Laos : feuille de route

Itinéraire Laos

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Luang Namtha & Oudomxai

Phongsali

Luang Prabang

Vieng Xay & la plaine des jarres

Vang Vieng

Vientiane

Tam Kong Lor & Tha Khaek

Don Kho & Champasak

Don Det & le passage de la frontière cambodgienne

Laos : le bilan

Laos : le bilan

Tuk tuk, Tha Khaek

Tout d’abord, notons que les prix du dernier Lonely Planet datant de fin 2010 n’ont pas bougé. En effet, le Laos est un pays encore peu touristique. Nos dépenses sur le mois s’élèvent à sept-cents euros tout compris avec quelques achats de souvenirs et globalement plutôt les premiers prix.

Haw Pha Khaeo, Vientiane

La nourriture au Laos est à peine plus chère que chez les voisins car ils doivent tout importer. Elle est également rapidement monotone (riz, nouilles, curry sous toutes les coutures) si on reste dans les petits budgets.  Ce sont les transports qui nous aurons coûté le plus, malgré le fait que nous ayons privilégié les transports locaux. Enfin, la qualité des hôtels bas de gamme est la meilleure qu’on ait vue en Asie. Même dans les premiers prix, on a presque systématiquement la salle de bain dans la chambre, l’eau chaude, les serviettes, le papier toilette, du savon et même une ou deux bouteilles d’eau.

Vat Si Saket, Vientiane

Le Laos est notre destination préférée (après l’Inde !), pas tant pour ses visites et son patrimoine culturel (tout de même intéressants) que pour ses paysages à couper le souffle et les sourires et la bonne humeur des laotiens. On a aussi apprécié la lenteur de ce pays très reposant. Le calme ambiant est renforcé par la présence de nombreux bonzes, parés de tenues d’un orange flamboyant. Nous gardons en tête les innombrables gamins poussiéreux et débraillés, souvent les fesses à l’air, parfois complètement nus, et leurs grands « Hello ! » sur notre passage. Tous les écoliers roulent à vélo, avant de passer à la moto et N. était particulièrement jaloux de leurs « fixies » (vrais ou faux).

Ban Kong Lor

En conclusion, N. n’est pas près d’oublier la rafraîchissante et délicieuse Beerlao à un euro la bouteille de soixante-cinq centilitres !

Village Akha, Phongsali

Don Det & le passage de la frontière cambodgienne

Don Det

Jean-Noëlle quittent la petite bourgade de Champasak vendredi cinq octobre au matin. Quatre heures plus tard, ils arrivent sur l’île de Don Det (dans les 4 000 îles) après avoir croisé une vague de backpackers à peine débarqués de l’île. Horreur ! On a eu un peur de ne pas avoir notre mètre carré d’espace vital et on a même craint que l’île soit bien moins paisible qu’annoncé dans le Lonely Planet. Une fois sur place, à par la soupe musicale servie à pleins décibels par quelques rares bars, on est plus gêné par les beuglements des vaches que par les touristes.

Tat Somphamit ou cascade Li Phi, Don Khon

Après une longue étude de marché, Jean-Noëlle trouvent finalement leur plaisir dans un bungalow avec terrasse surplombant le Mékong chez Mr. B’s Sunset Bungalows. Nous partons ensuite à la quête d’un restaurant, et nous en choisissons un qui surplombe lui aussi le Mékong (on ne s’en lasse pas). Le curry rouge de N. est fantastique. Après quelques douceurs, nous partons faire un tour de l’île. Au-delà des cent mètres de restaurants et d’hôtels s’étendent des rizières, des champs, et de petits hameaux isolés. La balade est très agréable et nous la finissons sur nos hamacs à regarder le coucher de soleil. Pour nous récompenser de notre marche, nous testons la spécialité de l’île : le burger au potiron, très réussi.

Don Det

Le lendemain, nous louons des vélos et partons sur l’île de Don Khon. Nous commençons par aller jeter un œil au Tat Somphamit ou cascade Li Phi. Il s’agit plus d’immenses rapides que de cascades à proprement parler, mais leur dénivelé est impressionnant. Nous en profitons un peu pour marcher le long du Mékong, avant de remonter sur nos vélos. Nous parcourons ensuite l’île sur sa partie Est jusqu’à l’embarcadère français. A cause de la pluie, le chemin n’est pas toujours facile (euphémisme !) pour rejoindre la pointe sud, de laquelle on aperçoit le Cambodge. On peut également embarquer pour aller voir les dauphins d’eau douce du Mékong, mais face à l’arnaque évidente de notre interlocutrice, J. ravale ses larmes et nous rebroussons chemin jusqu’à notre bungalow. On refera une tentative au Cambodge.

Don Khon

Après une bonne douche, Jean-Noëlle retournent au restaurant du curry rouge, où N. savoure également sa dernière Beerlao. Nous tombons par hasard sur Tyler, le Canadien rencontré à Tam Kong Lor. C’est l’occasion de discuter un peu du Laos et du Cambodge avant de se séparer.

