Japon : feuille de route

Itinéraire Japon

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J. au Japon : Fukuoka

J. au Japon : Osaka

Hiroshima mon amour, par J.

J. à Tokyo : Roppongi, Akasaka, Ginza, Shidome et le palais impérial

J. à Tokyo : Ueno, Asakusa, Akihabara

J. à Tokyo : Odaiba et la baie de Tokyo

J. à Tokyo : Ikebukuro, Shinjuku, Shibuya et Harajuku

J. au Japon : Disneyland Tokyo

J. au Japon : Kamakura

J. au Japon : Kyoto et Nara

J. au Japon : le bilan

J. au Japon : le bilan

La première chose qui frappe au Japon c’est le mélange entre tradition et modernité. Beaucoup de hauts buildings, de malls, mais en même temps encore des sanctuaires dans la ville où les gens viennent prier, on croise des gens en tenue traditionnelle (plus de femmes que d’hommes), des petites bâtisses, etc. Les bains sont encore une tradition très répandue et on y croise des familles ou des groupes d’amis. Tradition et modernité ne sont pas deux mondes fermés. A Fukuoka près d’un mall immense j’ai croisé un homme en tenue traditionnelle qui venait de faire ses courses. De même vous pouvez croiser des jeunes filles très modes venues prier dans un temple au beau milieu d’une rue commerçante. A Kyoto nous avons croisé un couple en tenue traditionnelle à  une terrasse d’un bâtiment traditionnel assis sur des chaises, mangeant de la nourriture occidentale en buvant du vin blanc.

Geisha Kyoto

Tokyo est la ville la plus déjantée du Japon. Le cosplay (les jeunes habillés en tenue de soubrettes ou de mangas) est plus répandu à Tokyo, tout comme les gens habillés en Elvis qui viennent danser dans la rue. C’est à Tokyo également que vous verrez les tenues vestimentaires les plus déjantées, les magasins vendant plein de brics-à-bracs et les phénomènes les plus fous comme les maids cafés présentés dans l’article sur Akihabara.

On trouve également beaucoup d’espaces verts au Japon et près des grandes villes de nombreuses petites îles sont accessibles en moins d’une heure. Vous pourrez alors passer votre journée dans la nature, à regarder la mer. Et si vous trouvez une plage avec baignade surveillée, vous serez tranquille car les japonais ne se baignent pas beaucoup dans la mer.

Champ de fleurs, Japon

Les gens ici sont les plus serviables que j’ai pu rencontrer en Asie. Si vous avez l’air un peu perdu, quelqu’un viendra vous aider et vous aidera vraiment autant qu’il le peut, au point parfois de faire le chemin avec vous. A chaque fois que vous rentrez dans une boutique on vous saluera et on vous remerciera quand vous en sortirez. Effectivement dans les restaurants les formules de politesse sont scandées comme une chanson mais ça ajoute au charme. Ils sont également très polis entre eux et il n’est pas rare de voir des gens se courber 5 ou 6 fois pour se dire au revoir, surtout chez les hommes d’affaires.

Les japonais ont également une passion pour Disney. Vous trouverez des Disneystore dans chaque ville, parfois même plusieurs. Il est très facile de trouver des vêtements ou accessoires à l’effigie des personnages de Disney dans de nombreuses boutiques ou portés par les gens dans la rue. De même Hello Kitty est très présente. Vous trouverez des gâteaux Hello Kitty, des peluches, stylos, tasses, etc. Les vêtements Hello Kitty par contre (comme le Kimono) sont plus pour les enfants, à la différence des produits Disney. Ils ont également un goût pour les vêtements colorés et originaux. Toutefois, les japonais ont beaucoup de style et l’originalité donne de bons résultats sauf pour les cas extrêmes que vous croiserez surtout dans Hasakusa.

Mickey Hasakusa

Les vêtements dans les boutiques sont parfois trop jeunes avec beaucoup de dentelles, de cols, d’imprimés comme des cœurs et des étoiles, mais on trouve aussi de très jolies choses et une balade dans les malls peut devenir une torture (au moins) si votre portefeuille est vide. Dans les quartiers très commerçants on trouve peu de petites boutiques. Ce sont surtout des enseignes très connues sur plusieurs étages. On va trouver les petites boutiques dans les malls ou dans les stations de métro où l’on peut trouver des vêtements ou des chaussures à cinq vingt euros (malheureusement mes pieds sont trop grands).

En effet, si le Japon est un pays cher, surtout pour le logement, on peut trouver des restaurants et des boutiques moins chères. J’ai souvent mangé pour trois à cinq euros dans des petits restaurants. Essentiellement des ramens mais aussi des sushis et des makis. Certains « sushis-train » proposent la paire de sushis à un euro, ce qui permet de manger beaucoup de sushis pour pas grand-chose. Ajoutons à cela que la nourriture est délicieuse et que j’ai seulement une fois été déçue par le contenu de mon assiette.

Peluches Hello Kitty

Je ne peux pas finir cet article sans vous parler des Kit-Kat qui nous ont beaucoup occupés avec mon frère car on trouve des parfums très originaux mais pas dans les mêmes boutiques. Nous avons testé : cookie-cream, canelle, glace à la vanille, framboise, chocolat noir, chocolat au lait (ceux que nous connaissons) et chocolat au lait avec des boules de riz soufflées. Nous avons également vu « thé vert » et il existerait clémentines, soupe miso et wasabi. Apparemment les parfums changent selon les boutiques mais aussi selon les villes et les saisons !

J. au Japon : Kyoto et Nara

Départ pour Kyoto le mardi 26 juin. Journée perdue à chercher une banque. Nous ne parvenons pas à trouver un distributeur qui accepte les cartes étrangères. Lassés de chercher, nous faisons un détour vers la HSBC où l’on sait que l’on pourra retirer. Ensuite il faut encore regagner la gare, faire le trajet jusqu’à Kyoto et trouver notre hôtel où nous n’arriverons pas avant 16h00. Nous partons alors faire un tour dans le centre-ville où nous dînerons dans un délicieux restaurant d’Unagi (anguille grillée avec une sauce). Un pearl tea pour le dessert qui ne fait malheureusement pas sensation.

