PADI Open Water à Pulau Tioman (Malaisie)

Pendant notre périple asiatique en 2012, nous avons tenté l’expérience de la plongée sous-marine dans des eaux exotiques. En effet, après de nombreuses excursions en snorkeling (tuba en anglais), nous avons eu envie de passer au niveau supérieur en allant taquiner le poisson dans son environnement.

Nous avions longuement hésité à passer notre Open Water (première certification de plongée) à Koh Tao en Thaïlande mais à l’époque environ 300 euros nous paraissaient une somme énorme. En réalité, c’est très peu cher pour l’Open Water et à en croire les témoignages les plongées sont vraiment très agréables. Donc, si vous êtes à Koh Tao, foncez. Nous avons finalement décidé de passer notre Open Water un an plus tard, une fois installés à Singapour. Sur les conseils de Charly et Chloé, nous avons choisi Amazing Dive.

L’avantage de passer son Open Water à Singapour est que vous n’avez pas besoin de jours de congé, ni de prendre l’avion. On commence par passer la théorie dans son centre de plongée. Celle-ci se divise en deux séances, le soir en semaine. Chacune dure deux heures ; sauf si vous tombez sur une famille spécialisée dans la question débile et le coupage de paroles. On vous avertit tout de suite, pas besoin de potasser furieusement le livre fourni, le test est open-book, open-je-parle-avec-mon-voisin. Sur quatre-vingt questions nous en avons eu une de fausse (la même, étrange…). Il faut 70% de bonnes réponses pour valider la théorie. C’est très facile si on fait au moins l’effort de regarder attentivement les vidéos.

Deuxième  étape : la piscine. Première torture, la séance commence à neuf heures du matin, un dimanche… On continue les réjouissances avec des exercices sans grand intérêt dans une piscine peu profonde et avec une trentaine d’autres personnes qui barbotent joyeusement. Le bon point est qu’en sortant de la piscine toute trace de gueule de bois est effacée. Cela permet également de tester son équipement et de se rendre compte que le tuba de Nicolas fuit.

Arrive le moment tant attendu du week-end à Pulau (île en malais) Tioman, île paradisiaque de la côte Est malaisienne. On part en car avec des gens d’autres clubs, que l’on avait déjà croisés à la piscine. En fait, peu importe le club que l’on choisit, les prix sont presque équivalents et l’on partagera les mêmes activités. Nous arrivons à Mersing vers minuit et embarquons sur le bateau de plongée. C’est parti pour une traversée horrible : le bateau sent l’essence, certains sièges sont défoncés et il pleut à travers le toit. On essaye malgré tout de dormir car le lendemain on se réveille avec les poules. Nous arrivons à Pulau Tioman à trois heures du matin et nous fonçons dans notre chambre que nous partageons avec deux chinoises. Le confort est sommaire mais c’est propre et ça suffit.

Premier jour de plongée consacré aux répétitions des exercices déjà effectués dans la piscine. On s’ennuie, on prend froid et on éternue sous l’eau dont la visibilité est plutôt moyenne. Passons sur cette journée, nous allons nous coucher bien fatigués après trois plongées.

Le lendemain, nous effectuons une dernière plongée d’exercices avant d’attaquer la seule partie intéressante du week-end, une plongée découverte d’environ une heure. Beaucoup de poissons clowns (Némo), des poissons de toutes les couleurs, des raies bleues et oranges et surtout la découverte de Joana : une tortue que nous avons poursuivie sur quelques mètres.

Après le déjeuner c’est déjà l’heure de rentrer, notre Open-Water en poche. Des dauphins viennent nous faire un bref coucou sur le chemin du retour. Nous fêtons notre Open-Water au Burger King, décevant comme ce week-end. Toutefois, nous pouvons faire des plongées intéressantes et nous avons fait une belle rencontre : Mahasti, Française instructeur de plongée qui a tout plaqué pour se consacrer à sa passion.

Pulau Rawa (Malaisie)

Chers lecteurs, puisque notre seule résolution pour 2014 est de publier plus d’articles qu’en 2013 (neuf seulement, easy challenge !), nous revenons à notre clavier avec un peu de soleil.

Pulau Rawa, Mer turquoise Pour décompresser de la vie citadine et montrer à la mère de Joana les jolies plages de la côte Est malaisienne, nous sommes allés passer le premier week-end d’Août à Pulau (île en malais) Rawa que tout le monde nous vendait comme un petit paradis. Pulau Rawa est une île pour robinsons car il n’y a que deux hôtels. Mieux vaut donc réserver en avance. Nous avons donc contacté Alang’s Rawa, le moins cher des deux resorts, le moins confortable mais avec la plus belle plage, et de loin. Nous avons réservé par mail deux nuits dans un bungalow pour trois. Le prix de la réservation comprend les repas, l’eau et l’aller-retour en bateau depuis Mersing, la ville côtière d’où partent les bateaux pour Pulau Rawa, Pulau Tioman (très connue à Singapour) et les autres îles du coin.

