Taïwan : le bilan

La première chose qui frappe quand on arrive à Taiwan, c’est le fait que les blancs sont rarissimes. On en croise très peu, même sur les lieux les plus touristiques. Néanmoins, le tourisme asiatique est présent (chinois, japonais, coréens) mais on n’est jamais opressé par la foule.

Taipei Taiwan

De ce fait, les taïwanais (mis à part les jeunes qui ont la chance de faire des études) parlent peu anglais et lisent rarement le mandarin chinois. En effet, le mandarin taïwanais utilise des idéogrammes traditionnels. Heureusement, Charlotte, après trois ans de LEA, parle correctement la langue et la comprend, ce qui nous a aidé. Toutefois, les gestes sont internationaux, ce qui a permis à J. de commander la salade qu’elle voulait sur le marché de nuit.

Dans tous les cas, les taïwanais sont si serviables qu’ils essaieront toujours de vous aider. Dès qu’ils vous voient la tête en l’air, le regard égaré, ils vous sautent dessus pour vous venir en aide. Nous gardons le souvenir d’une dame à qui nous avons dû expliquer que, oui nous étions perdus mais que, n’ayant ni adresse, ni lieu connu, elle ne pouvait pas nous aider. N’ayant pas réussi à lui expliquer que nous n’avions que les indications d’une amie, elle nous a pris pour des fous.

Tainan Taiwan

Nous avons beaucoup aimé les paysages, souvent de très hautes collines à la végétation luxuriante et qui se jettent dans la mer au niveau des côtes. Les villes, quant à elles, sont à la fois proches et différentes des nôtres. Les panneaux lumineux et les scooters y sont extrêmement nombreux. Tout est très propre et relativement organisé. L’architecture n’est pas soigné, ce qui peut donner une impression de saleté à première vue.

Nous avons bien mangé, même si vers la fin les aliments frits ont fini par nous lasser. N’hésitez pas à manger dans les petits restaurants typiques car c’est peu cher et très bon. Quoi qu’il en soit, on ne va pas à Taïwan pour la gastronomie.

Niveau budget nous avons dépensé environ 450 euros en dix jours en vivant normalement et en comptant le logement et les transports. Les guichets ou distributeurs HSBC sont rares.

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Dernière remarque, et la plus importante. N’ACHETEZ PAS LE PETIT FUTE ! Ca n’est pas pour gagner de la place qu’il a fini à la poubelle. On avait pensé à l’autodafé mais on n’a pas osé ! Cartes inexistantes, peu de conseils pour les restaurants et bars (“il y en a tellement de bien qu’on vous laisse découvrir seuls”), descriptions quasi inexistantes pour les visites, informations parfois erronées ou incomplètes. Pour finir on a découvert un pays que peu d’européens visitent et on a adoré l’expérience !

Kaohsiung

Nous arrivons donc mercredi à Kaohsiung avec quelques heures d’avance. Après avoir erré en quête d’un parc inaccessible, nous décidons d’aller nous promener autour du lac du lotus.

Nous commençons par visiter les pagodes du dragon et du tigre. Comme sur la photo ci-dessus, nous entrons par la bouche du dragon et ressortons par celle du tigre afin de transformer la malchance en bonne fortune. Entre temps, nous avons gravi les marches des deux pagodes afin de profiter du panorama offert au sommet. Le lac a du charme mais les alentours sont surtout composés de barres d’immeubles et de gratte-ciel.

Pagode du tigre et du dragon Kaohsiung

Petite halte thé aux perles et cartes postales pour la famille. Le thé s’avère meilleur que la première fois. Les perles étant des perles de lait, elles sont moins sucrées et le thé s’apprécie mieux froid que tiède.

Nous repartons en direction des pagodes de l’automne et du printemps que nous quittons au moment où les premières lumières et lanternes s’allument. Le crépuscule est déjà bien avancé lorsque nous arrivons à la statue géante de l’Empereur Syuan Tian et son épée de 37,5 mètres de haut, la plus longue du monde selon [nous vous laissons inventer vous-même un nom d’organisme bidon supplémentaire !].

statue géante de l'Empereur Syuan Tian, Kaohsiung

Nous dînons ensuite sur le marché de nuit(pour changer). Nous avions lu sur la brochure de la ville qu’on ne peut pas prétendre avoir visité Kaohsiung tant qu’on n’est pas allé au Liouhe Night Market. En plein centre-ville, sur une grande artère, il nous semble hors du commun au premier abord. Très petit, il est finalement moins bien que les deux autres que nous avions fait. Spécialisé dans les poissons et fruits de mers, nous optons pour des oeufs de caille aux crevettes, des tentacules de poulpes frites et un pain fourré à l’oeuf et aux huîtres chaudes. C’est très bon !

