PADI Advanced aux îles Riau (Indonésie)

Merci à Sylvaine pour certaines des photos ci-dessous.

Riau Islands, IndonésieL’Open Water ne nous ayant pas suffi, nous avons décidé de passer notre Advanced. La saison des pluies battant son plein en Malaisie au mois de Novembre, nous avons embarqué pour un « boat trip » dans les îles isolées de Riau (Indonésie). Après avoir convaincu quatre amis, nous avons rudement négocié avec Amazing Dive une remise de 15% compte tenu de la taille de notre groupe et du fait que nous avions déjà passé notre Open Water avec eux.

Lauréats du PADI Advanced

La veille de notre départ, autour d’une shisha sur Boat Quay, les discussions vont bon train quant au nombre de cannettes de Tiger Beer à emporter à bord. Nous optons finalement pour trente-six, soit un pack de trente et un pack de six, pas franchement pratiques à se trimbaler dans les bus pour rejoindre le terminal Tana Mera, au Nord-Est de Singapour. Avant de grimper dans le ferry, nous nous répartissons notre butin et en profitons pour acheter quelques bouteilles d’alcool et cigares cubains détaxés. Pas de limite de volume, puisqu’on ne sera pas contrôlé au retour (nous ne cautionnons pas la contrebande pour autant !).

Nicolas

Le trajet pour rejoindre le MV Nautica, notre bateau pour le week-end, se résume à une traversée pour rejoindre Batam, l’une des deux îles indonésiennes les plus proches de Singapour et privilégiée pour les week-ends courts depuis la Cité-Etat. Arrivés à Batam, nous payons un visa de trois jours pour dix dollars américains, puis nous prenons un bus qui nous amène en dix minutes au port de l’île où s’affrontent les yachts d’oligarques russes. C’est parti pour quarante-huit heures en mer ! Comme sur tous les bateaux, les cabines sont petites et l’on peut vite avoir l’impression d’étouffer. Nous découvrons avec bonheur l’espace repos du bateau constitué de matelas en plein air, simplement protégés d’une bâche.

La table des Français du MV Nautica

En attendant la nuit, nous ouvrons notre première bière en écoutant le briefing du week-end. Nous sommes une douzaine de plongeurs, cinq professeurs et l’équipage, soit une bonne vingtaine à bord. Les groupes sont divisés en sept Advanced, deux Rescue (niveau suivant) et trois Leisure. Nous apprenons avec bonheur que Mahasti, rencontrée à Tioman lors du passage de l’Open Water, a changé son emploi du temps pour se joindre à nous. Elle sera notre accompagnatrice durant le week-end. Le dîner nous est servi, bon et copieux, puis nous investissons le coin repos avec jeu de cartes, couvertures et scotch whisky en attendant la venue du sommeil.

Programme du week-end de plongée

Samedi matin réveil à 8h30 pour la première plongée. Il s’agit d’une « drift dive », plongée lors de laquelle on se laisse porter par le courant. Dommage que la visibilité n’ait pas été au rendez-vous et que la couleur de l’eau soit plutôt verdâtre car, au-delà de cela, se laisser porter par le courant est extrêmement agréable. Le petit-déjeuner, toujours copieux, nous est servi alors que nous nous rendons à notre deuxième « spot ». Les paysages sont incroyables, pas d’habitations, seulement une myriade d’îlots verdoyants et aux plages de sable blanc, ainsi que quelques bateaux de pêcheurs de ci de là. Des images de Rinca, Komodo et Flores, autres îles indonésiennes visitées en juillet 2012 nous reviennent en mémoire.

Fonds marins des Riau Islands

C’est parti pour la deuxième plongée. Cette fois on joue au limbo sous l’eau en essayant de passer sous une corde tendue, sans toucher si la corde, ni le fond, afin de vérifier que nous contrôlons notre stabilité. De retour sur le bateau pour déjeuner, nous comprenons la fameuse devise des plongeurs : « Dive. Eat. Sleep. » Pendant que Charlotte, Adrien et nous sommes en train de nous reposer, Sylvaine et Charles qui passent leur Rescue ont fréquemment des exercices de sauvetage à réaliser à l’improviste. Le Rescue semble être une étape éprouvante pour les plongeurs puisqu’ils se doivent d’être sans cesse sur leurs gardes, « toujours prêts » comme les scouts !

Rescue divers en action

Troisième plongée de la journée, la moins intéressante du week-end puisqu’il s’agit d’une plongée d’orientation durant laquelle on doit se déplacer à l’aide d’un compas suivant des formes géométriques. On réalise ces exercices en duo avec son buddy, l’un gérant le compas et l’autre le mouvement en avant. Problème, avec un fort courant on a souvent du mal à retrouver son point de départ. Même l’instructeur qui nous accompagnait était perdu donc nous sommes remontés à la surface au terme du dernier exercice puisque nous ne retrouvions pas le groupe.

Joana

Pause un peu plus longue pour attendre la tombée du jour et la redoutée plongée de nuit. Charlotte et Joana ne sont pas rassurées mais Adrien et Nicolas tentent tant bien que mal de les motiver pour cette plongée particulière. Ca commence mal puisque nous sommes les premiers à monter sur notre bateau pneumatique qui tombe en rade alors que nous attendons les autres plongeurs à la surface de l’eau. De quoi paniquer un peu plus. Après quinze minutes d’attente à la surface, nous plongeons enfin pour découvrir que nos lampes n’éclairent quasiment rien. A cause du courant et du peu de visibilité, les coraux semblent surgir face à nous.

Nicolas

Nicolas trouve cette sensation incroyable : puisqu’on ne voit rien, on a véritablement l’impression de flotter, voire de voler au milieu de nulle part, procurant une sensation de liberté difficilement égalable. Malheureusement, Joana se sent oppressée par les coraux et les palmes des autres plongeurs qui surgissent de nulle part. « Breaking point » quand le groupe de plongeurs devient une masse confuse au lieu de la formation étalée prévue au départ. Joana panique et demande à remonter au grand dam de Nicolas. Nous regagnons donc le bateau, seuls avec un instructeur. Joana va mieux et Nicolas est rassuré quand Adrien lui confie que la plongée était pourrie du fait de la mauvaise visibilité et du trop grand nombre de plongeurs agglutinés.

Sylvaine

Dimanche matin, on repart pour une dernière plongée technique, la « deep dive » ou plongée profonde. Arrivés au fond, le courant est si puissant que malgré nos efforts et le fait que nous sommes alignés et accrochés les uns aux autres, il nous est impossible de rester immobiles. Dans une succession de mouvements ralentis, nous reculons avec lenteur. On se croirait en apesanteur. La sensation est lunaire et nous regrettons de n’avoir pu filmer cela. Prochaine étape : achat d’une GoPro, caméra tout terrain qui peut descendre à quarante mètres. En jouant à Superman, nous rejoignons un mur de coraux pour admirer la vie qui s’y trouve : étoiles de mers, poissons clown, raies colorées, etc.

Charlotte et Adrien

Notre dernière plongée est une plongée de loisirs que nous effectuons avec Mahasti. Nous avons tôt fait de perdre le reste du groupe pour rester à trois et essayer de débusquer des raies, en vain. Encore une fois nous nous laissons porter par le courant, parfois les pieds en l’air pour fouiller du regard sous les rochers, en parsemant notre parcours de quelques galipettes. Quelles agréables sensations !

Charles

De retour sur le bateau, il est temps pour Charlotte, Adrien et nous de répondre aux nombreuses questions de notre test théorique. Bières à la main, nous nous répartissons les chapitres avant de partager généreusement nos réponses. Nos comparses étrangers semblent étonnés par un tel procédé que nous qualifions d’ « efficacité à la française » ! Celle-ci ne nous empêchera pas de faire quelques fautes. Le retour est passé à jouer aux cartes, à bouquiner et remplir notre carnet de plongées. Comme prévu, la douane ne contrôle pas le bateau au retour (seulement nos passeports) et nous accostons au Nord de Singapour en milieu de soirée après avoir dîné sur le bateau.