Le lendemain nous nous rendons au Ryokan Shimizu pour rejoindre des amis japonais de mes grands-parents. Les ryokans sont des hôtels typiquement japonais : matelas et tatamis dans les chambres et possibilité d’utiliser un bain commun, après s’être lavé. Nous commençons la journée en allant réserver une visite pour la ville de Katsura (réservation obligatoire). Nous nous rendons ensuite au Nijo-jo, le château de Nijo. Très sobre, le château présente de belles boiseries. On circule sur un parquet autour des différentes salles qui sont pour la plupart ouvertes et dont le sol est en tatami. Des portes coulissantes en papier sont décorées d’estampes. Le sol fait un bruit quand on marche, on appelle ça un parquet rossignol, cela permettait de savoir s’il y avait quelqu’un dans le palais. Les jardins aussi sont très beaux avec beaucoup d’arbres, de petits lacs et de petites fontaines. Un promontoire offre une vue sur les différents bâtiments du palais, avec notamment une petite maison pour observer la lune.

Nijo-jo, Kyoto

Nous allons déjeuner dans un restaurant de ramen où l’on passe commande à une machine qui nous donne un ticket que l’on donne à la serveuse. Nous partons ensuite visiter un temple. En chemin nous passons devant une pâtisserie où nous goûtons une longue pâte de riz gluante et sucrée sur un bâtonnet. C’est très bon ! La visite du temple est une visite que l’on doit réserver en avance, elle est en japonais, mais heureusement nos accompagnateurs se font un plaisir de tout nous traduire en français. Comme pour le château, les bâtiments sont assez sobres, avec cette fois de vrais jardins à la japonaise dont le sol est en cailloux. Certains jardins représentent des paysages, un chemin un peu élevé représente une montagne, une coulée de pierre une cascade, etc.

Nous sommes ensuite repartis en direction de l’hôtel. Avec mon frère nous décidons de nous offrir une « petite » glace chez Basket Robbins, glacier présent dans toute l’Asie. On peut choisir la taille de ses boules « small » ou « regular ». Nous choisissons « regular » et nous nous retrouvons avec des boules de glace énormes, le paradis des gourmands, surtout que les parfums sont originaux : orange cheesecake, menthe chocolat oreo, lemon and cranberry cheesecake, etc. Et les glaces sont plutôt bonnes.

Geisha, Gion, Kyoto

Nous partons ensuite en bus vers Gion, le quartier des Geishas. Il n’est que 17h00 mais nous en croisons beaucoup ! Apparemment ce n’est pas habituel à cette heure-là. Nous sommes chanceux. Les geishas sont plutôt pressées et ne s’arrêtent pas pour poser, par contre des jeunes filles déguisées en geishas se font un plaisir de le faire. Nos amis nous apprennent la différence entre meikos (jeunes geishas en apprentissage) et geishas. On les reconnait apparemment à leur maquillage et leur kimono. Nous nous promenons ensuite dans le quartier qui vend beaucoup de produits alimentaires, que l’on peut goûter. Nous essayons notamment un thé vert glacé au gingembre et de nombreuses pâtisseries japonaises dont certaines ont une texture étrange. Nous traversons la rivière le long d’une grande rue avant de tourner dans une rue étroite pleine de restaurants avec des terrasses qui surplombent la rivière. Nous nous baladons le long de celle-ci avant d’aller dans un restaurant de Yakitoris (brochettes) où nous essayerons plein de nouvelles choses, en nourriture et en boisson.

Le lendemain, nous nous rendons à Sanjusangen-do. La salle est impressionnante : plusieurs rangées de statues dorées sont alignées sur plusieurs mètres (il y aurait apparemment 1001 statues). Sur la première rangée, à intervalles réguliers, sont disposés des statues de divinités. Les yeux, faits avec du cristal, donnent l’impression que les statues vous regardent. Le couloir devant les statues est tellement long et droit qu’à l’extérieur un concours de tir à l’arc est organisé. Il faut réussir à envoyer sa flèche à l’autre bout du bâtiment.

Sanjusangen-do, Kyoto

Nous nous rendons à la villa impériale de Katsura, les filles d’abord, les garçons suivront. Il faut prendre un train pour y aller et ensuite marcher une vingtaine de minutes. La visite est gratuite et les audio-guides aussi, mais seulement en anglais. La villa impériale est au milieu d’un parc avec beaucoup de verdure, peu de fleurs, et un lac, avec des petits ponts. Les différentes bâtisses sont très sobres mais très belles. Beaucoup d’ouvertures sur l’extérieur avec des vues superbes sur le parc. On ressent une atmosphère très paisible. La visite est vraiment très agréable.

Nous nous baladons ensuite dans Kyoto avant d’aller déguster des okonyomakis. Ils sont différents de ceux goûtés à Hiroshima puisque tous les ingrédients sont mélangés dans la pâte. C’est bon aussi. Nous rentrons au Ryokan pour une « soirée » japonaise. On peut s’habiller en kimono, apprendre à faire de la calligraphie et quelques mots de japonais.

Soiree Japonaise, Kyoto

Le lendemain direction Nara, à environ une heure de Kyoto. Près des temples, beaucoup de daims. La ville compte de nombreux temples et musées car elle a été capitale du Japon au VIIIème siècle. On commence par visiter le Kohfukuji Kokuhokan, près d’une jolie pagode. C’est la salle du trésor dans laquelle sont exposées de nombreuses statues dont un buddha de grande taille. Sur certaines statues les visages sont vraiment magnifiques et très expressifs. Nous allons ensuite au Daibutsu-den : un temple aux jardins splendides qui abrite un buddha géant. La taille de son oreille fait plus d’un mètre ! Nous irons ensuite plus dans les hauteurs voir d’autres temples qui offrent une superbe vue sur Nara. Nous redescendons visiter un dernier temple avant de nous balader dans Nara. Nous passons d’abord devant un lac où des tortues prennent des bains de soleil. Nous nous arrêtons goûter les sushis de Nara. Ils sont assez différents de ceux de Tokyo que nous connaissons en Europe. Nous goûtons deux sortes de sushis de Nara. Sur les premiers, le poisson est légèrement mariné et les sushis sont enfermés dans une feuille de kaki afin de pouvoir les conserver un ou deux jours. Ils ont un goût légèrement sucré. Deuxième sorte, six sushis sont posés devant nous, recouvert d’un seul poisson dont on mange aussi la tête et la queue. Le poisson est cuit avec une sauce. C’est une espèce d’eau douce que l’on ne trouve qu’au Japon. Nous nous promenons ensuite dans Nara et ses vieilles maisons de thé, avant de rentrer à Kyoto pour attendre notre bus de nuit pour Tokyo.

