Jakarta (île de Java)

Jean-Noëlle entrent dans le train économique, escortés par un membre de la gare qui les aide à trouver leur place. Le wagon est propre mais la lumière, qui restera allumée toute la nuit, lui donne un aspect quelque peu lugubre. Nous calons nos gros sacs à dos sous notre banquette à angle droit, merci le confort. En nous asseyant, nos jambes sont presque au contact de nos voisins d’en face, souriants. Ils ne doivent pas souvent voir deux petits occidentaux dans leur train ! Après un coup d’œil à la ronde, nous restons agrippés à nos sacs, remarquant que les Indonésiens font de même. Jusque là rien de bien différent des trains qu’on ait pu prendre depuis le début de notre voyage. C’est sans compter sur le passage ininterrompu des vendeurs, colporteurs, musiciens et mendiants. On vous propose de tout : nourriture, boissons, journaux, batteries de portable, objets couinants non identifiés, cuillères de cuisine en bois, autocollants aristochats et Coran en bédé. La nuit sera longue pendant ce trajet de dix heures. Nous arrivons à Jakarta à quatre heures du matin.

Nord de Jakarta

Nous partons à pied pour le quartier routard afin d’y trouver une chambre. Le quartier de la gare ressemble presque à un bidonville. Nous y verrons de gros rats et des chats faméliques avec quelques feus de joie sur certains trottoirs, le tout sur fond sonore de chants de muezzins. L’ambiance est très particulière. Nous trouvons une chambre au Kresna Hostel, confort minimum mais accueil sympathique. Jean-Noëlle y font une grosse sieste avant de partir pour le quartier du port au Nord de la capitale.

Pasar Ikar (marché aux poissons)

Nous marchons sur de grands axes, ce qui nous permet de remarquer l’importance du trafic et des bâtiments coloniaux délabrés. L’urbanisme donne l’impression d’une ville en cours de développement mais laissée à l’abandon. Pour la première fois en Indonésie, nous croisons énormément de Chinois, la première minorité du pays. Le Musée Bahari, consacrée à l’histoire maritime du pays, est sans grand intérêt. C’est plus la forme que le contenu qui pêche. Même si le musée est localisé dans de gigantesques entrepôts qui ont un certain cachet, l’éclairage et la présentation des objets sont très mauvais. Nous ne nous attardons pas. Nous déambulons ensuite dans le quartier du Pasar Ikar ou marché aux poissons. En arpentant les ruelles aux égouts à ciel ouvert, Jean-Noëlle croisent de nombreux Indonésiens très souriants et ravis de les voir. C’est l’occasion de prendre quelques photos. On a l’impression d’être dans un village de pêcheurs, loin de la capitale.

le dernier pont-levis néerlandais

Nous redescendons vers l’artère principale en faisant une halte sur le dernier pont-levis néerlandais. C’est le rendez-vous romantique pour prendre des photos de l’être aimé. Nous longeons ensuite le canal Kali Besar en observant les bâtiments coloniaux qui le bordent. Certains sont très jolis. Jean-Noëlle marchent tranquillement lorsque J. tourne la tête et tombe sur un bocal plein de serpents : bienvenue dans le quartier chinois de Petak Sembilan. C’est l’occasion de se rappeler la Chine avec nostalgie, de boire un jus de palme et de négocier deux babioles sans les acheter. Le quartier est vraiment typique et nous terminons notre promenade par la visite du temple bouddhique Dharma Bhakti. Après des retrouvailles avec le roi du burger, nous rentrons nous coucher.

Statue de la liberté

Le lendemain sera consacré à une promenade dans le Jakarta colonial, central et proche du quartier routard. On aura l’occasion de voir deux églises, deux bâtiments administratifs, l’érection nationale Monas et surtout la grande mosquée Mesjid Istiqlal. Moderne et monumentale, elle abrite de nombreux croyants assoupis. Elle vaut le coup qu’on y jette un œil. Nous récupérons ensuite nos sacs à dos avant de prendre un bus pour l’aéroport. Notons au passage que vingt-quatre heures suffisent pour visiter Jakarta. Nous passerons la nuit à somnoler dans l’aéroport.

Cathédrale de Jakarta

Etant donné que notre visa est de trente jours (arrivés le 1er, nous repartons le 31) nous devons payer une amende de 200 rupiahs chacun (presque vingt euros) pour la journée supplémentaire. Oui, il s’agit bien des cinq heures que nous venons de passer à l’aéroport. Heureusement, Starbucks Coffee est là pour nous remontons le moral. Il faut bien se réhabituer au mode de vie occidental avant d’arriver à Singapour !