Test théorique du PADI Advanced à la Tiger Beer

Nous rentrons nous coucher des souvenirs plein la tête et un nouveau projet pour mai : une semaine de plongées à Sipadan en Malaisie, l’un des plus beaux spots du monde. A suivre, donc…

Plongeur en action

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indonésie : feuille de route

Itinéraire Indonésie

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Ubud (île de Bali)

De Bali à Flores, trois jours dans les transports

Ruteng (île de Flores)

Bajawa (île de Flores)

Riung (île de Flores)

Moni (île de Flores)

Rinca et Komodo

Mont Bromo (île de Java)

Yogyakarta (île de Java)

Jakarta (île de Java)

Indonésie : le bilan

Indonésie : le bilan

Ubud, Bali

On retiendra de l’Indonésie sa diversité. En un mois, nous avons pu alterner plages idylliques, culture avec les musées et villages traditionnels, tourisme naturel avec le Mont Bromo et nos nombreuses balades ainsi  que villes et campagne avec Java et Flores. C’est une destination où l’on ne s’ennuie pas, surtout à Flores, car chaque journée est différente de la veille. A Flores, on perd beaucoup de temps dans les transports, presque toujours une journée pour aller d’une ville à l’autre en transports en commun. Cela permet malgré tout de capter des scènes de vie locale. A noter que Jean-Noëlle comptent bien revenir en Indonésie pour visiter les nombreuses îles restantes, notamment Bornéo, Sumatra et Sulawesi. Six mois nous semblent nécessaires pour faire le tour du pays qui est bien plus étendu que ce que nous pensions avant de le visiter.

Ubud, Bali

L’une des qualités de l’Indonésie est sa population. Même si de nombreux Indonésiens se montrent oppressants voire malhonnêtes, surtout à Bali et Java, Jean-Noëlle préfèrent se souvenir des nombreux sourires et conversations désintéressées échangés avec les habitants de Flores. Les défauts évoqués sont plutôt l’apanage des hommes de trente/quarante ans qui travaillent dans le tourisme tandis que le reste de la population, avec laquelle on est moins en contact  est plus serviable et agréable.

Près du Mont Bromo

Le dernier tiers de notre voyage indonésien a été marqué par le début du Ramadan. Celui-ci est partie prenante de la vie quotidienne à Java, île à 80% musulmane. L’intérieur des restaurants ouverts dans la journée est masqué par de gigantesques bâches en plastique, les chants des muezzins rythment les début et fin de journées, la rupture du jeûne est un événement quotidien intéressant à vivre. Néanmoins, on n’est pas gêné par la pratique du Ramadan et on a surtout apprécié vivre cette expérience. A noter que les vols seraient plus fréquents en période de Ramadan, selon les mises en garde faites aux touristes par les locaux.

Mont Bromo

Lors de notre mois en Indonésie, nous avons surtout croisé des couples et des familles, rarement des bandes de potes. Par ailleurs, et vous l’aurez sûrement compris au fil des articles précédents, les différents musées que nous avons visités (exceptés le Neka Art Museum à Ubud et le Musée Affandi à Yogyakarta) sont très mal agencés. Est-ce pour cette raison que l’on ne croise les touristes que sur les marchés de souvenirs et dans les hôtels ?

Jakarta

Concernant l’aspect financier, les prix annoncés par le dernier Lonely Planet (édition 2010) ont énormément augmenté pour le logement et les visites (jusqu’à deux fois et demi plus cher à Flores), à peine pour les transports. Jean-Noëlle auront dépensé sept-cent-soixante euros chacun tout compris, c’est un petit budget pour l’Indonésie.

Rinca et Komodo

Jakarta (île de Java)

Jean-Noëlle entrent dans le train économique, escortés par un membre de la gare qui les aide à trouver leur place. Le wagon est propre mais la lumière, qui restera allumée toute la nuit, lui donne un aspect quelque peu lugubre. Nous calons nos gros sacs à dos sous notre banquette à angle droit, merci le confort. En nous asseyant, nos jambes sont presque au contact de nos voisins d’en face, souriants. Ils ne doivent pas souvent voir deux petits occidentaux dans leur train ! Après un coup d’œil à la ronde, nous restons agrippés à nos sacs, remarquant que les Indonésiens font de même. Jusque là rien de bien différent des trains qu’on ait pu prendre depuis le début de notre voyage. C’est sans compter sur le passage ininterrompu des vendeurs, colporteurs, musiciens et mendiants. On vous propose de tout : nourriture, boissons, journaux, batteries de portable, objets couinants non identifiés, cuillères de cuisine en bois, autocollants aristochats et Coran en bédé. La nuit sera longue pendant ce trajet de dix heures. Nous arrivons à Jakarta à quatre heures du matin.

Nord de Jakarta

Nous partons à pied pour le quartier routard afin d’y trouver une chambre. Le quartier de la gare ressemble presque à un bidonville. Nous y verrons de gros rats et des chats faméliques avec quelques feus de joie sur certains trottoirs, le tout sur fond sonore de chants de muezzins. L’ambiance est très particulière. Nous trouvons une chambre au Kresna Hostel, confort minimum mais accueil sympathique. Jean-Noëlle y font une grosse sieste avant de partir pour le quartier du port au Nord de la capitale.

Pasar Ikar (marché aux poissons)

Nous marchons sur de grands axes, ce qui nous permet de remarquer l’importance du trafic et des bâtiments coloniaux délabrés. L’urbanisme donne l’impression d’une ville en cours de développement mais laissée à l’abandon. Pour la première fois en Indonésie, nous croisons énormément de Chinois, la première minorité du pays. Le Musée Bahari, consacrée à l’histoire maritime du pays, est sans grand intérêt. C’est plus la forme que le contenu qui pêche. Même si le musée est localisé dans de gigantesques entrepôts qui ont un certain cachet, l’éclairage et la présentation des objets sont très mauvais. Nous ne nous attardons pas. Nous déambulons ensuite dans le quartier du Pasar Ikar ou marché aux poissons. En arpentant les ruelles aux égouts à ciel ouvert, Jean-Noëlle croisent de nombreux Indonésiens très souriants et ravis de les voir. C’est l’occasion de prendre quelques photos. On a l’impression d’être dans un village de pêcheurs, loin de la capitale.

le dernier pont-levis néerlandais

Nous redescendons vers l’artère principale en faisant une halte sur le dernier pont-levis néerlandais. C’est le rendez-vous romantique pour prendre des photos de l’être aimé. Nous longeons ensuite le canal Kali Besar en observant les bâtiments coloniaux qui le bordent. Certains sont très jolis. Jean-Noëlle marchent tranquillement lorsque J. tourne la tête et tombe sur un bocal plein de serpents : bienvenue dans le quartier chinois de Petak Sembilan. C’est l’occasion de se rappeler la Chine avec nostalgie, de boire un jus de palme et de négocier deux babioles sans les acheter. Le quartier est vraiment typique et nous terminons notre promenade par la visite du temple bouddhique Dharma Bhakti. Après des retrouvailles avec le roi du burger, nous rentrons nous coucher.

Statue de la liberté

Le lendemain sera consacré à une promenade dans le Jakarta colonial, central et proche du quartier routard. On aura l’occasion de voir deux églises, deux bâtiments administratifs, l’érection nationale Monas et surtout la grande mosquée Mesjid Istiqlal. Moderne et monumentale, elle abrite de nombreux croyants assoupis. Elle vaut le coup qu’on y jette un œil. Nous récupérons ensuite nos sacs à dos avant de prendre un bus pour l’aéroport. Notons au passage que vingt-quatre heures suffisent pour visiter Jakarta. Nous passerons la nuit à somnoler dans l’aéroport.