Don Khon

Le lendemain nous prenons un bateau puis un bus pour le Cambodge. Nous avons suivi le groupe et donné nos papiers, passeports et argent (trente dollars par tête) au responsable de l’agence avec laquelle nous partons. Celui-ci s’occupe de tout à la frontière et nous avons juste à descendre du bus pour que l’on vérifie notre température. Ça y est, nous sommes au Cambodge !

Namkhong Beer

Don Kho & Champasak

Arrivée à Don Kho

Jean-Noëlle arrivent à Pakse mercredi trois octobre à cinq heures du matin après six heures de bus. C’est l’occasion de prendre un petit-déjeuner dans un restaurant de rue avec deux Français. Nous sommes rejoints par un Laotien francophone qui nous parle de l’hôtel qu’il vient d’ouvrir et de ses quelques voyages. Nous assisterons même aux offrandes faites aux bonzes. En file indienne et dans leur vêtement orange vif, ils récupèrent dans de grands récipients métalliques le riz gluant offert par les fidèles. Ce rituel est très solennel, et on l’apprécie d’autant plus qu’il n’y a pas une horde de touristes tout flash dehors.

Rizières à Don Kho

Nous avions prévu d’aller au plateau des Boloven admirer cascades et plantations de café, mais les prix étant plus élevés que prévu et quatre personnes étant nécessaires, nous décidons de partir directement pour notre étape suivante : Don Kho. Nous sautons dans un tuk-tuk pour aller au marché afin de prendre un songthaew (tuk-tuk collectif) pour Ban Saphai. Nous attendons celui-ci une bonne demi-heure, puis une heure et demi de plus pour qu’il se remplisse avant de partir. En arrivant à Ban Saphai, on nous précipite dans une pirogue et nous traversons le Mékong pour rejoindre Don Kho, charmante petite île d’un kilomètre de long. A peine débarqués, on nous propose un homestay. Ça tombe bien, on est venu pour ça. On nous conduit sur le chemin boueux qui mène au dit homestay. Han, gentil trentenaire, nous accueille avec un grand sourire et ses trois mots d’anglais.

Mékong depuis Don Kho

Han et sa femme nous montrent notre chambre, petite pièce adjacente à leur pièce commune et à la terrasse, puis nous servent notre déjeuner. Comparé aux repas suivants, on est à peu près sûrs qu’ils ont fait avec les moyens du bord, ayant été pris de court par notre arrivée. Ça reste bon et surtout copieux, maître mot des cuisinières qui reçoivent des « falangs » (occidentaux). Le ventre bien plein, nous décidons de nous reposer « juste un instant » avant de partir à la découverte de l’île. Trois heures plus tard, Jean-Noëlle partent à l’aventure. L’île est mignonne, mais ce qui a le plus d’intérêt ce sont ses habitants très souriants, qui vous disent bonjour, quand ils ne vous invitent pas à les rejoindre pour partager leur thé et leur salade. Nous croisons également des jeunes qui s’affrontent au sport national, sorte volley-ball qui se joue avec les pieds.

Sport national à Don Kho

En rentrant, nous faisons la connaissance de Youmi, la fille de Han, si excitée de nous rencontrer qu’elle en oublie de s’habiller. Son père la rappelle à l’ordre et c’est donc une petite fille de deux ans, dans une jolie robe rouge, qui se joint à nous. Elle est toutefois encore trop timide pour nous parler et elle se contente de nous regarder en souriant. Pour le dîner, la femme de Han nous apporte un délicieux poisson frit, sans doute pêché l’après-midi même. Après dîner, J. commence par faire des pliages en papier qui amusent Youmi puis, quand ses parents se joignent à elle, nous leur montrons des photos de nos familles, de Paris, du Laos. Ils sont enchantés.

Don Kho

Le lendemain matin, réveillé par les poules et les hommes qui caquettent, nous petit-déjeunons (poisson frit, œufs au plat et riz gluant) avant de repartir pour Pakse. Nous y grimpons dans un songthaew pour Champasak. C’est le pire voyage que J. ait fait puisqu’elle doit supporter les coups de coude de sa voisine dans les côtes, l’odeur de viande avariée qui se dégage de son sac, la chaleur intense et les cris des autres voyageurs. Une heure et demi plus tard, nous arrivons à la Vongpaseud Guesthouse où nous prenons une chambre bon marché avant de déjeuner rapidement sur la terrasse couverte qui surplombe le Mékong.

Vat Phou Champasak

Jean-Noëlle louent ensuite deux bicyclettes au jovial propriétaire francophone. C’est parti pour trois quarts d’heure de pédalage sur un chemin en terre, au milieu des habitations et des scènes de vies laotiennes, des montagnes à droite et du Mékong à gauche. Nous arrivons enfin au Vat Phou, objet de notre venue à Champasak. La visite commence par un tour au musée où sont exposées certaines pièces du temple. Celui-ci a plusieurs siècles et seulement les ruines des principaux bâtiments ont su affronter le temps. Le site archéologique est disposé en longueur et réparti sur trois niveaux ascendants. On traverse d’abord une longue allée bordée de colonnes surmontées de boutons de lotus, au milieu de deux bassins artificiels recouverts de fleurs de lotus. L’allée mène aux deux plus grands bâtiments, à peu près conservés mais dans lesquels on ne peut pas pénétrer, dommage. Commence ensuite une grimpette de dizaines de marches en pierre à l’ombre de frangipaniers (arbres nationaux). Au dernier niveau, un sanctuaire aux linteaux parfaitement conservés abrite quelques bouddhas. C’est aussi l’occasion de profiter de la vue sur le site et la vallée au loin.