Mesjid Istiqlal

Yogyakarta (île de Java)

Yogyakarta

Jean-Noëlle ont attendu l’arnaque jusqu’au bout de leur voyage en shuttle bus depuis Probolinggo. Celle-ci n’est pas arrivée et ils ont même pu profiter du meilleur confort qu’ils aient eu en Indonésie de 18h30 à cinq heures du matin. Arrivés au Delta Homestay, nous déposons nos sacs et découvrons la piscine lors d’un passage aux toilettes. Pour une dizaine d’euros la nuit, c’est le meilleur logement qu’on ait eu en Indonésie ! Nous consacrons notre mercredi 25 juillet après-midi à la visite du Musée Affandi, à l’autre bout de la ville. Celle-ci n’est pas gigantesque et on peut traverser la capitale culturelle en deux heures de marche. Affandi est sans doute l’artiste indonésien le plus célèbre. Ses œuvres colorées qui paraissent abstraites sans l’être sont intéressantes. On peut aussi admirer un certain nombre d’œuvres de sa collection privée, peintes par d’autres Indonésiens. C’est souvent pertinent et toujours très bien réalisé. Voici notre musée coup de cœur en Indonésie.

Temple Sewu, PrambananDe retour en ville, nous passons à l’office du tourisme afin de prendre des informations pour nos deux prochaines journées. Le personnel y est très efficace et nombreux, on n’est pas habitué. En chemin vers l’hôtel, nous assistons à la fin du jeûne (c’est Ramadan depuis une semaine). A peine le chant des muezzins commencé, tout le monde se précipite sur son assiette. Les habitants dînent en groupe dans la rue. La vie semble être suspendue et les tuk-tuks en oublient même de nous harceler ! Pour notre part, nous dînons au Laba Laba Cafe où la nourriture, typique, est délicieuse. De retour à l’hôtel, nous plongeons dans la piscine. Mais l’eau est froide et nous nous couchons après à peine une longueur.

Temple Sewu, Prambanan

Le lendemain matin, nous visitons le Musée Sonobudoyo, le meilleur de la ville, selon le Lonely Planet. Présenté comme cela, le guide n’a pas tort mais il n’empêche que la visite est peu intéressante. Hormis quelques marionnettes et sculptures, on s’ennuie ferme, et on est presque content d’en sortir ! Après le déjeuner, nous prenons le bus pour Prambanan où se trouvent de nombreux temples hindous. Jean-Noëlle se promènent dans les ruines du temple Sewu, tout en discutant et en s’amusant avec le retardateur de leur appareil photo. Le temple Prambanan lui-même est très impressionnant mais beaucoup plus fréquenté. C’est beau et assez proche de Kajuraho au Nord de l’Inde. S’en suit un aller-retour pour admirer le panorama Ratu Boko, malheureusement sans intérêt. Nous dînons ensuite d’un délicieux plat de mie goreng dans un restaurant de rue puis nous filons au ballet du Ramayana. Avec les temples de Prambanan en arrière plan, on assiste à la mise en scène d’une célèbre légende hindoue. Danse et musique sont plus élaborées qu’à Bali et on apprécie beaucoup les costumes multicolores. Pas indispensable et un peu cher (neuf euros), on ne regrette pas pour autant. Un taxi réservé nous ramène à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

Ballet du Ramayana, Prambanan

A quatre heures trente du matin, on peut profiter des chants des muezzins, en provenance des différentes mosquées alentour. L’ambiance est assez particulière, presque inquiétante, car les muezzins chantent en décalé. On attendrait presque l’arrivée des chevaliers de l’Apocalypse ! Vrai réveil à huit heures trente pour aller à Borobudur. Nous y visitons d’abord le temple de Mendut, à l’écart du complexe principal, où l’on peut admirer un Buddha assis comme vous et moi, pas en position du lotus, étonnant. Nous nous rendons ensuite au temple de Borobudur. Comme pour Prambanan, il y a une entrée pour les Indonésiens, et une entrée pour les touristes. On nous y remet une sorte de paréo que nous devons porter sur nos vêtements. L’entrée mène en fait à un grand parc avec plusieurs musées, des étendues d’herbes, des restaurants et le temple lui-même.