Pulau Rawa, bungalows

Il n’est pas facile de rejoindre Mersing en bus le soir car beaucoup de touristes quittent Singapour pour Tioman par ce biais et les derniers ferries partent à 14h. Comme nous n’avions pas envie de sacrifier une journée de travail (nous sommes sérieux !) nous avons demandé à l’hôtel de nous trouver un moyen de locomotion. On nous a proposé un “taxi” qui, pour 300 dollars (180 euros), pouvait nous récupérer où nous le souhaitions dans Singapour et nous déposer où nous le souhaitions au retour. Nous avons accepté cette proposition très confortable, mais quelque peu coûteuse ! Apparemment, des bus de la compagnie Five Stars quittent Singapour à 17h pour arriver à Mersing vers 22h (information à vérifier).

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Le chauffeur de taxi était bien entendu en retard, et du fait des embouteillages à la frontière, nous craignions de ne pas arriver à Mersing assez tôt pour prendre le bateau qui nous y attendait. Nous avons donc “légèrement” mis la pression au chauffeur qui a conduit un peu n’importe comment, n’hésitant pas à utiliser les bandes d’arrêt d’urgence pour dépasser quelques véhicules à l’arrêt. Le passage de la frontière est très différent entre Singapour et la Malaisie. Côté singapourien, contrôle minutieux des passeports et visas de travail (EP = Employment Pass) ou du papier blanc obtenu à l’arrivée (pour les visiteurs), fouille de la voiture et inspection des visages, à l’aller comme au retour. Côté Malaisien, on sourit, on tend ses passeports pour la forme et on rentre sans complication.

Pulau Rawa, baignade

Une fois la frontière passée, on a parcouru quelques kilomètres supplémentaires avant de sauter dans un nouveau “taxi” (malaisien celui-ci) à une station service. Notre chauffeur a foncé durant tout le trajet sur des routes de campagne en lacets, en relief, et non éclairées. Autant vous dire qu’on avait déjà le mal de mer en arrivant sur le bateau de l’hôtel. Etant donné que nous devions arriver avant que la marée ne soit trop basse, nous avons enfilé les gilets de sauvetage qu’on nous tendait puis nous sommes accrochés pour une grosse demi-heure de course au-dessus des vagues. Dès notre arrivée, nous avons pu profiter d’un copieux buffet avant de nous écrouler dans notre chambre.

Pulau Rawa, les pieds dans l'eau

Au réveil, nous découvrons enfin les lieux : du sable blanc à perte de vue, une mer turquoise et rien d’autre à faire que griller au soleil. Finalement c’est ça Rawa : bronzette, beach volley, Monopoly, Scrabble, snorkeling ou kayak pour les plus sportifs. Armez-vous de bouquins et de magazines pour vous occuper dans la journée. Pour les amis de Brigitte Bardot, vous pourrez aussi câliner les nombreux chiens de l’hôtel, pas toujours très bien traités par leur maître occidental. Comme à Singapour, manger est l’activité principale et les buffets sont à la hauteur de nos estomacs affamés par l’inactivité.

Pulau Rawa, plage paradisiaque

Samedi soir, nous avons le droit à un buffet aux bougies sur la plage, les pieds dans le sable, donc, et avec un barbecue de fruits de mer et poissons qui nous sont servis à table. On en profite pour descendre quelques cocktails et une bouteille de Riesling alsacien emportée dans nos bagages (on paie un droit de bouchon). Nous nous écroulons à 22h30, malgré la fête qui bat son plein. Seuls les Français (comme par hasard) criards du bungalow voisin parviendront à troubler notre sommeil.

Pulau Rawa, balançoire

C’est le paradis, on est presque seul au monde sur cette île de carte postale. Ce week-end là, l’hôtel n’accueillait guère plus d’une vingtaine de convives. Le confort est sommaire mais on s’en contente très bien. Une option moins chère si l’on n’a pas besoin de sa propre salle de bain est la location de tentes sous les cocotiers. Beaucoup des campeurs ont d’ailleurs profité des matelas de plage pour dormir à la belle étoile. La prochaine fois, on leur piquera l’idée.