Cathédrale de Jakarta

Etant donné que notre visa est de trente jours (arrivés le 1er, nous repartons le 31) nous devons payer une amende de 200 rupiahs chacun (presque vingt euros) pour la journée supplémentaire. Oui, il s’agit bien des cinq heures que nous venons de passer à l’aéroport. Heureusement, Starbucks Coffee est là pour nous remontons le moral. Il faut bien se réhabituer au mode de vie occidental avant d’arriver à Singapour !

Mesjid Istiqlal

Yogyakarta (île de Java)

Yogyakarta

Jean-Noëlle ont attendu l’arnaque jusqu’au bout de leur voyage en shuttle bus depuis Probolinggo. Celle-ci n’est pas arrivée et ils ont même pu profiter du meilleur confort qu’ils aient eu en Indonésie de 18h30 à cinq heures du matin. Arrivés au Delta Homestay, nous déposons nos sacs et découvrons la piscine lors d’un passage aux toilettes. Pour une dizaine d’euros la nuit, c’est le meilleur logement qu’on ait eu en Indonésie ! Nous consacrons notre mercredi 25 juillet après-midi à la visite du Musée Affandi, à l’autre bout de la ville. Celle-ci n’est pas gigantesque et on peut traverser la capitale culturelle en deux heures de marche. Affandi est sans doute l’artiste indonésien le plus célèbre. Ses œuvres colorées qui paraissent abstraites sans l’être sont intéressantes. On peut aussi admirer un certain nombre d’œuvres de sa collection privée, peintes par d’autres Indonésiens. C’est souvent pertinent et toujours très bien réalisé. Voici notre musée coup de cœur en Indonésie.

Temple Sewu, PrambananDe retour en ville, nous passons à l’office du tourisme afin de prendre des informations pour nos deux prochaines journées. Le personnel y est très efficace et nombreux, on n’est pas habitué. En chemin vers l’hôtel, nous assistons à la fin du jeûne (c’est Ramadan depuis une semaine). A peine le chant des muezzins commencé, tout le monde se précipite sur son assiette. Les habitants dînent en groupe dans la rue. La vie semble être suspendue et les tuk-tuks en oublient même de nous harceler ! Pour notre part, nous dînons au Laba Laba Cafe où la nourriture, typique, est délicieuse. De retour à l’hôtel, nous plongeons dans la piscine. Mais l’eau est froide et nous nous couchons après à peine une longueur.

Temple Sewu, Prambanan

Le lendemain matin, nous visitons le Musée Sonobudoyo, le meilleur de la ville, selon le Lonely Planet. Présenté comme cela, le guide n’a pas tort mais il n’empêche que la visite est peu intéressante. Hormis quelques marionnettes et sculptures, on s’ennuie ferme, et on est presque content d’en sortir ! Après le déjeuner, nous prenons le bus pour Prambanan où se trouvent de nombreux temples hindous. Jean-Noëlle se promènent dans les ruines du temple Sewu, tout en discutant et en s’amusant avec le retardateur de leur appareil photo. Le temple Prambanan lui-même est très impressionnant mais beaucoup plus fréquenté. C’est beau et assez proche de Kajuraho au Nord de l’Inde. S’en suit un aller-retour pour admirer le panorama Ratu Boko, malheureusement sans intérêt. Nous dînons ensuite d’un délicieux plat de mie goreng dans un restaurant de rue puis nous filons au ballet du Ramayana. Avec les temples de Prambanan en arrière plan, on assiste à la mise en scène d’une célèbre légende hindoue. Danse et musique sont plus élaborées qu’à Bali et on apprécie beaucoup les costumes multicolores. Pas indispensable et un peu cher (neuf euros), on ne regrette pas pour autant. Un taxi réservé nous ramène à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

Ballet du Ramayana, Prambanan

A quatre heures trente du matin, on peut profiter des chants des muezzins, en provenance des différentes mosquées alentour. L’ambiance est assez particulière, presque inquiétante, car les muezzins chantent en décalé. On attendrait presque l’arrivée des chevaliers de l’Apocalypse ! Vrai réveil à huit heures trente pour aller à Borobudur. Nous y visitons d’abord le temple de Mendut, à l’écart du complexe principal, où l’on peut admirer un Buddha assis comme vous et moi, pas en position du lotus, étonnant. Nous nous rendons ensuite au temple de Borobudur. Comme pour Prambanan, il y a une entrée pour les Indonésiens, et une entrée pour les touristes. On nous y remet une sorte de paréo que nous devons porter sur nos vêtements. L’entrée mène en fait à un grand parc avec plusieurs musées, des étendues d’herbes, des restaurants et le temple lui-même.

Borobudur

Sur les photos et les maquettes, le temple a l’air très impressionnant, beaucoup moins vu d’en bas car les différents arbres empêchent d’en percevoir la taille. On commence toutefois l’ascension du temple. La base est carrée et comporte des centaines de niches avec des bouddhas de toutes tailles, dont certains ont perdu la tête. Il y a également des bas-reliefs plutôt bien conservés. Plus on monte, plus le panorama est impressionnant avec des montagnes luxuriantes au loin, des palmiers et une grande ville. Au sommet, le temple devient circulaire et toute la circonférence est occupée par de grandes cloches appelées stupas qui renferment chacune un bouddha, avec ou sans tête. On redescend ensuite et l’on a enfin le droit de se débarrasser de son paréos. En conclusion, on n’est pas charmé au premier regard mais plus on grimpe et plus on se promène à chaque étage et plus on se rend compte de la grandeur et de la beauté de ce temple bouddhiste. On décide ensuite de visiter les deux musées du parc qui n’ont aucun intérêt.

BorobudurNous rentrons ensuite à Yogyakarta,  non sans encombre. En effet, une dispute éclate avec l’un des chauffeurs du bus qui refuse de nous déposer à l’arrêt demandé. Nous retournons dîner au Laba Laba Cafe, toujours aussi bon, avant de repasser une nuit au Delta Homestay. Le lendemain sera consacré à la visite de Yogyakarta. Celle-ci commence avec une promenade en direction du centre-ville historique, délimité par des remparts blancs. Arrivés sur la place Alun Alun, un Indonésien nous informe que le palais du sultan est fermé. Il en profite pour nous expliquer le rituel qui porte chance à quiconque parvient à traverser la place les yeux bandés, en passant entre les deux gigantesques banians (arbres indonésiens de plusieurs mètres de diamètres) qui se trouvent en son centre. Ca paraît simple mais nous échouons tous deux ! Direction ensuite le château d’eau Taman Sari aux bâtiments blancs et au bassin en travaux, sans intérêt. On passera également devant la grande mosquée Mesjid Besar, le fort hollandais Benteng Vredeburg et nous traverserons le marché principal Pasar Beringharjo après avoir déjeuné attablés dans la rue. Le mieux est encore de se promener tranquillement au fil des rues, à l’ombre, en discutant de choses et d’autres et en achetant un Coca Light pour se réhydrater quand c’est nécessaire ! Jean-Noëlle apprécient particulièrement les batiks, chemises imprimées colorées dans les tons orangé et marron que portent la majorité des habitants de Yogyakarta. De là à en acheter pour les offrir…

Place Alun Alun

Dans l’après-midi nous rejoignons le marché aux oiseaux. Beaucoup de marche pour l’atteindre mais cela nous permettra de capter des originalités de la vie de Yogyakarta : un Indonésien à crête conduisant une mobylette tunée, un homme portant en bandoulière un fusil automatique de taille respectable… En arrivant, il y a plus de touristes que d’oiseaux autour de la place circulaire. On s’enfonce dans les différents petits chemins et on voit des oiseaux de toutes les couleurs, poussins fluos, poissons, chats, chiens, lapins, et même des serpents. Une vraie ménagerie ! Les animaux sont dans de petites cages, ce qui ne réjouira pas les Brigitte Bardot en herbe. Sinon la balade est agréable et reposante.