Vat Phou Champasak

De retour à Champasak, N. abandonne J. au Champasak Spa où elle s’offre un massage des pieds d’une heure. Pendant ce temps, N. sirote une Beerlao sur la terrasse de la guesthouse. Il apercevra une longue pirogue en bois vouée à la fête du fleuve et sur laquelle une vingtaine de Laotiens s’entraînent à pagayer pour gagner la fameuse course de bateaux qui aura lieu début décembre.

Entraînement aux courses de bateaux

Tam Kong Lor & Tha Khaek

Ban Kong Lor

A Vientiane, nous avons eu la chance de trouver un bus direct pour Tam Kong Lor. Vers dix-sept heures et après six heures trente de trajet, notre bus nous dépose au Sala Kong Lor Lodge où nous décidons de passer la nuit. Avant que le soleil ne se couche, Jean-Noëlle et Tyler, le Canadien rencontré dans le bus, vont se promener aux alentours de l’auberge. Le paysage est le suivant : rizières au premier plan, montagnes karstiques au second, c’est toujours aussi beau.

Ban Kong Lor

Lundi premier octobre au matin, Jean-Noëlle et Tyler engloutissent un bon petit-déjeuner puis se rendent à pied à l’entrée de Tam Kong Lor. Il s’agit d’une rivière souterraine de sept kilomètres de long. Nos gilets de sauvetage enfilés, nous grimpons dans une pirogue en bois à moteur. Nous sommes cinq avec nos deux guides. A mi-chemin, nous descendons de l’embarcation afin de laisser l’un de nos guides passer seul quelques rapides à contre courant. C’est l’occasion de marcher quelques deux-cent mètres au milieu des stalactites et stalagmites. L’éclairage est sommaire, ce qui rend la grotte d’autant plus naturelle et intéressante. C’est magnifique et plus calme qu’à la baie d’Halong (Vietnam) ou à la rivière souterraine de Sabang (Philippines). Puis nous remontons à bord. Avant de faire demi-tour à la sortie de la grotte, nous marchons une heure dans la campagne et traversons deux villages aux maisons en bois sur pilotis. L’ensemble de l’excursion dure quatre heures et nous la recommandons vivement.

Ban Kong Lor

Après déjeuner, nous partons pour Tha Khaek avec Tyler. Trois tuk-tuk collectifs consécutifs et cinq heures de transport nous mènent au Thakkek Travel Lodge. Nous posons nos sacs à dos puis nous dirigeons à pied au centre-ville pour dîner sur les bords du Mékong, face à la Thaïlande. Les restaurants conseillés par le Lonely Planet pour le canard et la chèvre n’en ont plus mais nous nous régalons quand même chez Ms. Mo.

Tam Kong Lor

Le lendemain matin, alors que Tyler nous abandonne pour le Sud du pays, nous louons une moto pour explorer les alentours de Tha Khaek. Première halte au Tham Pa Fa ou grotte de Bouddha dont l’entrée se trouve à vingt mètres du sol dans une falaise karstique. Le point d’eau au pied de l’entrée est transparent et presque plus intéressant que l’intérieur de la grotte. Nous poursuivons notre promenade au milieu des paysages de rizières, de champs, de marais et de montagnes à perte de vue jusqu’à la grotte Tham Xieng Liap où nous sommes accueillis par un vieillard en maillot de football. Il nous guide jusqu’à l’intérieur de la grotte qu’il nous fait traverser à sa suite. L’expérience est tout à fait inattendue et Jean-Noëlle sont ravis d’escalader des rochers, de traverser des cours d’eau moyennement profonds et d’admirer l’intérieur de la grotte en compagnie de ce vieux laotien souriant qui ne parle pas un mot d’anglais ou de français.

Tham Pa Fa, Tha Khaek

Nous déjeunons ensuite dans un restaurant du bord de la route qui se targue de proposer la meilleure soupe du coin. On n’y croit pas vraiment mais on tente, et on n’est pas déçu ! Nous continuons avec le Tha Falang, jolie rivière au bord de laquelle nous croisons un serpent d’un bon mètre de long. [Sachez que J. semble ne plus avoir peur, ce qui ne l’empêchera pas d’essayer de vous faire croire que le serpent faisait sa taille !] Nous rentrons enfin à Tha Khaek pour visiter le Pha That Sikottabang, temple bouddhique dont le seul intérêt est sa situation imprenable au bord du Mékong.

Tham Xieng Liap, Tha Khaek

De retour dans le centre, Jean-Noëlle s’affrontent pour une partie de « petang » en trois manches au bar Nang Linly. N. l’emporte in extremis avec un point d’écart dans la dernière manche, ce qui ne l’empêchera d’essayer de persuader J. qu’il lui a offert la seconde ! Jean-Noëlle retournent ensuite chez Ms. Mo pour un verre en regardant le soleil se coucher en Thaïlande, au-delà du Mékong. Dîner à l’auberge avant de partir pour Pakse vers vingt-deux heures.