Pulau Rawa, bonheur sur la plage

Pulau Rawa constitue donc une parfaite excursion d’un week-end pour fuir l’activité de la ville. Toutefois, après cinq parties de Monopoly, deux Picsou Géant et un volume de “La Recherche”, nous sommes tout de même bien contents de rentrer. L’inactivité, c’est bien, mais pas plus de 48 heures ! Le bateau du retour sera mémorable et nous regrettons d’avoir mis des vêtements secs tant ils sont détrempés à l’arrivée ! Nous avons à nouveau le droit au traditionnel changement de “taxi” sur un parking glauque de station essence. Ne payez pour les deux “taxis” qu’à l’arrivée de chaque trajet (150 dollars chacun), vous n’êtes pas concernés par leurs petits arrangements. Le week-end se termine sur une note traditionnelle puisque nous dînons à Lau Pa Sat, dont nous vous parlerons dans un prochain article. Suspense.

Meilleurs voeux de Singapour pour 2014 !

Kuala Lumpur : bilan de deux mois d’expat

Après de longs mois d’absence et pour suivre les traces de Nicolas, je reprends la plume pour parler de mon expérience (pas franchement positive) à Kuala Lumpur. Prise pour un stage de six mois dans une entreprise singapourienne, j’ai été délocalisée à Kuala Lumpur pour des raisons de visa. Pour mon plus grand soulagement je n’y suis restée que deux mois, à peine mon emploi confirmé, j’ai sauté dans un bus et “Hasta la vista, Baby !”

Kuala Lumpur pourrait être une ville agréable. Les prix sont encore peu élevés et l’on peut donc loger dans des condos ultra-luxueux pour un loyer peu élevé, faire de nombreux manucures, pédicures et massages sans se ruiner, etc. La diversité des communautés donne des couleurs à une ville plutôt terne, les Malaisiens sont accueillants et il est facile de communiquer avec eux. J’y ai quand même passé de bons moments à me faire dorloter dans les salons de beauté ou à aller dans les bars de Bukhit Bintang ou de Bangsar Village. Avec ma collègue et copine de galère on a eu de la chance car nos collègues et nos amis de passage étaient toujours là pour nous donner des conseils, nous faire découvrir de nouveaux endroits, nous ramener chez nous…

Premier mauvais point contre Kuala Lumpur : l’absence de sécurité. C’est un peu Wild Wild East. A première vue on ne s’en rend pas compte mais j’ai vite appris à quoi m’en tenir puisque je me suis fait voler mon sac dès la première semaine. Un jeune homme est descendu de son scooter pour m’arracher mon sac. Premier coup de chance, il est descendu de son scooter et ne m’a donc pas traînée sur la route. Deuxième coup de chance, mon sac fermant mal, mon portefeuille en est tombé. Le voleur est donc reparti avec mes clés, un iPod touch, des pansements et un Cheese Nan. Il devait être fier de son butin… Certaines filles ont eu moins de chance et se sont fait traîner par des voitures tant que la lanière de leur sac ne lâchait pas… Il y a également des histoires sordides d’enlèvements d’enfants à la sortie des écoles internationales, de viols par des faux chauffeurs de taxis ou des attaques de voitures par des scooters.

Deuxième point négatif il n’y a rien à faire à part du shopping et manger. Traîner au bord de la piscine en lisant c’est bien mais pas si c’est la seule activité de la semaine. La nourriture est bonne, il y a tout ce qu’il faut pour faire du shopping mais ce n’est pas suffisant pour s’occuper pendant deux mois…

Dernière chose qui m’a déplue c’est le côté oppressant de la ville, pas assez d’espaces verts, beaucoup de voitures, etc. Disons que ce séjour là-bas n’est pas mon meilleur souvenir et je suis contente d’être partie.

J’ai au moins eu la chance d’être à Kuala Lumpur pendant une période très intéressante, celle des élections. Le parti en place en Malaisie n’a pas changé depuis plus de 50 ans. Mais de nombreuses choses lui sont reprochées notamment liées à l’immigration illégale, l’insécurité grandissante, le fait de privilégier les riches etc. Les Malaisiens, ceux rencontrés à Kuala Lumpur en tout cas, attendaient beaucoup de ses élections. Malheureusement pour eux, le gouvernement en place est resté, ce qui les a mis en colère. D’autant plus en colère que des histoires douteuses ont tourné. Certaines personnes seraient arrivées pour voter et on leur aurait annoncé qu’elles avaient déjà voté, des immigrants du Bangladesh auraient été autorisés à voter, etc. Pour prouver que l’on a voté en Malaisie on trempe son doigt dans de l’encre sensée disparaître au bout d’une semaine, cette fois elle n’a pas duré plus de deux lavages, du coup on soupçonne certaines personnes d’avoir pu voter deux fois.

Le lendemain des élections la nation était comme en deuil, beaucoup de personnes habillées en noir, photos de profil Facebook noire, etc. Comme les manifestations sont interdites, l’opposition a réuni les gens dans un stade pour protester et le stade était vraiment plein.

