Kuala Lumpur : bilan de deux mois d’expat

Après de longs mois d’absence et pour suivre les traces de Nicolas, je reprends la plume pour parler de mon expérience (pas franchement positive) à Kuala Lumpur. Prise pour un stage de six mois dans une entreprise singapourienne, j’ai été délocalisée à Kuala Lumpur pour des raisons de visa. Pour mon plus grand soulagement je n’y suis restée que deux mois, à peine mon emploi confirmé, j’ai sauté dans un bus et “Hasta la vista, Baby !”

Kuala Lumpur pourrait être une ville agréable. Les prix sont encore peu élevés et l’on peut donc loger dans des condos ultra-luxueux pour un loyer peu élevé, faire de nombreux manucures, pédicures et massages sans se ruiner, etc. La diversité des communautés donne des couleurs à une ville plutôt terne, les Malaisiens sont accueillants et il est facile de communiquer avec eux. J’y ai quand même passé de bons moments à me faire dorloter dans les salons de beauté ou à aller dans les bars de Bukhit Bintang ou de Bangsar Village. Avec ma collègue et copine de galère on a eu de la chance car nos collègues et nos amis de passage étaient toujours là pour nous donner des conseils, nous faire découvrir de nouveaux endroits, nous ramener chez nous…

Premier mauvais point contre Kuala Lumpur : l’absence de sécurité. C’est un peu Wild Wild East. A première vue on ne s’en rend pas compte mais j’ai vite appris à quoi m’en tenir puisque je me suis fait voler mon sac dès la première semaine. Un jeune homme est descendu de son scooter pour m’arracher mon sac. Premier coup de chance, il est descendu de son scooter et ne m’a donc pas traînée sur la route. Deuxième coup de chance, mon sac fermant mal, mon portefeuille en est tombé. Le voleur est donc reparti avec mes clés, un iPod touch, des pansements et un Cheese Nan. Il devait être fier de son butin… Certaines filles ont eu moins de chance et se sont fait traîner par des voitures tant que la lanière de leur sac ne lâchait pas… Il y a également des histoires sordides d’enlèvements d’enfants à la sortie des écoles internationales, de viols par des faux chauffeurs de taxis ou des attaques de voitures par des scooters.

Deuxième point négatif il n’y a rien à faire à part du shopping et manger. Traîner au bord de la piscine en lisant c’est bien mais pas si c’est la seule activité de la semaine. La nourriture est bonne, il y a tout ce qu’il faut pour faire du shopping mais ce n’est pas suffisant pour s’occuper pendant deux mois…

Dernière chose qui m’a déplue c’est le côté oppressant de la ville, pas assez d’espaces verts, beaucoup de voitures, etc. Disons que ce séjour là-bas n’est pas mon meilleur souvenir et je suis contente d’être partie.

J’ai au moins eu la chance d’être à Kuala Lumpur pendant une période très intéressante, celle des élections. Le parti en place en Malaisie n’a pas changé depuis plus de 50 ans. Mais de nombreuses choses lui sont reprochées notamment liées à l’immigration illégale, l’insécurité grandissante, le fait de privilégier les riches etc. Les Malaisiens, ceux rencontrés à Kuala Lumpur en tout cas, attendaient beaucoup de ses élections. Malheureusement pour eux, le gouvernement en place est resté, ce qui les a mis en colère. D’autant plus en colère que des histoires douteuses ont tourné. Certaines personnes seraient arrivées pour voter et on leur aurait annoncé qu’elles avaient déjà voté, des immigrants du Bangladesh auraient été autorisés à voter, etc. Pour prouver que l’on a voté en Malaisie on trempe son doigt dans de l’encre sensée disparaître au bout d’une semaine, cette fois elle n’a pas duré plus de deux lavages, du coup on soupçonne certaines personnes d’avoir pu voter deux fois.

Le lendemain des élections la nation était comme en deuil, beaucoup de personnes habillées en noir, photos de profil Facebook noire, etc. Comme les manifestations sont interdites, l’opposition a réuni les gens dans un stade pour protester et le stade était vraiment plein.

En habitant à Kuala Lumpur deux mois j’ai trouvé que cette ville était très dynamique d’un point de vue économique. Les Malaisiens parlent bien anglais, sont efficaces au travail et beaucoup de femmes sont intégrées à ce développement économique. Le majeur problème de la Malaisie est de garder ses jeunes talents car comme ils disent : “Quand un Malaisien est doué il est déjà parti à Singapour”.

Joana

Kuala Lumpur

Graffiti

Dimanche 19 août au matin, Henri et Jean-Noëlle prennent le bus pour Kuala Lumpur où ils arrivent pour le déjeuner. Nous logeons au Backpackers Travellers Inn (quelconque), au cœur de Chinatown et à proximité de Little India, quartiers très peuplés et animés. Les rues ne sont pas très propres et il y a beaucoup de circulation et de bruit. C’est différent du reste de la Malaisie. Nous partons à la découverte de la capitale en commençant par la gare Heritage Old Station et l’édifice de l’administration ferroviaire qui lui fait face dans un quartier désert. Ces bâtiments au style moyen-oriental sont très beaux. Au retour, nous passons par un terminal de bus où une file de vingt mètres se forme à l’entrée de chaque véhicule. Il n’y aura pas de place pour tout le monde. Accompagnés d’une forte pluie d’orage, nous visitons le temple hindou Sri Mahamariamman, très coloré et en train d’être décoré (de manière très kitsch) pour un mariage.

