Un dimanche à l’opéra

Après deux heures d’attente dans un couloir bondé, nous avions enfin nos places pour l’Opéra. Premier rendez-vous pris avec Madame Butterfly, pour le plaisir de nos oreilles et de notre estomac, ce dimanche.

Nous nous retrouvons donc au Café Opéra, à Bordeaux, pour le brunch Butterfly. Je sortais du travail, et moi de mon lit.

Premier point positif : le cadre avec les arcades de calcaire du Grand Théâtre, embellies par le ciel bleu de l’été indien. “Y a p’us d’saisons ma bonne dame !” Petit bémol, aucune description des brunchs sur la carte, le prix est par contre lui bien évident : 22 euros le petit, 32 le grand. Nous optons pour le petit estimant que dix euros pour des mini viennoiseries, du beurre, des confitures et deux boissons, ça n’est pas forcément nécessaire.

Deux belles assiettes nous rejoignent rapidement, accompagnées de nos boissons. Une chacun : un thé sans intérêt, mais un jus d’oranges pressées de qualité. Les assiettes sont copieuses :

  • un gressin, une asperge (très bien cuite), de la salade verte assaisonnée comme il faut ;
  • du saumon fumé, une tranche de chaource avec un abricot sec, du jambon serrano très fruité ;
  • des oeufs brouillés bons mais froids et décorés d’une tomate cerise succulente ;
  • une tartine de pain de campagne grillée avec de l’huile d’olive, une tranche d’aubergine, une tranche de courgette et un morceau de poivron surmontés d’un fromage crémeux aux herbes (sans doute de la ciboulette) ;
  • pour finir une salade de fruits décévante, probablement issue d’une conserve.

Bilan du brunch : des produits de qualité mais peu d’originilaté et un peu cher. A ne pas faire en priorité, mais un bon hors d’oeuvre avant un opéra en matinée.

Une fois le brunch butterfly terminé, nous rejoignons Madame dans le Grand Théâtre.

Lever de rideau sur un joli décor, fait d’une cabane en bois, et d’un bord de mer avec un ponton, également en bois. Apparition très originale de danseurs entièrement blancs (vêtements, peau et cheveux) avançant de manière torturée, comme des âmes en peine. Premier acte qui ne se révéle pas à la hauteur de l’ouverture, tout en restant de qualité. Toutefois, les chants justes nous ont bien bercés, facilitant notre sieste digestive !

Deuxième partie exceptionnelle. Les chanteurs ont montré la pleine puissance de leur talent, notamment les seconds rôles (servante et consul) aux voix plus justes et avec plus de coffre que Madame Butterfly et Pinkerton. Comme souvent à Bordeaux, la mise en scène était grandiose : pluie de bulles et fumée accompagnant l’arrivée de trois petites fées, pluie de neige pour l’arrivée des ancêtres, pantins blancs désarticulés qui viennent encercler les trois fées. Les jeux d’ombres et de placements sur scène créent une esthétique magnifique. Le final est l’apogée de la mise en scène : Butterfly, fantomatique dans sa robe blanche, part rejoindre ses ancêtres dans la tempête.

Violent débat pour Jean Noëlle concernant la musique. L’un l’a trouvée moderne et joyeuse, très italienne tout en ayant des accents asiatiques marqués, faisant ainsi vivre la thématique. Le deuxième a surtout perçu l’émotion forte transmise par cette musique empathique qui traduit aussi bien la joie que le drame.

L’Opéra de Bordeaux commence très fort sa nouvelle saison, espérons que ça dure. Paris n’a qu’à bien se tenir !

Bref, on a passé une bonne journée !

Jean Noëlle

PS pour le plaisir des oreilles :