Marché aux oiseauxNous rentrons ensuite à l’hôtel avant de partir (à pied) pour la gare où nous avons un train de nuit pour Jakarta. Nous avons réussi à réserver deux places en classe économique. Nous payons donc notre trajet 35 000 rupiahs soit moins de trois euros cinquante. Nous avons juste le temps de nous acheter un mie goreng et un jus de citron avant de monter dans le train où nous découvrons ce que signifie classe économique en Indonésie…

Marché aux oiseaux

Mont Bromo (île de Java)

Samedi 21 juillet au matin, Jean-Noëlle se rendent sur le port de Labuanbajo vers sept heures trente pour quarante-huit heures de voyage avec pour destination l’île de Java. Nous avons réservé nos billets lors de notre premier passage avec la même agence que celle de la croisière (efficace, qualitative et correcte niveau prix). L’intégralité du trajet nous a coûté 650 000 rupiahs (environ soixante euros) soit deux fois moins qu’en avion. En résumé nous prenons un ferry de Labuanbajo à Sape sur l’île de Sumbawa (9h-16h30), puis un bus pour traverser l’île de Sumbawa d’Est en Ouest (17h-5h30). Au cours d’un rêve, J. a l’impression que N., dans un élan de bonté, lui masse les jambes. J. se réveille : cauchemar, N. s’est transformé en gros Indonésien qui se cache de honte, voyant que J. n’est pas seule et que son accompagnateur ne semble pas reconnaissant !

Monts Bromo et Batok

Après cet incident, Jean-Noëlle prennent un ferry de Sumbawa à l’île de Lombok (5h30-7h), traversent Lombok en bus (7h-13h), reprennent un ferry pour Bali (13h-17h) puis un autre bus pour Surabaya à l’Est de l’île de Java (17h-6h30 heure balinaise). Il est en fait 5h30 en ce lundi 23 juillet puisqu’il y a une heure de décalage entre l’Est et l’Ouest de l’Indonésie. Il est temps de prendre un petit-déjeuner et de se rendre compte que N. s’est fait voler l’équivalent de quarante-cinq euros dans le bus de nuit. Son portefeuille qui se trouvait dans son sac a seulement été allégé de billets, ses cartes bancaires, etc. n’ayant pas été volées. On remerciera le voleur pour sa délicatesse !

Mission commando

C’est reparti pour un bus depuis Surabaya jusqu’à la gare routière de Probolinggo avec nos sacs sur les genoux pendant plus de deux heures. Pas franchement confortable la classe économique, sans compter le chauffard/eur qui fonce et double par la droite et la gauche, qu’il y ait des véhicules en face ou non ! Arrivés à la gare de Probolinggo, nous devons prendre un mini-bus pour Cemara Lawang, le village le plus proche du Mont Bromo. Le chauffeur veut partir plein donc nous attendons jusqu’à midi. En moins de deux heures nous parvenons à Cemara Lawang. En arrivant, un mur de poussière se dresse devant nous, impossible de voir à plus de dix centimètres. Les gens qui rentrent de leur excursion ressemblent à des ramoneurs sortis d’une cheminée. En compagnie de deux Français et un Belge, nous nous mettons en quête du homestay de nos rêves. Nous nous décidons pour celui de Yog, hôte souriant. En attendant le dîner, Jean-Noëlle se promènent et discutent avec Mathieu, le Belge, qui voyage pendant un an. Nous prenons ensuite l’apéritif devant le Mont Bromo avant d’aller dîner à cinq avec Géraldine et Marc-Antoine au Cafe  Lava, pas mal. Puis dodo car demain, Jean-Noëlle se lèvent tôt.

Laotian Pasir (mer de sable)

Il est trois heures du matin lorsque le réveil retentit ! On enfile jeans, chaussures et polaires puis on part pour une heure et demi de grimpette jusqu’au Gunung Penanjakan. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, Jean-Noëlle sont dépassés par de gros 4×4. Rares sont les touristes à faire la totalité de l’ascension à pied. Nous partîmes deux du village et nous fûmes plus de cent en arrivant au sommet ! Heureusement, la quasi-totalité des touristes est agglutinée à l’opposé du Mont Bromo, pour admirer le soleil sortir des nuages. En attendant, nous sommes une minorité à profiter du spectacle : le Mont Bromo et le Mont Batok sortent lentement de l’obscurité en prenant différents tons pastels allant du mauve au bleu en passant par le beige. Les couleurs sont irréelles, on se croirait face à une peinture, c’est magnifique ! Une fois le soleil levé, les touristes se précipitent vers nous. Nous décidons d’aller manger des bananes frites et de boire un thé pour nous réchauffer. A peine ce petit-déjeuner fini, les touristes sont repartis en jeep et nous pouvons profiter d’une vue bien dégagée avant de nous remettre en route.

Mont Bromo

La descente de la montagne nous prend plusieurs heures et nous nous arrêtons souvent pour prendre quelques photos. La dernière halte servira à se protéger du sable car le vent se lève : foulard style bédouin autour de la tête, lunettes et capuche de polaire, le tout recouvert d’un imperméable. Prêts, mon colonel ! C’est parti pour la traversée de la mer de sable ou Laotian Pasir sous une tempête de sable, justement. Au pied du Mont Batok, on se croit à mi-chemin entre l’Arizona et le Sahara. On voit même un cavalier surgir devant nous avec un temple hindou en arrière plan. Vers neuf heures nous parvenons au sommet du Gunung Bromo duquel nous ne voyons pas grand chose, excepté un bout de lac volcanique vert foncé. Nous redescendons à travers un paysage lunaire puis rentrons à l’hôtel après une deuxième traversée de la mer de sable. Il est dix heures trente.

Rescapés du Mont Bromo

On retire nos foulards et lunettes, on a l’air de véritables clochards ! Le sable est partout : nez, oreilles, chaussettes, poches, dents, etc. Jean-Noëlle font une petite toilette puis vont dévorer un club sandwich et des frites bien mérités au Cafe Lava, à nouveau. Un mini-bus nous accompagne ensuite à Probolinggo. Arrivés à la gare routière en compagnie de Géraldine et Marc-Antoine, un Indonésien nous propose un shuttle bus privé plutôt qu’un bus public pour rejoindre Yogyakarta. Le prix étant le même que celui du bus public, nous acceptons, très méfiants néanmoins.

Aujourd'hui, dès l'aube

Rinca et Komodo

Le 17 juillet, Jean-Noëlle profitent une dernière fois des délicieux pancakes à la banane de leur hôtel à Moni avant de s’asseoir sur le bord de la route pour attendre le bus qui les mènera à Ruteng. De nombreux Indonésiens viennent nous parler, ce qui nous permet de tromper l’ennui. Lorsque notre bus arrive un vieil homme édenté surgit de nulle part pour nous dire que c’est notre bus (on avait déjà mis les sacs dans le coffre) et que nous devons lui payer le trajet (que nous avions réservé nous-mêmes la veille). Cet homme n’ayant rien à voir avec le bus, nous l’ignorons royalement. Les Indonésiens sont les spécialistes pour inventer des tarifs, droits d’entrées, taxes ou vous demander pour eux-mêmes de l’argent que vous devez à un autre.

