Ruteng (île de Flores)

A notre demande, notre shuttle bus nous dépose à l’hôtel Rima, star de la ville d’après le Lonely et les réactions des autres passagers. Il serait notamment le lieu idéal pour réserver scooter et bus. Pour 100 000 rupiahs (neuf euros) on nous propose une chambre sommaire, sans prise électrique, avec toilettes et salle de bain communes mais sans douche. Le code wifi est payant. Heureusement, le petit déjeuner et le thé sont compris. Leur réputation doit surtout être due aux infrastructures hôtelières peu nombreuses. Impossible de réserver quoi que ce soit le premier jour car « le manager est absent ». Difficile en effet de trouver un scooter ou de passer un coup de téléphone pour réserver un bus quand on n’est pas manager…

Marché de Ruteng

Un peu énervés par l’incompétence de notre interlocutrice, qui nous avouera à vingt-deux heures qu’elle était capable de réserver un bus toute seule, nous allons faire un tour en ville. Petite promenade vers l’église pendant laquelle quelques jeunes Indonésiens viendront discuter avec nous. Ils s’adressent surtout à N. car ils semblent plus à l’aise avec les hommes. Nous passons ensuite sur le « pasar » (marché) couvert qui sent fort la volaille et le poisson. Jean-Noëlle y sont l’attraction principale et en profitent pour photographier les commerçants ravis. C’est sympa de partager sourires et bonne humeur car leur curiosité n’est pas du tout agressive et leurs regards sont bienveillants. Nous dînons au Rumah Makan Surya, un padang où la sauce noix de coco-curry est délicieuse. Retour à l’hôtel Rima où nous nous couchons sans avoir vu l’ombre du manager.

Ruteng

Lundi 9 juillet, nous nous réveillons tôt afin de pouvoir réserver un bus pour Bajawa le lendemain et un scooter le jour même, sans l’aide du manager. Miracle ! Celui-ci semble exister et nous attend même au pied de l’escalier. Il nous propose de réserver un bus et envoie son employée, de plus en plus désinvolte, réserver un scooter avec N. Elle se contentera d’arrêter un ami dans la rue. Ce dernier a malheureusement une moto semi-automatique (il faut passer les vitesses soi-même, mais sans embrayage). N. n’ayant jamais conduit de telle moto, il décline la proposition. Son agréable accompagnatrice abandonne. Quelques minutes plus tard, le manager voyant Jean-Noëlle désœuvrés sur la terrasse leur demande ce qu’ils font toujours là. N. répond qu’il ne peut pas conduire de semi-automatique. Deux secondes plus tard, les voici chez le voisin, juchés sur un scooter à 80 000 rupiahs la journée (sept euros soit deux fois plus cher qu’à Ubud).

Depuis Golo Curu, Ruteng

C’est parti pour l’aventure ! Cap sur Golo Curu, sommet d’une colline depuis lequel le panorama est superbe : la ville au loin, l’étendue de rizières en plateaux, les volcans et la végétation luxuriante. On admire la vue à côté d’une vierge défraîchie  Toute la journée durant, les explications du Lonely et l’aide des Indonésiens que nous questionnons suffisent à nous orienter.  Nous nous dirigeons vers le Danau Ramanese, à une vingtaine de kilomètres de Ruteng. La route est un peu accidentée, mais le paysage compense les désagréments. Les derniers trois cents mètres vers le Danau se font à pied sur un chemin ombragé. D’un coup, N. s’arrête et dit à J. « arrête-toi et recule doucement ». J. s’exécute en devinant, mais sans la voir, la raison de cet avertissement. Apparemment un serpent marron d’un mètre de long prenait un bain de soleil.  Nous attendons qu’il disparaisse pour continuer notre route. Au détour d’un virage, le lac nous apparaît dans toute sa splendeur : d’un bleu soutenu et intégralement bordé d’arbres, il reflète les nuages et les montagnes. Un jeune garçon est en train de pêcher avec six cannes faites de bambous. Il traverse le lac sur une planche de bois, à l’aide d’une rame. Nous essayons de faire le tour du lac mais rapidement le chemin disparaît. Nous nous préparons à rentrer quand un guide nous indique un « chemin » pour rejoindre une cascade. Nous nous retrouvons à marcher en pleine jungle le long d’un sentier et atteignons la petite cascade. Les nerfs de J. ayant été mis à rude épreuve par le serpent, elle n’était pas vraiment sereine dans cette jungle, même si la balade est à faire.

Danau Ramanese, Ruteng

Jean-Noëlle repartent pour déjeuner à Ruteng. En chemin nous croisons des singes qui semblent effrayés par le scooter. Nous nous arrêtons au Merlin, restaurant sino-indonésien. C’est un peu laborieux pour commander car il nous faudra un moment pour trouver une serveuse, à qui il faudra encore un moment pour trouver un stylo et du papier. Finalement on parvient à avoir un mie goreng babi (au porc), du porc grillé, un jus de banane et un jus de fruits. On se régale ! Les jus de fruits sont savoureux, la viande et les pâtes délicieuses. On aime tellement qu’on décide d’y revenir pour le dîner ! Nous partons ensuite pour le volcan qui semble proche selon le Lonely. En réalité, il est plus loin que le lac du matin, nous décidons de faire demi-tour pour aller au nord de Ruteng au Air Tejun Waegarit, une seconde cascade. Nous garons le scooter près de deux petites maisons avant de descendre des escaliers vers ce qui semble être une station hydro-électrique. Nous passons le long d’une gouttière afin de rejoindre le haut de la cascade, c’est assez décevant. Nous rentrons à l’hôtel rendre le scooter. Nous devons nous coucher tôt car notre voiture du lendemain est censée arriver entre sept et neuf heures (les fourchettes sont larges en Indonésie !).

Jungle près du Danau Ramanese, Ruteng