Borobudur

Sur les photos et les maquettes, le temple a l’air très impressionnant, beaucoup moins vu d’en bas car les différents arbres empêchent d’en percevoir la taille. On commence toutefois l’ascension du temple. La base est carrée et comporte des centaines de niches avec des bouddhas de toutes tailles, dont certains ont perdu la tête. Il y a également des bas-reliefs plutôt bien conservés. Plus on monte, plus le panorama est impressionnant avec des montagnes luxuriantes au loin, des palmiers et une grande ville. Au sommet, le temple devient circulaire et toute la circonférence est occupée par de grandes cloches appelées stupas qui renferment chacune un bouddha, avec ou sans tête. On redescend ensuite et l’on a enfin le droit de se débarrasser de son paréos. En conclusion, on n’est pas charmé au premier regard mais plus on grimpe et plus on se promène à chaque étage et plus on se rend compte de la grandeur et de la beauté de ce temple bouddhiste. On décide ensuite de visiter les deux musées du parc qui n’ont aucun intérêt.

BorobudurNous rentrons ensuite à Yogyakarta,  non sans encombre. En effet, une dispute éclate avec l’un des chauffeurs du bus qui refuse de nous déposer à l’arrêt demandé. Nous retournons dîner au Laba Laba Cafe, toujours aussi bon, avant de repasser une nuit au Delta Homestay. Le lendemain sera consacré à la visite de Yogyakarta. Celle-ci commence avec une promenade en direction du centre-ville historique, délimité par des remparts blancs. Arrivés sur la place Alun Alun, un Indonésien nous informe que le palais du sultan est fermé. Il en profite pour nous expliquer le rituel qui porte chance à quiconque parvient à traverser la place les yeux bandés, en passant entre les deux gigantesques banians (arbres indonésiens de plusieurs mètres de diamètres) qui se trouvent en son centre. Ca paraît simple mais nous échouons tous deux ! Direction ensuite le château d’eau Taman Sari aux bâtiments blancs et au bassin en travaux, sans intérêt. On passera également devant la grande mosquée Mesjid Besar, le fort hollandais Benteng Vredeburg et nous traverserons le marché principal Pasar Beringharjo après avoir déjeuné attablés dans la rue. Le mieux est encore de se promener tranquillement au fil des rues, à l’ombre, en discutant de choses et d’autres et en achetant un Coca Light pour se réhydrater quand c’est nécessaire ! Jean-Noëlle apprécient particulièrement les batiks, chemises imprimées colorées dans les tons orangé et marron que portent la majorité des habitants de Yogyakarta. De là à en acheter pour les offrir…

Place Alun Alun

Dans l’après-midi nous rejoignons le marché aux oiseaux. Beaucoup de marche pour l’atteindre mais cela nous permettra de capter des originalités de la vie de Yogyakarta : un Indonésien à crête conduisant une mobylette tunée, un homme portant en bandoulière un fusil automatique de taille respectable… En arrivant, il y a plus de touristes que d’oiseaux autour de la place circulaire. On s’enfonce dans les différents petits chemins et on voit des oiseaux de toutes les couleurs, poussins fluos, poissons, chats, chiens, lapins, et même des serpents. Une vraie ménagerie ! Les animaux sont dans de petites cages, ce qui ne réjouira pas les Brigitte Bardot en herbe. Sinon la balade est agréable et reposante.

Marché aux oiseauxNous rentrons ensuite à l’hôtel avant de partir (à pied) pour la gare où nous avons un train de nuit pour Jakarta. Nous avons réussi à réserver deux places en classe économique. Nous payons donc notre trajet 35 000 rupiahs soit moins de trois euros cinquante. Nous avons juste le temps de nous acheter un mie goreng et un jus de citron avant de monter dans le train où nous découvrons ce que signifie classe économique en Indonésie…

Marché aux oiseaux

Mont Bromo (île de Java)

Samedi 21 juillet au matin, Jean-Noëlle se rendent sur le port de Labuanbajo vers sept heures trente pour quarante-huit heures de voyage avec pour destination l’île de Java. Nous avons réservé nos billets lors de notre premier passage avec la même agence que celle de la croisière (efficace, qualitative et correcte niveau prix). L’intégralité du trajet nous a coûté 650 000 rupiahs (environ soixante euros) soit deux fois moins qu’en avion. En résumé nous prenons un ferry de Labuanbajo à Sape sur l’île de Sumbawa (9h-16h30), puis un bus pour traverser l’île de Sumbawa d’Est en Ouest (17h-5h30). Au cours d’un rêve, J. a l’impression que N., dans un élan de bonté, lui masse les jambes. J. se réveille : cauchemar, N. s’est transformé en gros Indonésien qui se cache de honte, voyant que J. n’est pas seule et que son accompagnateur ne semble pas reconnaissant !