Entre Rinca et Komodo

Le voyage dure une dizaine d’heures et nous arrivons à Ruteng vers 19h30. Pendant deux heures nous avons roulé de nuit à travers les montagnes. Les petites maisons éclairées à la bougie donnaient une atmosphère particulière au trajet. Débarqués devant l’hôtel Rima, N. paie le chauffeur au prix juste, c’est-à-dire bien moins cher que celui annoncé la veille lors de la réservation. Nous entrons dans l’hôtel en compagnie de Marie et Dat, deux Français dont nous avons fait la connaissance dans le bus. Il ne reste qu’une chambre économique libre, celle que nous avions la dernière fois. Elle a quatre places, nous décidons donc de la partager. A noter que la jeune fille de l’hôtel est bien moins insolente que la première fois. Elle est même sympathique et serviable. Après avoir réservé le bus du lendemain matin pour Labuanbajo, nous partons festoyer chez Merlin, l’enchanteur de nos papilles.

Le lendemain, le bus annoncé à neuf heures arrive en avance. Nous avons à peine le temps de finir notre petit-déjeuner (pancake à la banane pour changer !). Arrivés à treize heures à Labuanbajo, Jean-Noëlle déjeunent au Porto-Moro : les calamars et jus de mangue de mamie sont toujours aussi bons. On passe l’après-midi au café Mediterraneo, au-dessus de notre hôtel, pour profiter de l’Internet qui est malheureusement très lent. Nous dînerons ensuite au Pesano où les calamars et frites sont à tomber ! Nous passons la nuit au Mutiara Hotel.

Ile de Komodo

Le jeudi 19, nous nous réveillons pour partir en croisière. Nous prenons d’abord le petit-déjeuner à l’hôtel où le cuisinier s’autorise quelques libertés avec la recette insulaire : la banane est servie à côté du pancake ! Il est huit heures trente quand nous arrivons à l’agence Getrudis Tours and Travel, sous l’hôtel Gardena, où nous faisons connaissance avec nos trois compagnons de croisière et notre guide (sic). Ingrid, la cinquantaine, vient des Pays-Bas. Anna et Knut, bientôt trentenaires, sont norvégiens. Tous trois sont instituteurs, ce qui nous a offert d’ « intéressantes » conversations pendant la croisière. Nous partons pour trois heures de bateau afin de rejoindre l’île de Rinca. Sur place, nous optons pour le trek médium d’une heure. Après avoir payé de nombreuses choses (entrée, taxe, appareil photo, ranger), nous partons pour le trek, accompagnés de notre ranger-stagiaire qui est aussi vieux que notre guide de seize ans mais plus expérimenté. Il parle anglais, lui ! Nous nous promenons dans la forêt, où nous croisons seulement des singes. En même temps, à midi, sous un soleil de plomb, les animaux sauvages ne sont pas légion.

Toutefois, au détour d’un cours d’eau presque asséché, nous tombons nez-à-naseaux avec un dragon du Komodo de deux mètres cinquante de long. On ne va pas exagérer plus longtemps : celui-ci est à une bonne dizaine de mètres en fait. Nous en profitons donc pour prendre des photos, jusqu’à ce que notre guide nous dise « Back off ! Back off ! ». En effet, le varan se dirige vers nous. Nous remontons donc sur les berges pour le regarder passer, jusqu’à ce que notre guide nous dise, d’une voix tremblante cette fois, « Back off ! Back off ! Don’t run ! ». Le dragon est lui aussi monté sur la berge, décidé à nous suivre. Il fait des haltes pour humer l’air avant de continuer sur nos traces, ce qui augmente la panique de notre guide. Nous sommes donc peu rassurés et soulagés quand le dragon décide de nous laisser tranquilles après que nous avons changé de chemin. La promenade se termine sans incident et nous prenons quelques photos supplémentaires des sept dragons affalés sous les cuisines du campement.

Dragon de Komodo

Nous y achetons un rafraîchissement pour nous remettre de nos émotions. C’est l’occasion de discuter avec un vrai ranger :

– De quand date la dernière attaque ? (Nous nous attendons à une réponse du genre : Il y a bien dix ans, un touriste imprudent, mais personne ne se souvient vraiment des détails, etc. Mais sa réponse est la suivante.)

– Il y a deux semaines… Un ranger (donc un professionnel !)… Il n’avait pas vu le dragon (attaque éclair en traître  donc)… Mais il a survécu (ah, parce qu’on peut en mourir !)… Il va bien, il peut même marcher et travailler.

Snorkeling

Autant vous dire qu’on n’était pas rassurés à l’idée de nous promener à nouveau en pleine nature le lendemain ! Lorsque nous remontons sur le bateau, un copieux festin préparé par notre capitaine-cuisinier anglophone nous attend. Poulet, légumes, tofu, c’est délicieux. L’après-midi sera consacré à du snorkeling aux abords de Pink Beach, sur l’île de Komodo. La plage est ainsi nommée car on y trouve ne nombreux grains de sable roses qui sont en fait des résidus de coraux rouges. On plonge dans l’eau transparente depuis le bateau et on se retrouve au milieu de coraux rouges et de nombreux poissons, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. J. voit même un petit serpent de mer, noir et blanc, sans doute l’un des plus dangereux du monde, ce que nous n’apprendrons qu’après, bien sûr. Nous passerons plus d’une heure dans l’eau sans nous ennuyer. Nous décidons de nous arrêter sur la plage où J. remarque que le niveau de l’eau a baissé. C’est effectivement le cas et nous devons nous précipiter dans l’eau afin de rejoindre le bateau avant que les coraux ne soient complètement découverts et que nous soyons bloqués sur la plage. En route vers le bateau, nous apercevons une dizaine d’énormes snappers. Il serait bon d’en dévorer un ou deux !

Une fois à bord, nous reprenons la mer jusqu’à notre prochaine halte, où nous passerons la nuit. Il s’agit d’une baie abritée des vents au large de Flying Fox Island. Au coucher du soleil, nous pouvons en effet y observer de gigantesques chauves-souris traverser la baie. C’est moins impressionnant qu’à Riung, néanmoins. Au fur et à mesure que l’obscurité s’installe, d’autres bateaux rejoignent le nôtre dans la baie, les lumières et les ombres au loin nous rappellent notre nuit passée sur la baie d’Halong.

Dragon de Komodo

Réveil au petit matin. Le capitaine-cuisinier nous prépare un délicieux petit-déjeuner avec des toasts, de la confiture et de la pastèque ; ça change du pancake à la banane ! Nous partons ensuite pour l’île de Komodo où nous avons seulement à payer le ranger (10 000 rupiahs chacun, soit moins d’un euro). Cette fois nous avons un ranger expérimenté et il est sept heures du matin donc nous avons plus de chances de voir des animaux. A peine cinq minutes après le départ, il nous montre une vipère vert fluo cachée dans un arbre. Puis viennent des oiseaux mégapodes, un cochon sauvage et un cerf. Nous croisons également un dragon dans la nature, complètement avachi près d’un point d’eau. Il a vraiment l’air inoffensif et tourne même la tête en direction des photographes. Celui de la veille avec sa grande langue fourchue et sa démarche balancée était nettement plus impressionnant. De retour au campement nous observons trois cerfs supplémentaires, ainsi qu’un dragon, lui aussi avachi sous les cuisines.

Les dragons de Komodo, c’est rien que des feignasses qui prennent des bains de soleil en attendant de tomber sur une proie morte, empoissonnée par l’un d’entre eux. En effet, lorsque le dragon attaque une proie, il la mord et lui injecte un poison mortel qui viendra à bout d’un buffle en deux semaines, par exemple. Les dragons partagent ensuite la proie morte. Un adulte peut dépasser trois mètres de long et atteindre quatre-vingts ans. Les mâles mangent les petits complètement livrés à eux-mêmes une fois sortis de l’œuf, les femelles se contentant de garder le nid quelques mois. Ceux-ci grimpent donc dans les arbres pour se protéger et se nourrir de serpents et d’oiseaux lors de leurs premières années. On a eu beaucoup de chance car il est très rare d’apercevoir un dragon dans la forêt, et encore plus en mouvement. Le ranger du deuxième jour ne nous a d’ailleurs crus qu’une fois que nous lui avons montré une photo.