Daibutsu-den, Kyoto

 Mon voyage au Japon s’arrête ici puisque je pars prendre mon avion pour Denpasar (Bali) avec une escale à Shanghai.

J. au Japon : Kamakura

Excursion d’une journée en dehors de Tokyo, la visite Kamukara-Enagoshima semblait alléchante. Mon programme était le suivant : prendre le train jusqu’à Kita-Kamakura, visiter deux sanctuaires, faire une randonnée de deux heures sur un mont en visitant un autre sanctuaire, afin de rejoindre le centre de Kamakura, en passant par le buddha géant. Ensuite je voulais prendre le métro pour aller à Enagoshima, traîner sur la plage en regardant le Mont Fuji au loin. Programme alléchant, sans compter la pluie qui en a décidé autrement.

Ici les prévisions météorologiques sont peu fiables, ce qui a joué en ma faveur pour Hiroshima et pour la baie de Tokyo. Mais pour Kamakura, c’est râpé, les jours où ils annonçaient de la pluie en fait il a fait beau et les jours où ils annonçaient beau se transformaient en journée pluvieuse le matin même. Du coup j’ai décidé de tenter ma chance un jour où cette visite m’arrangeait, j’ai perdu, c’est le jeu ma pauvre Lucette !

Toki-ji, Kamakura

Je suis arrivée à Kamakura après pas mal de transports et quelques galères, sous une grosse pluie. Le temps de visiter deux sanctuaires mon sac était trempé et l’on voyait clairement sur mon short la partie protégée par la pluie et celle qui ne l’était pas. Quoi qu’il en soit, les sanctuaires sont très beaux. Je suis allée à Toki-ji et à Jochi-ji. Le Toki-ji était en fait un couvent pour les femmes, créé pour leur permettre de divorcer. En effet, le divorce était interdit, une femme pouvait se séparer de son mari seulement en allant passer trois ans ou plus dans un sanctuaire. Il est depuis devenu un temple zen, en activité. Il est très fleuri et vraiment très beau. Le temple de Jochi-ji est moins intéressant mais sans doute très agréable par beau temps car il a de beaux jardins avec des bambous immenses et un petit passage dans une grotte.

Après la visite de ces deux temples j’avais prévu une petite randonnée d’une heure et demie, compte tenu de la pluie, c’était raté. Je suis donc partie à pied vers le centre de la ville, histoire d’y jeter un oeil avant de repartir pour Tokyo. En fait sur le chemin, la pluie s’est calmée pour complètement s’arrêter ensuite. Je suis donc passée dans le centre de Kamakura, qui ressemble à une station balnéaire en retrait des plages, on y trouve de petits restaurants, des marchands de souvenirs et de spécialités locales, des marchands de tongs, etc. Il y a également plusieurs Starbucks dans la ville, des Mc Donald’s et KFC car ce n’est pas une petite ville.

Plage Kamakura, Japon

Je suis ensuite allée sur la plage de Kamakura que j’ai trouvée très sale notamment à cause d’une tempête ayant amené des algues et des déchets (comme un parasol). Ajouter à ça les travaux et le mauvais temps… Par contre beaucoup de surfeurs viennent sur cette plage qui apparemment offre de jolies vagues (j’en sais rien, j’y connais rien). Je suis restée un peu à marcher les pieds dans l’eau avant de repartir. Compte tenu de la brume j’ai décidé de ne pas aller à Enagoshima dont le principal attrait était de voir le mont Fuji.

Je suis par contre allée voir le grand buddha, qui est très grand, comme on peut s’en douter… Le temple en lui-même est très joli avec un petit ruisseau et beaucoup de verdure (faut bien que la pluie serve). J’ai ensuite décidé de faire un bout du chemin de randonnée pour rejoindre un dernier temple. Un peu perdue, une grand-mère me demande dans un anglais parfait si je cherche le chemin de randonnée et se lève de sa chaise pour me montrer le bon chemin. Avec la pluie une partie du chemin s’était transformée en ruisseau ou en gigantesque champ de boue. Avec les montées et descentes, les pierres et les marches construites avec les moyens du bord je me sentais un peu Indiana Jones en remontant le mini ruisseau entre les arbres. Pour la balade on est vraiment en forêt et même si la ville est juste à côté, on entend surtout le chant des oiseaux et on se sent très seule, au point parfois d’avoir un peu peur quand un corbeau surgit devant vous (Indiania Jones des jardins publics donc…).

Grand Buddha, Kamakura

Ce qui est dommage dans la forêt c’est qu’en fait on a un super point de vue sur la ville, mais il est caché par les arbres (c’est le principe de la forêt). Mais bon après 1,5km de balade les habitations reviennent et on peut profiter du panorama en regardant les écureuils chahuter dans les arbres tombés à terre. Tout ça avant d’arriver au temple le plus sympa de Kamakura, le Zeniarai-benten. Déjà pour y rentrer on passe par un tunnel dans une roche. Ensuite une fois qu’on y arrive, en plus de la verdure commune à tous les temples de la ville, il y a une petite grotte avec un point d’eau. La coutume veut que vous laviez votre argent ici car l’argent dépensé qui a été lavé ici vous sera rendu au centuple (enfin ils précisent juste beaucoup plus). Les gens prennent ça à cœur et beaucoup viennent très minutieusement nettoyer leur argent.