Monts Bromo et Batok

Après cet incident, Jean-Noëlle prennent un ferry de Sumbawa à l’île de Lombok (5h30-7h), traversent Lombok en bus (7h-13h), reprennent un ferry pour Bali (13h-17h) puis un autre bus pour Surabaya à l’Est de l’île de Java (17h-6h30 heure balinaise). Il est en fait 5h30 en ce lundi 23 juillet puisqu’il y a une heure de décalage entre l’Est et l’Ouest de l’Indonésie. Il est temps de prendre un petit-déjeuner et de se rendre compte que N. s’est fait voler l’équivalent de quarante-cinq euros dans le bus de nuit. Son portefeuille qui se trouvait dans son sac a seulement été allégé de billets, ses cartes bancaires, etc. n’ayant pas été volées. On remerciera le voleur pour sa délicatesse !

Mission commando

C’est reparti pour un bus depuis Surabaya jusqu’à la gare routière de Probolinggo avec nos sacs sur les genoux pendant plus de deux heures. Pas franchement confortable la classe économique, sans compter le chauffard/eur qui fonce et double par la droite et la gauche, qu’il y ait des véhicules en face ou non ! Arrivés à la gare de Probolinggo, nous devons prendre un mini-bus pour Cemara Lawang, le village le plus proche du Mont Bromo. Le chauffeur veut partir plein donc nous attendons jusqu’à midi. En moins de deux heures nous parvenons à Cemara Lawang. En arrivant, un mur de poussière se dresse devant nous, impossible de voir à plus de dix centimètres. Les gens qui rentrent de leur excursion ressemblent à des ramoneurs sortis d’une cheminée. En compagnie de deux Français et un Belge, nous nous mettons en quête du homestay de nos rêves. Nous nous décidons pour celui de Yog, hôte souriant. En attendant le dîner, Jean-Noëlle se promènent et discutent avec Mathieu, le Belge, qui voyage pendant un an. Nous prenons ensuite l’apéritif devant le Mont Bromo avant d’aller dîner à cinq avec Géraldine et Marc-Antoine au Cafe  Lava, pas mal. Puis dodo car demain, Jean-Noëlle se lèvent tôt.

Laotian Pasir (mer de sable)

Il est trois heures du matin lorsque le réveil retentit ! On enfile jeans, chaussures et polaires puis on part pour une heure et demi de grimpette jusqu’au Gunung Penanjakan. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, Jean-Noëlle sont dépassés par de gros 4×4. Rares sont les touristes à faire la totalité de l’ascension à pied. Nous partîmes deux du village et nous fûmes plus de cent en arrivant au sommet ! Heureusement, la quasi-totalité des touristes est agglutinée à l’opposé du Mont Bromo, pour admirer le soleil sortir des nuages. En attendant, nous sommes une minorité à profiter du spectacle : le Mont Bromo et le Mont Batok sortent lentement de l’obscurité en prenant différents tons pastels allant du mauve au bleu en passant par le beige. Les couleurs sont irréelles, on se croirait face à une peinture, c’est magnifique ! Une fois le soleil levé, les touristes se précipitent vers nous. Nous décidons d’aller manger des bananes frites et de boire un thé pour nous réchauffer. A peine ce petit-déjeuner fini, les touristes sont repartis en jeep et nous pouvons profiter d’une vue bien dégagée avant de nous remettre en route.

Mont Bromo

La descente de la montagne nous prend plusieurs heures et nous nous arrêtons souvent pour prendre quelques photos. La dernière halte servira à se protéger du sable car le vent se lève : foulard style bédouin autour de la tête, lunettes et capuche de polaire, le tout recouvert d’un imperméable. Prêts, mon colonel ! C’est parti pour la traversée de la mer de sable ou Laotian Pasir sous une tempête de sable, justement. Au pied du Mont Batok, on se croit à mi-chemin entre l’Arizona et le Sahara. On voit même un cavalier surgir devant nous avec un temple hindou en arrière plan. Vers neuf heures nous parvenons au sommet du Gunung Bromo duquel nous ne voyons pas grand chose, excepté un bout de lac volcanique vert foncé. Nous redescendons à travers un paysage lunaire puis rentrons à l’hôtel après une deuxième traversée de la mer de sable. Il est dix heures trente.

Rescapés du Mont Bromo

On retire nos foulards et lunettes, on a l’air de véritables clochards ! Le sable est partout : nez, oreilles, chaussettes, poches, dents, etc. Jean-Noëlle font une petite toilette puis vont dévorer un club sandwich et des frites bien mérités au Cafe Lava, à nouveau. Un mini-bus nous accompagne ensuite à Probolinggo. Arrivés à la gare routière en compagnie de Géraldine et Marc-Antoine, un Indonésien nous propose un shuttle bus privé plutôt qu’un bus public pour rejoindre Yogyakarta. Le prix étant le même que celui du bus public, nous acceptons, très méfiants néanmoins.

Aujourd'hui, dès l'aube