En habitant à Kuala Lumpur deux mois j’ai trouvé que cette ville était très dynamique d’un point de vue économique. Les Malaisiens parlent bien anglais, sont efficaces au travail et beaucoup de femmes sont intégrées à ce développement économique. Le majeur problème de la Malaisie est de garder ses jeunes talents car comme ils disent : “Quand un Malaisien est doué il est déjà parti à Singapour”.

Joana

Malaisie : le bilan

Taman Negara

L’une des principales spécificités de la Malaisie, ce sont les communautés qui la composent. On en distingue trois principales : les Malais, les Chinois puis les Indiens. Ces communautés ont gardé leur identité propre (langue, religion, nourriture, etc.) et se mélangent peu même si la cohabitation semble être harmonieuse. On retrouve l’atmosphère de l’Inde ou de la Chine dans certains quartiers et on aime ça !

WC à Kuala Lumpur

Il est vraiment facile de voyager en Malaisie, tout le monde parle anglais, les infrastructures touristiques sont de qualité, en restant à des prix raisonnables. La Malaisie est un pays facile pour les Occidentaux qui conserve quand même un caractère asiatique marqué, ce qui en fait une bonne première destination pour découvrir le continent. On trouve de magnifiques paysages, une grande diversité dans les activités et un patrimoine culturel intéressant, même si on vient plutôt pour la nature (jungle, îles, montagnes, plages). Ce n’est pas une destination réputée pour faire la fête car l’alcool y est rare et cher. Ce n’est pas non plus un endroit où vous éviterez les Français qui sont nombreux à y voyager, dommage que Le Routard ait bâclé son guide.

Pour finir, nos trois semaines en Malaisie nous ont coûté environ cinq-cents euros tout compris.

Temple hindou sur Penang Hill

Kuala Lumpur

Graffiti

Dimanche 19 août au matin, Henri et Jean-Noëlle prennent le bus pour Kuala Lumpur où ils arrivent pour le déjeuner. Nous logeons au Backpackers Travellers Inn (quelconque), au cœur de Chinatown et à proximité de Little India, quartiers très peuplés et animés. Les rues ne sont pas très propres et il y a beaucoup de circulation et de bruit. C’est différent du reste de la Malaisie. Nous partons à la découverte de la capitale en commençant par la gare Heritage Old Station et l’édifice de l’administration ferroviaire qui lui fait face dans un quartier désert. Ces bâtiments au style moyen-oriental sont très beaux. Au retour, nous passons par un terminal de bus où une file de vingt mètres se forme à l’entrée de chaque véhicule. Il n’y aura pas de place pour tout le monde. Accompagnés d’une forte pluie d’orage, nous visitons le temple hindou Sri Mahamariamman, très coloré et en train d’être décoré (de manière très kitsch) pour un mariage.

Temple hindou Sri Mahamariamman

Nous visitons ensuite les temples chinois Chan See Shu Yuen et Khon Yann. En chemin, nous passons par une rue sale aux bâtiments délabrés. Des Malais et des Indiens entrent et sortent en file indienne des bâtiments de la ruelle. Au milieu de ce flot ininterrompu, nous remarquons l’absence de femmes et commençons à comprendre. Pour en avoir le cœur net, N. pénètre dans l’un des bâtiments tandis qu’Henri reste dehors avec J. L’intérieur est sombre, voire lugubre et N. se perd un peu avant de finir au premier étage où il découvre un long couloir bordé de boxes en bois aux portes desquels se tiennent de jeunes chinoises en sous-vêtements. N. jette un coup d’œil à la ronde, puis redescend mal à l’aise. Henri ira également faire un tour, pas J. A la nuit tombée, nous dînons chinois en terrasse pendant qu’un vieillard tente de nous vendre des filles qui n’en sont peut-être pas.

Grand huit au Berjaya Times Square

Le lendemain, petit-déjeuner au Starbucks voisin pour débuter comme il faut notre matinée américaine. Direction ensuite le Berjaya Times Square, GIGANTESQUE centre commercial de dix étages au milieu duquel on découvre même un mini parc d’attraction avec son grand huit. Nous optons plutôt pour un bowling. Chaussures bicolores aux pieds, la lutte commence et se termine par une victoire de N. Nous marchons ensuite jusqu’au Carl’s Junior le plus proche pour notre repas d’adieux à notre chaîne de fast-food favorite. On en profite pour vider les boissons à volonté tout en discutant un bon moment dans le restaurant.

Petronas Towers

Nous poursuivons l’après-midi en nous promenant à travers la ville et en faisant une halte au pied des Pertonas Towers, à la Cocoa Boutique dont les chocolats sont délicieux, et au pied de la Menara KL Tower, tour télévision qui culmine plus haut que les Petronas grâce à la colline sur laquelle elle se trouve. Nous dînons ensuite avec Stéphanie, une Française rencontrée à l’auberge, avant de prendre un verre tous les trois au Reggae Bar, excessivement cher.

