Vieng Xay & la plaine des jarres

Vieng Xay, Grottes, Laos

Malgré nos difficultés sentimentales (cf. article précédent) et pratiques (notre bus a trois heures de retard) à quitter Luang Prabang, nous partons finalement à vingt heures, après que cinq motos ont été fixées sur le toit du bus ! Pour une fois nous avons la lumière, l’air conditionné et des sièges à peu près confortables et qui s’inclinent : le grand luxe pour nous. Toutefois après dix-sept heures de trajet, le luxe ne nous intéresse plus et nous sommes ravis d’arriver à Sam Neua. Nous sommes moins ravis d’apprendre qu’il n’y a qu’un tuk-tuk quotidien pour Vieng Xay, ce qui nous contraint à passer l’après-midi et une nuit supplémentaire à Sam Neua.

Vieng Xay, Laos

Le lendemain dimanche vingt-trois septembre, Jean-Noëlle se réveillent tôt pour rejoindre la gare routière à pied. En chemin, un tuk-tuk nous fait signe et nous grimpons à bord. Il est déjà occupé par deux Françaises qui ont elles aussi prévu d’aller à Vieng Xay. Nous décidons de faire ensemble la visite des grottes, occupées par les dirigeants du Pathet Lao pendant la guerre secrète avec les Etats-Unis (1964-1973). Arrivés au centre d’information, nous enfourchons nos bicyclettes, notre audioguide dans les oreilles à la suite de notre guide en chair et en os.

Plaine des jarres, site 1, Laos

La visite est assez émouvante, l’audioguide très bien fait (témoignages, bruitages et superbes musiques) et les paysages traversés toujours aussi beaux. Les dirigeants du Pathet Lao vivaient dans de grandes galeries souterraines aménagées avec cuisines, chambres à coucher, salles de réunion et surtout pièces étanches en cas d’attaque chimique. La région a en effet été fortement bombardée par les Américains qui ont secrètement étendu la guerre du Vietnam au Laos. Les populations en ont beaucoup souffert, d’autant plus qu’elles n’avaient pas la moindre idée de qui les attaquait et pourquoi.

Plaine des jarres, site 1, Laos

Nous déjeunons ensuite tous les quatre à la gare routière. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur Catherine et Sophie, dynamiques quarantenaires qui construisent des écoles au Burkina Faso depuis de nombreuses années. Notre tuk-tuk ne revenant qu’à seize heures, nous en profitons pour faire une petite balade à vélo dans la superbe campagne de Vieng Xay : champs, lacs, reliefs karstiques, les paysages du Laos ne cessent de nous charmer. Nous passons une deuxième nuit à Sam Neua avant de retrouver Catherine et Sophie à la gare routière pour prendre le premier bus à destination de Phonsavan. Le trajet de neuf heures nous paraîtra presque court à notre arrivée à dix-sept heures trente. Nous trouvons une chambre et collectons quelques informations pour le lendemain puis dînons au Nisha Restaurant avec Catherine et Sophie, encore et toujours. Les lassis sont mauvais mais la nourriture est délicieuse. Jean-Noëlle sont ravis de retrouver la cuisine indienne au Laos.

Plaine des jarres, site 3, Laos

Mardi matin, nous partons tous les quatre à motos pour une journée dans la plaine des jarres. Trois sites sont réellement dédiés aux visites et nous décidons de faire original en commençant par le premier, qui est également accessible à vélo. Superbe vue sur la plaine de Phonsavan, on y découvre une centaines de jarres en pierre disposées au sommet, au flanc, et au bas d’une colline. Certaines font deux mètres de haut, d’autres plutôt quatre-vingt centimètres. Il y a également quelques couvercles monolithiques et on se demande (nous et les archéologues) à quoi elles pouvaient bien servir. Tout au long de la promenade, on doit faire attention à bien rester entre les bornes blanches qui délimitent la zone déminée. Nous poursuivons jusqu’aux sites deux et trois dont l’accès est beaucoup plus difficile : la route, bien que plane, est pourrie, mais les paysages (montagnes, champs, rizières) sont encore une fois sublimes et les enfants peu avares de sourires et de « sabai-dii » (bonjour en lao).

Plaine des jarres, site 3, Laos

Le deuxième site est composé de deux crêtes boisées sur lesquelles on se promène au milieu des jarres et des arbres. Moins impressionnant que le premier site mais la visite n’en est pas moins agréable. Le troisième site nous révèle bien des surprises. Les joueurs de petang à l’accueil tout d’abord, puis la promenade à travers les rizières inondées et au milieu d’un champ de vaches (même pas peur !). Le site lui-même est assez condensé et on admire plus le panorama que les jarres elles-mêmes. Nous rentrons en ville sans Catherine et Sophie qui poursuivent vers un village. Au moment de déposer notre moto, le loueur nous tend un traquenard en nous offrant gentiment un verre de lao-lao (alcool de riz local). Trois shooters plus tard, nous parvenons enfin à nous éclipser pour nous rendre à la gare routière. Nous y poursuivons notre apéritif avant de voir débarquer tout sourire Catherine et Sophie, venues nous dire au-revoir. Nos adresses électroniques échangées, nous grimpons dans le bus direction Vang Vieng. Il est dix-huit heures trente.

Plaine des jarres, site 3, Laos