Gong Xi Fa Cai! (Nouvel An Chinois)

Un peu en retard mais Gong Xi Fa Cai à tous ! C’est par cette phrase chantante (le chinois est bien moins monocorde que le français) que l’on se souhaite la nouvelle année lunaire, plus importante que le nouvel an grégorien. Autour du nouvel an chinois l’activité est ralentie, les rues paraissent vides et les grandes enseignes de supermarchés parfois ouverts 24/7 sont fermés pendant deux jours pour l’occasion. Cette année, le nouvel an chinois est tombé vendredi 31 janvier et samedi 1er février. Par conséquent, de nombreux commerces étaient fermés du vendredi au lundi inclus.

Toutefois, avant le calme plat c’est la tempête et une certaine effervescence anime Chinatown depuis au moins deux semaines avec un marché organisé dans tout le quartier piéton (type marché de Noël). Le vendredi précédent le nouvel an chinois, une grande parade était organisée, bloquant New Bridge Road (l’une des principales artères de la ville), décorée de nombreux chevaux plus grands que nature, l’année du cheval étant sur le point de débuter. Les grandes enseignes organisent des soldes pour le nouvel an chinois. Celui-ci dure environ deux semaines avec des visites à faire à la famille, de grands nettoyages à organiser, des « ang bao » à préparer, etc. Chacun rembourse ses dettes et termine ses affaires en cours afin de prendre un nouveau départ avec le nouvel an.

Le nouvel an chinois est définitivement très familial puisqu’on passe deux jours en famille. Le dîner précédent le premier jour est l’occasion de se retrouver en famille restreinte avant de rendre visite à la famille élargie le lendemain et le jour suivant. On se présente avec deux oranges ou mandarines que l’on offre à la maîtresse de maison, qui en offrira deux en retour au départ de ses invités. Les adultes offrent aussi des « ang bao » aux jeunes adultes non mariés, aux enfants et au personnel de maison. Un « ang bao » est une enveloppe rouge et/ou dorée (couleurs de la prospérité) qui contient quelques billets neufs. Cela donne lieu à des heures de queue aux guichets des banques durant les deux semaines précédant le nouvel an, c’est assez impressionnant. Après le nouvel an, la queue se déplace des guichets aux automates de dépôt d’espèces. Il est alors amusant d’observer cette foule de jeunes célibataires pour lesquels il faudrait organiser des « speed datings » devant les banques.

Robin, notre ami anglo-singapourien nous a invités à passer le samedi dans sa famille. Nous sommes venus avec nos deux oranges chacun. Joana a profité de la tradition pour acheter et porter des vêtements neufs pour l’occasion. On est par ailleurs censé éviter le noir, tout en privilégiant le rouge. Il faut également éviter de parler de personnes décédées. Nous avons eu l’occasion de déguster de délicieux plats chinois, peranakans (chinois des détroits, de Malacca et Singapour, donc) et cantonais préparés par la mère de Robin, dont le père est d’origine cantonaise. Après un copieux repas, Robin nous a appris à jouer au mahjong, sorte de rami chinois qui utilise des dominos (pour faire simple !). Puis nous avons dérivé vers une partie de poker en famille, avec cave à dix dollars ; même en famille, le jeu est toujours question d’argent dans ce coin du globe.

Finalement, nous étions plus excités par le nouvel an chinois que par Noël ou le nouvel an grégorien, puisqu’il est plus important que ces deux fêtes à Singapour.