Zeniarai-Benten, Kamakura

Je suis ensuite repartie à pied mais par la ville cette fois, pour rejoindre la gare et repartir à Tokyo. Finalement la journée ne s’est pas si mal déroulée, même si je n’aurai pas vu le mont Fuji.

Hiroshima mon amour, par J.

Titre un peu facile, mais après deux jours là-bas, je suis tombée amoureuse de la ville et des environs. Faut dire aussi que le temps a aidé. La météo annonçait de la pluie, mais en fait je n’ai eu que du beau temps. Je suis arrivée très tôt à Hiroshima en bus de nuit depuis Osaka et j’ai directement rejoint l’auberge J-Hoppers. La réception était fermée, mais les ayant prévenus, ils m’avaient donné le code pour que je puisse profiter de toutes les commodités de l’auberge. On ne le dira jamais assez, les japonais sont sympas !

Après m’être préparée et avoir acheté de quoi pique-niquer, je pars pour Myjiama, une île en face d’Hiroshima classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour y aller j’ai pris un tram jusqu’à la gare de ferry et un ferry. Le matin j’avais acheté un pass un jour qui combinait ferry pour Myjiama et tram en illimité. Le pass coûte 840 Yens, l’aller-retour tram+ferry pour Myjiyama 880…

Daim Mijiyama

En arrivant, je suis excitée comme une gamine car je viens de voir un daim traverser la rue, je me calme en réalisant que plus d’une dizaine de daims sont tranquillement en train de faire la grasse matinée sous les arbres en attendant l’arrivée des touristes. Quel comité d’accueil : de jeunes mâles, des plus vieux, des femelles et même des bambis ! (Faux ! Bambi was a son of a biche.) En fait les daims se baladent un peu partout dans les rues de Myjiyama. Des panneaux vous demandent d’ailleurs de ne pas les nourrir ou les toucher. Ce qui n’est pas toujours facile sachant qu’ils viennent se servir. Ainsi pendant que je regardais le plan de l’île, mon déjeuner a failli finir dans l’estomac d’un daim ! Heureusement je suis rapide comme l’éclair quand il s’agit de protéger ma nourriture et seul le sac plastique a été endommagé. Toutefois le daim m’a suivi sur une dizaine de mètres en essayant de voler mon sac !

Comme il est encore tôt mais que la journée s’annonce chaude, je décide de commencer par grimper en haut du  mont Misen (516 mètres de haut). Je traverse d’abord le village, qui est plein de boutiques et restaurants sur le chemin pour l’Itsukushima-Jinja, l’attraction de l’île dont nous parlerons plus tard. On monte une petite route pendant dix minutes avant d’arriver au chemin de randonnée proprement dit.

Ascension Mont Misen

De là 2,6 km vous séparent du sommet. La montée est accessible à tous, à condition de prendre son temps car ça fatigue. Pendant une grande partie on monte un chemin avec des pierres ou des escaliers en pierre, au milieu de la forêt, avec un petit cours d’eau sur la droite. Ensuite le cours d’eau laisse la place à une vue sur d’autres îles, la côte et la mer bleue. On ne l’aperçoit qu’en alternance, à cause des arbres, mais c’est magnifique. Les dernières centaines de mètres sont difficiles ! On passe d’abord par un temple dans lequel brûle la flamme éternelle allumée il y a 1200 ans. Cette flamme a servi à allumer celle du parc de la paix d’Hiroshima. On continue à grimper après ce temple et on arrive près d’un amas de grosses pierres, avec juste à côté un observatoire pour déjeuner ou pique-niquer. La vue est époustouflante ! (Pour les fainéants, un téléphérique vous évite les trois quarts du chemin, mais c’est tricher !)

Mont Misen

Je décide donc de déjeuner ici, à côté d’un couple de Japonais qui m’offre de petites saucisses et réunit péniblement quatre phrases d’anglais pour discuter. Je redescends ensuite le mont par un autre chemin, en direction du temple Daisho-in. Je repasse d’abord devant le petit temple dans lequel se déroule une prière. Un moine prie avec un couple derrière lui qui prie aussi. Les prières sont des chants qui ressemblent à des transes, rythmées par un gros tambour. Tambour que j’entendrai aussi en atteignant le temple Daisho-in, après une heure de marche.

Ce temple est assez vaste et un peu isolé du reste du village. Je marche un peu sur le côté gauche avant les escaliers principaux et je découvre un alignement de statues le long d’un escalier. Au moins une centaine de statues sont réunies, c’est impressionnant. Toutefois, fatiguée et ayant besoin d’eau, j’écourte la visite de ce temple. Je m’offre par contre une glace, face à la mer avec un petit daim qui vient faire sa sieste à moins d’un mètre de moi, c’est magique.

Statues Daisho-in Temple

Plutôt fatiguée, je pars en quête d’un parc pas trop éloigné et nécessitant peu de marche car il fait vraiment très chaud. Je tombe en fait sur une petite plage face à l’Itsukushima-Jinja et à son tori flottant. L’Itsukushima est un sanctuaire un peu particulier puisqu’il est construit sur l’eau. La porte d’entrée, le tori, est à une dizaine de mètres plus loin dans la mer. En réalité, au moment de la construction de ce temple, les gens du peuple n’avaient pas le droit de mettre un pied sur l’île et rejoignaient donc le sanctuaire par la mer, en passant sous la porte, le sanctuaire étant lui aussi sur la mer. Malheureusement, il faut attendre une marée haute et plutôt d’un bon coefficient car sinon tout ou certaines parties du temple sont juste dans la vase.