Il est temps de partir pour l’aéroport INTERNATIONAL de Kaohsiung pour patienter jusqu’au lendemain matin 5h et l’enregistrement pour Hanoi. Nous nous préparons à une nuit dans les restaurants de l’aéroport, à l’aide de McDonald’s, Wifi, bières et autres distractions. En arrivant, nous découvrons un terminal minuscule et nous dirigeons, stupéfaits vers l’accueil. Nous y apprenons que l’unique restaurant a fermé à 20h et que l’aéroport est fermé de minuit à 5h. Pour la première fois, nous mettons notre orgueil de routards de côté et passons la nuit dans un hôtel proche de l’aéroport. Cinq heures de sommeil et une douche dans un équivalent trois étoiles avant de décoller pour Hanoi !

Tainan

Ecrit avec un clavier qwerty. 

Dans le train entre Taichung et Tainan, nous rencontrons un controleur qui parle tres bien anglais et qui est venu a Paris deux fois. Nous discutons avec lui quelques minutes.

Arrives a Tainan, nous avons a nouveau l’occasion de profiter de l’anglais des fonctionnaires taiwanais quand un policier decide de lui-meme d’appeler notre auberge pour expliquer l’adresse aux taxis.

Le delicieux Bryant, jeune taiwanais au look de premier de la classe, nous accueille au Dodoro Backpacker. Il nous montre nos chambres puis nous propose a la place un appartement gigantesque et surequipe a la place pour le meme prix. Mais effrayes par la surface, habitues a vivre colles et attires par le balcon joliment decore, nous refusons sa proposition. Il nous propose alors de nous deposer au night market pour le diner. Nous acceptons, cette fois-ci.

Nous nous retrouvons alors dans un night market tres different de celui de Taipei. En exterieur et sur un seul niveau, la partie consacree a la nourriture propose des plats plus internationaux en restant en Asie. La partie “babioles” est moins mode et ressemble plus aux boutiques de vetements tenues par des chinois que nous connaissons en France. Apres nous etre rassasies a moindre cout, nous rentrons a l’hotel ou nous passons une tres bonne nuit.

Reveil tranquille, petit dejeuner en terrasse (fruits, brioche et meme du Nescafe pour le bonheur de Charlotte)et douche froide pour les filles. N., lui aura le droit a une douche. Quand on a un cerveau, on gagne en confort ! Depart tardif pour le district d’Anping, ou nous visitons le fort, dont la tour offre un panorama sur une partie de la ville. Nous decouvrons ensuite la Tree House, sortes de hangars envahis par les racines et les branches.

Tree House

Experience culinaire au dejeuner pour Jean Noelle qui teste le “pain cercueil”, specialite locale ou des morceaux de viande et du mais en sauce sont enfermes dans une enorme tranche de pain de mie creuse et frite. Sans grand interet.

Vient ensuite la promenade digestive dans le Eternal Golden Fort et ses canons “Armstrong” (a part traduit litteralement nous n’avons pas la moindre idee de la signification de ce terme !). Nous finissons nos visites par la South Gate et le Temple de Confucius, tres grand et propice au Tai-Chi et a la marche.

Nous partons alors a la quete d’un bar pour l’apero, sans succes. Direction donc le night market a nouveau. Nouvelles decouvertes culinaires et quelques emplettes pour les filles.

Achat de quelques bouteilles de pijio puis poursuite de la soiree sur la terrasse en compagnie d’un iPod et d’un jeu de cartes.

Reveil et nouveau petit dejeuner sur la terrasse avant de partir pour deposer nos sacs dans des lockers a la gare. Face a leur trop petite taille et au poids de nos sacs, nous decidons d’ecourter notre sejour a Tainan et de partir a Kaohsiung plus tot. Et c’est parti pour notre dernier train taiwanais.

