Yogyakarta (île de Java)

Yogyakarta

Jean-Noëlle ont attendu l’arnaque jusqu’au bout de leur voyage en shuttle bus depuis Probolinggo. Celle-ci n’est pas arrivée et ils ont même pu profiter du meilleur confort qu’ils aient eu en Indonésie de 18h30 à cinq heures du matin. Arrivés au Delta Homestay, nous déposons nos sacs et découvrons la piscine lors d’un passage aux toilettes. Pour une dizaine d’euros la nuit, c’est le meilleur logement qu’on ait eu en Indonésie ! Nous consacrons notre mercredi 25 juillet après-midi à la visite du Musée Affandi, à l’autre bout de la ville. Celle-ci n’est pas gigantesque et on peut traverser la capitale culturelle en deux heures de marche. Affandi est sans doute l’artiste indonésien le plus célèbre. Ses œuvres colorées qui paraissent abstraites sans l’être sont intéressantes. On peut aussi admirer un certain nombre d’œuvres de sa collection privée, peintes par d’autres Indonésiens. C’est souvent pertinent et toujours très bien réalisé. Voici notre musée coup de cœur en Indonésie.

Temple Sewu, PrambananDe retour en ville, nous passons à l’office du tourisme afin de prendre des informations pour nos deux prochaines journées. Le personnel y est très efficace et nombreux, on n’est pas habitué. En chemin vers l’hôtel, nous assistons à la fin du jeûne (c’est Ramadan depuis une semaine). A peine le chant des muezzins commencé, tout le monde se précipite sur son assiette. Les habitants dînent en groupe dans la rue. La vie semble être suspendue et les tuk-tuks en oublient même de nous harceler ! Pour notre part, nous dînons au Laba Laba Cafe où la nourriture, typique, est délicieuse. De retour à l’hôtel, nous plongeons dans la piscine. Mais l’eau est froide et nous nous couchons après à peine une longueur.

Temple Sewu, Prambanan

Le lendemain matin, nous visitons le Musée Sonobudoyo, le meilleur de la ville, selon le Lonely Planet. Présenté comme cela, le guide n’a pas tort mais il n’empêche que la visite est peu intéressante. Hormis quelques marionnettes et sculptures, on s’ennuie ferme, et on est presque content d’en sortir ! Après le déjeuner, nous prenons le bus pour Prambanan où se trouvent de nombreux temples hindous. Jean-Noëlle se promènent dans les ruines du temple Sewu, tout en discutant et en s’amusant avec le retardateur de leur appareil photo. Le temple Prambanan lui-même est très impressionnant mais beaucoup plus fréquenté. C’est beau et assez proche de Kajuraho au Nord de l’Inde. S’en suit un aller-retour pour admirer le panorama Ratu Boko, malheureusement sans intérêt. Nous dînons ensuite d’un délicieux plat de mie goreng dans un restaurant de rue puis nous filons au ballet du Ramayana. Avec les temples de Prambanan en arrière plan, on assiste à la mise en scène d’une célèbre légende hindoue. Danse et musique sont plus élaborées qu’à Bali et on apprécie beaucoup les costumes multicolores. Pas indispensable et un peu cher (neuf euros), on ne regrette pas pour autant. Un taxi réservé nous ramène à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

Ballet du Ramayana, Prambanan

A quatre heures trente du matin, on peut profiter des chants des muezzins, en provenance des différentes mosquées alentour. L’ambiance est assez particulière, presque inquiétante, car les muezzins chantent en décalé. On attendrait presque l’arrivée des chevaliers de l’Apocalypse ! Vrai réveil à huit heures trente pour aller à Borobudur. Nous y visitons d’abord le temple de Mendut, à l’écart du complexe principal, où l’on peut admirer un Buddha assis comme vous et moi, pas en position du lotus, étonnant. Nous nous rendons ensuite au temple de Borobudur. Comme pour Prambanan, il y a une entrée pour les Indonésiens, et une entrée pour les touristes. On nous y remet une sorte de paréo que nous devons porter sur nos vêtements. L’entrée mène en fait à un grand parc avec plusieurs musées, des étendues d’herbes, des restaurants et le temple lui-même.