J’ai donc trouvé une petite plage et un espace à l’ombre d’un pin, me permettant de me reposer en regardant la mer monter. Je me suis en fait endormie, mais je dois dire que c’est une sieste très agréable. J’ai ensuite rejoint le sanctuaire pour le visiter. Je voulais attendre la marée haute pour avoir l’impression de flotter, mais malheureusement, dix minutes avant le moment où la marée serait au plus haut, de nombreuses parties du temple n’étaient pas recouvertes. Du coup, la visite du sanctuaire perd de son intérêt car ce sont juste des bâtiments sur pilotis. Le Tori, lui, est magnifique dès que la mer monte un peu. Sur le chemin de la sortie, perdue dans mes pensées,  je regarde vaguement au loin et me dis, “tiens, c’est marrant ce bout de caoutchouc sur le sable, d’habitude c’est plutôt propre au Japon. Bizarre, il bouge … non mais attends ça serait pas… Ah mais si, mais si c’est bien un serpent !” Vous vous attendez à un hurlement, et bien non. Je suis restée calme et j’ai même réussi à prendre une photo, qui elle par contre me fait peur. Mais plus jamais je ne m’endors sur une plage au Japon !!!

Serpent Myjiyama

Je repars donc à Hiroshima en jetant un dernier regard sur le tori, avec le soleil qui décline, c’est vraiment beau. De retour à Hiroshima, je pars dîner chez Bakudanya, pour tester les tsukemen. Ce sont des nouilles froides, servies avec deux tranches de porc et un peu de légumes. A côté une sauce rouge à base d’huile, de piment et sésame. On peut choisir son niveau de piment. Une fois commandé, on vous tend un bavoir en papier pour protéger vos vêtements, et effectivement on en met partout (surtout moi et ma capacité à retrouver mon repas dans mes cheveux). C’est bon mais un peu écœurant à la fin car j’ai versé toute la sauce et donc ça baigne un peu. La prochaine fois, je doserai mieux !

Tori de Itsukushima-Jinja, Myjiyama

Le lendemain, journée consacrée à Hiroshima. Je commence par la visite du Musée du Mémorial de la paix. Ce musée est consacré à l’explosion de la Bombe-A mais a aussi pour vocation la suppression des armes nucléaires. On commence la visite par une rapide présentation de l’histoire d’Hiroshima. On passe ensuite à la période de la guerre avec des explications sur pourquoi la bombe-A a été lancée  et pourquoi Hiroshima a été l’un des choix des américains. On apprendra notamment qu’Hiroshima ayant été choisi pour cible, les américains ont arrêté de bombarder la ville afin de pouvoir mieux étudier les effets de la bombe. On passe ensuite à une salle présentant brièvement le 6 août 1945 et les dégâts causés par la bombe, avant d’arriver à un espace sur les armes nucléaires. On finit le musée par une dernière salle immense, montrant les dégâts causés par la bombe avec des photos, des reconstitutions, des objets déformés que l’on peut toucher, etc. Juste après la sortie, des écrans diffusent des témoignages de survivants.

Je pars ensuite à pied vers le centre d’Hiroshima pour aller déguster un Okonomiyaki chez Hassei. Les Okonomiyaki sont une crêpe, avec des légumes et de la viande ou du poisson. Dans certains restaurants on les fait soi-même, ici c’est le chef qui prépare tout, devant vous, sur des grandes plaques chauffantes. Je suis seule donc on m’installe en face du chef, devant la plaque. Je commande une demi-portion d’Okonomiyaki sans nouilles et je fais bien car c’est copieux ! Le chef commence par faire un rond assez fin de pâte. Par dessus il verse les légumes (ici une montagne de choux et soja) et le reste de la garniture (du porc pour moi) et attend un peu. Ensuite il retourne la crêpe pour que la garniture se retrouve en dessous. Une fois la cuisson terminée, il casse un œuf sur la plaque, le brouille légèrement, place la garniture et la crêpe dessus, retourne le tout et vous le sert avec une spatule. Vous mangez à même la plaque, en coupant des petits morceaux de cette grosse galette hybride avec la spatule. On peut assaisonner avec une sauce brune, ou bien de la mayonnaise, ou du gingembre ou nature. J’ai testé différentes combinaisons, le mieux c’est nature. Ma demi-portion m’aura calée avec en prime une super expérience pour seulement 450 yens, on est gâté !

Okonomiyaki Hassei, Hiroshima

Je pars ensuite à pied pour le Hijiyama-Koen, parc réputé pour la floraison de ses cerisiers et pour le musée d’art contemporain. J’arrive trop tard pour les cerisiers, dommage. Le parc en lui-même n’a pas grand intérêt, malgré les statues qui le parsèment. Je décide donc de repartir pour le parc de la paix, en passant par la Galerie Hon-dori. Cette  rue commerçante couverte abrite de nombreuses boutiques allant de l’enseigne connue au bazar japonais en passant par des cafés, des restaurants. Il est très agréable de se balader dans les rues d’Hiroshima et la ville est vraiment mignonne, avec une atmosphère très calme et paisible.

Je rejoins d’abord le Dôme de la paix. Ce dôme est l’un des rares bâtiments de l’épicentre de la bombe à ne pas avoir été rasé. Il est quand même amoché mais les autorités ont décidé de le laisser en l’état, comme un témoignage de ce qui s’est passé. C’est vrai qu’en se baladant dans Hiroshima on a du mal à croire qu’il y a soixante ans la ville a été complètement rasée. A part les différents mémoriaux, pancartes et musées, rien ne rappelle la tragédie. Je gagne ensuite le parc, dans lequel retentissent plusieurs gongs, ce sont ceux de la Cloche pour la paix et du Mémorial des enfants pour la paix, que les visiteurs peuvent actionner. Comme dans le musée le matin même, beaucoup d’enfants et de jeunes adolescents sont en sortie scolaire et ils sont nombreux dans le parc à aller d’un monument à l’autre en prenant des notes sur un carnet qui leur a été remis. Je les croise notamment au Mémorial coréen pour les victimes de la bombe-A (beaucoup de coréens travaillaient à Hiroshima et le Japon a mis un peu de temps à les intégrer parmi les victimes). Les enfants passent un par un devant le mémorial pour se recueillir quelques secondes et certains laissent des offrandes (nourriture, boisson, autres).