Taichung, Sun Moon Lake & Lugang

Samedi soir trajet en train riche en découvertes pour aller à Taichung. La première avec les toilettes du train qui s’avèrent être à la turque. Mais les taïwanais semblent préférer ce type de toilettes.  Deuxième pour J. qui teste les repas du train, bien meilleurs que ce qu’on peut trouver en France, et bien moins chers. La dernière, et pas des moindres, en nous trompant de gare d’arrivée. Heureusement un autre train pour Taichung passait juste après et nous sommes finalement arrivés sans encombres.

A l’arrivée les taxis ne comprenaient pas où nous voulions aller. Heureusement une jeune taiwanaise parlant l’anglais nous a sauvé en appelant l’hôtel pour avoir des explications et les transmettre au taxi. N’hésitez pas à vous faire aider par de jeunes taïwanais qui parlent souvent anglais et qui sont très serviables.

Nous arrivons donc à l’auberge et, après avoir découvert que le wifi est mauvais (horreur !), nous allons nous restaurer. Problème, il est 22h dans un quartier peu animé, tous les restaurants sont fermés sauf celui d’en face dont la carte et le personnel ne connaissent pas l’anglais. Nous sommes sauvés par une fille de l’auberge qui parle chinois et anglais. Grâce à elle nous avons eu le droit a un dîner pantagruélique composé de nombreux plats de spécialités que nous partageons.

Retour à l’auberge où nous sommes séparés en deux chambres, un dortoir filles et un dortoir garçons.

Sun Moon Lake - Taiwan

Réveil à 8 heures pour Sun Moon Lake dont le nom vient de sa forme, à la fois celle d’un clair de lune et du soleil. Les taïwanais on de l’imagination ! Après un petit déjeuner un peu speed, nous allons des billets all inclusive (aller-retour en car, traversée du lac, téléphérique et retour au car en bus). On vous conseille plutôt de ne prendre qu’un aller-retour en car et d’aviser ensuite sur place. La météo est superbe et nous flânons à l’ombre de jolies promenades où nous croisons des pêcheurs, des hôtels de luxe et même la barque de Tchang Kaï-Chek ! L’eau est turquoise et très limpide, le soleil de plomb et l’atmosphère apaisante. Les filles prennent leurs premiers coups de soleil, allongées au bord de l’eau.

Un petit tour en bateau et une montée en téléphérique (inutile mais néanmoins la quatrième infrastructure taïwanaise d’après le top 100 de l’ “organisation nationale des infrastructures de loisir, tourisme et transports taïwanais, parking compris”) agrémentent notre après-midi.

Retour à l’auberge et au restaurant de la veille, cette fois accompagnés de notre sauveuse, Joyce, une new-yorkaise originaire de Hong-Kong qui étudie le marketing. Moment agréable même si J. doit s’absenter pour cause de fièvre (rassurez-vous, elle va mieux !).

Le lendemain, réveil plus tranquille avant de mettre le cap sur Lugang, petit village (de la taille de Nantes !) traditionnel. Notre voyage en car est rythmé par les “feux de l’amour” taïwanais, qui nous captivent par la médiocrité du jeu des acteurs qui nous permet néanmoins de tout comprendre.

Arrivés à Lugang, perdus et sans carte, nous sommes une fois de plus étonnés par l’extrême serviabialité des taïwanais : pas moins de trois personnes proposent de nous aider et une quatrième nous apporte une carte spontanément. C’est parti pour une promenade dans les petites rues de Lugang, l’allée des gentlemen, les temples Longshan et Thienou (même ici Etienne est une star !), la rue aux neuf détours et le marché.

L’allée des gentlemen est une petite ruelle de soixante-dix centimètres de large (surveillez votre régime !). Le temple Longshan est le plus vieux temple de l’île. Très vaste, il est moins coloré que les temples précédents et moins fréquenté, même si nous y avons vu une vielle femme “bénir” une fidèle.

Petite escale au marché pour acheter à manger des choses inconnues mais bonnes. On a également goûté le thé aux perles (pearl tea ou bubble tea). Cette boisson à base de thé et de lait est servie avec de petites boules de Tapioca au caramel qui ont un aspect caoutchouteux. Notre premier essai s’est avéré bon au départ puis écoeurant à la longue.