Au pied de la Menara KL Tower

Mardi martin, l’empereur, sa femme et le petit prince partent en pèlerinage pour Shah Alam. C’est là-bas que se trouve la mosquée bleue. Pour y parvenir, une demi-heure de train et une heure de marche sont nécessaires (on s’est un peu perdu…). La Masjid Sultan Salahuddin Abdul Aziz Shah est imposante avec sa coupole bleue et ses quatre grands minarets. Elle rappelle le Taj Mahal. Le guide de notre courte visite nous apprend que les femmes ne prient pas aux côtés des hommes pour ne pas détourner leur attention d’Allah. La salle de prières est démesurée mais néanmoins magnifique. Même si cette visite nous aura pris la journée, nous ne la regrettons pas un instant. De retour à Chinatown, nous dînons au Old China Cafe aux portes « saloon ». Les plats nyonya (mélange des cuisines malaise et chinoise) y sont absolument délicieux. Henri et Jean-Noëlle jouent ensuite une partie de barbu autour de bons jus de fruits avant d’aller se coucher.

Blue Mosque

Notre dernier jour à Kuala Lumpur commence par une halte à la Poste afin d’y déposer des cartes postales et un colis. C’est l’occasion de visiter malgré nous les coulisses de la plus grande poste du pays. Impressionnant mais pas tant que ça. Nous passons ensuite devant le City Point et le Sultan Abdul Samad, bâtiments d’inspiration indienne post-moderne, pour nous rendre à la Masjid Jamek ou mosquée du vendredi. Une fois enfilées nos aubes violettes, nous suivons notre aimable guide à travers la mosquée. Nous apprenons, surpris, qu’elle a étudié un peu en Europe et est titulaire d’un PhD anglais. Elle nous confirme la raison pour laquelle les femmes ne prient pas avec les hommes et nous apprend que les rues de Kuala Lumpur sont relativement vides du fait de la semaine de vacances qui suit la fin du Ramadan.

Blue Mosque

Nous nous en réjouissons et poursuivons notre route jusqu’au National Visual Art Gallery, musée très excentré mais de qualité. Nous y découvrons la bédé malaisienne ainsi que de belles photographies et des peintures de combats traditionnels. Le retour s’avère difficile du fait de la pluie torrentielle qui nous assaille. Nous sommes littéralement trempés jusqu’aux os et les Indiens semblent très intéressés par le T-shirt mouillé de J. qu’elle tient pourtant éloigné de son corps. Dernière nuit à Kuala Lumpur avant de quitter le pays.

Mosquée du vendredi

Cameron Highlands

Vendredi 17 août, Jean-Noëlle et Henri se réveillent aux aurores et filent prendre leur bus pour Tanah Rata dans les Cameron Highlands. Le trajet dure de sept heures trente à quatorze heures, soit une durée de six heures trente contre les quatre annoncées par Le Routard. Morts de faim, nous filons au restaurant indien Kumar où nous dévorons un murtabak (crêpe fourrée aux oignons, pommes de terre et poulet). Nous nous rendons ensuite au Kang Traveller’s Lodge (ou Daniel’s Lodge) où nous avons réservé deux nuits en dortoir.

Rafflesia

Un charmant travesti nous accueille dans cette auberge prisée des backpackers et où nous passons l’après-midi à ne pas faire grand-chose (comptabilité du voyage, lettre de motivation, sans mentir !). Le soir même nous décidons de dîner chez Kumar mais il nous faut attendre qu’une table se libère. Comme le service n’avait pas été très agréable à midi, nous optons pour l’indien d’à côté où la cuisine et les prix sont équivalents. La ville de Tanah Rata ressemble à une station de ski traversée par une grande route où se trouvent tous les commerces. Il y fait plus frais que dans le reste du pays.

Sungei Palas Boh Tea Plantation

Le lendemain nous montons dans le minibus qui nous attend pour notre tour d’une journée. Nous sommes accompagnés de huit personnes et d’un chauffeur-guide indien (qui n’aura pas guidé grand-chose, finalement). Première halte à un village Orang Asli pour une randonnée de deux heures dans la jungle. Nous sommes guidés par un jeune Orang Asli muni d’une machette le long d’un chemin pas trop difficile, hormis la traversée d’une rivière. Nous découvrons la fameuse Rafflesia, plus grande fleur du monde que l’on ne trouve qu’en Asie du Sud-Est et qui a une durée de vie d’une semaine.

Sungei Palas Boh Tea Plantation

Après un bref trempage de pieds dans une cascade nous rentrons au village souffler dans une sarbacane. On s’était plaint du manque d’authenticité au Taman Negara, c’est bien pire ici. Nous déjeunons ensuite dans un restaurant indien puis partons pour la Sungei Palas Boh Tea Plantation. Sur place, halte dans la plantation, rapide tour de l’usine (qui fonctionne au ralenti à cause du dernier jour du Ramadan ce samedi), boutique et surtout salon de thé où Jean-Noëlle et Henri dégustent trois thés accompagnés de quelques douceurs. La vue sur les différentes collines de la plantation est à couper le souffle !