Mémorial coréen, Hiroshima

Je passe ensuite devant le mémorial des enfants pour la paix. A l’origine de ce monument, l’histoire d’une petite fille touchée par la bombe A à deux ans et qui a eu une leucémie à douze ans. Quasiment certaine de mourir, elle a entrepris de plier 1 000 grues de papier en espérant que si elle arrivait au bout de sa tâche, elle serait sauvée. Elle est malheureusement morte avant mais son histoire a inspiré le mémorial.

Je vais ensuite au bord de la rivière, à côté de jeunes étudiants ou lycéens en cours d’art plastique qui ont pour tâche de dessiner le dôme pour la paix en face. Les dessins sont plutôt réussis et c’est assez agréable d’être au bord de la rivière à regarder la ville, le dôme et les jeunes qui dessinent. Je finis ma visite d’Hiroshima par le mémorial national de la paix pour les victimes de la bombe A. Dans ce bâtiment, les noms des victimes sont répertoriés sur les murs. On peut également s’installer à la bibliothèque pour visionner des témoignages de survivants. J’en ai regardé trois et quand certains décrivent l’état dans lequel ils étaient après l’explosion, on se demande comment ils sont encore en vie !

Quai Hiroshima Parc de la paix

Retour ensuite à l’auberge,après un dernier tour dans le parc. J’y reste à peine une heure avant de prendre un bus de nuit pour Tokyo.

J.

J. au Japon : Osaka

Départ donc pour Osaka en bus de nuit depuis Fukuoka avec la compagnie Willy Express. Facile de réserver des billets depuis le site internet en anglais, on n’est pas déçu par la propreté du car, la conduite calme des conducteurs et la ponctualité. Les sièges sont inclinables, avec un oreiller et une petite capote comme celle des landaus pour se cacher la tête. Chanceuse j’ai un siège isolé et donc sans risque de voisin. On dort pas trop mal, malgré les arrêts toutes les deux heures pour faire une pause avec les lumières qui s’allument et une petite annonce au micro…

Arrivée à Osaka, je me dirige vers le métro, il est 8h30 et l’expression marée humaine prend tout son sens, surtout quand on remonte à contre-courant. Heureusement il est assez facile de se repérer et par chance ma ligne est peu fréquentée, je trouve même une place assise pour reposer mon dos fatigué. Arrivée à Tenno-ji, ma station, je suis un peu perdue tellement elle est immense : plus de vingt sorties, celles de un à cinq sont séparées des autres. Plein de boutiques et de restaurants, un vrai mall souterrain.

Peace House Showa, Osaka

Finalement, je parviens à trouver mon auberge le Peace House Showa qui est perdu au fond d’une rue étroite, dans un petit quartier qui ressemble à un village, juste à côté d’une grande rue. Le Peace House Showa est une auberge de jeunesse très japonaise. Comme partout ici on enlève ses chaussures avant d’entrer. On ouvre une porte coulissante et on tombe sur un salon à la japonaise avec une table très basse et des coussins servant de sièges. Toutes les portes ici sont coulissantes et très fines. Certaines chambres ont des lits superposés, d’autres ont des sols en natte sur lesquels on pose des matelas. J’ai la chance de dormir dans l’une de ces chambres, ce qui me promet une expérience très japonaise.

Peace House Showa, Osaka

Avant d’aller à l’aquarium, je pars déjeuner. A quelques mètres de mon auberge, je découvre une grande rue couverte, pleine de restaurants pas chers du tout. Pour déjeuner, huit gros makis pour 350 Yens, soit un peu moins de 4 euros. Les makis sont vraiment délicieux. Et bien sûr le thé est gratuit, comme partout au Japon. Quand on est seul on mange au comptoir en face du cuisinier car les cuisines sont ouvertes ici. Une fois le déjeuner fini, je pars pour l’aquarium après avoir acheté  le Kaiyu Ticket, sur les conseils de mon hôtel. Le ticket coûte 2300 ou 2400 Yens selon les promos. Avec vous pouvez rentrer dans l’aquarium et prendre le métro de façon illimitée, sachant que l’entrée à l’aquarium coûte 2000 Yens et un ticket pour y aller 200, le calcul est vite fait.

Aquarium, Osaka

L’aquarium d’Osaka est immense et la balade prend une ou deux heures, surtout si quand vous étiez jeune vous étiez fan de Cousteau, des dauphins (sujet sur lequel ne pas vous lancer car vous savez que les dauphins bla bla bla) et que vous pouvez rester des heures devant un documentaire sur le monde sous-marin ou le film Océan.

L’aquarium commence par un tunnel avec des petits requins et de jolis poissons. Ensuite on rentre dans le monde des loutres, des canards et des crabes qui grimpent le long des roches. On descend d’un étage et on a le droit aux phoques, dauphins, pingouins, mais aussi à des animaux comme les iguanes. La balade commence alors à se faire en rond autour d’un immense bassin avec des requins, raies manta et bancs de sardines. On descend doucement de niveau en niveau pour arriver progressivement au fond du bassin. La même chose se produit pour d’autres bassins comme celui des dauphins. D’autres bassins apparaissent au cours de la balade. Par endroits plusieurs bancs sont mis à disposition pour faire une pause en regardant les poissons évoluer sur fond de musique classique. La visite se finit sur une salle consacrée aux méduses.  

Aquarium, Osaka

Le quartier autour de l’aquarium est celui du port, on peut se balader un peu en regardant le port de commerce en face. Le centre commercial à côté n’a par contre pas grand intérêt, c’est pourquoi je décide de rentrer à mon auberge. La nuit dans une chambre japonaise se passe bien, et le fait de dormir sur un matelas à même le sol n’est pas désagréable, les petites poupées samouraïs en face du lit par contre…

Le lendemain, je voulais faire une journée de balade, malheureusement la pluie en décide autrement. Petite tentative de sortie en espérant que ça se calme, mais malheureusement non. C’est râpé pour le pique-nique dans le parc. Je décide donc de repasser à l’auberge déposer mon pique-nique et d’aller déjeuner avant de partir visiter. Retour dans la rue des restaurants pas chers. Cette fois j’essaye des sortes de tempuras (beignets de viande, légumes ou poissons) mais en brochettes. Ce n’est pas très bon mais en même temps un bol de riz, 7 tempuras, une soupe miso, un accompagnement de légumes et un thé glacé pour 500 Yens, on peut pas trop en demander.