Mékong et Thaïlande depuis Tha Khaek

Vientiane

Xiengkuane Buddha Park, Vientiane

Un mini-van nous mène à la capitale laotienne en trois heures trente et nous arrivons pile à l’heure pour le déjeuner. C’est parti pour Le Vendôme, issu d’une sélection drastique dans le Lonely Planet et Le Routard. Jean-Noëlle y commandent un magret de canard rosé à la mangue accompagné de pommes de terres rissolées, et des aubergines farcies aux fruits de mer et à la sauce whisky. Les deux plats sentent très bon et sont accompagnés de petits légumes du soleil. C’est délicieux et nous sommes transportés en France le temps d’un repas. La décoration type petit restaurant du sud de la France avec ses affiches de corrida est tout à fait réussie.

Xiengkuane Buddha Park, Vientiane

Nous partons ensuite pour le Xiengkuane ou parc de Bouddha, à proximité du pont de l’amitié à la frontière thaïlandaise. Le parc n’est pas très grand mais donne sur le Mékong et la Thaïlande sur l’autre rive. Il est plein de statues bouddhiques et hindoues parmi lesquelles on peut zigzaguer. Le clou du parc est un grand bâtiment en forme de citrouille. On y pénètre par une grande bouche puis on accède d’abord au premier étage, la Terre. De là, on a le choix entre descendre aux enfers et monter les escaliers qui mènent au paradis. Chaque étage est décoré de statues représentants toutes sortes de créatures insolites. Du dernier niveau on accède au toit depuis lequel on profite d’une vue sur l’ensemble du parc. Notre visite terminée et faute de tuk-tuk collectifs, nous rentrons en stop grâce à un gentil Laotien qui a su lire la détresse dans nos yeux.

Vat Si Saket, Vientiane

C’est l’heure de l’apéritif. Ayant brièvement visité deux cavistes du centre-ville, Jean-Noëlle entrent au Xhang Khoo le vin à la bouche. Nous commandons un Riesling que nous avons quelques difficultés à obtenir… Finalement, nous le dégustons dans de grands verres à pied, accompagné de quelques tapas asiatiques et surtout d’une assiette de fromage FRANÇAIS : camembert, reblochon, roquefort et chèvre. C’est tellement bon qu’on ajoute un Monbazillac pour arroser le deuxième plateau de fromage ! Nous discutons un instant avec le propriétaire français qui nous apprend que Vientiane n’a même pas trois-cents mille habitants. Puis nous filons chez le voisin, Le Provençal, pour partager une délicieuse pizza. Le ventre et le foie bien plein, nous rentrons nous coucher à la Mixay Guesthouse, très bien.

Haw Pha Khaeo, Vientiane

Samedi matin, nous fonçons au Banneton pour partager un petit-déjeuner bien français (oui, on fait une cure, et alors ?!). Le cadre est sympathique, contrairement au personnel. Puis c’est parti pour une longue promenade à pied dans la capitale laotienne. Nous visitons le Vat Si Saket qui a beaucoup de cachet du fait qu’il n’a pas été rénové depuis presque un siècle. Les nombreux bouddhas qui décorent la promenade couverte ajoutent au charme du lieu. On traverse la rue pour visiter le Haw Pha Khaeo qui abritait dans le temps le Bouddha d’émeraude (en fait en jade), volé par les Thaïlandais et aujourd’hui visible à Bangkok. Nous errons ensuite dans les allées du Talat Khua Din, principal marché de Vientiane où l’on trouve de tout, des vêtements au coiffeur, en passant par l’électroménager et les légumes. Nous aimons bien visiter ce genre de marché à l’ambiance typique.

Patuxai, Vientiane

Jean-Noëlle poursuivent leur marche jusqu’au Patuxai, également appelé arc de triomphe bien qu’il ne ressemble absolument pas au nôtre. Cubique, de style hindou et possédant quatre arches, il est assez imposant. Après avoir déjeuné dans un restaurant de rue, nous visitons trois temples, le Vat Mixai, le Vat Ong Teu Mahawihan et le Vat Hai Sok. Dans le premier, nous discutons quelques minutes avec un bonze qui nous explique qu’il apprend autant qu’il partage son savoir du bouddhisme. Nous traversons ensuite la ville pour rejoindre le Vat Sok Pa Luang, que nous ne visitons pas. En effet, ce temple est réputé pour son sauna aux herbes et ses massages. Jean-Noëlle y passent une heure et demi, au milieu des arbres, à profiter de la chaleur et des délicieuses effluves du sauna, ainsi que des talents des masseurs.

Vat Hai Sok, Vientiane

De retour en centre-ville, nous dînons dans un bon restaurant laotien puis passons notre dernière nuit à Vientiane avant de prendre le petit-déjeuner au Banneton. A la gare routière, nous achetons une spécialité locale pour le déjeuner : une baguette garnie de pâté vietnamien, de poulet, de légumes et de sauce épicée. C’est très bon.