Borobudur

Sur les photos et les maquettes, le temple a l’air très impressionnant, beaucoup moins vu d’en bas car les différents arbres empêchent d’en percevoir la taille. On commence toutefois l’ascension du temple. La base est carrée et comporte des centaines de niches avec des bouddhas de toutes tailles, dont certains ont perdu la tête. Il y a également des bas-reliefs plutôt bien conservés. Plus on monte, plus le panorama est impressionnant avec des montagnes luxuriantes au loin, des palmiers et une grande ville. Au sommet, le temple devient circulaire et toute la circonférence est occupée par de grandes cloches appelées stupas qui renferment chacune un bouddha, avec ou sans tête. On redescend ensuite et l’on a enfin le droit de se débarrasser de son paréos. En conclusion, on n’est pas charmé au premier regard mais plus on grimpe et plus on se promène à chaque étage et plus on se rend compte de la grandeur et de la beauté de ce temple bouddhiste. On décide ensuite de visiter les deux musées du parc qui n’ont aucun intérêt.

BorobudurNous rentrons ensuite à Yogyakarta,  non sans encombre. En effet, une dispute éclate avec l’un des chauffeurs du bus qui refuse de nous déposer à l’arrêt demandé. Nous retournons dîner au Laba Laba Cafe, toujours aussi bon, avant de repasser une nuit au Delta Homestay. Le lendemain sera consacré à la visite de Yogyakarta. Celle-ci commence avec une promenade en direction du centre-ville historique, délimité par des remparts blancs. Arrivés sur la place Alun Alun, un Indonésien nous informe que le palais du sultan est fermé. Il en profite pour nous expliquer le rituel qui porte chance à quiconque parvient à traverser la place les yeux bandés, en passant entre les deux gigantesques banians (arbres indonésiens de plusieurs mètres de diamètres) qui se trouvent en son centre. Ca paraît simple mais nous échouons tous deux ! Direction ensuite le château d’eau Taman Sari aux bâtiments blancs et au bassin en travaux, sans intérêt. On passera également devant la grande mosquée Mesjid Besar, le fort hollandais Benteng Vredeburg et nous traverserons le marché principal Pasar Beringharjo après avoir déjeuné attablés dans la rue. Le mieux est encore de se promener tranquillement au fil des rues, à l’ombre, en discutant de choses et d’autres et en achetant un Coca Light pour se réhydrater quand c’est nécessaire ! Jean-Noëlle apprécient particulièrement les batiks, chemises imprimées colorées dans les tons orangé et marron que portent la majorité des habitants de Yogyakarta. De là à en acheter pour les offrir…

Place Alun Alun

Dans l’après-midi nous rejoignons le marché aux oiseaux. Beaucoup de marche pour l’atteindre mais cela nous permettra de capter des originalités de la vie de Yogyakarta : un Indonésien à crête conduisant une mobylette tunée, un homme portant en bandoulière un fusil automatique de taille respectable… En arrivant, il y a plus de touristes que d’oiseaux autour de la place circulaire. On s’enfonce dans les différents petits chemins et on voit des oiseaux de toutes les couleurs, poussins fluos, poissons, chats, chiens, lapins, et même des serpents. Une vraie ménagerie ! Les animaux sont dans de petites cages, ce qui ne réjouira pas les Brigitte Bardot en herbe. Sinon la balade est agréable et reposante.

Marché aux oiseauxNous rentrons ensuite à l’hôtel avant de partir (à pied) pour la gare où nous avons un train de nuit pour Jakarta. Nous avons réussi à réserver deux places en classe économique. Nous payons donc notre trajet 35 000 rupiahs soit moins de trois euros cinquante. Nous avons juste le temps de nous acheter un mie goreng et un jus de citron avant de monter dans le train où nous découvrons ce que signifie classe économique en Indonésie…

Marché aux oiseaux