Phnom Penh

Musée Tuol Sleng, ancienne prison S-21, Phnom Penh

Samedi vingt-sept octobre au matin, Jean-Noëlle prennent le bus pour Phnom Penh, la dernière destination de leur périple asiatique. En arrivant dans la capitale cambodgienne, nous posons nos sacs à la Lazy Gecko Guesthouse, achetons quelques t-shirts puis déjeunons sur place. J. est enfin complètement remise et son appétit s’en ressent ! Nous passons la première partie de notre après-midi au Musée Tuol Sleng. Pour parvenir à l’ancienne prison S-21, nous traversons la ville à pied. La circulation chaotique, le bruit, les hauts immeubles (tous relatifs, on vient de Chine, quand même !) font de Phnom Penh la seule vraie ville moderne du Cambodge. La visite du Musée Tuol Sleng nous prend deux bonnes heures et commence par un tour des geôles qui semblent inchangées depuis 1979. L’atmosphère est moins lourde que dans d’autres musées consacrés aux atrocités de guerre que nous avons pu visiter. Néanmoins, la visite est indispensable pour bien comprendre les atrocités commises par les Khmers Rouges et leurs répercussions sur la vie d’aujourd’hui. Une partie du musée est consacrée à la reconstruction du pays et l’on constate que certains des bourreaux ont été bien réintégrés à la société. Le pardon semble fonctionner au Cambodge.

Pagode d'argent, Phnom Penh

Nous passons ensuite faire un tour au Russian Market, typiquement asiatique puisqu’on y trouve de tout : de la nourriture, des vêtements, des souvenirs et babioles pour les touristes, des stands de manucure et de coiffure à côté de ceux des poissonniers, le tout très odorant, sombre, étroit et labyrinthique. Jean-Noëlle (Richard, si nous lis !) dînent ensuite au Nouveau Pho de Paris, délicieux restaurant vietnamien où le plat d’aubergines au porc haché que nous choisissons est renversant ! Nous rentrons nous coucher à la Lazy Gecko Guesthouse.

Musée national, Phnom Penh

Le lendemain matin, nous petit-déjeunons à The Shop, super petit salon de thé au bon pain et milk-shakes caloriques mais convaincants. Nous décidons ensuite de visiter la Pagode d’Argent et le Palais Royal mais ce dernier, en raison du décès du roi père Sihanouk, n’est pas fermé un mois, ni deux, mais bien trois ! Le prix de la visite (le plus élevé du pays) demeure pourtant inchangé. C’est bien dommage car la Pagode d’Argent ne présente qu’un intérêt limité par rapport à son pendant thaïlandais. Mais nous nous rattrapons avec le Musée National dont le cadre est magnifique et la collection exhaustive. On se promène au milieu de sculptures et bas-reliefs collectés dans tout le pays avec au centre du musée un splendide jardin où l’on peut faire une pause. Incontournable, surtout après avoir visité les nombreux temples du pays.

Portrait de Sihanouk, Palais Royal, Phnom PenhAvant de déjeuner, nous faisons un tour sur le marché central (Psar Thmei) pour négocier quelques montres Swatoh ! Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous reconnaissons Catherine et Sophie, nos deux charmantes camarades de voyage du Nord du Laos. Ravis, nous échangeons nos impressions sur le Laos et le Cambodge puis nous séparons une avant-dernière fois (nous les avons recroisées pour un bref salut par tuk-tuk interposés). Nous déjeunons ensuite au Sam Doo Restaurant, spécialisé dans les dim sum chinois, un moyen de nous remémorer notre échange universitaire dans l’empire du milieu. Puis nous changeons de cadre en passant au Sorya Shopping Center, sorte de grand centre commercial à mi-chemin entre un fake market et un mall américain. Nous y achetons chacun une paire de chaussures (il faut bien faire des provisions pour l’hiver !).