Osaka-jo

Les balades étant compromises, je m’achète une carte de métro un jour, et hop direction le Osaka-jo, les ruines du Château d’Osaka. Elles sont situées dans un parc qui est sans doute agréable quand il fait beau. Le château est partiellement en ruine, on peut le visiter gratuitement excepté si l’on veut rentrer dans le donjon. L’entrée coûte alors 600 yens, 500 si on a le pass un jour. Toutefois, le donjon n’a pas grand intérêt et avec les explications à l’extérieur, on peut se passer de la visite.

Je pars ensuite à pied à Nakano-shima une petite île prise entre les deux parties de la ville. Cette île commence par un grand espace vert, puis des parterres de fleurs de part et d’autre d’un petit pont (l’île est en fait composée de deux îles une petite et une grande reliées par un pont). C’est assez agréable de se promener dans ce parc avec sur les autres rives du fleuve de grands buildings, le trafic et les bruits de la ville. On voit toute cette agitation mais on ne la ressent pas vraiment, comme si on était dans une bulle. On arrive ensuite à un bâtiment très britannique, le central public hall. De là, fatiguée par la pluie, j’ai décidé de rejoindre le métro le plus proche. De toute façon, à partir du city hall, à côté de la station de métro, l’île ressemble au reste de la ville avec des grands buildings.

Central Public Hall, Nakano-shima, Osaka

Métro pour l’Amerika-Mura, le quartier des jeunes d’Osaka. A deux pas d’enseignes de luxe, ce quartier réunit des fast-food, des boutiques aux vitrines criardes et des fashion victimes, peu nombreuses à cause du mauvais temps. Les boutiques vendent des tee-shirts avec des dessins colorés, des kimonos à l’imprimé “tag”, des sandales avec la semelle en fourrure, etc. Les boutiques diffusent de la musique commerciale ou du hip-hop. Pour me réchauffer, je décide de faire un arrêt au Starbucks. Comparer les différences d’une même enseigne d’un pays à l’autre, cela fait aussi partie de la visite d’un pays. Je découvre ainsi le Caramel Steamer, lait chaud au caramel et aux noisettes caramélisées qui me permettra de calmer ma gorge qui souffre de l’air conditionné, présent partout.

Amerika-Mura, Osaka

Après cette pause, direction Dotombori en passant par la galerie couverte Shimsaibashi-suji, longue de plus d’un kilomètre, elle réunit plein de boutiques. Je n’en parcours que cent mètres avant de rejoindre le sanctuaire Hozen-ji. Ce sanctuaire ouvert marque le début d’une rue traditionnelle à seulement quelques mètres de l’animation de la galerie. Les gens viennent ici se réunir devant la statue Fudo, une statue faite de mousse. Ce sanctuaire était à l’origine pour les gens faisant le commerce de l’eau, activité nocturne. Aujourd’hui ce sont surtout les gens qui travaillent la nuit qui viennent faire une prière avant de commencer leur travail. Avant leur prière, ils arrosent la statue d’eau sacrée, au moyen d’une grande louche en bois. En voilà un qui n’est pas dérangé par la pluie ! Moi, par contre, je fatigue d’avoir froid et les pieds mouillés.Je rentre donc à l’auberge, sans voir le pont Ebisu-bashi, qui n’a d’intérêt que la nuit pour son éclairage ou faire une promenade le long de là Dotombori-gawa (rivière Dotombori) qui ne doit pas être agréable par temps de pluie.

Hozen-ji, Osaka

De retour à l’auberge, où j’ai eu le droit de laisser mes bagages, d’utiliser la cuisine, la salle de bain et le salon avant de rejoindre mon bus de nuit. L’hospitalité japonaise c’est vraiment agréable. Je profite donc d’internet, du thé gratuit et de la douche chaude jusqu’à 22h00. Pour un mardi soir, les rues d’Osaka sont animées et dans le métro on croise des hommes d’affaires rentrant d’un dîner trop arrosé, des enfants de dix ans qui semblent en voyage scolaire, des collégiennes qui doivent rentrer de leur cours du soir, etc. Toujours de la vie ici !

Fin du séjour à Osaka donc, ville qui est agréable s’il fait beau car à part l’aquarium les principaux centres d’intérêts sont les quartiers et les jardins où se balader. Dommage pour moi mais  j’en garde quand même un bon souvenir.

J. au Japon : Fukuoka

Réveil aux aurores pour J. qui abandonne N. en Chine pour aller au Japon (enfin on va pas trop le plaindre puisqu’il va se consoler aux Philippines, on a vu plus dur). Dans l’avion pour Fukuoka, J. est étonnée par l’absence de bruit et la gentillesse de son voisin. Encore plus étonnée au moment de sortir de l’avion, personne ne se précipite vers la sortie, les rangs se vident les uns après les autres, ça n’est pas vraiment la Chine !

Pour rentrer au Japon, on ne plaisante pas, premier contrôle rapide pour rentrer sur le territoire, puis passage des chiens, et enfin quelqu’un de la douane fouille vos bagages en vous posant des questions. Ca pourrait être énervant, sauf que tout ça est fait avec le sourire et une grande gentillesse. Même le douanier-maître chien était souriant quand J., lassée d’avoir le chien reniflant le sac entre ses pieds, a tendu le sac vers le chien pour qu’il le renifle bien. Beaucoup de questions aussi, les japonais aiment vous demandez d’où vous venez et pourquoi vous êtes là, comme cette dame d’une cinquantaine d’années qui a réuni tout son anglais pour poser trois questions à J. dans le métro. On n’a pas l’impression d’être une bête curieuse mais plutôt un invité qu’il convient de bien accueillir. Et ça se sent dans la rue ou dans les hôtels.