Butterfly Garden

Arrêt ensuite au Butterfly Garden Tama Rama-Rama. Les visiteurs sont d’abord accueillis par des lézards et serpents en cage. Partout dans la serre emplie de fleurs de toutes les couleurs, nous admirons de grands papillons multicolores. Il y a aussi des caméléons, scorpions, grenouilles, insectes, etc. Les animaux sont gros et on peut prendre de belles photos. La dernière étape de la journée est la Strawberry Farm où il n’y a rien à faire d’autre que de cueillir soi-même les fraises que l’on paiera au poids. Jean-Noëlle préfèrent opter pour un délicieux (i-né-ga-la-ble !) jus de fraises tout en flânant entre les babioles de plus ou moins bon goût.

Butterfly Garden

De retour à l’auberge, nous prenons une douche, allons dîner au même indien que la veille où nous testons le thosaï (sorte de galette de riz très légère et garnie de poulet, fromage et pommes de terre) et un naan aux fraises. Petite partie de barbu à l’issue de laquelle la perdante offre gentiment une tournée de lassis (banane, sucré, et… surprise… fraises !). Nous les prenons à emporter et les dégustons à la paille dans des sachets en plastique fermés par un élastique (pratique courante aux Philippines et en Malaisie).

Strawberry Farm

George Town (île de Penang)

Temple bouddhique birman

Jean-Noëlle et Henri arrivent sur l’île de Penang à six heures du matin. Nous prenons un bus pour le centre-ville de George Town où se trouve le Broadway Hostel où nous avons réservé. Celui-ci n’étant pas encore ouvert, nous petit-déjeunons à l’échoppe indienne juste à côté, c’est délicieux mais très copieux. Vers huit heures, N. s’éclipse pour assister seul à la cérémonie hindoue qui a lieu dans le temple Sri Mariamman, attiré par la musique. Elle est jouée avec un tambour, une cloche et une gigantesque flûte tandis que deux religieux parcourent le temple dans le sens des aiguilles d’une montre, de l’encens à la main. Les fidèles les suivent d’un autel à l’autre. L’atmosphère est très apaisante, malgré la musique cacophonique.

Farquhar's Bar, Eastern & Oriental HotelNous déposons ensuite nos sacs à l’hôtel où l’accueil est exemplaire avant de traverser la ville le long du rivage Nord. En chemin, nous discutons avec un groupe de retraités chinois, nous admirons les manoirs immaculés ainsi que les immeubles pour milliardaires avec piscine à chaque étage. Nous photographions même quelques varans. Mais le but de notre promenade est la visite de deux temples bouddhiques. Le premier, birman, est très coloré avec beaucoup (trop) de dorures. Le bâtiment principal comporte un bouddha géant debout ainsi qu’un bouddha grandeur nature pour chaque pays asiatique. Il y a beaucoup de statues et fontaines très kitsch. En face, le temple thaïlandais Wat Chayanangalaram, plus sobre et où l’on peut admirer un magnifique vernis à miroirs sur les pieds du troisième plus long bouddha couché d’Asie. On s’attardera plutôt sur les dizaines d’urnes où sont conservées les cendres de fidèles.

Boutique chinoiseAprès-midi farniente bien méritée avant de filer prendre un verre de vin (blanc pour J., rouge pour les garçons) au Farquhar’s Bar de l’Eastern & Oriental Hotel. On apprécie le cadre, boisé et très colonial et on s’imagine volontiers en costume de lin blanc cassé à refaire le monde avec quelques aventuriers de passage, un cigare aux lèvres. Un verre suffit à nous égayer dans ce pays où l’alcool est rare. Nous profitons quelques instants de la terrasse avec piscine et vue sur la mer avant de partir dîner dans un foodstall extérieur en front de mer. Nous prenons un dernier verre au München Bierhaus dans la rue des bars avant une bonne nuit au Broadway Hostel.

Quai des clansLe lendemain jeudi nous prenons un nouveau petit-déjeuner indien au coin de la rue puis partons pour une deuxième promenade, dans le centre cette fois-ci. Nous observerons successivement la Masjid Kapitan Keling et la Masjid Melayu (mosquée malaise), le Yap Temple, la Pinang Peranakan Mansion, l’horloge Victoria, le fort Cornwallis et le City Hall. Nous visitons également le Leong San Tong Khoo Kongsi, imposant temple chinois au style inédit pour nous : beaucoup de dorures, de couleurs, de lanternes, ainsi que de détails sculptés ou peints sur les murs et sur le toit. Malgré son exubérance, nous trouvons ce temple très beau. Le temple Kuan Yin Teng n’a rien à voir : une petite pièce sans artifice où les très nombreux fidèles viennent prier. Nous poursuivons notre découverte des nombreux aspects de George Town en déambulant sur le quai des clans, quartier chinois sur pilotis, plus ou moins touristique selon la jetée que l’on choisit. Les temples de George Town ont réussi à nous surprendre après sept mois en Asie et c’est très appréciable !