Monsieur Wu Lugang Taiwan

Direction ensuite le temple de Thienou en passant par la rue aux neuf détours. Cette rue est composée de neuf cul-de-sac, afin de dissuader les bandits et les vents de pénétrer dans le centre de la ville. Nous nous arrêtons également à la boutique de lanternes de Monsieur Wu, star locale de la confection de lanternes qui a même eu la chance de rencontrer Lady Gaga, coupures de journaux à l’appui ! Il confectionne des lanternes sur mesure dans les régles de l’art. Après cette journée chargée, nous récupérons nos sacs à la consigne de la gare et prenons le train pour Tainan.

Retour à Taipei

Shilin Night Market Taipei Taiwan

Retour au Taipei Triple Tiger Backpacker pour deux nuits (bonne adresse). Au réveil deux groupes se forment : les pros et les contres Hello Kitty. Pendant que les filles savourent des pâtisseries à l’éfigie du petit chat au noeud rose, Jean-Noëlle se dirige  vers Longshan Temple en se balladant à pied dans la ville (et sous la pluie).

Comme à chaque fois, nous aimons l’ambiance calme et paisible du temple avec ses cascades, fontaines et plantes. On trouve le contraste avec l’animation du quartier autour très agréable. L’odeur diffuse d’encens est également apaisante, tout comme les prières des gens que les visiteurs et les conversations ne semblent pas troubler.

Les deux Partis se retrouvent pour le premier Burger King du voyage, qui s’était fait attendre… Miam, miam ! Après de nouvelles galères pour changer nos euros : quarante-cinq minutes à la banque, cette fois-ci (excepté à l’aéroport, les bureaux de change ne semblent pas exister à Taïwan), nous allons visiter le temple de Confucius et celui de Donglong.

Même si les temples semblent tous se ressembler, les ambiances diffèrent toujours. Confucius Temple, plus touristique, est moins frequenté.  L’ambiance de Donglong Temple est bien plus pieuse mais très animée.

Un peu de shopping sur le chemin de l’hôtel avant de repartir pour le Shilin Night Market. Ce marché n’a rien de typique, les produits vendus sont plutôt des produits très “mode”, excepté pour le sous-sol, consacré à la nourriture. On y trouve des plats très taïwanais. Nous avons d’ailleurs testé l’omelette aux huîtres, des brochettes de rouleaux de bacon avec des pousses et de la glace taïwanaise : particulier mais tout est bon !

Shilin Night Market Taipei Taiwan

Nous mettons ensuite le cap sur notre première soirée d’expats en appart où nous rencontrons des francais, un québecois, un costa-ricain, deux taïwanaises, etc. Les discussions se font à la fois en chinois, anglais, espagnol et francais, nous donnant un avant goût de notre vie d’étudiants francais en Chine, dans quelques semaines. Nous poursuivons la nuit au Luxy, boîte de nuit à la musique très occidentale où nous croisons les premiers blancs, invisibles avant dans la ville. Les filles y ont oublié leurs parapluies et nous espérons que celui transparent à cerises de J. est entre de bonnes mains !

Au dodo !

Réveil tardif samedi. Nous partons à la recherche du Modern Toilet pour déjeuner. Il s’agit d’un restaurant décoré sur le thème des WC : tabourets-cuvettes, table-baignoire, plats-toilettes, pain-crotte. C’est particulier mais bon enfant, photo à l’appui.

Modern Toilet Taipei Taiwan

Le ventre plein, nous nous mettons en route pour la Tour 101, deuxième plus haute tour du monde selon “l’organisme mondial des hauts batiments phalliques de plus de X étages et à antenne cylindrique”, ou quelque chose comme ça ! 528 mètres environ pour 101 étages (chiffre symbolique du dépassement des limites, ils n’ont peur de rien !). Les nuages ont malheureusement gâché le panorama…

Nous finissons notre visite de Taipei en flânant sur les marchés de jade et aux fleurs. Achats de souvenirs (chut !) dans ces allées bondées où les touristes se mêlent aux professionnels à la recherche de la pierre rare et sans défaut.

Marché de jade Taipei Taiwan

N’oublions pas de rendre notre Easycard de transport (à recharger au fil des trajets, neuf euros pour quatre jours) pour récupérer la caution et une partie du solde.

Au revoir Taipei !

