruons les premiers sur deux des cinq chaises longues en bois. Malgré un peu de crème solaire pour profiter du soleil, les ordinateurs et de la lecture, le trajet de quatre heures (moins de soixante-dix kilomètres) pour l’île de Lombok paraîtra bien long à Jean-Noëlle. Des vendeurs de nourriture diverse prennent le ferry à l’abordage depuis une barque avant même que nous atteignons le port. Ils sauveront nos estomacs affamés.

Ferry Bali-Lombok

Un mini-bus Perama nous emmène à l’agence de Mataram depuis laquelle nous réservons nos billets pour Sape, sur l’île de Sumbawa. Petite parenthèse géographique : nous venons d’entrer dans Nusan Tenggara, ou les îles de la sonde, composées d’Ouest en Est de Lombok, Sumbawa, Komodo, Rinca et Flores, principalement. Depuis l’agence Perama nous traversons la ville à pied (une heure et demie de marche) pour rejoindre l’hôtel que nous avons réservé la veille sur Agoda. Nous passerons sous silence les raisons pour lesquelles Jean-Noëlle n’ont pas simplement pris un taxi ! L’hôtel Wisata est défraîchi mais propre, et fait en réalité partie d’une résidence de meublés pour musulmans. La grille à l’entrée est fermée à clef dès le coucher du soleil. Nous sortons dîner de deux mie goreng (cf. article précédent) sous une tente où la cuisine est sur un chariot. Notre gentil et méticuleux cuisinier se débrouille très bien !

Le lendemain midi nous déjeunons dans un padang (cf. article précédent, toujours) avant de retourner à l’hôtel pour attendre le pick-up de Perama qui pour une fois est à l’heure. Nos deux dynamiques accompagnateurs (à qui nous apprenons quelques mots de français) nous mènent à la gare routière de Mataram où nous prenons un bus pour Bima, sur l’île de Sumbawa. Le pick-up s’avère utile pour trouver le bus dans cette véritable jungle. Nous partons enfin à quinze heures après une heure et demie d’attente. Le trajet pour Sumbawa inclut une traversée en ferry en fin d’après-midi. Comme toujours, des vendeurs et des musiciens squattent le pont en attendant le départ. Nous nous installons cette fois-ci à l’intérieur. Mauvais choix puisque tout le trajet est rythmé par la performance de trois chanteurs, plus au moins professionnels. On a de la chance, la musique est mélodieuse et les enceintes réglées à un volume tolérable. [Fin de l’ironie.] Nous pouvons affirmer sans mentir que ces quelques heures de ferry sont les pires de notre vie !

Bateau de pêcheurs

Nous arrivons vers vingt-deux heures dans un restaurant où le dîner est compris dans le prix du billet. Nous reprenons le bus jusqu’à Bima où nous arrivons à quatre heures du matin. Naïfs, nous pensions arriver tôt à Sape qui se situe à une heure et demie de Bima. En effet, nous prenons notre ferry à huit heures pour Labuanbajo, à l’extrême Ouest de l’île de Flores. C’était sans compter les deux heures d’attente au milieu de la gare routière de Bima afin de remplir notre mini-bus. Passagers et bagages entassés sur les banquettes et dans le couloir, il est impossible de bouger. Nous garderons un souvenir ému des jeunes Indonésiens qui tentèrent  « discrètement » d’alléger nos bagages pendant l’attente. Nous arrivons finalement à l’embarcadère de Sape à sept heures quarante-cinq, juste le temps d’acheter nos billets et de monter dans le bateau. Celui-ci partira finalement avec plus d’une heure de retard. A bord, nous trouvons des matelas que nous regroupons et partageons avec un couple de jeunes Allemands.

Ferry Bali-Lombok

Il est 17h30 lorsque nous débarquons à Labuanbajo. Nous prenons une nuit à l’hôtel Bajo Beach pour 175 000 rupiahs et réservons dans la foulée une croisière de deux jours à Rinca et Komodo ainsi que le trajet Labuanbajo-Surabaya (sur l’île de Java) presque deux semaines plus tard. Il est temps de dîner au délicieux Warung Atra Moro où Mamie nous prépare le meilleur jus de mangue de notre vie. Les calamars se défendent très bien aussi. On reviendra pour notre prochain passage en ville dans dix jours. Enfin une nuit dans un lit avec une bonne douche ! Le lendemain matin nous prenons un shuttle bus pour Ruteng à neuf heures. Nous arrivons à Ruteng en début d’après-midi après un voyage épique : presque tous nos voisins vomissent (par la fenêtre ou dans des sacs en plastique), certains fument (c’est normal en Indonésie) et le chauffeur nous fait profiter de sa playlist composée de tubes dance-love (vous vous souvenez des boys bands en primaire ?). Heureusement, la pause déjeuner est agréable et nous permet de discuter un peu avec le pendant indonésien de Gilbert Melki qui tient une pâtisserie à côté de l’hôtel où nous nous rendons.