Temple hindou Sri Mahamariamman

Nous visitons ensuite les temples chinois Chan See Shu Yuen et Khon Yann. En chemin, nous passons par une rue sale aux bâtiments délabrés. Des Malais et des Indiens entrent et sortent en file indienne des bâtiments de la ruelle. Au milieu de ce flot ininterrompu, nous remarquons l’absence de femmes et commençons à comprendre. Pour en avoir le cœur net, N. pénètre dans l’un des bâtiments tandis qu’Henri reste dehors avec J. L’intérieur est sombre, voire lugubre et N. se perd un peu avant de finir au premier étage où il découvre un long couloir bordé de boxes en bois aux portes desquels se tiennent de jeunes chinoises en sous-vêtements. N. jette un coup d’œil à la ronde, puis redescend mal à l’aise. Henri ira également faire un tour, pas J. A la nuit tombée, nous dînons chinois en terrasse pendant qu’un vieillard tente de nous vendre des filles qui n’en sont peut-être pas.

Grand huit au Berjaya Times Square

Le lendemain, petit-déjeuner au Starbucks voisin pour débuter comme il faut notre matinée américaine. Direction ensuite le Berjaya Times Square, GIGANTESQUE centre commercial de dix étages au milieu duquel on découvre même un mini parc d’attraction avec son grand huit. Nous optons plutôt pour un bowling. Chaussures bicolores aux pieds, la lutte commence et se termine par une victoire de N. Nous marchons ensuite jusqu’au Carl’s Junior le plus proche pour notre repas d’adieux à notre chaîne de fast-food favorite. On en profite pour vider les boissons à volonté tout en discutant un bon moment dans le restaurant.

Petronas Towers

Nous poursuivons l’après-midi en nous promenant à travers la ville et en faisant une halte au pied des Pertonas Towers, à la Cocoa Boutique dont les chocolats sont délicieux, et au pied de la Menara KL Tower, tour télévision qui culmine plus haut que les Petronas grâce à la colline sur laquelle elle se trouve. Nous dînons ensuite avec Stéphanie, une Française rencontrée à l’auberge, avant de prendre un verre tous les trois au Reggae Bar, excessivement cher.

Au pied de la Menara KL Tower

Mardi martin, l’empereur, sa femme et le petit prince partent en pèlerinage pour Shah Alam. C’est là-bas que se trouve la mosquée bleue. Pour y parvenir, une demi-heure de train et une heure de marche sont nécessaires (on s’est un peu perdu…). La Masjid Sultan Salahuddin Abdul Aziz Shah est imposante avec sa coupole bleue et ses quatre grands minarets. Elle rappelle le Taj Mahal. Le guide de notre courte visite nous apprend que les femmes ne prient pas aux côtés des hommes pour ne pas détourner leur attention d’Allah. La salle de prières est démesurée mais néanmoins magnifique. Même si cette visite nous aura pris la journée, nous ne la regrettons pas un instant. De retour à Chinatown, nous dînons au Old China Cafe aux portes « saloon ». Les plats nyonya (mélange des cuisines malaise et chinoise) y sont absolument délicieux. Henri et Jean-Noëlle jouent ensuite une partie de barbu autour de bons jus de fruits avant d’aller se coucher.

Blue Mosque

Notre dernier jour à Kuala Lumpur commence par une halte à la Poste afin d’y déposer des cartes postales et un colis. C’est l’occasion de visiter malgré nous les coulisses de la plus grande poste du pays. Impressionnant mais pas tant que ça. Nous passons ensuite devant le City Point et le Sultan Abdul Samad, bâtiments d’inspiration indienne post-moderne, pour nous rendre à la Masjid Jamek ou mosquée du vendredi. Une fois enfilées nos aubes violettes, nous suivons notre aimable guide à travers la mosquée. Nous apprenons, surpris, qu’elle a étudié un peu en Europe et est titulaire d’un PhD anglais. Elle nous confirme la raison pour laquelle les femmes ne prient pas avec les hommes et nous apprend que les rues de Kuala Lumpur sont relativement vides du fait de la semaine de vacances qui suit la fin du Ramadan.

Blue Mosque

Nous nous en réjouissons et poursuivons notre route jusqu’au National Visual Art Gallery, musée très excentré mais de qualité. Nous y découvrons la bédé malaisienne ainsi que de belles photographies et des peintures de combats traditionnels. Le retour s’avère difficile du fait de la pluie torrentielle qui nous assaille. Nous sommes littéralement trempés jusqu’aux os et les Indiens semblent très intéressés par le T-shirt mouillé de J. qu’elle tient pourtant éloigné de son corps. Dernière nuit à Kuala Lumpur avant de quitter le pays.

Mosquée du vendredi