Bagan et ses temples (Myanmar)

Train de nuit Yangon Bagan MyanmarNous embarquons dans un train pour Bagan depuis Yangon. Nous avons payé trente dollars et nous attendons donc un certain confort par rapport aux autres pays de la région (Vietnam, Inde, Indonésie). Oui, nous sommes nouveaux au Myanmar ; et nous allons vite déchanter. Point de vue confort, nous sommes plus proches de la classe économique indonésienne à trois dollars que de la seconde classe de la SNCF à trente dollars en Prem’s. Les fauteuils en bois mais recouverts de coussins sont à angle droit et laissent peu de place à nos jambes et nos augustes postérieurs. Les vingt prochaines heures vont être très très longues. On regrette que la classe couchette à cinquante dollars était complète, d’autant plus que nous apprendrons plus tard que c’était le grand luxe : quatre par cabine spacieuse, de vrais lits et la possibilité de tromper avec l’alcool de ses voisins.

Temples Bagan Myanmar

Malgré son absence de confort, le train permet d’échanger des sourires avec ses voisins birmans et de découvrir des paysages et des scènes de vie inaccessibles autrement : chantiers sans machines sur lesquels les matériaux lourds sont tractés par des hommes à l’aide d’une corde, campements sur les rails, tables des billards dans des villages pauvres et reculés, pagodes au sommet de rochers escarpés, marchés à grande échelle improvisés sur les quais de gare, et surtout le sourire des enfants qui courent comme des dératés pour saluer le passage du train. L’un d’entre eux à même failli s’étaler par terre à cause du pantalon qu’il avait à peine remonté à la sortie des toilettes. On partage aussi quelques fruits avec la grand-mère d’en face au sourire protecteur, on achète des samossas et des œufs de caille aux vendeuses à travers les fenêtres et on donne nos bouteilles d’eau vide aux gamins qui arpentent les wagons à la recherche de celles-ci. Nous sommes secoués par le train sur trois dimensions et atteindrons même le point où nous envisageons de dormir à même le sol, dans la travée centrale, sur l’exemple de nombreux Birmans !

Coucher de soleil Temples Montgolfières Bagan Myanmar

A dix heures nous arrivons enfin à Bagan et les chauffeurs de tuk-tuk, comme partout ailleurs, se jettent sur nous tels des vautours sur leur proie. Quand on n’a pas réussi à dormir plus de vint-cinq minutes d’affilée durant les vingt dernières heures, le réveil est difficile et nous nous empressons de nous joindre à un couple germano-américain ayant déjà négocié un prix correct. A l’entrée de la ville, nous devons nous acquitter d’un droit de quinze dollars. Nous optons pour la May Kah Lar Guesthouse à Nyaung U, ville située au Nord-Est du complexe de temples de Bagan et sans doute la moins chère des trois villes possibles (avec Old et New Bagan).

Prières bouddhistes Temple Bagan Myanmar

Une fois nos sacs à dos déposés dans notre chambre à vingt dollars avec chambre de bain commune et sans eau chaude, nous louons deux vélos à un dollar la journée chacun, nous déjeunons rapidement au Cheri Land Restaurant (délicieux poulet à l’orange et poulet kabab). Puis nous partons à la conquête des temples de Bagan, malgré l’absence de sommeil et la chaleur accablante. En effet, notre but est de gagner le plus de temps possible tout au long de notre itinéraire, afin de passer quelques jours sur la plage.

Temple Htilominio Bagan Myanmar

L’arrivée au premier temple le Htilominio nous fait l’effet d’une douche froide : le temple est encerclé de vendeurs qui heureusement nous laissent en paix car c’est l’heure du déjeuner. Nous sommes déjà bien loin de l’image du Bagan isolé que nous avions imaginé. Il y a certes moins de touristes qu’à Angkor mais les vendeurs sont en général plus pressants. Nous avons également trouvé que les temples étaient moins variés. Il y a en général quatre entrées aux quatre points cardinaux menant à quatre buddhas au centre, mis en valeur avec des guirlandes électriques multicolores. On passe d’un buddha à l’autre par des couloirs souvent sans intérêt. Notons quand même que la plupart des pagodes sont encore en activité et que l’on croise finalement plus de touristes birmans qu’internationaux.

Moine bouddhiste Tablette Temples Bagan Myanmar

Nous avons ensuite poursuivi notre chemin vers Old Bagan et ses temples. A proximité de la pagode Mahabodhi, Joana s’est fait appliquer du tanakha sur les joues. La grande majorité des femmes et des enfants birmans en portent : il s’agit d’une pommade jaunâtre obtenue par le frottement de l’écorce d’un morceau de bois sur une surface recouverte d’eau. Le tanakha aurait pour vertu de protéger la peau du soleil tout en la rendant plus belle et moins grasse. Nous nous rendons ensuite aux temples Shwegugyi (que l’on peut escalader), Thatbyinnyu et d’Ananda. Le tanakha de Joana fait rire toutes les Birmanes (touristes ou vendeuses) qui lui lancent des « very beautiful » ! Nous visitons ensuite les temples du village Myin Kaba, spécialisé dans le travail de la laque. Nous y visitons les temples Gubyaukgyi, Myinkaba, Manuha, Nanpaya et Abeyadana dont les superbes fresques, parfois presque intactes, se découvrent à la lueur d’une torche (venez avec la vôtre). C’est dans le premier de ces temples, le Gubyaukgyi que nous avons pu observer les plus belles. Nous vous recommandons d’ailleurs de privilégier ces temples, quitte à éviter les plus touristiques.