Penang HillNotre dernière visite est celle du Muzium Nageri Pulau Penang, consacré à l’histoire et aux différentes ethnies qui peuplent Penang, principalement les Malais, Chinois et Indiens. Le musée est très bien fait et la visite agréable au milieu de tous ces vêtements, accessoires, meubles et photos d’époque. Et c’est parti pour une heure de bus en direction de Penang Hill. Arrivés au pied de celle-ci, nous prenons le funiculaire. Nous avons failli renoncer face au prix de trente ringgits (neuf euros environ), huit fois plus élevé que celui annoncé par Le Routard 2012. On arrive à temps pour le coucher du soleil que nous admirons au dos de la colline depuis un dépotoir derrière un joli temple hindou. Le ciel prend des teintes incroyables : dégradés de jaune, orange, bleu, mauve, rouge, rose.

Temple hindou sur Penang Hill

Nous visitons ensuite le petit temple hindou : de la musique est diffusée et nous prenons le temps de regarder les statues très colorées, dont les deux éléphants verts psychédéliques qui gardent la porte. Avant de reprendre le funiculaire, nous admirons ébahis la ville éclairée qui s’étend sous nos pieds et semble se prolonger sur la côte opposée. Nous redescendons et dînons dans des restaurants chinois de rue avant de rentrer nous coucher. Le lendemain nous nous levons tôt pour prendre notre bus pour les Cameron Highlands.

Butterworth depuis Penang Hill

Kota Bharu

Notre mini-bus (à défaut de taxi) nous dépose au Kota Bharu Backpackers Lodge, en plein centre-ville. Après avoir posé nos sacs dans le dortoir, nous sortons dîner sur le marché de nuit. Peu de choix mais nous trouvons quand même notre bonheur : bao zi, beignets aux légumes et à la patate douce, jus de fruits. De retour à l’hôtel, nous avons l’occasion de discuter un peu avec notre charmant compagnon de chambrée. Lorsqu’il allume sa cigarette dans le dortoir, nous lui demandons de l’éteindre mais il refuse. Nous parvenons finalement à négocier l’extinction de sa cigarette contre celle de la lumière. Il refusera par contre d’adresser la parole à J. car elle est une femme. On était prévenu, Kota Bharu est la ville la plus intégriste du pays.

Poste de police

Hormis cet incident, et le fait que presque toutes les femmes soient voilées, on ne sent ni prosélytisme ni hostilité de la part des musulmans. Les chaînes de fast food sont fermées pendant la journée du fait du Ramadan mais on trouve son bonheur à Chinatown. A noter aussi que le tuning est la deuxième religion : pas une voiture n’a ses jantes d’origine et les pots de yaourts ont tous des vitres fumées et d’énormes pots d’échappement.

Rivière Kota Bharu

Lundi 13 août, nous commençons la semaine par un petit-déjeuner acheté au 7-11 et mangé sur le rooftop de l’hôtel. Puis c’est parti pour une découverte de la ville. Notre première halte se fait au Muzium Adat Istadat d’Raja ou musée des cérémonies royales du Kelantan. Dans une belle bâtisse en bois sombre, on se promène pieds nus au milieu des reconstitutions de pièces royales. Chacune présente une cérémonie (circoncision, noces, sept mois de grossesse, etc.) et le rituel qui l’accompagne. La visite se termine par une belle collection d’armes.

Rivière Kota Bharu

Jean-Noëlle et le petit Henri se rendent ensuite au centre de l’artisanat, pâté de maisons où sont censés foisonner ateliers et boutiques. Malheureusement, tout (ou presque) est fermé pendant le Ramadan. Nous visitons quand même le musée d’artisanat dont nous faisons rapidement le tour. Après avoir déjeuné dans une cantine chinoise, nous traversons le marché central, vide lui aussi. Puis nous finissons l’après-midi en discutant assis au bord de la rivière. Re-dîner au marché de nuit et re-dodo au KB Backpackers Lodge où nous sommes ravis de constater l’absence de notre gentil camarade de dortoir.