Combats de boxe cambodgienne, CTN Studio, Phnom PenhSur les conseils de notre ami Alexandre, nous prenons un tuk-tuk pour nous rendre aux matches de boxe cambodgienne qui ont lieu au CTN Studio tous les dimanches. Nous ne sommes pas les seuls touristes à avoir eu le tuyau mais le public est quand même très majoritairement khmer. L’ambiance est démente (rien à voir avec Chiang Mai en Thaïlande) : les gens hurlent, applaudissent et rient sans cesse dans un brouhaha étouffant. Nous assistons à deux combats de boxe cambodgienne, plus violente que le Muay Thai puisque véritablement tous les coups semblent permis (ce n’est pas non plus du free fight !), et un de boxe anglaise, ennuyeux à mourir. De retour en ville, nous achetons quelques livres et cartes postales avant de profiter de l’happy hour du FCC, institution coloniale des bords du fleuve. Nous dînons ensuite au Sher-e-punjab, où nous savourons notre dernier repas indien en Asie puis buvons un verre au Rubies avant d’aller nous coucher.

Ta Phrom

Lundi matin, nous partons louer une moto pour la journée puis petit-déjeunons à nouveau à The Shop avant de rejoindre le Tonlé Bati. Aux abords de ce lac au charme dominical, nous commandons du poulet et du riz pour déjeuner. Lorsque nous voyons arriver un poulet rôti entier, nous sommes un peu surpris mais nous nous régalons finalement, après nous être assurés que le prix était raisonnable. Puis nous visitons le Ta Phrom, à proximité du lac. La visite n’est pas indispensable, même si les ruines de type angkorien sont jolies et paisibles. Après une partie de cache-cache avec une petite vieille vivant dans le temple, nous reprenons la route pour rejoindre le Phnom Chisor. En chemin, nous sommes contraints de nous abriter à cause de la pluie diluvienne. Une jeune femme nous propose même deux chaises pour nous asseoir en attendant que le temps s’améliore.

Phnom Chisor

Arrivés au sommet du Phnom Chisor, nous pénétrons un temple en ruines qui semble abandonné. Nous en profitons pour nous y promener un peu entre les blocs de pierre puis sortons par l’avant. Le panorama qui s’offre alors à nous est absolument fabuleux : la campagne cambodgienne, ses rizières, ses plaines, ses collines, ses cocotiers, s’étendent à perte de vue en un paysage à couper le souffle ! Après nous être abreuvés de cette beauté, nous rentrons à Phnom Penh prendre deux verres au FCC, comme la veille. Puis nous dînons à l’Orussey Restaurant que nous avions découvert le matin de notre correspondance entre Battambang et Kampot. L’addition est salée : deux dollars par personne. Le ventre un peu trop plein, nous rentrons nous coucher à la Lazy Gecko Guesthouse.

Depuis le Phnom Chisor

Pour notre dernier jour à Phnom Penh, nous avions prévu une promenade à vélo jusqu’à une île aux abords de la capitale. Mais après avoir bien réfléchi, nous craignons qu’elle ne soit très semblable à Don Kho au Laos. Cela ne nous empêche pas d’aller petit-déjeuner à The Blue Pumpkin, la délicieuse boulangerie que nous avions découverte à Siem Reap. Puis nous digérons nos milk-shakes en nous promenant dans la capitale en passant près de la Poste, du Wat Phnom, du Raffles Hotel Royal, de l’hôtel de ville puis au Central Market et au Sorya Shopping Market (encore ?!). Sur le Orussey Market, N. parvient enfin à négocier à un prix correct un chat doré chinois dont la patte bascule pour porter bonheur aux clients des boutiques dans lequel on le place. Ça pourra toujours servir. En chemin vers notre auberge, nous déjeunons dans la rue d’un inépuisable sandwich-baguette puis rentrons traînasser à la terrasse du Lazy Gecko, qui porte si bien son nom. En fin d’après-midi nous décollons pour aller boire un verre à l’Equinox, bourré d’expatriés français. Puis nous dînons pour la dernière fois à l’Orussey Restaurant, toujours à la hauteur, avant de prendre quelques derniers verres au Rubies et au Number 9.

Monument de l'Indépendance

Le lendemain trente-et-un octobre est passionnant puisque nous passons la journée dans les transports : avion Phnom Penh-Kuala Lumpur, dix heures à l’aéroport de Kuala Lumpur entre Starbucks Coffee, gros canapés du coin télé et Burger King, avion Kuala Lumpur-Paris. Nous atterrissons finalement jeudi premier novembre à six heures trente. Bien que nous portions toujours nos sarouels et nos tongues, notre périple asiatique de dix mois est bel et bien terminé.