Tanaka Myanmar

Dernière étape de la journée, la pagode Shwesandaw pour le coucher du soleil. Les étages supérieurs sont bondés et on se bouscule pour prendre quelques photos. C’est l’occasion de découvrir les montgolfières qui survolent fièrement la plaine. Le coucher du soleil n’est pas à la hauteur de nos attentes et nous nous empressons de regagner Nyaung U avant qu’il ne fasse trop nuit. C’est raté puisque nous nous perdons à deux reprises. Nous atterrissons finalement au Nu Wa Restaurant, sans touristes mais au délicieux et copieux curry birman, spécialité du pays. Nous nous endormons à dix-neuf heures trente, record d’une vie sans doute ! A notre décharge nous avions à peine dormi la nuit précédente et pédalé tout l’après-midi sous le soleil.

Lever de soleil Montgolfières Temples Bagan Myanmar

Lundi matin le réveil à cinq heures n’en est pas moins difficile et nous prenons notre douche froide sans réveiller le soleil. Il est temps d’enfourcher nos montures. Nicolas décide de ne pas enfiler sa polaire, erreur qu’il regrettera pour le reste des vacances. Les nuits birmanes sont fraîches. Quoi qu’il en soit, grands princes, nous guidons un couple hispano-québecois jusqu’au temple Buledi pour le lever du soleil. On est loin de la déception de la veille : tout en pédalant dans le noir pour rejoindre le temple, des ombres se dessinent peu à peu dans la plaine. En arrivant au temple nous prenons conscience de l’étendue du site dont les stupas sortent peu à peu de la brume. Le soleil prend son temps pour apparaître mais nous ne sommes pas déçus d’avoir attendu ce grand seigneur puisque sa lenteur nous permet d’admirer les différentes couleurs de la campagne et également les montgolfières, beaucoup plus nombreuses que la veille.

Rouleuse de cigares

Visite ensuite du temple de Dhammayangyi, gigantesque et pyramidal, avant de rejoindre Nyaung U et notre guesthouse pour un copieux petit-déjeuner composé de thé vert, banane, papaye, pancake, toasts et œuf. S’en suit un tour dans la ville avec notamment la fabrique de cheerot que nous avons pu débusquer grâce au Routard. Les cheerot sont les cigares birmans roulés à la main et environ sept fois plus légers qu’une cigarette classique. Seules les femmes s’occupent de leur confection et celles-ci prennent le temps de nous montrer le roulage et la fabrication des filtres, tout en nous en offrant un à chacun. Nous repartons deux paquets en poche afin de les faire découvrir à nos amis de Singapour. Direction ensuite le marché où l’on trouve de tout et où nous achetons deux pantalons multicolores que les vendeuses retouchent sur place à l’aide d’une machine à coudre à pédales Singer.

Couturière Myanmar

Nous marchons ensuite vers la pagode Shwezigon, située à l’extrémité Nord-Ouest de Nyaung U. En chemin, nous négocions un exemplaire photocopié de « Burmese Days » de George Orwell pour deux dollars cinquante. Au passage, son expérience en Birmanie lui aurait inspiré « 1984 ». La pagode imposante et recouverte de peinture dorée est l’une des trois principales du pays. Pas trop de monde pour autant, sans doute car il est l’heure de déjeuner. Nous en profitons pour marcher jusqu’au fleuve Irrawaddy dont la largeur est nettement réduite du fait de la saison sèche. Il est possible de s’y promener en bateau et de visiter quelques pagodes reculées. Mais nous préférons passer l’après-midi sur une calèche, après avoir déjeuné de copieux mais chers lassis, chapatis, raita et thali à l’Aroma 2.

Shwezigon Bagan Myanmar

Il est temps de négocier une après-midi à bord d’une calèche et nous tombons d’accord sur douze dollars. Notre cocher parle un peu anglais et nous discutons tandis que nous arpentons des chemins ombragés ou non mais en tout cas loin de toute automobile. Nous visitons les temples proches du village de Minnanthu, au Sud-Ouest de Nyaung U. Peu accessibles à vélo, ceux-ci sont délaissés par les touristes et nous les recommandons donc pour l’originalité de certains et les jolies fresques de la plupart (n’oubliez pas votre lampe torche). Nous faisons vite le tour du temple Izagawna, occupé par une famille et le premier sans marchands, puis nous rendons au temple de Nandamannya et ses fresques tantriques, avant de nous aventurer dans le monastère voisin. Un vieillard nous guide dans les galeries de ce monastère souterrain. Pas grand-chose à voir à part l’originalité de ce lieu. Nous laisserons un billet à notre guide improvisé pour le remercier de ses gestes explicatifs, pas toujours très compréhensibles.