Ile de Komodo

Nous partons ensuite pour une dernière île où nous allons faire du snorkeling. En chemin nous apercevons des dauphins, des ailerons noirs d’abord, comme la veille, sauf que cette fois, quatre dauphins noir et gris sautent hors de l’eau avant de disparaître. L’île abrite une plage de sable blanc, avec des rochers et de l’eau transparente. Nous déjeunons d’un délicieux snapper (encore meilleur qu’à Riung) avant de nous élancer dans l’eau, équipés de nos palmes, masques et tubas. L’eau est plus trouble que la veille, les poissons moins nombreux. Soudain, N. arrête J. pour lui montrer un poisson à cinq mètres de distance, dans les eaux troubles. Il s’agit d’un requin à pointe noire de presque un mètre de long ! Nous verrons également une autoroute de poissons, qui avance à la queue leu leu, deux par deux. Il y en avait bien deux cents. Nous revenons après deux heures de snorkeling et bataille de sable sur la plage. Nos co-voyageurs, qui ne semblent pas passionnés par le snorkeling, nous attendaient depuis un moment et commençaient presque à s’inquiéter.

Nous retrouvons la terre ferme à quinze heures. Nous avons passé deux jours merveilleux pour seulement 650 000 rupiahs (une soixantaine d’euros), tout inclus exceptés les frais d’entrée au parc. La nourriture était même meilleure qu’au restaurant. Nous allons ensuite au Lounge profiter de leurs délicieuses boissons et de leur Internet performant, cette fois. La journée se clôt par un dîner au Gardena Hotel en compagnie de nos joyeux drilles nord-européens (Ingrid, Anna et Knut). Les crevettes et le thon à la plancha avec des frites étaient délicieux, sans doute l’un des meilleurs repas de Jean-Noëlle en Indonésie !

Ile de Komodo

Moni (île de Flores)

Samedi quatorze juillet Jean-Noëlle se réveillent à cinq heures trente pour prendre leur petit-déjeuner. Puis nous nous rendons sur la route principale pour attendre le bus qui va à Ende. Nous grimpons dans celui-ci, bientôt suivis par une chèvre aux quatre pattes attachées. Le trajet jusqu’à Ende dure six heures et demi contre les quatre annoncées par le Lonely Planet. La transition à Ende pour prendre un bus pour Moni n’est pas aisée, on nous ment, on essaie de nous faire payer cinq fois le prix. Finalement, comme toujours, un gentil Indonésien nous prendra en main. Nous arrivons à Ende vers seize heures devant l’hôtel Bintang où une petite Mamie nous confirme que nous payons le bon prix. Les personnes âgées semblent être les plus honnêtes. L’hôtel Bintang étant complet nous traversons la rue pour poser nos sacs au Watugana Bungalows. Nous retournons au Bintang Restaurant pour écrire enfin nos articles de blog sur l’Indonésie, tout en sirotant des jus de fruits. Nous dînons ensuite au Chenty Restaurant & Cafe juste à côté. La préparation est longue mais la nourriture est très bonne. Jean-Noëlle vous recommandent les Moni Cake, galettes de pommes de terre, oignons, crème et fromage. Retour à l’hôtel.

Lac turquoise, Kelimutu

Nous nous réveillons à quatre heures trente (pas de grasses matinées en Indonésie) pour voir le lever du soleil aux lacs volcaniques du Kelimutu. Etant donné qu’il a plu toute la nuit et qu’il pleut encore, N. va dire au chauffeur qu’ils retournent se coucher car la visibilité sera nulle. Trois heures plus tard, nouveau réveil par le manager de l’hôtel qui annonce à Jean-Noëlle que le ciel est dégagé au sommet. Nous nous dépêchons, nous grimpons en voiture puis nous attendons vingt minutes les trois Français avec lesquels nous faisons le trajet. Notre chauffeur nous dépose sur un parking et nous terminons l’ascension à pied. Au sommet, la visibilité est très faible du fait des nuages. Il faudra être patient, ceux-ci venant et se retirant sans cesse. Les deux premiers lacs volcaniques sont d’un bleu turquoise très intense et opaque. L’ancien lac brun est désormais d’un bleu turquoise foncé parfaitement uniforme tandis que l’autre est plus clair avec un aspect laiteux. Nous rejoignons ensuite l’Inspiration Point, point culminant d’où nous profitons d’une éclaircie pour admirer les trois lacs. Le troisième est noir avec des reflets vert foncé. Moins impressionnant que les autres par sa couleur, il est plus agréable à regarder au soleil car il a des reflets.

 Lac volcanique, Kelimutu

Jean-Noëlle redescendent vers Moni à pied et font une halte déjeuner au Restaurant Kelimutu Moni après deux heures de marche. Le Gado Gado, plat de légumes et sauce épicée aux cacahuètes, y est délicieux. Nous repartons en amont vers les sources d’eau chaude que nous avons dépassées. En arrivant au village des sources, on doit faire une petite donation pour voir la barrière en bambou se lever. Les sources d’eau chaude se déversent dans deux bassins carrelés. Ça n’a aucun charme, c’est dommage. Jean-Noëlle y trempent quand même leurs pieds, pour le principe. L’eau est en effet chaude et est presque brûlante à l’arrivée dans le bassin. Nous repartons vers Moni et nous mettons en quête de la cascade et de nouvelles sources d’eau chaude à proximité du Rainbow Cafe.

Rizières, Moni

Nous trouvons la cascade sans peine mais avons besoin des conseils d’une Indonésienne qui fait sa lessive pour trouver les sources. Il s’agit en fait de bassins naturels de moins de deux mètres de diamètre, le long d’un torrent. Jean-Noëlle s’y installent quelques minutes : c’est plus chaud que leurs salles de bain ! Au retour, nous suivons l’Indonésienne qui nous a aidés plus tôt pour aller voir les ikaths qu’elle fabrique elle-même. Un ikhat est un tissu brodé que l’on peut porter autour de la taille ou sur les épaules. Certains sont cousus en cylindre, malheureusement ceux-ci sont trop chers pour notre petit budget. De retour à Moni, nous dînons à nouveau au Chenty Restaurant & Cafe en écrivant pour le blog puis nous rentrons nous coucher de l’autre côté de la route.

Sources d'eau chaude, Moni

Lundi seize juillet, nous louons une moto semi-automatique pour nous promener à l’Est de Moni. Celle-ci arrive avec une heure de retard. Jean-Noëlle monte en selle, c’est parti pour deux heures de virages serrés au milieu de la jungle et des panoramas sur les montagnes et la mer au loin. Malheureusement, à mi-chemin, le pneu arrière de la moto crève. Nous la poussons donc (en descente) jusqu’au premier village où, coup de chance, se trouve un garage pour motos. Une vingtaine de minutes et un euro suffisent à réparer notre pneu et nous repartons pour Paga Beach. Nous nous arrêtons pour déjeuner au Laryss Restaurant où nous dégustons de délicieux calamars frits et poisson grillé sur des tables en bois face à la mer turquoise. C’est l’occasion de discuter de la culture des affaires en Chine avec notre voisine américaine, désormais installée à Bali. Le déjeuner terminé, nous faisons cinq mètres pour nous allonger sur la plage : baignade, bronzette, lecture, sieste. Jean-Noëlle sont seuls sur la plage, encore une fois.