Vat Hai Sok, Vientiane

Vang Vieng

Falaise à escalader, Vang Vieng

Jean-Noëlle arrivent à Vang Vieng mercredi vingt-six septembre à deux heures trente du matin. Pour atteindre le centre-ville, nous devons d’abord traverser un terrain vague transformé en marécage avec la pluie, trouver le raccourci magique qui nous ferait économiser un kilomètre mais qui n’existe pas et éviter les chiens qui hurlent. Autant vous dire que nous sommes contents de trouver un hôtel ouvert (la Santi Villa), d’autant plus que la pluie prédite par J. se met à tomber à peine les sacs déposés. Grand lit, draps immaculés, eau chaude et wi-fi, le tout pour six euros la nuit, nous nous endormons comme deux petits loirs.

Varappe, Vang Vieng

Le lendemain, nous petit-déjeunons dans une échoppe de rue avant de signer chez Adam pour une journée de varappe. Les débutants que nous sommes sont rejoints par un instructeur et David, sympathique américain féru de voyages, Histoire et littérature américaine. Notre instructeur nous forme une petite heure puis c’est parti pour notre première grimpette, chacun notre tour. Si le premier mur est relativement facile (niveau quatre), les trois suivants le sont beaucoup moins (niveau cinq a). Nous escaladons verticalement les falaises karstiques et nous profitons à chaque fois d’une vue magnifique (à plus de quarante mètres au-dessus de la vallée et à vingt mètres du sol) sur les rizières et surtout les montagnes qui clôturent l’horizon. Notre journée sportive se termine par une baignade dans le Blue Lagoon où tout le monde tente des plongeons depuis les branches d’arbres qui surplombent la rivière. Au dîner nous dégustons le délicieux Falafel du Sababa, bien mérité.

Depuis la falaise à escalader, Vang Vieng

Le lendemain matin, nous embarquons dans un tuk-tuk en compagnie de sept anglophones bien clichés pour une journée aux alentours de Vang Vieng. Après un rapide passage par la grotte de l’éléphant, nous enfourchons nos chambres à air de tracteurs (le fameux tubing) pour visiter la Water Cave. Nos lampes vissées sur le front, nous apprécions l’expérience. La grotte est jolie et c’est impressionnant de se promener sur une bouée au gré d’une rivière souterraine, très basse de plafond.

Lagon bleu, Vang Vieng

Après un déjeuner copieux, nous grimpons à bord de nos kayaks et c’est parti pour deux heures de descente de la rivière qui nous mènera jusqu’au centre-ville. Les paysages sont toujours aussi magnifiques (on commencerait presque à s’en lasser !) et nous remarquons que tous les bars dédiés au célèbre tubing sont fermés. Explications entendues : quelqu’un aurait été tué par balles, un fils de dirigeant serait décédé par noyade, volonté d’assainir la ville pour le sommet Europe-Asie qui va bientôt se tenir à Vientiane, etc. C’est sans doute un mélange de tout ça. Nous dînons chez Nazim, délicieux restaurant indien (encore ?!,) avant de passer une dernière nuit à la Santi Villa.

Vang Vieng

A leur réveil, Jean-Noëlle petit-déjeunent dans la rue : un rôti (crêpe indienne très fine et croustillante) fourré à la banane et au chocolat ainsi qu’un sandwich bacon-chicken-cheese suffiront à les rassasier !

Kayak, Vang Vieng

Vieng Xay & la plaine des jarres

Vieng Xay, Grottes, Laos

Malgré nos difficultés sentimentales (cf. article précédent) et pratiques (notre bus a trois heures de retard) à quitter Luang Prabang, nous partons finalement à vingt heures, après que cinq motos ont été fixées sur le toit du bus ! Pour une fois nous avons la lumière, l’air conditionné et des sièges à peu près confortables et qui s’inclinent : le grand luxe pour nous. Toutefois après dix-sept heures de trajet, le luxe ne nous intéresse plus et nous sommes ravis d’arriver à Sam Neua. Nous sommes moins ravis d’apprendre qu’il n’y a qu’un tuk-tuk quotidien pour Vieng Xay, ce qui nous contraint à passer l’après-midi et une nuit supplémentaire à Sam Neua.

Vieng Xay, Laos

Le lendemain dimanche vingt-trois septembre, Jean-Noëlle se réveillent tôt pour rejoindre la gare routière à pied. En chemin, un tuk-tuk nous fait signe et nous grimpons à bord. Il est déjà occupé par deux Françaises qui ont elles aussi prévu d’aller à Vieng Xay. Nous décidons de faire ensemble la visite des grottes, occupées par les dirigeants du Pathet Lao pendant la guerre secrète avec les Etats-Unis (1964-1973). Arrivés au centre d’information, nous enfourchons nos bicyclettes, notre audioguide dans les oreilles à la suite de notre guide en chair et en os.