Hualien et les gorges de Taroko

A peine arrivés, déjà repartis, nous prenons le train pour Hualien. Timing serré, nous arrivons dans le train in extremis, c’est parti pour deux heures de trajet ! Une fois arrivés et petit dejeuner avalé (des gauffres en plein Taiwan !), nous allons changer notre argent à la poste, ce qui nous prend plus d’une demi-heure pour quatre personnes. Cela nous avait seulement pris cinq minutes à l’aéroport.

Nous arrivons enfin à notre auberge, Amigos Hotel. Le temps de nous installer et de prendre des renseignements, nous partons visiter la ville et nous commençons bien sûr par déjeuner. Au milieu du déjeuner les murs et le sol se mettent à trembler à deux reprises pendant quelques secondes. Rafale de vent ? Voiture un peu lourde ? Secousses simisques ? Le doute subsiste pour J…

Hualien

Décision prise d’aller visiter deux temples, que nous avons eu du mal à trouver en raison d’une lecture très personnelle du plan. Cela nous aura au moins permis de découvrir la ville dans laquelle nous nous sommes promenés tout l’après midi. Ville reputée pour son marbre, nous l’avons trouvée sans charme et sans grand intérêt, mis à part ses karaokés…

Nous allons dans le premier pour l’apéritif sans savoir qu’il s’agit d’un karaoké. Quelques bières plus tard nos talents de chanteurs se réveillent, au grand plaisir des propriétaires des lieux, acquis à notre cause, forcément. Seul l’appel de la faim nous pousse à abandonner nos micros. Record du repas le moins cher battu avec des raviolis et des sortes de petits pains fourrés cuits à la vapeur : environ un euro par personne.

Rassasiés, nous nous dirigeons vers un deuxième bar qui s’avèrera être un karaoké “échangiste”, concept totalement inédit pour nous ! Nous en profitons pour cocher la case “être servi par un travesti taïwanais”. Nous rentrons sagement nous coucher pour être frais et dispo pour les gorges de Taroko.

Gorges de Taroko

Nous avons pris un bus pour y aller. Après plusieurs galères qui nous font perdre une bonne heure, nous parvenons à avoir un itinéraire réalisable. Premier arrêt à Swallow Grotto, où l’on peut admirer des gorges. Un cours d’eau gris-turquoise coule au milieu des collines de marbre.

Nous montons ensuite à Tsien Ang, petite étape en hauteur, seul lieu où il est possible de loger dans le parc (pas donné à tous les budgets). Grosse frayeur pour Charlotte qui a manqué de se faire racketter son paquet de chips par des singes. Nous profitons de notre arrêt pour visiter le temple avec un gigantesque bouddha doré. Nous reprenons ensuite le bus pour nous arrêter à notre dernière étape. Un joli petit temple sur un pont, duquel partent des escaliers que Jean-Noëlle décide de gravir, sans trop savoir où cela les mènera. Nous sommes en fait montés pendant un kilomètre (ça fait les cuisses) pour voir un temple qui offre un panorama superbe sur les gorges.

Au retour, fatigués, nous optons pour un taxi, à peine plus cher que le retour en bus. Nous passons recupérer nos sacs à l’auberge de jeunesse où nous avons été très bien accueillis. Nous y avons rencontré nos premiers français, dont deux faisaient le tour de l’île à vélo.  Nous en profitons pour dire au revoir à Nana, le chien le mieux habillé de Hualien. Après un crochet pour remanger des raviolis pour le dîner, nous reprenons le train direction Taipei.

Hualien plage

On a marché sur Formose

Taïwan

Après douze heures de vol, et trop peu de sommeil (mais beaucoup de jeux vidéos débiles ; et de révisions de chinois pour Charlotte, merci à elle !) nous sommes arrivés à Taipei à 6h30, en avance. Adieu la SNCF !

Après un Starbucks à l’aéroport, premier bus qui nous laisse découvrir une ville à la fois sauvage et moderne, familière et lointaine. Les immeubles et les temples se mêlent à merveille avec la végétation luxuriante des colines voisines.

Petit tour par la gare pour régler la question transport. Rapide, efficace. Le site Internet est donc vraiment un bon outil pour réserver ses billets à l’avance.

Arrivée à l’auberge Triple Tiger Taipei Backpacker où l’accueil est très sympathique. On a l’impression d’être chez l’habitant, ravi de nous proposer de visionner un DVD de Michael Jackson ! On dépose enfin nos sacs, finies les tortues Ninja, et direction Mhuza.