Paga Beach, environs de Moni

Sur le chemin du retour, nous tentons de nous rendre au village Nuabari pour admirer des stèles funéraires et un panorama sans égal. Malheureusement, une chute de moto (sans conséquence, rassurez-vous) due à un chemin de cailloux incliné à plus de quarante-cinq degrés nous fait rebrousser chemin. Notons la gentillesse des quatre Indonésiens qui s’arrêtent pour vérifier que nous allons bien. Après deux heures de route, nous parvenons à notre hôtel où nous prenons une douche avant d’aller dîner au Rainbow Cafe. Nous y retrouvons l’Indonésienne de la veille avec qui nous parlons de ses voyages. En effet, elle a vécu à Singapour, en Malaisie et un peu en Chine en tant que bonne et baby-sitter. Si vous passez par Moni, allez lui rendre visite, sa conversation est intéressante et ses ikhats très beaux. Après un dîner copieux, nous rentrons nous coucher pour une troisième nuit au Watugana Bungalows. Le confort y est correct (pas de douche pour autant), la nuit coûte 150 000 rupiahs (soit treize euros environ) et le service est assez désinvolte. Quant aux crêpes servies au petit-déjeuner, elles sont absolument délicieuses !

Paga Beach, environs de Moni

Riung (île de Flores)

Jeudi douze juillet, nous partons donc aux aurores et, chose surprenante, notre chauffeur est à l’heure ! Lukas ne doit pas plaisanter avec les horaires. On embarque donc à six dans une voiture prévue pour sept, c’est le grand luxe ! Nous payons quand même 100 000 rupiahs (neuf euros) au lieu de 40 000 par personne, mais au moins nous arrivons à Riung à neuf heures, au lieu de seize heures avec le bus, ce qui nous permet de gagner une journée, rien que ça. Nous essayons deux hôtels puis finissons au Madona Homestay, chez une petite Mamie qui parle trois mots d’anglais mais est bienveillante (presque trop parfois). Le confort est sommaire mais pour 50 000 rupiahs (quatre euros cinquante) petit-déjeuner compris, on ne fait pas les difficiles. C’est le meilleur prix qu’on ait eu pour l’instant.

Habitations à Riung

C’est parti pour le Cafe del Mar, tenu par un jeune Indonésien aux cheveux longs pour organiser notre sortie island hopping/snorkeling (comprenez masque-tuba d’île en île) pour 127 500 rupiahs (onze euros) par personne, déjeuner non compris. Nous rejoignons ensuite Simon sur le port, autre Indonésien à la peau très mate et aux cheveux bouclés (chose rare) qui baragouine quelques expressions françaises assez comiques. Une fois le déjeuner acheté nous embarquons en compagnie du Hollandais et des deux Biélorusses avec qui nous avions partagé la voiture. Première halte au Pulau Tiga où nous sautons du bateau pour rejoindre la plage en observant la faune maritime : coraux verts, bleus et rouges, étoiles de mer bleu vif, poissons de toutes les tailles, formes et couleurs (et même des poissons du film « Némo »). Une fois sur la plage, nous déjeunons à l’ombre d’un arbre, sur le sable blanc, en regardant la mer azur et la côte en face. Nous sommes douze personnes sur l’île, pas une de plus. Jean-Noëlle se sentent encore plus seuls au monde lors de leur promenade au bout de la plage.

Plage d'une île proche de Riung

Nous remontons dans notre bateau qui est une longue barque avec une bâche en plastique bleu et du bambou en guise de toit. Nous nous arrêtons à l’île Pulau Rutong pour refaire du snorkeling. Les coraux sont moins impressionnants, mais on retrouve les nombreux poissons dont certains ont des couleurs très vives. Entre deux sessions de snorkeling, nous faisons une pause sur le sable blanc. Avant de partir, nous allons faire un tour dans la petite mangrove de l’île. Notre bateau met ensuite le cap sur Pulau Ontoloe où nous nous arrêtons à proximité de la mangrove pour observer les « flying foxes », des chauves-souris de très grande taille (une bonne cinquantaine de centimètres d’envergure). Notre guide frappe des mains et crie pour les réveiller afin de les faire s’envoler.  Des nuées de chauve-souris traversent le ciel au soleil couchant, c’est impressionnant.

Flying foxes, Pulau Ontoloe

Nous rentrons vers dix-huit heures et repassons au Café del Mar pour payer. Le propriétaire arrive après nous, un sourire aux lèvres et les yeux anormalement rouges… Il semble un peu ailleurs et rigole beaucoup. Il propose de nous cuisiner un « snapper » (dorade) de trois kilos que nous partagerons à cinq. Nous acceptons et rentrons nous laver pendant qu’il prépare le poisson. Nous prenons notre première douche au seau d’eau. Le rendez-vous est fixé à vingt heures, à vingt heures trente notre poisson n’est toujours pas prêt mais nous passons un bon moment avec nos compagnons de la journée et un couple de Français que nous venons de rencontrer. La bête arrive enfin et sa taille est impressionnante. Servie avec une salade, des légumes cuits et du riz, on se régale. Le poisson est vraiment délicieux, le meilleur que Jean-Noëlle ait mangé depuis un moment.  A la fin du dîner, le propriétaire nous propose de l’accompagner  à un mariage. Nous acceptons et partons avec les autres clients du restaurant.

Dorade au Café del Mar, Riung

Onze occidentaux qui arrivent à un mariage musulman en Indonésie, ça fait une entrée remarquée. Nous avons un peu l’impression de voler la vedette aux mariés à qui nous allons serrer la main et déposer une donation dans une enveloppe. Nous allons ensuite nous asseoir en face des enfants qui semblent ravis du spectacle et surtout de voir un australien porter un sarong, tenue locale. On nous apporte de l’eau et un gâteau. La salle est juste composée d’une immense tente, le sol est en terre battue et on est assis face aux mariés sur des chaises en plastique. Les mariés sont disposés sur un canapé, sous des tentures, leurs noms sont indiqués derrière eux. Personne n’est particulièrement bien habillé pour l’occasion, à part quelques petites filles qui ont de jolies robes. Nous regardons les gens danser. Ici on danse deux par deux, face à face sur une ligne, et les enfants qui ne respectent pas cette tradition se font un peu réprimander. A la fin de chaque musique tout le monde va se rasseoir et retourne sur la piste de danse à la chanson suivante. Nous nous joindrons à deux danses dont une traditionnelle, en cercle avec deux personnes au milieu qui tiennent un foulard. Si l’une d’elle passe un foulard autour de vous, vous devez prendre sa place au milieu du cercle, danser un peu et choisir une nouvelle « victime ». Nous rentrons sous les étoiles et la voie lactée que l’on voit très bien ici. Ainsi s’achève notre première journée à Riung, riche en découvertes.

Mariage musulman, Riung

Le lendemain nous essayons de louer une moto. Les prix sont très élevés, surtout pour une semi-automatique, mais nous finissons par accepter d’en louer une avec le plein et deux casques pour 100 000 rupiahs (neuf euros). Nous partons d’abord en direction du panorama Wukit Batujapi qui offre une vue superbe sur les îles. Nous nous rendons ensuite à la cascade Buntang Ireng. La route pour y accéder est en très mauvais état et la conduite n’est pas agréable pour N. Nous finissons par trouver l’entrée du chemin menant à la cascade, mais après une demi-heure de marche le chemin commence à devenir un peu difficile et nous n’entendons toujours pas la cascade. Fatigués, nous décidons de faire demi-tour après avoir fait une baignade dans un ruisseau. Nous retournons à Riung pour déjeuner au Rumah Makun Murah Muriah. La nourriture y est savoureuse et la quantité de crevettes dans nos nouilles est tout à fait respectable.

Wukit Batujapi, Riung

Nous reprenons ensuite la moto pour nous rendre à la plage Pantai Watulajar. La vue depuis la route est magnifique. Nous croiserons même un petit varan et des singes ! La plage est entourée de hautes herbes et de cocotiers. Encore une fois nous nous sentons seuls au monde. Nous croiserons quand même des vaches. Leur propriétaire nous propose de l’accompagner pour les faire boire et nous pouvons admirer les veaux gambader. Le soir nous retournons dîner au Rumah Makun Murah Muriah et passons une dernière nuit au Madona Homestay. Le lendemain Jean-Noëlle doit se lever tôt pour partir pour Moni.