Plaine des jarres, site 1, Laos

La visite est assez émouvante, l’audioguide très bien fait (témoignages, bruitages et superbes musiques) et les paysages traversés toujours aussi beaux. Les dirigeants du Pathet Lao vivaient dans de grandes galeries souterraines aménagées avec cuisines, chambres à coucher, salles de réunion et surtout pièces étanches en cas d’attaque chimique. La région a en effet été fortement bombardée par les Américains qui ont secrètement étendu la guerre du Vietnam au Laos. Les populations en ont beaucoup souffert, d’autant plus qu’elles n’avaient pas la moindre idée de qui les attaquait et pourquoi.

Plaine des jarres, site 1, Laos

Nous déjeunons ensuite tous les quatre à la gare routière. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur Catherine et Sophie, dynamiques quarantenaires qui construisent des écoles au Burkina Faso depuis de nombreuses années. Notre tuk-tuk ne revenant qu’à seize heures, nous en profitons pour faire une petite balade à vélo dans la superbe campagne de Vieng Xay : champs, lacs, reliefs karstiques, les paysages du Laos ne cessent de nous charmer. Nous passons une deuxième nuit à Sam Neua avant de retrouver Catherine et Sophie à la gare routière pour prendre le premier bus à destination de Phonsavan. Le trajet de neuf heures nous paraîtra presque court à notre arrivée à dix-sept heures trente. Nous trouvons une chambre et collectons quelques informations pour le lendemain puis dînons au Nisha Restaurant avec Catherine et Sophie, encore et toujours. Les lassis sont mauvais mais la nourriture est délicieuse. Jean-Noëlle sont ravis de retrouver la cuisine indienne au Laos.

Plaine des jarres, site 3, Laos

Mardi matin, nous partons tous les quatre à motos pour une journée dans la plaine des jarres. Trois sites sont réellement dédiés aux visites et nous décidons de faire original en commençant par le premier, qui est également accessible à vélo. Superbe vue sur la plaine de Phonsavan, on y découvre une centaines de jarres en pierre disposées au sommet, au flanc, et au bas d’une colline. Certaines font deux mètres de haut, d’autres plutôt quatre-vingt centimètres. Il y a également quelques couvercles monolithiques et on se demande (nous et les archéologues) à quoi elles pouvaient bien servir. Tout au long de la promenade, on doit faire attention à bien rester entre les bornes blanches qui délimitent la zone déminée. Nous poursuivons jusqu’aux sites deux et trois dont l’accès est beaucoup plus difficile : la route, bien que plane, est pourrie, mais les paysages (montagnes, champs, rizières) sont encore une fois sublimes et les enfants peu avares de sourires et de « sabai-dii » (bonjour en lao).

Plaine des jarres, site 3, Laos

Le deuxième site est composé de deux crêtes boisées sur lesquelles on se promène au milieu des jarres et des arbres. Moins impressionnant que le premier site mais la visite n’en est pas moins agréable. Le troisième site nous révèle bien des surprises. Les joueurs de petang à l’accueil tout d’abord, puis la promenade à travers les rizières inondées et au milieu d’un champ de vaches (même pas peur !). Le site lui-même est assez condensé et on admire plus le panorama que les jarres elles-mêmes. Nous rentrons en ville sans Catherine et Sophie qui poursuivent vers un village. Au moment de déposer notre moto, le loueur nous tend un traquenard en nous offrant gentiment un verre de lao-lao (alcool de riz local). Trois shooters plus tard, nous parvenons enfin à nous éclipser pour nous rendre à la gare routière. Nous y poursuivons notre apéritif avant de voir débarquer tout sourire Catherine et Sophie, venues nous dire au-revoir. Nos adresses électroniques échangées, nous grimpons dans le bus direction Vang Vieng. Il est dix-huit heures trente.

Plaine des jarres, site 3, Laos

Luang Prabang

Musée du Palais Royal, Laos

Comme on ne savait pas trop quoi faire mercredi dix-neuf septembre, on s’est dit qu’on allait passer seize heures dans les transports pour rejoindre Luang Prabang depuis Phongsali ! Partis à huit heures trente, nous arrivons dans la capitale culturelle à une heure du matin. Autant vous dire que c’est désert. Impossible de trouver la guesthouse où nous souhaitons loger (elle a disparu depuis la parution du Lonely et du Routard il y a deux ans). J. garde les sacs tandis que N. se lance dans du porte à porte dans la rue principale. La seule guesthouse ouverte (Phounsub) est à seize euros la nuit, un peu au-dessus de nos moyens. Lorsque nous découvrons la chambre, nous ne regrettons pas l’investissement : eau chaude avec bac à douche (une première après dix mois passés en Asie !), wifi,  climatisation, petit balcon avec mobilier en teck, et surtout, tout est propre, neuf et joliment décoré.

bâtiments coloniaux Luang Prabang

Le lendemain, pour bien commencer la journée, Jean-Noëlle vont prendre un petit-déjeuner français au Café Ban Vat Sene : si les croissants sont bons, la baguette est exceptionnelle ! Le cadre est simple et agréable, le service soigné, et la confiture de mûres délicieuse. Ca faisait longtemps ! Nous changeons ensuite de logement pour la Boupha Guesthouse et ses chambres dans nos moyens. Située à une centaine de mètres de la précédente, toujours dans la rue principale, on y accède par une agence de voyage. Ses propriétaires soixantenaires parlent très bien français, sont aux petits soins et nous profitons du lit king size. Nous ressortons pour déjeuner au Dien Dabai, de l’autre côté de l’affluent du Mékong que nous traversons à bord d’une pirogue en bois. Nous y dégustons la fameuse saucisse de Luang Prabang, très bonne, et surtout les algues du Mékong, à l’intérêt gustatif limité.