Calèche Bagan Myanmar

Il est temps de faire une halte rafraichissement et toilettes au village Minnanthu dont une habitante nous fait faire le tour. C’est très attrape-touriste mais on se prête au jeu au milieu des maisons alimentées aux panneaux solaires. Ce sera l’occasion pour Nicolas de tester le tanakha (voir plus haut), généralement réservé aux femmes. Encore une fois on vous proposera d’acheter des souvenirs en tout genre et on vous répètera de nombreuses fois que l’argent manque dans le village, jusqu’à demander explicitement une donation. Direction ensuite le temple de Lemyetha, seul temple blanc que nous ayons vu à Bagan, et par conséquent assez majestueux. Puis nous finirons par les fresques des temples de Payathonzu, Thambula et Tayok Pyi (précisons qu’on ne peut plus monter à l’étage de ce dernier). Comme la veille, nous dînons d’un copieux curry birman au Ya Tha Gabar déserté par les touristes avant de passer une dernière nuit à la May Kah Lar Guesthouse. Le service y est excellent, grâce au seul anglophone de l’auberge, efficace et aux petits soins.

Lever de soleil Temples Bagan

Les temples de Pékin

En quatre mois à Pékin, J. a visité quatre temples. Effectivement ça ne fait pas un super ratio temples visités/temps passé dans la ville, mais une curiosité scientifique veut que l’on visite toujours moins une ville quand on y habite même pour quatre mois (les recherches faites sur ce sujet mettraient en lumière une nette tendance à pousser au lendemain sous prétexte que l’on a le temps). Les quatre heureux élus ont donc été les trois principaux temples de la ville : le temple des lamas, le temple de Confucius et le temple du ciel, ainsi que le temple de Dongyuhe.

J. commence par visiter le temple des lamas en février avec Justine, Charlotte, un français et deux espagnols fraîchement rencontrés. Le temple est un temple tibétain qui est encore en activité, ce qui explique les nombreux mendiants et marchands que l’on trouve à proximité. Le fait que le temple soit en activité crée également beaucoup d’animation et une ambiance particulière. Le temple est très vaste et très beau, plus original que les temples bouddhistes ou confucianistes par ses intérieurs et par son atmosphère  Au fond on y trouve une gigantesque statue dorée (je n’ai pas de guide sous la main mais de mémoire elle doit bien faire 3-4 mètres de haut). Y venir en semaine, le matin, si on veut éviter une folle trop dense.

Temple des lamas

En traversant les hutongs, on peut rejoindre le temple de Confucius. Surtout on peut s’arrêter au Café près de la statue d’un gros grand-père chinois, après le café Illy. Le gérant est aux petits soins et le thé est bon. J., elle, a attendu la visite de Manu en mars pour le visiter. Toutefois faire le temple des lamas et le temple de Confucius dans la même journée vaut le coup car on peut voir les différences entre les deux temples. Si on réussit à éviter les touristes, le temple de Confucius est très calme et paisible car il n’est plus en activité. On ne retrouve pas la même effervescence que dans le temple des lamas. Le temple est propice à une balade paisible parmi les bâtiments aux couleurs magnifiques. Il ressemble beaucoup plus aux autres temples que l’on peut trouver en Chine.

Temple de Confucius

La troisième visite sera celle du Temple du ciel. Visite en famille, avec la visite du papa de J. et de Nathalie. Le temple du ciel est vraiment impressionnant. L’un des bâtiments se voit de loin et le temple est très étendu. Les couleurs sont encore une fois très belles et l’architecture agréable avec toutes ces courbes. En plus le temple est au milieu d’un magnifique parc qui offre un peu de répit au milieu de Beijing, ville très bruyante et polluée. On doit parfois faire la queue pour pouvoir voir les intérieurs, mais la visite vaut le coup.

Temple du ciel

Enfin le dernier temple, que J. visite en mai avec sa coloc. La temple de Dongyuhe est situé au milieu d’un quartier très moderne. A moins de 100 mètres se tiennent des Malls, de hauts buildings et de nombreux fast-foods. En outre le thème de ce temple est très intéressant. La partie centrale n’a rien d’impressionnant, ce sont les galeries autour de la première cour qui en font l’originalité. En effet, ce temple taoïste est consacré à tous les esprits du monde. Les galeries sont composées de petites salles qui regroupent les esprits par thème. Ceux-ci sont représentés par des statues, ce sont tantôt des humains au visage et à la posture très expressives, tantôt des monstres, tantôt des hybrides comme des humains à tête de cheval. Ce temple est très original et sa visite permet de changer des autres temples en en apprenant plus sur la religion taoïste.

Temple de Dongyuhe

Bien sûr il y a d’autres temples dignes d’intérêt dans Pékin que J. n’a pas eu le temps de visiter, ni l’envie d’ailleurs, car après être passée au Vietnam, à Taiwan, et dans plusieurs parties de la Chine, l’engouement pour les temples s’estompe un peu.