Merci le Petit Futé (très peu fiable pour l’instant) qui nous indique une mauvaise station de métro. Peu importe, décidés, nous entamons l’ascension (en téléphérique) de la coline aux pandas.

Taipei Temple colline

Premier arrêt au Chih Nan Temple, où un taiwanais très accueillant (tous semblent l’être) nous invite à entrer alors que nous sommes hésitants. Pour l’anecdote, tous les couples non mariés qui visitent ce temple sont amenés à se séparer, nous voilà prévenus ! On retiendra surtout une vue à couper le souffle sur Taipei et un thé “offert” contre une offrande au temple. Deux taiwanais en costume s’hypnotisaient l’un l’autre avec un pendule à la table voisine !

Fatigués par le voyage et dissuadés par la pluie, nous remettons les plantations de thé à une prochaine fois et nous dirigeons vers le zoo.

Le zoo de Taipei n’a pas usurpé sa réputation. Une promenade au milieu de la végétation des colines nous amène des loups aux hippopotames, en passant par les pingouins et les lémuriens. On a même vu un panda et des koalas. L’animal qui nous aura le plus marqué demeure néanmoins un écureuil. Peu farouche et animé de soubresauts, il nous a poursuivis à la tombée de la nuit au milieu de la jungle asiatique. Craignant une morsure enragée à la jugulaire (merci les Monty Pythons et leur lapin anthropopghage !), nous filons ! Heureusement, la fresque murale du McDo nous a permis de nous remettre de nos émotions.

Sculpture murale zoo Taipei

Objectif Formose

Taipei Taiwan

Dans un mois et demi : Nihao Taiwan !

12 heures d’avion et 8 heures de décalage horaire (“Bonjour, je suis un peu complètement à côté de mes pompes, là…”) pour arriver à Taiwan le 3 janvier à 7h. Comme on avait peur de s’ennuyer à deux, on a emmené trois amies avec nous. Petit sac à dos pour partir loin de nos parents, nuit dans les dortoirs, activités tous les jours, manquent plus que les monos pour se croire en colonie de vacances (les Alpes à 13 ans ça te paraît aussi loin que l’Asie à 24) !

Par contre quand on est cinq, le côté on ne prévoit rien et on arrive au dernier moment dans les hôtels et les gares, la bouche en cœur : « Bonjour on voudrait cinq places s’il-vous-plaît », ça promet beaucoup de temps perdu à errer dans les rues. Du coup (et ça n’a rien à voir avec le fait que J. soit stressée…), on a tout réservé (sauf nos trains qu’on réservera dans un mois, elle a essayé, ce n’est pas possible avant).

Notre programme est donc le suivant :

Jour 1 : Les environs de Taipei (photos) : plantations de thé et sources d’eau chaude. Avec le décalage horaire (“Non mais attends je suis trop jet-lagged là !”) on sera très heureux d’y aller tout doux.

Jour 2 et 3 : Hualien (photos)  et les gorges de Taroko (photos)

Jour 4 et 5 : Taipei

Jour 6 et 7 : Taichung (photos), Sun moon Lake (photos) et Lukang (photos)

Jour 8 et 9 :  Tainan (photos) et très rapidement Kaohsiung (photos)

Jour 10 : Décollage à 7h du mat pour le Vietnam

Comme tout ces noms pour vous ça peut être du chinois (…), on vous a mis des liens et des jolies photos. Pour planifier ce voyage on a potassé le guide du Petit futé (pas de Routard et un Lonely très cher et pas disponible), le site du Routard et son forum et plein d’autres liens.

Pour le logement on a utilisé le site hostelworld (compter entre 10 et 12 euros par nuit).

Pour les transports le site des trains de Taiwan est très bien fait.

Rendez-vous dans deux mois pour le bilan !

La cité de la peur

Pour ceux qui ne le sauraient pas, j’ai une grosse phobie des serpents (ophidiophobique sera donc le nouveau mot à placer en soirée).

L’Asie ça va donc être un peu “Fear Factor” au quotidien. Pour m’aider j’ai eu le droit à un tour du vivarium de Nantes, sous prétexte que je devais “m’habituer à voir des serpents car en Asie ils ne seront pas en cage”. En plus d’avoir de nouveaux cauchemars, j’ai appris que les serpents bien venimeux on les trouve surtout en Asie. (Ô joie, la prochaine fois j’irais en Irlande trinquer avec St Patrick).