Vat Mai Souvannapoumaram Luang Prabang

Jean-Noëlle traversent à nouveau la rivière afin de se rendre à l’exposition de l’UXO Lao Visitors Centers, consacrées aux UneXploded Ordnances (bombes américaines non désamorcées). Pendant la guerre du Vietnam, le Laos est devenu le pays le plus bombardé de l’histoire et du monde. On décompte encore une victime par jour de ces bombes non désamorcées. Pour plus d’information, consultez le site UXO Lao. Un peu dégoûtés, nous poursuivons notre promenade en faisant une halte au Vat Manorom avant de nous rendre au Ock Pop Tok, centre de tissage de soie laotienne de qualité. La visite est intéressante et se conclut par un passage à la boutique où Jean-Noëlle achètent deux cadeaux (qui seront les heureux élus ?) avant de discuter une bonne demi-heure avec Rudy, le manager français, qui nous parle de la vie d’expatrié au Laos et au Cambodge.

Cafe Ban Vat Sene

En chemin pour le centre-ville, nous visitons le Vat Pabaht puis nous arrêtons regarder notre première partie de petang. Il s’agit bien de la pétanque prononcée avec l’accent marseillais qui est l’un des loisirs préférés des Laotiens. Puis c’est la rude épreuve du marché de nuit avec tous ses articles d’artisanat local. C’est l’occasion d’acheter une jolie paire de ballerines pour J., de nouveaux bracelets pour N. et quelques souvenirs en sirotant un thé glacé aux perles (zhenzhou nai cha, quand tu nous tiens !). Dernière halte avant la guesthouse dans un magasin d’artisanat où N. entame une dure négociation en chinois avec les propriétaires. Merci à J. qui lui est venue en aide quand il avait des trous.

Vat Xieng Thong Luang Prabang

Le lendemain matin, rebelotte pour un petit-déjeuner au Café Ban Vat Sene où nous troquons le bagel de la veille pour une délicieuse tarte au potiron. C’est parti pour une grosse journée de visites qui débute au musée du Palais Royal. Très intéressant à visiter le Routard à la main, on se promène de salle en salle dans l’ancien Palais Royal et on découvre pêle-mêle des mosaïques de verre aux murs, des épées, des photos des monarques, des volumes de la Pléiade, des instruments de musique et les cadeaux offerts par les pays étrangers. On note la pertinence des Etats-Unis et de leur morceau de pierre de lune offert au nom de la paix : ça devrait suffire à faire oublier les deux millions de tonnes de bombes lâchées sur le pays entre 1964 et 1973 ! Puis on passe par le Vat Mai Souvannapoumaram, la Villa Xieng Mouane et son centre d’artisanat où les moines apprennent à travailler le bois, le Vat Choumkhongsourintharane, le centre culturel lao-français, le Vat Paphamisaiyaram et surtout les bords du Mékong, très paisibles et agrémentés de jolies bâtisses coloniales.

That Makmo, Luang Prabang

On y fait une pause déjeuner avant de continuer au monastère Vat Xieng Thong, incontournable de la ville pour la beauté de ses quelques bâtiments colorés et décorés de mosaïques de verre. On en profite pour reproduire la photo de la couverture du Lonely Planet. Nous traversons ensuite la ville en sens inverse en passant par le Vat Sensoukharan pour rejoindre le parc du That Makmo et son vieux stupa de pierre brute. Nous terminons la journée par l’ascension de la colline Phu Si qui surplombe la ville depuis son centre. Pas indispensable, si ce n’est pour se rendre compte que Luang Prabang est bien plus étendue que ce que l’on pourrait croire. Jean-Noëlle prennent ensuite de bons jus de fruit frais dans une échoppe de rue en attendant de dîner.

Mekong depuis Phu Si, Luang Prabang, Laos

Vendredi vingt-et-un septembre, nous nous levons aux aurores pour aller assister aux offrandes des moines (Tak Bat) à mi-chemin entre notre auberge et le Café Ban Vat Sene. L’ambiance qui aurait pu être particulière est gâchée par les touristes qui mitraillent les moines au flash à moins de trois mètres de distance. Dommage. Une fois nos tartines et notre tarte tatin à la banane englouties, nous embarquons sur le Mékong que nous remontons jusqu’au village Ban Xan Hai où l’on nous laisse une demi-heure pour acheter quelques souvenirs. Nous continuons la remontée du fleuve jusqu’à la grotte Bak Ou, en fait composée de deux grottes à flanc de falaise. La première est sur plusieurs niveaux et les centaines de petits bouddhas qui s’y trouvent sont éclairés par la lumière naturelle. C’est très joli mais ça ne mérite pas l’excursion. La seconde grotte, plus haut, est plongée dans l’obscurité et l’on y distingue quelques statues de bouddhas à la lampe torche. On en ressort assez rapidement. De retour à Luang Prabang (notez que les abords du Mékong sont absolument magnifiques), Jean-Noëlle déjeunent au Croissant d’Or où ils prennent un délicieux pain au chocolat en dessert avant de rejoindre la gare routière.

