Kota Bharu

Notre mini-bus (à défaut de taxi) nous dépose au Kota Bharu Backpackers Lodge, en plein centre-ville. Après avoir posé nos sacs dans le dortoir, nous sortons dîner sur le marché de nuit. Peu de choix mais nous trouvons quand même notre bonheur : bao zi, beignets aux légumes et à la patate douce, jus de fruits. De retour à l’hôtel, nous avons l’occasion de discuter un peu avec notre charmant compagnon de chambrée. Lorsqu’il allume sa cigarette dans le dortoir, nous lui demandons de l’éteindre mais il refuse. Nous parvenons finalement à négocier l’extinction de sa cigarette contre celle de la lumière. Il refusera par contre d’adresser la parole à J. car elle est une femme. On était prévenu, Kota Bharu est la ville la plus intégriste du pays.

Poste de police

Hormis cet incident, et le fait que presque toutes les femmes soient voilées, on ne sent ni prosélytisme ni hostilité de la part des musulmans. Les chaînes de fast food sont fermées pendant la journée du fait du Ramadan mais on trouve son bonheur à Chinatown. A noter aussi que le tuning est la deuxième religion : pas une voiture n’a ses jantes d’origine et les pots de yaourts ont tous des vitres fumées et d’énormes pots d’échappement.

Rivière Kota Bharu

Lundi 13 août, nous commençons la semaine par un petit-déjeuner acheté au 7-11 et mangé sur le rooftop de l’hôtel. Puis c’est parti pour une découverte de la ville. Notre première halte se fait au Muzium Adat Istadat d’Raja ou musée des cérémonies royales du Kelantan. Dans une belle bâtisse en bois sombre, on se promène pieds nus au milieu des reconstitutions de pièces royales. Chacune présente une cérémonie (circoncision, noces, sept mois de grossesse, etc.) et le rituel qui l’accompagne. La visite se termine par une belle collection d’armes.

Rivière Kota Bharu

Jean-Noëlle et le petit Henri se rendent ensuite au centre de l’artisanat, pâté de maisons où sont censés foisonner ateliers et boutiques. Malheureusement, tout (ou presque) est fermé pendant le Ramadan. Nous visitons quand même le musée d’artisanat dont nous faisons rapidement le tour. Après avoir déjeuné dans une cantine chinoise, nous traversons le marché central, vide lui aussi. Puis nous finissons l’après-midi en discutant assis au bord de la rivière. Re-dîner au marché de nuit et re-dodo au KB Backpackers Lodge où nous sommes ravis de constater l’absence de notre gentil camarade de dortoir.

Muzium Adat Istadat d'RajaMardi matin, après un deuxième petit-déjeuner 7-11, nous enfourchons nos vélos loués à l’hôtel et pédalons dix kilomètres jusqu’à la plage Pantai Cahaya Bulan. Les nombreuses échoppes situées le long de celle-ci sont toutes fermées pour Ramadan et nous sommes contraints d’opter pour le restaurant d’un resort dont nous sommes les seuls clients. Après nous être restaurés, nous passons l’après-midi sur la plage déserte en alternant lectures et baignades. De retour en ville, nous dînons au McDonald’s au moment de la rupture du jeûne. Tous les clients attendent devant leur plateau bien garni. Une certaine tension est palpable et nous nous attendons à une véritable explosion lorsque le feu vert sera donné. Nous sommes étonnés de voir qu’il n’en est rien, les Malais ne se précipitent pas du tout sur leur nourriture et semblent même la savourer tout en discutant calmement. On est captivé par l’expérience. A noter que l’appel du muezzin a retenti dans les haut-parleurs du McDonald’s.

Plage Pantai Cahaya Bulan

Nous récupérons ensuite nos bagages à l’hôtel et parcourons les cinquante mètres qui nous séparent de la station de bus sous la pluie. Nous partons à vingt-deux heures dans un bus Transnasional confortable mais surclimatisé. Quand il fait trente degrés dehors, c’est bien connu, il faut climatiser à quinze degrés !