Bien sûr on ne croise pas des serpents à chaque coin de rue, mais, ne serait-ce qu’en Inde, ils ont quand même l’air diablement facile à rencontrer. Les guides touristiques parlent d’ailleurs beaucoup de serpents dans la faune asiatique et donnent des conseils du type “mettez des chaussures montantes pour que les serpents ne puissent mordre que votre chaussure”. Très rassurant…  Au passage si la distraction préférée des serpents c’est mordre de la chaussure de touriste, je leur fait cadeau de TOUTES mes paires à condition qu’ils me laissent tranquille (oui j’en suis à ce point).

C’est au guide de Taiwan du Petit futé que je dois mes pires cauchemars. Première désillusion en apprenant que Taiwan est une île à serpents. Je ne l’aurais jamais classée dans les pays “qui-me-font-rêver-mais-y-a-des-serpents-donc-je-sais-pas-trop”. Pour moi c’était un peu comme en France, tu te ballades sans en croiser à chaque caillou ensoleillé, la preuve, je n’en ai jamais vu. (En même temps il faudrait qu’il soit complètement sourd pour ne pas m’entendre arriver à 10 km tant mon pas est léger et ma discrétion légendaire).Première erreur ! Tous les guides s’accordent sur Taiwan : “Dans la nature, gare aux serpents”.

J’avais décidé de me tenir éloignée de chaque buisson qui remuerait un peu trop, laissant ainsi tranquille les serpents et les amoureux. Pour la ville, je me sentais rassurée, et c’est donc le coeur léger que je parcourais la section consacrée à Taipei, jusqu’à cet article qui m’a fait recracher mon thé.

 “HUASI TOURIST NIGHT MARKET”.

Un marché de nuit ! Oh chouette alors ! Il est où l’avertissement spécial ophidiophobiques ?

“Ce marché, plus connu sous le nom de l’Allée des serpents (nom donné par les étrangers), à fait peau neuve ces dernières années”. 

Bon j’aurais dû m’en douter mais comme après on parle de prostituées, je me suis dit que c’était une métaphore. (Ah ah ah que neni mon enfant).

“Une chose demeure, la présence des reptiles”.

Là je plaide coupable, j’aurais dû arrêter de lire. C’est un peu comme regarder un film d’horreur en sachant qu’on va le regretter, puis passer de nombreuses nuits à dormir avec une lampe de chevet, en se demandant à chaque craquement si on est un peu vieille pour crier “Maman !”  (Passage purement fictif).

“certains restaurants de serpents continuent d’attirer touristes et locaux” 

 Moi je suis incapable de manger quand j’ai vu un serpent (régime radical, tu veux grignoter, je te montre un serpent), donc encore moins avec des serpents autour qui te regardent manger leur maman ou petit frère d’un mauvais oeil.

“et des combats de serpents y sont toujours organisés”.

Pardon ???? Alors déjà un serpent qui dort pépère derrière une cage ça me fait peur, donc deux serpents qui font du free-fight ça passe à un autre niveau.

“Sinon vous pouvez à certaines heures voir ces reptiles, parfois gigantesques (merci de la précision, maintenant je visualise très clairement un anaconda) dévorer d’un trait les lapins qui leur servent de nourriture. Emotions garanties, mais vous n’êtes pas sûr de vouloir manger tout de suite après ! Dans un genre plus conventionnel pour des palais occidentaux, il y a également des bons restaurants…” 

STOP ! Je veux le nom du psychopathe qui a écrit cet article. “Pas sûr de vouloir manger tout de suite après ” ? Non mais là moi manger je l’ai oublié depuis un moment, c’est pas sûr de vouloir vivre que tu veux dire ? Et c’est tellement un détail qu’on enchaine sur les restaurants,  au cas où le fait de voir Kâ manger Pan Pan, version Disney Horror Show, vous ouvre l’appétit. C’est vrai ça pourquoi le serpent serait le seul à manger ?

Donc dans moins de deux mois je vais dans un pays où on te vend des serpents vivants sur un marché (donc que le premier psychopathe peut acheter pour te faire une blagounette) mais où en plus on en mange devant des matchs de boxe version reptiles où le vainqueur à le droit de manger un lapin vivant en direct ???

En revenant d’Asie soit j’ai vaincu ma phobie, soit je suis bonne pour le divan.

J.