Vaches sur la plage Pantai Watulajar

Bajawa (île de Flores)

Le bus pour Bajawa étant complet, le manager nous avait réservé une voiture en nous annonçant qu’elle pouvait arriver avec une, deux, trois heures de retard, voire ne pas arriver du tout. Autant vous dire que Jean-Noëlle étaient ravis de se réveiller à six heures trente. Finalement notre chauffeur arrive avec quarante-cinq minutes de retard mais nous baladera dans toute la ville avec de nombreux passages devant notre hôtel. Nous partons plus d’une heure après le pick-up et nous sommes neuf dans une voiture prévue pour sept, ça pourrait être pire. Le voyage se passe sans heurt, excepté la musique du chauffeur (essentiellement Shania Twain et du rock) qui saute à chaque nid de poule, pendant que les verrous se bloquent et se débloquent tous seuls.

Lukas devant sa maison, Mari

Nous arrivons à Bajawa vers treize heures et fonçons au Korina qui propose ses chambres doubles à 150 000 rupiahs (quatorze euros) au lieu des 60 000 annoncés par le Lonely. On traverse la rue pour réserver deux nuits à l’Edelweis pour 175 000 rupiahs chacune (90 000 dans le Lonely), l’hôtel étant plus propre et offrant le wifi. Nous essayons dans notre hôtel de réserver le transport pour quitter la ville (premier réflexe quand on arrive quelque part) et un tour dans les villages ethniques le lendemain mais nous ne parvenons pas à nous faire comprendre de notre interlocutrice. Nous tentons notre chance en face où l’on parle anglais mais où l’on ne semble pas très au courant. Nous quittons alors notre rue en direction de l’office du tourisme qui fait face à la prison, d’après le plan. Nouvel échec, l’office du tourisme a déménagé dans la cabane en bois (fermée durant tout notre séjour) en face de notre hôtel. Nous tentons de trouver un guide dans un troisième hôtel, sans succès. Sur le chemin du retour, le distributeur automatique de billets indiqué sur le plan du Lonely Planet est introuvable.

En dernier recours, nous tentons notre chance dans les restaurants de notre rue. Premier essai chez « Lucas ». Au fond à gauche de la salle est assis un quarantenaire indonésien en veste de costume marron. Il semble pouvoir nous aider à trouver un guide. Après avoir pris son temps pour nous présenter ses conditions, il nous expose ses prix. Ce sont ceux annoncés par le Lonely Planet (250 000 rupiahs chacun, soit vingt-deux euros, transport, guide, droits d’entrée et déjeuner inclus), un tiers moins cher que la proposition qu’un motard nous avait faite plus tôt devant le pseudo office du tourisme. Nous acceptons, d’autant plus que nous apprenons que c’est lui, Lukas, sympathique propriétaire du restaurant qui sera notre guide. Il annonce aussi pouvoir nous aider à réserver un transport pour Riung. Jean-Noëlle rentrent à leur hôtel soulagés. Après un tour sur Internet, nous dînons au Dito’s, en face de l’hôtel. Comme nous sommes studieux, nous attendons nos plats en révisant nos premières leçons de mandarin à l’aide du livre de N. Le jus de syrsak de J. est fabuleux et très onctueux, le nasi goreng special délicieux grâce aux calamars grillés. Les brochettes de porc ne nous convainquent pas car nous sommes gênés par le goût de rose trop prononcé. La nourriture est de qualité et nous nous couchons le sourire au ventre !

Village de Gurusina

Mercredi onze juillet, nous retrouvons notre guide Lukas à huit heures devant son restaurant. Pour la première fois depuis notre arrivée en Indonésie nous partons à l’heure. J. grimpe derrière Lukas et N. derrière un autre Indonésien car il n’était pas sûr de pouvoir conduire une semi-automatique. Lukas lui expliquera plus tard et N. terminera lui-même sa formation en observant son chauffeur en action. La prochaine fois, on ne sera pas obligé de louer un scooter. Première halte dans le village de Mari, typique mais sans charme à cause des toits de taule qui ont remplacé ceux en herbe séchée. Lukas est le chef de ce village et nous invite dans sa propre maison. C’est l’occasion pour lui de nous présenter l’intérieur d’une maison traditionnelle ainsi que la signification des gravures, taches de sang et autres accessoires. La visite se termine et nous allons partir quand son fils Michael nous apporte le thé préparé par sa mère. C’est l’occasion de discuter un peu avec Lukas, de ses différents métiers (guide, propriétaire d’un restaurant, manager d’un hôtel, exploitant d’arbres, professeur d’anglais, chef de village, etc.), de ses six enfants et de leurs frais de scolarité. Ceux-ci sont plus élevés qu’une inscription à l’université en France et sont payés en dollars.

Village de Luba

Sur le chemin de Luba nous observons à loisir l’imposant volcan Gurung Inerie. Sur l’un de ses pans, on observe de gigantesques traces rouges laissées par des coulées de lave. Pourtant, la dernière éruption remonte à plus de cent ans. Quelques dizaines de mètres avant le village suivant N. descend de sa monture car son pneu arrière a crevé. Le conducteur nous abandonne pour régler ce problème. Nous arrivons dans le village de Luba, plus typique que le précédent et sans électricité. Sur plusieurs niveaux on admire les habitations en bois avec des toits d’herbes séchées ainsi que les totems masculins et féminins (un couple par clan) et les tombes des ancêtres qui veillent encore sur les habitants du village. N. jouera quelques minutes au foot avec deux enfants du village, ravis. Direction Bena, à pied. Ce village est bien plus imposant et animé que Luba qui était très paisible et silencieux. Ici les femmes tissent des ikaths (vêtements traditionnels indonésiens) et les hommes coupent du bambou et assemblent des pièces de bois pour la construction d’une maison. Au sommet du village, on a une belle vue sur les montagnes et la mer au loin. C’est là que nous allons déjeuner. Qui a la nourriture ? Le conducteur qui a crevé bien sûr ! Lorsqu’il arrive enfin nous dégustons nos nasi goreng contenus dans des feuilles de carton (comme tous les plats à emporter, quand ce ne sont pas des feuilles de bambou). Sans cuillère, Jean-Noëlle mange avec les doigts pour la première fois du voyage (sans compter Mc Donald’s, Burger King et Carl’s Junior, bien entendu !). En redescendant, nous achetons des noix de macadamia que nous grignotons avec plaisir.

Mâchoires de porcs sacrifiés

Nous partons pour le dernier village, Gurusina : assez semblable au premier, l’électricité en plus, mais avec panneaux solaires, s’il-vous-plaît. On nous offre le café et c’est une occasion supplémentaire pour discuter avec Lukas en admirant la vue qui s’offre à nous. Il est cette fois question de philosophies de vie et de vision du tourisme. Nous apprenons en passant que certains des habitants du village ont fait fortune grâce aux ventes de gousses de vanille. Le retour à Bajawa se fait dans les nuages, au sens propre : nous traversons d’épais nuages gris dans lesquels les véhicules que nous croisons surgissent comme des ombres. Nous rentrons un peu mouillés mais heureux après cette journée atypique. Merci Lukas. Nous allons nous promener en ville à la tombée de la nuit et passons sur le marché très animé dont certains étals sont éclairés à la bougie. Nous dînons ensuite au restaurant « Lucas » duquel nous garderons un moins bon souvenir : recettes simplifiées au maximum qui donnent une nourriture sans saveur. N. essaie l’arak, alcool de palme national qui rappelle la Tequila. Lukas apparaît à la fin du repas afin de louer un véhicule pour Riung pour nous et les trois personnes que nous venons de rencontrer. Les détails sont réglés rapidement et le départ est prévu à six heures. Lukas est vraiment la clef de Bajawa et ses environs !

Retour à Bajawa dans la brume