Tak Bat, offrandes aux moines, Luang Prabang, Laos

Luang Prabang est une ville très agréable dont le rythme lent a failli nous retenir quelques jours de plus. Même s’il n’y a pas grand-chose à y faire, on ne veut pas la quitter.

Grotte Bak Ou, Luang Prabang, Laos

Phongsali

Vue campagne Phongsali

Samedi quinze septembre, Jean-Noëlle embarquent à bord de leur premier bus local longue distance à destination de Phongsali. Leurs sacs sont attachés sur le toit, aux côtés de quelques motos, sacs de riz et cartons percés remplis de poulets. Le voyage dure de neuf heures trente à vingt heures trente. Nous avons perdu deux heures à attendre qu’un bulldozer tracte un autre bus coincé dans la boue due à la saison des pluies. La route n’est pas toujours facile, et la musique populaire laotienne qui passe à fond dans les enceintes pas vraiment agréable. Nous arrivons à bon port et prenons une chambre à la Sen Saly Guesthouse où nous réservons notre trek de deux jours grâce à l’employé de l’office du tourisme qui se déplace pour l’occasion. Nous dînons ensuite dans un restaurant chinois (la frontière est très proche) sans menu où nous montrons dans la cuisine les ingrédients qui nous inspirent pour passer commande. Nous nous retrouvons malgré nous avec trois plats copieux accompagnés d’un saladier de riz. C’est absolument délicieux. Ca tombe bien, N. s’est enfin remis de son intoxication alimentaire (quatre jours, quand même !).

Village Akha, Laos

Le lendemain, Jean-Noëlle rejoignent leur guide au “kilomètre vingt-quatre”. C’est pour deux heures de grimpettes sur des chemins de terre. Les  panoramas qui s’offrent à nous sont à couper le souffle. Notre guide, un peu timide, est néanmoins sympathique et nous arrivons bientôt dans un premier village Akha pour déjeuner. Une vieille femme nous offre le thé, une toute petite fille agrippée sur son dos. Elle passe son temps à chasser  les poules qui essaient de rentrer dans sa maison. Après le déjeuner, nous sortons du chemin de terre pour nous engouffrer dans la forêt. La pente est abrupte et nous finissons par passer un col. Au loin, nous pouvons apercevoir la frontière chinoise. Il est temps de descendre en direction du second village Akha où nous passerons la nuit. Nous traversons d’abord de magnifiques rizières ainsi qu’un cours d’eau sur un pont suspendu. Nos six heures de marche nous ont bien fatigués mais les villageoises ne nous laissent aucun répits et nous sautent dessus dès notre arrivée afin de nous vendre des objets confectionnés par leurs soins.

Villageoise Akha

Nous prenons une douche au robinet collectif du village puis nous faisons le tour de celui-ci en compagnie de notre guide. Les enfants fuient en rigolant à notre passage, sauf deux ou trois qui hurlent de terreur avant de fondre en larmes. Nous pensons que les plus vieux racontent aux plus jeunes des histoires terribles sur les blancs mangeurs d’enfants ! Au milieu de notre balade, nous sommes suivis par un petit groupe d’enfants téméraires que nous faisons fuir en nous retournant brusquement : “bouh !”. Les adultes sont peu avenants tandis que leur progéniture s’amuse d’un rien sur la terre battue. Certains sont nus. Les porcs, chiens, et poulets courent à droite et à gauche. Nous rencontrons le chef du village chez qui nous allons passer la nuit. Il nous offre quelques shooters de lao-lao, l’alcool de riz local qui doit titrer à plus de cinquante degrés ! On trinque, on lui pose quelques questions traduites par notre guide puis on dîne à la lueur des bougies. Le lao-lao coule à flot tandis que nous nous efforçons de ne pas coûler sous la table. Heureusement, le massage de bienvenue des villageoises, bien qu’assez approximatif, vient nous sauver. Difficile à décrire, l’ensemble de l’expérience restera gravée dans nos mémoires. 

Maison Akha, Laos

Dimanche matin, nous n’allons pas à la messe mais suivons une villageoise âgée au champ pour la cueillette du repas de midi : concombres géants, potiron et autres légumes dont notre guide n’a pas su nous donner le nom. Nous déjeunons chez cette même villageoise puis nous partons pour quatre heures de marche sous un soleil de plomb et au milieu des différentes cultures locales : thé, café, riz, canne à sucre et fruits de la passion. La grande majorité de ces produits est achetée par la Chine. Notre guide nous apprend qu’un kilogramme de fruits de la passion est acheté mille kips (soit dix centimes d’euros) par les entreprises chinoises. Vive le commerce équitable ! De retour à Phongsali, nous passons une seconde nuit à la Sen Saly Guesthouse.

Cueillette au potager, Laos