En effet, une fois arrivée à la station de métro, J. est un peu perdue. A peine le temps de regarder autour de soi avec le guide dans les mains que deux jeunes viennent l’aider et lui proposent de faire le chemin avec elle jusqu’à l’hôtel car ils ont des GPS sur leur téléphone. Dès que J. reconnait les indications données par l’hôtel elle les remercie et leur dit qu’elle peut continuer seule, l’hôtel n’étant pas à côté. J. arrive donc à l’hôtel International Khaosan Fukuoka où le personel est très serviable. L’hôtel manque de charme, mais il est propre, peu cher et il semble très facile d’y faire des rencontres, pour peu que l’on reste dans la salle commune.

Canal City

A peine arrivée, déjà repartie, J. se balade dans les rues de cette ville portuaire très commerçante. Le quartier de Tenjin est très commerçant avec des enseignes très connues. Les gens ont du style par ici. J. va ensuite se promener près des cours d’eau. Elle se balade également dans Canal City, un immense mall divisé en plusieurs parties. Chaque partie est elle-même diviser en deux avec une traverse entre les deux bâtiments. Beaucoup de magasins et d’enseignes connues, J. s’offre un tour dans le Disney Store avec ses peluches trop mignonnes. En contrebas, une fontaine sépare le mall des vitres de restaurants huppés. En face de ces vitrines des échoppes de body-tatouages, de caricatures et de bibelots.

Le mall est construit tout près d’un cours d’eau auprès duquel J. se repose un moment en regardant les poissons sauter. Il est agréable de se balader dans Fukuoka où l’on peut croiser des gens vêtus du costume traditionnel à côté de fashion victimes et de jeunes filles au look gothique-lolitas. Les quartiers aussi sont très différents, certains avec de vieux bâtiments, d’autres plus racoleurs.

Bar à hôtesses, Fukuoka

La faim la gagnant, J. marche le long des barges pour rejoindre le restaurant Hakata-ya. Ce petit restaurant propose les nouilles les moins chères de Fukuoka. On s’assoit au comptoir, pas de tables, et l’on peut déguster des nouilles en soupe. Un bol seul coûte 290 yen (un euro vaut environ 100 yen). On peut l’accompagner de différentes choses, le menu le plus copieux coûte 590 yen et est composé d’un riz, de nouilles, de pickles et de raviolis frits ! Tout le monde parle japonais et les serveurs et le cuisinier scandent les formules de politesse comme une chanson.

Retour tôt à l’auberge pour une bonne nuit de sommeil avant une journée chargée le lendemain. 

Marine Bay depuis le terminal des ferries, Fukuoka

En effet, J. décide de rejoindre le ferry pour aller à l’île de Nokonoshima à pied, afin de visiter de nouveaux quartiers. Première étape, une heure de marche pour rejoindre Fukuoka-jo et Ohori-Koen. Cet ensemble forme le plus grand espace vert de la ville. Fukuoka-jo correspond aux ruines du château, au milieu d’un parc. Seuls les murs ressortent dans la verdure. Guidée par les clameurs, J. passe par un stade où de jeunes japonais jouent au base-ball, un sport très prisé ici et certains commencent tôt ! Elle rejoint ensuite l’Ohori-Koen, un grand lac dans lequel on peut apercevoir des tortues qui sortent leur tête de l’eau afin de profiter du soleil. J. verra même une famille de tortues nager et faire des pauses bronzettes. Autour, les japonais se baladent en famille, font du pédalo, courent, font du vélo, etc.

Ohori-Koen, Fukuoka

J. continue sa marche pour passer devant le Yahoo ! Dôme et rejoindre la station de ferry. Marche de plus d’une heure, parfois longue quand les quartiers n’ont rien d’intéressant, parfois agréable quand elle passe par de petites résidences à portée de la mer. Arrivée à la station de ferry, achat d’un billet aller-retour pour l’île de Nokonoshima. Une fois arrivée là-bas, J. décide de continuer à marcher sur l’île, celle-ci n’étant pas très grande. Début de la balade près des plages, puis sur une route au milieu des arbres et de bambous immenses qui craquent.

Bambous, Nokonoshima

J. est quasiment seule sur la route, c’est agréable. L’île est en fait une colline qui se jette dans la mer avec des plages par endroit. J. arrive en haut de la colline sur laquelle se tient un village touristique qui s’avère être payant. Déçue d’avoir à payer, J. est vite réconfortée par la vue sur la mer. Vue d’autant plus belle depuis les magnifiques champs de fleurs sauvages mais bien entretenus. Dans l’un deux, on a la possibilité de déterrer des fleurs pour les ramener chez soi. J. passera un moment à l’ombre d’un arbre à lire et à regarder les familles japonaises dans le champ de fleur, les énormes papillons noirs et les petits papillons blancs qui y volent, et la mer au loin.

 Champ de fleurs, Nokonoshima

J. décide en suite de redescendre en passant par la seule plage où la baignade est autorisée. La plage est complètement déserte et J. décide de s’asseoir à l’ombre d’un palmier sur une butte de sable pour lire après avoir mis les pieds dans l’eau. Pas de baignade car J. est seule et le courant semble fort. J. continue à marcher jusqu’au ferry en passant par la forêt et d’autres petites plages où des familles pêchent. Retour à Fukuoka, petite marche de 10 minutes pour prendre le métro qui est plus rapide et moins cher que le bus mais qui n’est pas à côté de la station de ferry. En même temps, on est plus à ça près.

Plage, Nokonoshima

J. récupère ensuite son sac à l’auberge et choisit un restaurant japonais au hasard. La carte n’est pas en anglais, pas de photos. Heureusement un serveur serviable à l’anglais hésitant l’aide à choisir. Au menu, thé noir, bol de riz et Yakitoris. Délicieux. Direction ensuite le KFC avec un bon Coca glacé en attendant l’heure de son bus de nuit pour Osaka, deuxième étape du Japon. Seulement deux jours que J. est ici et elle est déjà sous le charme du Japon.