Muzium Adat Istadat d'RajaMardi matin, après un deuxième petit-déjeuner 7-11, nous enfourchons nos vélos loués à l’hôtel et pédalons dix kilomètres jusqu’à la plage Pantai Cahaya Bulan. Les nombreuses échoppes situées le long de celle-ci sont toutes fermées pour Ramadan et nous sommes contraints d’opter pour le restaurant d’un resort dont nous sommes les seuls clients. Après nous être restaurés, nous passons l’après-midi sur la plage déserte en alternant lectures et baignades. De retour en ville, nous dînons au McDonald’s au moment de la rupture du jeûne. Tous les clients attendent devant leur plateau bien garni. Une certaine tension est palpable et nous nous attendons à une véritable explosion lorsque le feu vert sera donné. Nous sommes étonnés de voir qu’il n’en est rien, les Malais ne se précipitent pas du tout sur leur nourriture et semblent même la savourer tout en discutant calmement. On est captivé par l’expérience. A noter que l’appel du muezzin a retenti dans les haut-parleurs du McDonald’s.

Plage Pantai Cahaya Bulan

Nous récupérons ensuite nos bagages à l’hôtel et parcourons les cinquante mètres qui nous séparent de la station de bus sous la pluie. Nous partons à vingt-deux heures dans un bus Transnasional confortable mais surclimatisé. Quand il fait trente degrés dehors, c’est bien connu, il faut climatiser à quinze degrés !

Iles Perhentian

Flora Bay

Nous arrivons donc à Jerantut mercredi 8 août vers vingt heures. L’organisme par lequel nous avons réservé le bus nous offre la possibilité de rester dans le hall d’un hôtel proche de la gare et avec wifi. Jean-Noëlle dînent dans un restaurant de rue thaïlandais près de la gare, la nourriture est très bonne et les jus de fruits aussi, ça promet pour notre prochaine destination ! A deux heures du matin nous montons à bord du train de nuit qui nous mènera à Kota Bharu. La classe économique à cinq euros par personne est tout à fait respectable, niveau trains de banlieue. Nous arrivons à destination vers neuf heures et prenons un taxi pour l’embarcadère. Nous y récupérons nos billets de bateau avant d’embarquer dans un speedboat pour les îles Perhentian.

Snorkeling Flora Bay

En arrivant aux abords des îles, une demi-heure plus tard, nous découvrons des paysages magnifiques : eau turquoise transparente, plages de sable blanc, végétation luxuriante et rochers arrondis surgissant de l’eau. Ça change de la jungle et le cadre est parfait pour se reposer. Nous passons l’après-midi sur la plage, à lire et bronzer. Nous logeons au Flora Bay Resort, réservé par mail. L’accueil est agréable, pas le service au restaurant, la cuisine est très bonne et on peut emprunter des livres au magasin de souvenirs.

Lecture sur la plage

Vendredi 9 août au matin, nous partons faire du snorkeling autour de l’île. Le premier lieu est le « turtle point » où il n’y a rien d’autre à voir que deux grosses tortues, rien que ça ! Nous nous amusons à les suivre lorsqu’elles plongent au fond de l’eau après avoir repris leur respiration en surface. Nous les approchons même à quelques centimètres, c’est extraordinaire. Le deuxième lieu est le « coral garden » où les poissons supplantent les coraux. Moins nombreux qu’en Indonésie, ceux-ci sont d’espèces, de formes et de couleurs encore plus variées : c’est parfois du grand délire ! Le dernier lieu est le « shark point », en eaux troubles. On aura beau chercher un bon moment, pas de requins pour nous ce jour-là. Nous passons l’après-midi sur la plage à lire et bronzer, pour changer.

Plongée D Lagoon

Le lendemain, nous nous réveillons pour le déjeuner avant de rejoindre le club Alu- Alu Divers pour une plongée découverte. Nous nous rendons au D Lagoon sur Pulau Kecil, la plus petite des deux îles qui composent les Perhentian. Le rappel (nous avons tous trois plongé au moins une fois) des manipulations de base se fait en demi-cercle face à notre instructeur, à genoux, trois mètres sous la surface. Nous partons ensuite pour une grosse demi-heure de plongée jusqu‘à neuf mètres de profondeur durant laquelle nous observons des coraux, quelques poissons clowns, d’autres poissons et surtout une bête gigantesque (un bon mètre de long) appelée « pirate parrot fish » (à confirmer). On ressort de l’eau un peu euphorique, qu’est-ce qu’on se sent bien quand on plonge ! Re-belotte pour un peu de lecture sur la plage.

Pulau Besar

Dimanche 12 août, nous faisons nos sacs puis déjeunons au restaurant de l’hôtel avant une quatrième après-midi plage, avec un peu de beach volley, cette fois. Nous quittons l’île en speedboat vers seize heures pour rejoindre ensuite Kota Bharu en mini-bus. L’accueil du Flora Bay Resort aura été mauvais jusqu’au bout.

Beach Volley, Flora Bay